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Transfer

14 August 1:35 de la tarde

La deuxième période des transferts a officiellement pris fin la semaine dernière. Qu’est-ce que ça veut dire, en pratique ? Vous avez été nombreux à me poser énormément de questions et à demander des précisions ces derniers jours, j’ai donc eu l’idée de synthétiser le tout en un article.

D’abord, un peu d’histoire pour remettre le tout en contexte et comprendre l’esprit de ces règlements. Traditionnellement, les championnats de soccer voient chaque club affronter chacun de ses adversaires deux fois (une à domicile, l’autre à l’extérieur). Et le calendrier fait en sorte qu’ils jouent d’abord une fois contre tout le monde (ce qu’on appelle le premier tour), puis la seconde (le deuxième tour) avec généralement, entre les deux, une trêve de quelques semaines. C’est important de garder ça en tête pour la suite.

Afin de favoriser l’intégrité de la compétition, sa parité (chère à la MLS) et son intérêt, des règlements ont été mis en place à différentes périodes du siècle dernier, variant selon les pays et la culture. On s’est quand même rapidement rendu compte que les clubs plus offrants tiraient profit de la liberté des joueurs en allant chercher les meilleurs chez leurs concurrents. Afin d’éviter cela, ils ont dû donner une compensation au club qui perdait son joueur, généralement une indemnité de transfert. Par ailleurs, dans de nombreux championnats, les équipes devaient être constituées avant le premier match, de façon à affronter chaque adversaire avec le même effectif de joueurs. On pouvait y apporter des retouches (rien de majeur, mais plutôt un nombre limité de transferts entrants et/ou sortants) à la mi-championnat, de façon à avoir à nouveau un effectif identique pour affronter chaque adversaire pour la deuxième fois de la saison. Dans certains pays de tradition plus libérale, les règles étaient plus souples, mais bouleverser l’effectif en cours de saison n’était quand même pas dans les mœurs.

À l’époque, l’indemnité de transfert était aussi due lorsque le joueur était en fin de contrat, et son montant variait au bon vouloir des dirigeants des clubs. Si cela protégeait les clubs et la compétition à certains égards, cela allait à l’encontre des droits des individus. Le joueur Jean-Marc Bosman en a été victime et a intenté un procès, qu’il a gagné. En décembre 1995, en a résulté l’arrêt Bosman qui, pour généraliser, a permis aux joueurs en fin de contrat de partir gratuitement et a aussi mis fin à la limite du nombre de joueurs étrangers par club. Cette dérégulation a ouvert de nombreuses portes et mis fins aux traditions, qui ont été remplacées par des règlements allant un peu dans tous les sens. Au tournant du siècle, la Fifa a tenté d’harmoniser le tout et c’est ce qui donne la situation actuelle, présentée ici.

Cette harmonisation vaut pour les transferts internationaux. Et ce que je vous explique ici, ce sont les grandes lignes qui concernent les joueurs professionnels et majeurs (il y a des règles particulières pour les amateurs et les mineurs). Pour les transferts nationaux (entre deux clubs du même pays), chaque fédération édicte ses propres règlements, qui doivent inclure des dispositions pour protéger les joueurs, la stabilité contractuelle et un système pour indemniser les clubs qui investissent dans la formation, tout en respectant le droit national et les conventions collectives.

En fait, chaque joueur est enregistré auprès de la fédération nationale du pays où se trouve son club. Et un joueur enregistré auprès d’une association ne peut être enregistré auprès d’une nouvelle association que lorsque celle-ci a reçu un Certificat International de Transfert (CIT) établi par l’ancienne association, qui doit également en envoyer une copie à la Fifa. La procédure de CIT doit exclusivement être réalisée via TMS, un système centralisé de régulation des transferts mis au point par la Fifa.

Ces enregistrements ne peuvent se faire qu’à certains moments précis. On est revenu au principe de départ : au début de la saison et au milieu de celle-ci. Voilà ce que dit exactement le règlement de la Fifa : « La première période d’enregistrement commence après la fin de la saison et s’achève, en principe, avant le début de la nouvelle saison. Cette période ne doit pas excéder douze semaines. La deuxième période d’enregistrement doit en principe se situer au milieu de la saison et ne doit pas excéder quatre semaines. » Ce sont les fédérations nationales qui choisissent les dates exactes de ces périodes, mais il y a quand même certaines harmonisations, notamment entre pays voisins.

