Clarification des règlements en MLS

Si l’arrivée de deux nouvelles équipes a provoqué une recomposition des conférences et le passage de 10 à 12 équipes qualifiées pour la phase finale, 2015 a également été marqué par une évolution des règlements concernant les effectifs et les transferts. Adaptations, nouveautés et clarifications sont au rendez-vous. Vous êtes nombreux à me poser régulièrement des questions à ce sujet, je vois ai donc préparé un tour d’horizon de points essentiels.

  • La taille maximale de l’effectif est passée de 30 à 28 joueurs.
  • Le budget salarial passe de 3,1 à 3,49 millions de dollars américains.
  • La part maximale du budget salarial pouvant être consacrée à un joueur passe de 387 500 à 436 250 $.
  • Le salaire minimum augmente, il est désormais de 50 000 $ au lieu de 36 500 $. Seuls 4 joueurs peuvent avoir cette rémunération, et aucun d’entre eux ne doit avoir 25 ans ou plus. Pour les autres, elle doit être d’au moins 60 000 $ (contre 48 500 $ en 2014).
  • Gros changement dont on a très peu parlé : les périodes de transferts, qui jusque-là ne concernaient que les joueurs venus de l’étranger, sont désormais d’application pour les échanges entre clubs de MLS si un joueur est impliqué. Ceux-ci ne sont donc plus possibles depuis le soir du 12 mai ; ils le redeviendront du 8 juillet au 6 août. Cela n’empêche pas de grossir l’effectif, en ajoutant par exemple un joueur venu de l’équipe réserve, à d’autres moments.
  • On connaît le montant annuel de base de la fameuse allocation monétaire : il est de 150 000 $ par club.
  • Il faut toujours payer 150 000 $ pour obtenir le droit d’avoir un troisième joueur désigné dans son effectif (sauf s’il a 23 ans ou moins). Cependant, depuis cette année, la cotisation n’est plus unique, mais se renouvelle chaque saison. Cela constitue un fonds, dont bénéficient les clubs qui ont moins de trois joueurs désignés : ils reçoivent chacun le même montant qui vient s’ajouter à leur allocation monétaire de base.
  • La limite du nombre de joueurs formés au club gagnant plus que le salaire minimum pour leur première année de contrat a été abolie.
  • La loterie pondérée a disparu.
  • La « découverte particulière », nouveauté de 2014, c’est un joueur transféré par le biais du processus de découverte dont le montant du transfert n’est pas imputé au budget salarial du club en une seule fois, mais amorti sur le terme du contrat.
  • Point qui peut paraître anodin à certains, important à d’autres : le mot « équipe » a été remplacé par le mot « club » dans de nombreux articles du règlement.

Deux des clarifications principales portent sur le processus d’allocation et le processus de découverte de joueurs. En fait, cela concerne les conditions que doivent remplir les clubs pour engager un joueur. Afin de rendre ça plus clair, avant d’expliquer ces clarifications, revoilà la liste de toutes ces conditions, à laquelle j’ai assorti un ordre d’application (non officiel mais qui, à toutes fins pratiques, marche plutôt bien).

  1. Les joueurs qui font partie de la liste d’allocation (voir détails plus bas), en général des gros noms ayant un lien avec les États-Unis ou la MLS, en fonction du classement d’allocation, qui donne la priorité aux clubs mal classés la saison précédente.
     
  2. Les joueurs sur lesquels un club a un droit de préemption, parce qu’ils ne sont pas restés en MLS après être arrivés en fin de contrat (y compris quand l’option n’a pas été levée par le club et y compris quand le club a tenté prolonger le contrat sans succès), parce qu’ils ont refusé l’offre d’un club lors du processus de découverte de joueurs (voir plus bas), parce qu’ils ont été sélectionnés lors du SuperDraft mais n’ont pas signé au club (sauf exception de la liste des joueurs disponibles, voir plus bas). C’est grâce à ce droit que Kansas City était prioritaire pour aller rechercher Roger Espinoza cet hiver.
     
  3. Les échanges, qui concernent tous les joueurs sous contrat avec un club de MLS. Ils peuvent être échangés contre un autre joueur, mais aussi contre d’autres avantages (place de joueur étranger, place au classement d’allocation, etc.)
     
  4. Les joueurs libres issus de MLS. C’est, dans le cas particulier de la MLS, le cas des joueurs âgés d’au moins 28 ans qui ont un minimum de huit ans de service en MLS et qui sont arrivés en fin de contrat ou dont l’option n’a pas été levée. C’est une nouveauté de 2015, et d’autres détails à ce sujet seront publiés suite à la ratification officielle de la nouvelle convention collective de travail.
     
  5. Le Processus de repêchage (ou simplement repêchage) a lieu une fois par an, après la Coupe MLS, et permet en gros aux clubs d’aller chercher des joueurs ayant plus de 23 ans et plus de trois ans d’expérience en MLS, et dont le contrat n’a pas été prolongé (ou l’option n’a pas été levée) par un autre club de MLS. C’est par exemple ainsi que Sanna Nyassi, que Montréal ne souhaitait pas conserver, a été recruté par San José cet hiver, ou que DC United a été chercher Fabian Espindola l’an dernier.
     
