Coupe du monde dames : bilan pays par pays

La Coupe du monde féminine de soccer prend fin ce dimanche, avec la finale Japon - États-Unis. On peut d’ores et déjà dresser un bilan, pays par pays. Voici mes notes, déterminées en fonction des ambitions légitimes de chacun au début du tournoi, avec un tri selon le « statut » de chacun des participants dans le volet féminin du soccer.

LES TÊTES DE SÉRIE

États-Unis : Bien. Et ce sera même très bien s’ils remportent la finale. Certes, ce fut souvent loin d’être académique, et il a fallu attendre la victoire en demi-finale contre l’Allemagne pour une première prestation réellement convaincante. La débauche d’efforts des Américaines reste toutefois impressionnante, empêche ses adversaires de s’approcher de son but et les asphyxie en deuxième mi-temps.

Japon : Bien. Comme pour les Américaines, la note passera à très bien en cas de victoire finale. Les tenantes du titre se sont contentées du minimum syndical à chaque match, mais ont quand même tout gagné… toujours par un but d’écart. Elles aiment cependant s’installer haut dans le camp adverse et trouvent toujours le moyen de s’en sortir. Difficile de savoir si elles en gardent sous le pied pour le grand soir, c’est ce que nous saurons dimanche.

Allemagne : Satisfaisant. Surtout en raison du résultat final, une place dans le carré d’as qui avait échappé au numéro un du classement Fifa lors des deux dernières grandes échéances mondiales (élimination en quarts à la Coupe du monde 2011, ce qui l’a privé des JO 2012). La qualification contre la France a été obtenue à l’arraché, dans un match lors duquel les Allemandes n’ont pas convaincu, et ce ne fut pas mieux contre les États-Unis. Ce n’est pas tout de planter 10 buts aux petites équipes…

France : Satisfaisant. Peut-être l’équipe la plus complète présentant le jeu le plus diversifié du tournoi. Avec un gros problème : le manque de réalisme. Elle peut déplorer le tirage au sort orienté (qui lui a valu un choc dès les quarts) et l’arbitrage douteux, mais elle n’a pas manqué de galvauder elle-même une tonne d’occasions. La qualification pour les Jeux de Rio apporte du baume au cœur, tout comme l’intérêt médiatique au pays et la qualité du jeu offert.

Canada : Moyen. Il y a 12 ans, le Canada battait l’Angleterre 4-0 sans la moindre discussion. Lors de sa Coupe du monde, il est éliminé par ce même pays. On ne peut pas reprocher aux joueuses et à leur entraîneur de ne pas avoir fait de leur mieux, mais il y a de moins en moins de salut pour le soccer féminin au Canada en dehors de l’équipe nationale, et c’est cette dernière qui le paye au prix fort. Pour une discussion plus détaillée sur le soccer féminin au Canada, écoutez Coup Franc.

Brésil : Insuffisant. Une élimination sans gloire contre l’Australie a mis fin à un parcours terne. Avant cela, il y eut certes trois victoires, mais à l’arraché et avec seulement quatre buts marqués dans ce qui semblait être le groupe le plus faible de la compétition.

LES OUTSIDERS

Angleterre : Très bien. Après deux quarts de finale au cours des deux éditions précédentes, l’Angleterre confirme ses progrès en atteignant le carré d’as pour la première fois de son histoire. Certes, elle a eu un tableau favorable en phase à élimination directe (elle a perdu contre la France dans son groupe) mais elle a aussi causé toutes les peines du monde au Japon, tenant du titre, en demi-finale. Défense un peu friable, cependant.

Australie : Très bien. Toujours derrière les traditionnels grands, elle a pour la première fois de son histoire remporté un match à élimination directe à la Coupe du monde, en écartant en outre un des favoris, le Brésil. L’équipe n’était pas la plus talentueuse, mais connaissait ses forces : garder le ballon sans s’approcher trop près du but adverse, et attaquer par à-coups pour isoler une de ses flèches devant la gardienne.

Chine : Moyen. Et encore, c’est parce que l’équipe a franchi le premier tour et perdu par le plus petit écart contre les États-Unis… Car pour le reste, ce ne fut guère convaincant, avec une défaite contre le Canada, un partage contre la Nouvelle-Zélande, une victoire sur le fil face aux Pays-Bas et une défense manquant de discipline par moments.