Vous aurez remarqué que le texte ci-dessus précise qu’en principe, les transferts doivent être terminés avant le début de la saison. En pratique, ce n’est cependant pas le cas. Ainsi, en MLS, la première période de transferts s’étalait du 18 février au 12 mai, alors que le premier match de championnat a été joué le 8 mars. Idem en Europe de l’Ouest, où les clubs peuvent transférer jusque fin août même si de nombreux championnats ont déjà repris. Cela change la donne en début de compétition. C’est un peu pareil à la mi-championnat, avec une seconde période qui allait du 8 juillet au 6 août en MLS, et qui s’étale sur tout le mois de janvier en Europe de l’Ouest.

Ce n’est pas du goût de tout le monde. Ainsi, Arsène Wenger, l’entraîneur d’Arsenal, s’en est offusqué, citant en exemple Newcastle qui avait transféré à l’envi durant l’hiver 2013. « Il est injuste que des équipes ne doivent plus jouer contre Newcastle et que d’autres doivent affronter une formation avec six ou huit nouveaux joueurs. Ils ne joueront pas contre la même équipe. Je pense que le nombre de joueurs qu’on peut acheter devrait être limité », a déclaré le Français, proposant que l’on mette fin aux transferts de mi-saison, ou qu’on les limite à un maximum de deux arrivées. Ce genre de réflexion, portant sur l’intégrité de la compétition et l’esprit du jeu, se fait malheureusement de plus en plus rare.

Les dates ci-dessus (vous pouvez consulter la liste complète par pays ici) concernent les transferts entrants. Cela veut dire par exemple que la Fédération américaine ne pouvait enregistrer un joueur venu de l’étranger que jusqu’au 6 août. Par contre, la Fédération anglaise peut le faire jusqu’au 1er septembre. C’est la raison pour laquelle un joueur de MLS peut toujours partir à l’étranger, mais personne ne peut effectuer le chemin inverse. Les anciens coéquipiers d’Ignacio Piatti qui ont joué la finale retour de la Copa Libertadores ce 13 août ne peuvent donc plus signer en MLS mais ont toujours la possibilité de quitter San Lorenzo pour l’Europe.

Ces transferts doivent être notifiés de manière électronique - via le système TMS ou par courrier électronique - avant 23h59 le jour de la date limite. C’est pourquoi on apprend parfois un transfert après cette date. Certains clubs qui ont effectué toutes les formalités dans les temps choisissent occasionnellement d’attendre avant d’effectuer l’annonce. Il arrive aussi parfois (c’est très rare mais pas exceptionnel) que certains clubs effectuent les démarches administratives en retard. Le transfert n’entre alors en vigueur qu’au début de la période suivante, et le joueur doit attendre avant de pouvoir jouer pour son nouveau club, ce qui peut s’avérer fâcheux.

En MLS, la situation est quelque peu particulière, puisqu’on y trouve des clubs de deux pays différents. Dans beaucoup de cas, un joueur qui passe des États-Unis au Canada doit se conformer à ces procédures de réenregistrement limitées aux deux périodes de transfert. Pas en MLS. En voilà la raison expliquée droit depuis les bureaux de la ligue à New York, suite à une question sur le passage d'un club canadien à un club américain (ou inversement) en dehors des périodes d'enregistrement : « Il n’y a pas besoin de Certificat International de Transfert (CIT) car le Canada n’a pas de championnat de Division 1 – raison pour laquelle des clubs canadiens sont autorisés à jouer en MLS. Cependant, s’il y avait une D1 canadienne, un joueur aurait besoin de son CIT pour aller de celle-ci en MLS (dans laquelle il n’y aurait alors pas de club canadien). »

Une fois ces limites de date passées, les règlements varient d’un championnat à un autre. Dans certains, on ne peut plus faire aucun transfert national non plus, ailleurs on ne peut engager que des joueurs sans contrat, d’autres permettent de transférer des joueurs du pays jusqu’à une certaine date. C’est le cas en MLS, où la date de fixation de la liste des joueurs (roster freeze en anglais) est, cette saison, le 15 septembre 2014 à 17h00, heure de New York. D’ici-là, les clubs peuvent engager des joueurs d’autres clubs s'il n'y a pas besoin de CIT, effectuer des échanges ou ajouter des jeunes du crû à l’effectif de leur équipe première. Lisez ici les règlements de la MLS en français.

