On s’approche du sommet du classement du top 10 de l’année écoulée. À l’honneur aujourd’hui, une équipe que beaucoup considéraient comme sous-estimée en début de saison : elle leur a donné raison en exprimant son plein potentiel, terminant la saison régulière à égalité de points à la première place, seul le nombre de buts marqués l’empêchant de remporter le Supporters Shield. Dallas a impressionné, et si on a souvent parlé de sa jeunesse, il faut aussi souligner le jeu développé par les Texans, dans un style que l’entraîneur Oscar Pareja a fait évoluer.


2. Dallas, ça va vite et ça fait peur

Quelle métamorphose ! À l’émission Coup Franc, nous avons souvent analysé Dallas en compagnie de Christian Schaekels (Vision du Jeu) au cours des dernières années, et il en ressortait une équipe qui dépendait presque exclusivement des phases arrêtées. Pour sa deuxième année à la barre, Oscar Pareja a changé tout cela.


Oui, Michel Garbini a encore montré son superbe coup de patte en marquant un corner direct, mais cette fois, c’est l’exception car le Brésilien ne joue presque plus. Désormais, à Dallas, on veut aller vite, très vite. Partir de (très) loin, contrer, mais aussi accélérer soudainement après avoir gardé le ballon : voilà le mode de fonctionnement des Texans, qui ne s’enquiquinent plus à construire patiemment (sont-ils même capables de bousculer les meilleures défenses de la sorte ?) Toujours est-il que les adversaires sont très craintifs et reculent parfois tant et plus qu’ils laissent beaucoup de place pour tirer de loin. Pas de bol, parmi les joueurs moins connus pour leur sens du but, il y a quelques frappeurs d’élite.


Un homme est le dépositaire de ce style de jeu : Mauro Diaz (désolé, Rachel Bonnetta, Castillo n’est finalement pas la réponse à tout à Dallas). Pour la première fois en trois ans, il a pu jouer pendant presque toute la saison, ce qui a bien aidé son entraîneur à remodeler le jeu de l’équipe. C’est lui qui, face à des défenses regroupées, parvient à casser le rythme pour déstabiliser l’adversaire et le prendre de vitesse. Capable de distiller des passes ultra-précises et de lancer ses coéquipiers seuls face au gardien, il bouge beaucoup sur la largeur du terrain mais ne s’approche pas trop du but pour se donner l’espace nécessaire à bien viser.


Avec la vitesse de Castillo, mais aussi celle de Barrios (encore un des bons nouveaux en MLS que l’on gagne à connaître), les défenses adverses ne savent plus où donner de la tête et finissent par perdre de vue un joueur qui en profitera pour aller planter un but. Du coup, elles ont encore plus peur…


Corollaire de cela, personne n’ose réellement s’installer dans le camp de Dallas, et personne n’arrive à y développer son jeu (soulignons aussi les mérites d’Ulloa, chaînon manquant devant la défense dont l’équipe avait besoin depuis longtemps). Pourtant, poussée dans ses derniers retranchements, elle est prenable, elle peut être prise de vitesse au moment des pertes de balle et manquer de discipline quand elle peine à suivre.


Cette métamorphose porte également la marque de la jeunesse : 9 des 12 joueurs de champ les plus utilisés sont nés dans les années 1990, et le jeune portier de 20 ans Jesse Gonzalez a gagné ses galons de titulaire en fin de saison.


Le match parfait contre Dallas ? Lui laisser assumer toutes les responsabilités, sans le sous-estimer ni le surestimer, et faire preuve de concentration et de vitesse de réaction. Montréal en avait donné un brillant exemple en début de saison.


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