Cap sur la reprise (4) : objectif, Ligue des champions

Parmi les clubs de MLS qui ont repris l’entraînement ce matin, deux n’avaient pas du tout la même préoccupation que les autres. Alors qu’en temps normal, une préparation dure six semaines, DC United et Montréal n’ont qu’un petit mois devant eux avant leur prochain match officiel. En plus, il est crucial, puisqu’il est en Ligue des champions. Quand on rate son premier match de championnat, on en a 33 autres pour se reprendre. En quart de finale d’une compétition internationale, il y a moins le droit à l’erreur…

Première question que tout le monde se pose légitimement dans une telle situation : mais pourquoi ne pas recommencer à s’entraîner plus tôt ? Frank Klopas, l’entraîneur de Montréal, a la réponse. Elle est on ne peut plus claire : « C’est très compliqué : on n’a pas le droit de commencer tôt car il faut suivre les règlements de la ligue. Même pour moi, qui suis là depuis longtemps, c’est difficile à comprendre. Quand j’étais en Europe, les vacances se limitaient à un mois. Ce n’est pas facile d’être inactif pendant deux mois et demi puis de jouer 33 jours plus tard. »

Il faut donc éviter à tout prix de voir arriver à la reprise un joueur hors forme ou présentant un excès de poids. Au contraire, chacun doit déjà être bien affûté. D’ordinaire, les joueurs reçoivent quelques devoirs de vacances pour ne pas reprendre les entraînements avec un retard de condition physique. Cette année, ils ont été adaptés aux circonstances. « Avec notre préparateur physique, nous avons donné un programme individualisé aux joueurs et effectué un suivi quotidien, poursuit Klopas. Ils devaient nous envoyer les informations demandées chaque jour. Quand ils ne le faisaient pas, nous devions nous assurer de les appeler pour les rappeler à l’ordre… et c’est arrivé. »

Désormais, au grand plaisir de tout le monde, les entraînements individuels sont remplacés par des séances de groupe. Les objectifs quotidiens évoluent également, et Bakary Soumare schématise très bien le programme des semaines à venir. « La première chose à faire, c’est le travail physique. Tout le monde revient de vacances. Ensuite, nous devrons adopter le schéma tactique que l’entraîneur va essayer de nous apprendre et qu’il faudra mettre en place avant le match. En trente jours, vous avez amplement le temps d’être prêt défensivement et offensivement. »

Ce travail sera d’autant plus important pour les joueurs à vocation défensive, puisqu’ils sont nombreux à découvrir leur nouveau club et n’ont donc pas encore adopté d’automatismes. L’un des anciens, Hassoun Camara, a sa petite idée sur la manière d’accélérer le processus. « Il faut maximaliser le temps qu’on a entre nous. Sur le terrain, mais aussi en dehors afin de parfaire les affinités. On a des joueurs francophones, ça va faciliter la tâche derrière, c’est une bonne chose pour nous. »

De quoi aussi passer de bons moments ensemble, parce que le travail de fond typique des premières semaines d’entraînement est rarement l’activité préférée des footballeurs professionnels. « Une préparation reste toujours difficile, poursuit Camara. Les joueurs n’aiment pas forcément courir… Mais voilà, on a un mois de préparation, et ça s’appelle préparation pour une raison : il faudra être prêt pour le premier match, sans non plus aller plus vite qu’il ne faut. »

En effet, courir comme des lapins au Mexique pour tirer la langue trois semaines plus tard serait malvenu. Et évidemment, le préparateur physique a dû travailler sur le long terme. Il peut compter sur Patrice Bernier pour le rappeler. « Il faut faire attention car on commence par un match de haute voltige, mais après il y a une saison complète qui suit et il ne faut pas l’hypothéquer, prévient l’international canadien. C’est sûr qu’on part avec un temps de retard sur Pachuca, qui est en pleine saison, mais la préparation a été méticuleusement mise en place pour éviter qu’on arrive au sommet de notre forme contre Pachuca mais que ça nous affecte ensuite. »

Afin de se mettre en forme de match, il y aura bien entendu quelques duels amicaux. DC United ira à Austin pour participer à l’ATX Pro Challenge alors que Montréal prendra rapidement la direction du Mexique. « La première phase de la préparation se passera ici. Nous irons ensuite au Mexique pour nous acclimater aux conditions là-bas, explique Klopas. Nous ferons tout ce qu’il faut pour être prêts, mais il faudra également effectuer un suivi de la condition physique afin de voir où chacun se situe, et qui est le plus en mesure d’aider l’équipe lors de ce match. »

S’il y aura évidemment une préparation physique et tactique, la connaissance de l’adversaire n’est pas à négliger. « Chaque joueur, tout comme le staff technique, a sûrement déjà vu au moins un match depuis que Pachuca a recommencé à jouer, a ainsi précisé Bernier, qui était au Mexique et a déjà pu voir les Tuzos à l’œuvre. Tout le monde va faire ses devoirs. Ils jouent régulièrement et on va encore avoir la possibilité de les voir trois ou quatre fois. J’ai aussi parlé à quelques joueurs mexicains de MLS, notamment Pineda, qui connaissent bien le championnat. » Avec une préparation raccourcie, autant mettre tous les atouts de son côté.

CAP SUR LA REPRISE
Le programme des 20 clubs
Revue des troupes plus ambitieuses
Revue des troupes en quête de progrès

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