Que ce soit dans un seul pays ou plusieurs, un joueur peut être enregistré auprès de trois clubs au maximum au cours d’une même saison. Durant cette période, le joueur ne peut être qualifié pour jouer en matches officiels que pour deux clubs - trois si les saisons se chevauchent (lors par exemple d’un passage de la MLS à l’Europe de l’Ouest). Un joueur ne peut pas non plus signer de contrat avec deux clubs en même temps (sauf si l’un le prête à l’autre). Sinon, il subira des sanctions sportives (une suspension de plusieurs mois). Le dernier contrat qu’il a signé est théoriquement celui qui est valide, mais il peut y avoir exception si le club l’a incité à rompre l’autre contrat.

Il y a des joueurs qui signent illégalement plusieurs contrats… et il y en a d’autres qui n’en ont plus. Ces joueurs considérés comme sans emploi sont ceux dont le contrat a expiré (ou a été rompu par consentement mutuel) avant la fin d’une période d’enregistrement. Ils ont le droit de signer dans un nouveau club après les périodes réglementaires de transfert, à condition que ce soit prévu dans le règlement national, ce qui n’est pas obligatoire, chaque championnat déterminant ses propres règles pour ce cas de figure et devant avant tout veiller à l’intégrité de la compétition.

Que le joueur soit en fin de contrat ou non, il y a aussi des règles d’éthique à respecter par les clubs qui les convoitent. Un club désirant signer un contrat avec un joueur professionnel est tenu d’en informer le club du joueur par écrit avant d’entamer toute négociation. Un joueur n’est libre de conclure un contrat avec un autre club que si son contrat a expiré ou expirera dans les six mois. Et si le joueur n’arrive pas en fin de contrat, certains pays se basent sur le principe qu’on ne fait pas aux autres ce qu’on ne veut pas que les autres nous fassent. Ce n’est pas toujours efficace, alors plusieurs fédérations obligent le club qui veut négocier à obtenir un accord signé par le club à qui appartient le joueur.

Si un joueur sous contrat passe d’un club à un autre, il doit y avoir une compensation, qui est généralement une indemnité de transfert. Sauf exceptions précisées dans le règlement de la Fifa (par exemple un joueur qui n’est pas payé pendant plus de trois mois), une résiliation unilatérale de contrat en dehors des périodes d’enregistrement réglementaires s’accompagne de sanctions sportives (interdiction de jouer ou de transférer) pour le joueur ou le club.

Depuis plusieurs années, le travail de formation est également récompensé sous deux formes : l’indemnité de formation et le mécanisme de solidarité. La première est payée lorsqu’un joueur signe son premier contrat professionnel et lors de chaque transfert jusqu’à la saison de son 23e anniversaire. Tous les clubs qui l’ont formé à partir de l’âge de 12 ans touchent entre 2000 et 125 000 dollars par saison de formation, selon un barème préétabli. Si le club a disparu entre temps, la somme qu’il devait recevoir va à la fédération nationale, qui doit la réinvestir dans le développement des jeunes. Cette indemnité de formation doit être payée que le transfert ait lieu pendant ou à la fin du contrat du joueur.

La contribution de solidarité, elle, ne doit être payée que lorsqu’un joueur professionnel est transféré avant l’échéance de son contrat. Dès lors, 5% du montant de l’indemnité de transfert versée à l’ancien club est répartie entre tous les clubs pour lesquels le joueur a évolué entre ses 12 et ses 23 ans. Imaginons qu’un jeune qui a joué au FC Verdun de sa petite enfance jusqu’à ses 23 ans soit transféré cinq ans plus tard du Real Madrid à Arsenal pour 50 millions, le FC Verdun verra ses caisses se remplir de 2,5 millions…

Je ne m’étendrai pas sur les prêts, mais il est quand même important de savoir que la période minimum de prêt doit correspondre à la période comprise entre deux périodes d’enregistrement. Un prêt est en fait considéré comme un transfert (avec évidemment des conditions particulières à cette situation dans le contrat) pour une durée déterminée (il est d’ailleurs aussi appelé aussi transfert temporaire), donc les même règles s’appliquent, notamment le payement d’indemnités de formation et de solidarité ou encore le respect des dates durant lesquelles on peut transférer.

