Cameroon lineup - 2017 Africa Cup of Nations - Ambroise Oyongo No. 6
Reuters

Le Cameroun d’Oyongo champion d’Afrique

Le Cameroun a remporté la finale de la Coupe d’Afrique des nations en battant l’Égypte 2-1 à l’issue d’un duel riche en suspense, lors duquel chacune des équipes a eu le dessus sur son adversaire durant une mi-temps.

Titulaire, l’arrière gauche de Montréal Ambroise Oyongo est resté sur le terrain d’un bout à l’autre de la rencontre, comme lors de chaque match depuis le début du tournoi. Mais à l’image de ses coéquipiers, il a connu un début de soirée difficile. En première période, l’Égypte était plus juste dans son jeu, et bien plus précise techniquement avec, entre autres, des passes mieux ajustées et moins de contrôles ratés.

Si on n’avait pas droit à une domination totale de l’Égypte, l’équipe est rentrée au vestiaire avec une avance 1-0 qui n’avait rien d’illogique suite à un but marqué en milieu de première mi-temps. Côté droit, Salah avait servi Elneny qui a filé droit au but, surprenant entre autres Oyongo et Tekeu pour aller ouvrir la marque. Déjà malheureux sur cette phase, Tekeu, auteur d’une excellente demi-finale, a dû sortir sur blessure quelques minutes plus tard, remplacé par Nkoulou.

Voyant que son attaque ne parvenait pas à fixer la défense adverse, Hugo Broos a fait monter au jeu Vincent Aboubakar à la pause. Un changement gagnant, puisque dès la reprise, les Camerounais ont affiché un tout autre visage. Maîtres du ballon, ils devenaient aussi plus efficaces et commençaient à menacer plus sérieusement le but adverse.

Il était dès lors évident que les Pharaons n’avaient pas dompté les Lions. Restait au Cameroun à égaliser. C’est arrivé à l’heure de jeu quand un premier ballon venu de la gauche a été repoussé par la défense égyptienne vers Moukandjo, toujours côté gauche, dont le centre est arrivé au deuxième poteau où Nkoulou a trouvé le fond des filets (1-1).

Si on pensait que l’Egypte défendait par choix, forte de son avance, on se rendait compte au fil des minutes qu’elle peinait à reprendre le match en mains. Le Cameroun semblait plus affûté physiquement et n’a pas commis l’erreur de lever le pied après l’égalisation. Au contraire, il sentait son adversaire sortir du match et voulait lui assener le coup de grâce. Les occasions se multipliaient, mais les deux équipes restaient à égalité.

On approchait de la fin du temps réglementaire et on se disait que cette défense égyptienne, qui n’avait encaissé qu’un seul but lors du tournoi avant cette finale, était capable de résister. C’était sans compter sur un superbe exploit d’Aboubakar : servi d’une longue passe et avec trois adversaires ainsi que le gardien devant lui, il a fait passer le ballon au-dessus de Gabr d’un contrôle avant de le reprendre d’une volée imparable : 2-1, et un but dont la beauté n’a d’égale que l’influence du buteur sur le match depuis sa montée au jeu. Deux changements gagnants, puisque les deux buts ont été marqués par les remplaçants !

Malgré la tension des dernières minutes, le Cameroun a pu célébrer son cinquième titre de champion d’Afrique, le premier depuis 2002. Cette victoire lui permet également de se qualifier pour la Coupe des Confédérations qui aura lieu en Russie en juin prochain.

Même si avant le tournoi, de nombreux observateurs faisaient du Cameroun un vainqueur potentiel, il était loin de figurer parmi les favoris de la compétition. Ce qu’a confirmé le sélectionneur Hugo Broos à l’antenne de nos collègues de BeIn Sports après le coup de sifflet final : « Nous sommes venus ici avec comme premier but de sortir du groupe. On a pris ça étape par étape. Nous avons grandi dans le tournoi. Au début, les joueurs étaient en confiance mais pas comme aujourd’hui. Quand tu élimines le Sénégal et le Ghana, tu gagnes en confiance, et on l’a vu aujourd’hui après avoir été mené par une très bonne équipe égyptienne. »

Il faut dire que bien des éléments extra-sportifs ont influencé le parcours des Camerounais lors de cette Coupe d’Afrique des nations. Tout avait commencé avant le tournoi, avec la défection de plusieurs joueurs importants. Mais ceux qui étaient présents au Gabon on fait corps, et constituaient une bande d’amis, pour reprendre les mots de leur entraîneur. Il y eut aussi un différend avec la fédération pour une question de primes, mais là encore, joueurs et sélectionneur se sont unis et le groupe est resté soudé, au lieu d’être démobilisé comme cela arrive souvent suite à ce genre de situation.

C’est donc avec la tête au terrain que le Cameroun est monté en puissance au fil du tournoi, éliminant des favoris comme le Sénégal et le Ghana. Il a fait de même au fil de cette finale, mal entamée mais terminée avec une manière digne d’un champion d’Afrique. « On n’était pas dans notre jeu en première mi-temps, a poursuivi Broos. En deuxième mi-temps, on a mis le turbo et c’était impossible pour l’Égypte de résister à cette puissance. On a appliqué notre recette de continuer, et de voir où on arriverait au bon du compte. Et on est arrivé en gagnant la coupe, c’est incroyable ! »

Yaoundé, Douala, Garoua et tout le pays sont déjà en liesse, cela ne fait aucun doute. Quant aux joueurs de l’Impact de Montréal, ils peuvent s’apprêter à célébrer un champion d’Afrique au moment où Oyongo les rejoindra pour terminer avec eux la préparation de la saison 2017 de MLS.

Photo via Reuters Media Express

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