Osvaldo Alonso - Seattle Sounders - holds MLS Cup before crowd at airport - Dec. 11, 2016
Dan Poss/Seattle Sounders

Jubilation à Seattle, résignation à Toronto

Un peu plus de 24 heures après une finale riche en suspense ayant vu Seattle remporter la Coupe MLS aux tirs au but face à Toronto, personne dans les deux camps n'a totalement repris ses esprits : tant les vainqueurs encore dans les effluves de la fête que les vaincus qui se demandent comment ils ont pu laisser filer la montre en or.

Il ne fait aucun doute que les supporters de Seattle ont déjà revécu le match et ses moments forts tant et plus. Sur un écran, dans leurs pensées voire dans leur sommeil, ils voient leur héros s’avancer lors de la séance de tirs au but victorieuse. Et pour rendre tout ça encore plus réaliste, ils savent ce que les joueurs ont pensé juste avant de tirer. Ils repensent aussi aux 120 minutes qui ont précédé, à quelques interventions héroïques de leurs défenseurs, tellement bien protégés par Alonso, qui a pourtant joué blessé au genou.

Comme les joueurs, ils se disent qu’après avoir si souvent espéré, ils peuvent enfin célébrer. Ces déceptions du passé ont permis à certains de tenir le coup dans les moments les plus durs de la saison et de la finale, en ayant à l’esprit que ce n’est pas parce qu’on est le plus près du rêve que c’est pour nous qu’il se réalise.

Et Toronto a souvent cru que c’est pour lui que le rêve deviendrait réalité. Particulièrement lors de la deuxième période de la prolongation, quand une reprise d’Altidore prenait la direction de la lucarne. Jusqu’à l’arrêt incroyable de Frei, ce moment qui est sur encore bien plus de lèvres que la séance de tirs au but. Une détente qui a peut-être rendu la défaite légèrement moins amère pour l’attaquant local, déclarant très sportivement qu’il fallait quelque chose de particulier dans ce match pour faire la différence, ce que son équipe n'a pas réussi au contraire du gardien adverse.

Esprit sportif aussi du côté de Seattle (c’est toujours plus facile au milieu de bouteilles de champagne qui coulent à flots), où l’on reconnaît la domination de Toronto, disant même qu’il aurait été bienvenu de mieux jouer. Et pour cause, jamais avant cette année une équipe n’avait remporté la finale de la Coupe MLS sans cadrer le moindre tir. Lors de ce match, ce sont bel et bien les défenses qui se sont mises davantage en valeur, comme en témoignent les notes des joueurs.

Pendant qu’Altidore était victime des miracles de Frei, les deux autres vedettes de Toronto ont connu une soirée inégale. Bradley a réalisé un grand match mais a raté son tir au but. Et Giovinco a été remplacé à quelques minutes de la fin, furieux. Mais pas parce que son entraîneur avait décidé de le sortir contre son gré : l’Italien avait lui-même demandé le changement, il n’avançait plus, et rageait de ne pas pouvoir aider son équipe jusqu’au bout.

Si la déception d’avoir perdu la finale était évidemment énorme, ce qui faisait le plus mal à plusieurs joueurs de Toronto était d’avoir vu une saison complète se jouer sur la loterie des tirs au but. Dur en effet d’avoir le sentiment que la meilleure équipe des deux en 2016 n’est pas celle coiffée du titre de champion de la saison 2016. « Mais que voulez-vous qu’on dise ? », répétaient les joueurs les uns après les autres dans un vestiaire où régnait une énorme résignation. Dans le stade et dans la ville aussi, les attentes étaient grandes, et aujourd’hui on se console comme un peut.

Pendant ce temps, les célébrations se poursuivent à Seattle : après avoir été accueillis en héros à l’aéroport, les membres de l’équipe paraderont dans les rues de la ville ce mardi. En plus de garnir la vitrine de trophées du club, déjà riche d’un Supporters Shield, de quatre Coupes des États-Unis et de quatre titres en USL, cette Coupe MLS aura d’autres conséquences concrètes puisqu’elle qualifie Seattle pour la Ligue des champions 17/18.

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