Autre précision intéressante : les suspensions dans le championnat national n'accompagnent pas un joueur transféré à l’étranger, sauf si elles sont de plus de quatre rencontres ou de trois mois, auquel cas le joueur doit terminer de les purger dans le nouveau championnat où il joue.

On m’a aussi souvent demandé ce qu’il en était en Ligue des champions. Tous les règlements ci-dessus s’appliquent évidemment. En Concacaf, un club doit fournir une liste de maximum 30 joueurs sept jours avant le début de la compétition. Il peut y ajouter des joueurs jusqu’à 48 heures avant un match, du moment que la limite de 30 ne soit pas atteinte, et ne peut retirer personne, même les joueurs ayant quitté le club. Une autre liste est donnée avant les quarts de finale (après la période de transferts hivernale), selon le même principe. Un même joueur ne peut pas participer à la compétition pour deux clubs différents. En Europe, c’est un peu plus compliqué et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire ce document à partir de la page 29.

Voilà donc le tour de la question qui, je l’espère, répond à vos interrogations. Si vous souhaitez encore plus de détails, consultez le règlement officiel de la Fifa sur le statut et le transfert du joueur.

12 August 12:16 de la tarde

La période des transferts de l’été s’est officiellement refermée il y a quelques jours, et notre émission de la semaine (que vous pouvez aussi écouter ici) essaye de voir qui s’est le mieux renforcé en vue de la suite de la saison, mais on parle aussi du départ possible de Yedlin et des déclarations d’Igancio Piatti qui font grincer certaines dents à Montréal.

Tout Montréal attend Ignacio Piatti qui a montré sur une radio argentine qu’il connaissait déjà bien le club… mais espérait en faire un tremplin pour jouer ailleurs en MLS d’ici quelques années. Scandale ou tempête dans un verre d’eau ? Cela nous amène à parler de l’aspect mystérieux de la MLS pour les joueurs fraîchement arrivés de l’étranger, de la liberté de parler des joueurs et du risque de polluer leur esprit avec des considérations extra-sportives ou encore de situations comparables à l’étranger et de fidélité.

Le possible départ de Yedlin à Tottenham Hotspur ouvre la porte aux questions qui reviennent régulièrement dans une telle situation. Est-ce une bonne nouvelle pour la MLS ? Le montant du transfert est-il suffisant ? Le joueur a-t-il effectué le meilleur choix pour sa carrière ?

Mais on s’attarde surtout sur les arrivées, avec entre autres le passage de Gordon au LA Galaxy, du renouveau de San José, des nouvelles vedettes potentielles (Ridgewell à Portland, Beasley à Houston, M’Bolhi à Philadelphie) et des renforts encore méconnus venus de l’étranger. Avec ces éléments, on tente de déterminer qui s’est le mieux renforcé et est le mieux armé pour la suite de la saison.

Parmi nos autres sujets de discussion, la grosse activité des deux clubs qui joueront en MLS en 2015 et nos habituels conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

13 February 2:32 de la tarde

Ces derniers jours, vous êtes nombreux à m’avoir demandé de faire un point sur les arrivées et départs de joueurs depuis la reprise car vous n’aviez pas toujours tout suivi, en dehors de votre club favori. Voilà donc les mouvements importants à noter à quelques jours du début des principaux tournois de préparation (que vous pourrez en grande partie suivre en direct).

La plupart des renforts sont arrivés de l’étranger, le marché restant néanmoins assez calme même si nos clubs n’ont plus leurs homologues européens dans les pattes (la période des transferts a pris fin le 31 janvier sur le Vieux Continent). On a vu débarquer quelques joueurs de qualité qui espèrent marcher sur les traces des Valeri et autre Gonçalves.