Norvège : Faible. Constat d’échec pour l’équipe d’Even Pellerud, malgré les superbes coups francs de ses joueuses et le partage contre l’Allemagne. Le jeu norvégien ne s’est pas tellement modernisé, comptant encore beaucoup sur les longs ballons, les phases arrêtées et le jeu aérien. L’Angleterre était un bon test à cet égard, et il a été raté.

Suède : Insuffisant. L’équipe revendiquait une place de tête de série avant le tournoi… mais elle n’y a pas gagné le moindre match. Bravo certes pour le partage contre les Américaines, mais c’est le seul fait d’armes d’une formation tenue en échec par l’Australie et le Nigeria avant de s’écrouler contre une Allemagne qui a pourtant souffert contre des oppositions sérieuses.

LES REVENANTS AUX AMBITIONS LIMITÉES

Colombie : Très bien. Une victoire retentissante contre la France, quelques gestes techniques spectaculaires de certaines joueuses, des gardiennes qui réussissent des miracles et une très belle résistance contre les États-Unis en huitième de finale avant d’être réduite à dix : la Colombie a marqué certains esprits durant cette Coupe du monde.

Corée du Sud : Bien. De retour après huit ans d’absence, les Coréennes ont remporté leur première victoire dans la compétition et franchi un tour pour la première fois de leur histoire. La France était cependant bien trop forte en huitième de finale.

Nouvelle-Zélande : Moyen. Tenir en échec le Canada et la Chine, ce n’est pas rien. L’équipe a montré sa capacité à empêcher certains adversaires de tourner en rond, mais n’a pu prendre le jeu à son compte. Battue par les Pays-Bas, elle n’a pas franchi le premier tour.

Nigeria : Faible. Habitué de la Coupe du monde (il n’en a manqué aucune), il y a, comme toujours, montré ses limites. C’était toutefois une mission difficile dans le « groupe de la mort » avec l’Australie, les États-Unis et la Suède. À revoir aux Jeux olympiques pour une meilleure estimation ?

Mexique : Faible. Difficile de savoir quelles étaient ses ambitions réelles, mais son bilan est moins bon qu’il y a 4 ans et sa défense a pris l’eau par moments.

LES PETITS NOUVEAUX

Cameroun : Très bien. Deux victoires en phase de groupe pour une seule défaite, contre le Japon, avant de perdre par le plus petit écart au deuxième tour contre la Chine. Équipe au jeu rafraîchissant emmenée par la déroutante Enganamouit.

Pays-Bas : Très bien. Une première victoire et quatre points en phase de groupe, dont un partage contre le pays hôte, et une qualification pour les huitièmes de finale lors desquels les Néerlandaises ont inquiété le tenant du titre jusque dans les dernières minutes. Mertens et Melis nous ont régalés. Bonnes idées, mais encore trop d’imprécision.

Suisse : Satisfaisant. Franchir un tour pour sa première participation en faisant bonne impression contre le Japon et en étant éliminé par le plus petit écart par le pays hôte, ce n’est pas mal du tout. La défaite contre le Cameroun et l’irrégularité dans le jeu font davantage tache.

Costa Rica : Satisfaisant. Une défaite par le plus petit écart contre le Brésil et deux partages face à des adversaires théoriquement plus forts, sans oublier les exploits de la gardienne et le discours rafraîchissant de la sélectionneuse : les attentes n’étaient pas élevées envers les Ticas, mais elles y ont répondu.

Thaïlande : Faible. Très difficile à juger, car dans un groupe avec une équipe très faible (la Côte d’Ivoire, qu’elle a battue) et deux beaucoup plus fortes (la Norvège et l’Allemagne).

Espagne : Insuffisant. Dernière d’un groupe à sa portée, où elle a pris son seul point contre le Costa Rica après avoir raté lamentablement un nombre incalculable d’occasions. Encore trop de différence de qualité entre les meilleures et les moins bonnes joueuses de l’équipe.

Côte d’Ivoire : Très insuffisant. Encore très loin du niveau de la Coupe du monde, et même de celui des autres équipes africaines.

Équateur : Très insuffisant. Une des rares équipes qui n’avait pas le niveau pour participer à la compétition. Mais vaut mieux cela que de laisser à la maison des formations agréablement surprenantes…

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