Droit dans le mur : Portland, décevant tenant du titre

Vainqueur de la Coupe MLS 2015, Portland n’a pas fait honneur à son statut cette saison en ne terminant même pas au-dessus de la ligne rouge. De quoi évidemment se classer très haut dans notre classement des déceptions de la saison. Pas facile de répondre aux obligations d’un champion quand on a profité de sa forme de fin de saison pour se coiffer de la couronne…

2. Portland, de la Coupe MLS à une élimination précoce

Portland a rejoint dans l’histoire DC United (2000) et le LA Galaxy (2006), les deux clubs de MLS au palmarès le plus riche… et il n’a pas à en être fier. Il est en effet le troisième détenteur de la Coupe MLS à ne pas s’être qualifié pour la phase finale afin de défendre son titre. Son nouveau statut a-t-il causé sa perte ?

L’an dernier, l’équipe a connu ses plus grands succès grâce à de solides assises défensives, et devait avant tout son titre à sa forme entre fin septembre et début décembre. Pas forcément favorite en phase finale, elle pouvait se permettre d’être patiente. Oui mais voilà : on en attend davantage d’un tenant du titre et cette saison, Portland a dû prendre le jeu à son compte. Si Valeri, Adi et consorts ont tiré leur épingle du jeu dans cet exercice, cela a néanmoins déséquilibré toute l’équipe.

Ainsi, alors qu’en 2015 elle pouvait repartir au quart de tour à la récupération de balle grâce à une équipe impliquée au complet, cette saison, elle ne comptait que sur la vitesse d’Adi pour mener les contre-attaques à bon port. Des contres auxquels elle s’exposait elle-même davantage en tentant de jouer plus haut en possession de balle. Contrairement à un an plus tôt où le collectif parvenait à laisser le ballon à l’adversaire tout en le tenant à très bonne distance du but, la défense reculait trop en perte de balle, était souvent acculée dans ses 20 derniers mètres et, ne sachant plus sur quel pied danser, était trop vite submergée quand l’adversaire s’installait dans sa moitié de terrain.

Deux joueurs en particulier n’ont pas été remplacés adéquatement : Jorge Villafaña, qui avait fait du flanc gauche une forteresse, et Rodney Wallace, serviteur polyvalent efficace peu importe le moment où il entrait au jeu et la tâche qu’on lui assignait. Cela fait partie des « petits » détails qui font la différence et qui ont leur importance au bout du compte. Tout comme le hourra-football de fin de match, qui portait ses fruits en 2015 mais a montré ses limites cette saison.

Dans l’ensemble, le contraste entre 2015 et 2016 est réel mais pas énorme : Portland a même davantage marqué cette saison, mais sa défense a été plus perméable et l’équipe a pris neuf points de moins. Preuve ultime que passer d’un extrême à l’autre, dans un système où la dernière phase de la saison a une importance démesurée, tient parfois à très peu de choses.

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