Confirmant son ardent désir de rejouer les premiers rôles, DC United a attiré Christian Fernandez, arrière gauche qui a le sens du but et a aidé Almeria à retrouver l’élite espagnole cette saison. Deux ans après Christian Wilhelmsson, le LA Galaxy a fait venir Stefan Ishizaki, un autre extérieur droit international suédois qui entrera en concurrence directe avec Robbie Rogers. Vancouver a fait son marché en Uruguay, où il a été chercher deux jeunes joueurs offensifs : Sebastián Fernández, qui aime évoluer en soutien de l’homme de pointe, et le meneur de jeu Nicolás Mezquida.

Parmi les autres nouveaux visages, celui du Français Vincent Nogueira, qui a quitté Sochaux Philadelphie où il est arrivé peu après la reprise des entraînements et a déjà fait forte impression. Les premières foulées de 2014 sur les terrains ont été aussi synonymes d’action à Toronto, qui a cédé Richard Eckersley à New York, le remplaçant par Bradley Orr, prêté par Blackburn qui ces derniers mois avait prêté cet arrière droit à Blackpool en D2 anglaise.

Pas vraiment inconnu mais très attendu après son passage décevant à Heerenveen, l’international guatémaltèque Marco Pappa a signé à Seattle. Notons aussi que Gabriel Farfan a quitté Chivas USA pour Chiapas en championnat du Mexique, où son frère Michael est également parti cet hiver, lui qui a signé à Cruz Azul. Enfin, Hendry Thomas passe de Colorado à Dallas où il apportera du muscle dans l’entrejeu.

17 January 5:39 de la tarde

Si toute votre attention était focalisée sur les choix des clubs lors du SuperDraft d’hier ou que vous vous êtes éloignés de la planète MLS pendant quelques jours, voici un condensé des rumeurs et nouvelles qui vous ont peut-être échappé.

La saga Camilo a pris fin. Le meilleur buteur du défunt championnat a été transféré de Vancouver à Queratero (Mexique) avec qui il s’entraînait déjà depuis quelque temps au grand dam de son ancien employeur. Un nouveau joueur désigné est arrivé : le médian argentin Cristian Maidana (26 ans) a signé à Philadelphie. Il vient d’Argentinos Juniors mais a aussi joué, entre autres, au Spartak Moscou. Les Argentins sont à la mode cette semaine, puisque Portland en a embrigadé deux : l’arrière central Norberto Paparatto et l’attaquant Gastón Fernández, tous deux âgés de 30 ans. Le premier doit être une solution de plus en défense centrale, le second doit remplacer Ryan Johnson que l’on annonce partant. Jose Valencia a déjà effectué le chemin inverse, puisque l’attaquant a été prêté par Portland aux Argentins d’Olimpo.

En interne, on notera l’échange Seattle - Chicago impliquant trois joueurs : Anibaba s’en va sur les bords du Pacifique alors qu’Hurtado et Ianni troquent le vert pour le rouge. Seattle pourrait voir un autre joueur s’en aller, et pas des moindres : Obafemi Martins semble se chercher un nouveau club, mais Sigi Schmid l’attend pour la reprise des entraînements. Autre rumeur, qui tend à se confirmer : l’arrivée de Maurice Edu à Philadelphie. « On le veut et il veut être ici », insiste-t-on du côté de l’Union.

Don Garber a également évoqué des sujets qui intéressent tous ceux qui suivent la MLS de près ou de loin. Ainsi, le commissaire a déclaré qu’une annonce à propos de David Beckham et de sa potentielle équipe à Miami serait effectuée d’ici 30 jours. Par ailleurs, il a précisé que New York City était sur le point d’officialiser le stade dans lequel il jouera en attendant que le sien ne soit construit. Autre rumeur intéressante, rapportée par notre collègue Grant Wahl : la finale de la Coupe MLS pourrait se jouer le troisième week-end de décembre.

Enfin, plus tôt cette semaine, la Fifa a annoncé la liste des arbitres qui officieront lors de la prochaine Coupe du monde. L’arbitre central Mark Geiger, que l’on voit régulièrement sur nos terrains, a été retenu, de même que les assistants Sean Hurd et Joe Fletcher. Tous trois siffleront ensemble. Le dernier nommé est canadien, les deux autres sont américains, tout comme Eric Boria qui sera sur place dans les 8 « duos de soutien ».