  6. Un joueur formé au club a été inscrit à l’école de jeunes du club pendant au moins un an et a rempli les conditions d’entraînement et de présence requises. Le club peut donc l’engager sans passer par le SuperDraft.
     
  7. Le SuperDraft est le recrutement de début d’année qui ouvre surtout les portes de la MLS aux joueurs qui ne sont pas encore pros et sont inscrits à l’université. Les clubs de MLS doivent choisir sur une liste établie par la MLS avec leur participation, comprenant surtout des étudiants de dernière année qui ne sont plus qualifiés pour jouer en championnat universitaire, mais aussi des joueurs Génération adidas (meilleurs joueurs des universités qui n’en sont pas encore à leur dernière année d’études et parfois certains des meilleurs joueurs des équipes nationales d’âge) et de certains joueurs étrangers qui n’ont pas été à l’université aux États-Unis.
     
  8. La liste des joueurs disponibles comprend principalement des éléments sur une voie de garage et se compose de joueurs écartés par un autre club de MLS, de joueurs qui n’étaient pas disponibles au SuperDraft mais dont la qualification pour jouer en championnat universitaire a échu la saison précédente, de joueurs universitaires absents du SuperDraft mais que la Ligue estime mûrs pour un contrat MLS, d’anciens joueurs de MLS sur laquelle une équipe a un droit de préemption dont elle ne se prévaut pas et de joueurs sélectionnés lors du SuperDraft mais qui n’ont pas reçu d’offre lorsque la saison commence. À la fin de l’année, les joueurs dont le contrat à échu et qui ne sont pas admissibles au repêchage se retrouvent aussi sur cette liste. Pour Montréal, il s’agissait de James Bissue, Gorka Larrea, Zakaria Messoudi et Gege Soriola. Après avoir été écarté il y a quelques semaines, Blake Smith y a également figuré.
     
  9. Le processus de découverte de joueurs, qui n’est pas nouveau mais a été modifié cette année (voir détails plus bas) permet de recruter tous les autres joueurs hors-MLS.

Outre l’apparition de la notion de joueur libre, deux modifications importantes sont mises en œuvre cette année : l’arrivée de la liste d’allocation, et des précisions quant au processus de découverte de joueurs. Elles valent quelques explications détaillées.

Le classement d’allocation existait déjà, son principe ne change pas : c’est un classement qui donne la priorité aux clubs moins bien classés la saison précédente pour engager certains joueurs de renom qui ont un lien, de près ou de loin, avec la MLS. C’est par exemple par ce biais que Sacha Kljestan et Kei Kamara sont revenus cette saison, tout comme Eddie Johnson et Bakary Soumare en 2012. Mais cela concerne aussi des joueurs qui n’avaient encore jamais joué en MLS : les clubs qui ont permis à Charlie Davies et Luis Robles d’y effectuer leurs premiers pas les ont engagés grâce à leur classement d’allocation.

Ce dernier est néanmoins désormais assorti d’une nouveauté très importante depuis cette année : la liste d’allocation. On y retrouve des internationaux américains, des espoirs américains et des anciens joueurs de MLS partis à l’étranger pour un montant de transfert supérieur à 500 000 $. Désormais, c’est clair, net et précis : seuls les joueurs de cette liste sont soumis au principe d’allocation, alors qu’avant, cela pouvait avoir des apparences de cas par cas.

Quant au processus de découverte de joueurs, il sert donc à engager les joueurs qui ne sont pas en MLS et ne doivent pas être embauchés par un des huit autres moyens. C’est comme ça, par exemple, que Lionel Messi pourrait arriver en MLS, tout comme un vétéran venu en droite ligne de la D2 luxembourgeoise et dont personne n’a entendu parler avant.

En pratique, chaque club a une « liste de découvertes » comptant un maximum de 7 joueurs, qu’il peut modifier en tout temps. Il peut en engager 6 par saison. Si deux clubs veulent ajouter un même joueur sur leur liste, celui qui a fait la demande en premier sera prioritaire au moment de l’engager. Cependant, si un club veut engager un joueur faisant partie de la liste d’un autre club, il peut lui offrir un montant d’allocation monétaire de 50 000 $ : si le club « prioritaire » refuse cette offre, il doit proposer un contrat sérieux au joueur.

Le terme de joueur désigné n’est donc pas lié à la manière dont le joueur arrive au club, mais bien au fait que son salaire dépasse la part maximale du budget salarial qu’un club peut consacrer à un joueur. Il peut donc aussi bien arriver grâce au processus de découverte de joueurs que venir de la liste d’allocation ou obtenir ce statut suite à une prolongation de contrat.

Voilà donc les principales modifications apportées aux règlements cette année, ainsi que quelques grandes lignes permettant de mieux les comprendre. Vous pouvez également les consulter dans leur intégralité, en français.

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