14 January 5:54 de la tarde

Si l’arrivée de Michael Bradley à Toronto fait énormément parler d’elle ces jours-ci, elle s’inscrit dans la lignée des mouvements de ce début d’année en MLS : le retour au bercail.

Ainsi, un autre international américain qui évoluait en Europe a traversé l’Atlantique : le défenseur Michael Parkhurst, qui a signé à Columbus. Les canaris de l’Ohio ont aussi été chercher Hector Jimenez au LA Galaxy. Les Californiens ont pour leur part attiré l’international canadien Rob Friend qui jouait en Allemagne depuis sept ans. Mais le gros renfort de ce début d’année pour l’équipe de Bruce Arena n’est autre que l’attaquant brésilien Samuel, prêté par Fluminense.

Même les transferts internes ont des saveurs de retour. En effet, si DC United est allé chercher Jeff Parke à Philadelphie, c’est aussi pour permettre à l’Union de se retrouver au premier rang du classement d’allocation, qui donne le premier choix en cas de retour d’un ancien joueur de MLS. Il se chuchote que ce serait pour attirer Maurice Edu. Philadelphie serait aussi en discussions avec le médian français de Sochaux Vincent Nogueira. Le classement d’allocation pourrait également servir à s’adjuger les services de Marco Pappa, dont le contrat a été rompu à Heerenveen : Seattle serait sur les rangs, et il a été cité à Montréal où il retrouverait son ancien entraîneur Frank Klopas.

De son côté, Chivas USA a embrigadé l'attaquant Adolfo Bautista, un ancien international mexicain, alors que Portland serait sur le point d'attirer deux Argentins, l’attaquant Gaston Fernandez et le défenseur central Norberto Paparatto. La liste des joueurs français en MLS s’est par ailleurs allongée, avec l’arrivée du milieu défensif d’Ajaccio Jean-Baptiste Pierrazzi à San José, qui a également recruté Atiba Harris alors que Marvin Chavez effectuait le chemin inverse et prenait la direction de Colorado.

Ce sont cependant des départs dont on parle le plus dans les montagnes en ce moment, puisque l’équipe surprise de la saison dernière a perdu à la fois son entraîneur principal Oscar Pareja, qui entraînera Dallas cette saison (un autre retour au bercail, puisque Pareja y a disputé les huit dernières saisons de sa carrière de joueur), que son adjoint Wilmer Cabrera, nommé à la barre de Chivas USA, et est désormais le seul club à encore se chercher un entraîneur pour 2014 : la direction a dit qu’elle ne se presserait pas et qu’un intérimaire pourrait assurer la reprise.

S’il y a eu beaucoup de retours de joueurs en MLS, il y a eu aussi quelques départs à l’étranger, bien moins nombreux cependant. Notons le passage du défenseur central international canadien Dejan Jakovic de DC United à Shimizo S-Pulse (Japon) et la fin du feuilleton Juan Agudelo, qui a annoncé lui-même avoir signé à Stoke City - transfert qui avait achoppé dans un premier temps - qui le prêtera pour les six prochains mois (en Espagne, aux Pays-Bas ou en Belgique, où Anderlecht et le Standard seraient intéressés).

10 January 1:10 de la tarde

Jean de La Fontaine serait très certainement inspiré devant le comportement des trois clubs canadiens cet hiver. Trois situations pour le moins différentes, qui pourraient donner lieu à une fable dont je vous laisse le soin de choisir les animaux qui en composeraient le titre.

Le club le plus actif est sans nul doute Toronto. Las de porter le bonnet d’âne depuis leur entrée dans la compétition,  les Ontariens ont frappé deux grands coups cette semaine. Le plus attendu – la rumeur était perceptible depuis longtemps – concerne l’arrivée de Jermain Defoe, qui a signé un contrat de quatre ans. Le 28 février, l’attaquant de 31 ans quittera Tottenham où il a joué 10 ans et marqué près de 150 buts.

L’autre est plus surprenant : l’AS Rome a annoncé avoir vendu son milieu défensif Michael Bradley à la MLS pour 10 millions de dollars. Il devient le deuxième joueur américain le plus cher de l’histoire derrière Jozy Altidore. Considéré comme un pilier de son équipe nationale, il souhaitait avoir plus de temps de jeu avant la Coupe du monde. Sa destination n’est pas encore officielle, mais tout indique qu’il jouera à Toronto.

Le TFC a préalablement aussi rapatrié Dwayne De Rosario, embauché l’attaquant brésilien Gilberto en lui donnant le statut de joueur désigné, également porté par Matias Laba, et attiré Jackson ainsi que Justin Morrow. Alors, chers auteurs, a-t-on là un animal frénétique à la limite de l’hyperactivité ou un pachyderme qui pourrait tout écraser sur son passage... ou s’effrayer à la vue d’une petite souris ?

Parlant de souris, Montréal reste pour le moment dans son trou, pour le moins très tranquille. Si le club québécois a changé d’entraîneur, il est le seul à ne pas encore avoir officiellement annoncé d’arrivée. Son directeur sportif Nick De Santis porte une grande confiance au groupe de la saison dernière, arguant que celui-ci est resté en tête pendant 25 semaines. Il estime donc que le vrai visage de l’équipe est celui qu’elle a montré début 2013. Les supporters pessimistes pensent que le club joue à l’autruche suite à sa fin d’année difficile, mais il serait très surprenant de ne pas voir l’un ou l’autre renfort important arriver d’ici le début du championnat.

À Vancouver, la tentation de se mettre la tête dans le sable est forte à chaque fois qu’une photo de Camilo sous le maillot de Queretaro est publiée sur un réseau social. Le meilleur buteur du défunt championnat est pourtant, selon son dernier employeur, toujours sous contrat en Colombie-Britannique. Le nouvel entraîneur du club, Carl Robinson, trouve la situation inacceptable et ne veut dans son groupe que des joueurs qui ont envie de jouer pour le club. Si le Brésilien devait partir, ce serait un pion important de plus à remplacer pour une équipe tantôt lièvre tantôt tortue.

09 January 7:06 de la tarde

Il y a deux ans, Walter Restrepo faisait partie des meilleurs joueurs de NASL. Rien pour devenir une célébrité internationale... ce qu'il est depuis cette semaine en raison de son transfert peu orthodoxe. En effet, Fort Lauderdale l’a vendu à San Antonio en échange d’un voyage en car et de deux nuits d’hôtel pour toute l’équipe. De quoi alimenter les conversations ? Oui. Une première ? Non ! Et Restrepo aimerait certainement avoir la carrière de certains de ses prédécesseurs.

Ainsi, au tout début des années 1980, Tony Cascarino, qui s’apprête à fêter ses 20 ans, passe de Crokerhill, club anglais amateur, à Gillingham, alors pensionnaire de D3. Déjà à cette époque, même à ce niveau, les indemnités de transfert étaient la norme, mais Crokerhill ne souhaitait pas recevoir d’argent. Les Gills leur ont dès lors offert des survêtements et du matériel d’entraînement. Cascarino a ensuite joué entre autres au Celtic, à Marseille et a représenté l’Irlande à 88 reprises, notamment à la Coupe du monde en 1990 et en 1994.

Restons dans la même décennie, et allons en Belgique où le championnat était alors florissant, ses clubs brillant régulièrement en coupes d’Europe. Pensionnaire de D1, le RWD Molenbeek était toutefois dans une situation financière précaire, ayant notamment 35 000 $ de retard dans le payement de son électricité. Pour s’en acquitter, il a transféré Johan Walem, un des membres de l’école de jeunes les plus brillants, chez le voisin d’Anderlecht. L’adolescent y a poursuivi sa formation avant d’éclater en équipe première, de jouer en Serie A italienne et de participer à la Coupe du monde 2002. Aujourd’hui, Walem est sélectionneur de l’équipe nationale espoirs belge.

Moins connu mais plus près de nous, notons le passage l’été dernier de Roger Fallas de Puma, en D2 costaricienne, à UCR (D1) en échange de 50 ballons. Quelque part dans ma mémoire erre aussi le souvenir d’un joueur échangé contre des animaux en Europe de l’Est, mais je ne parviens plus à mettre la main sur la référence. Si vous la retrouvez ou avez d’autres exemples du même genre, n’hésitez pas à les partager ci-dessous.

01 January 5:32 de la tarde

Alors que la période des transferts bat son plein, voilà un rappel qui semble évident : mal évaluer son effectif, ses besoins ou ses renforts voire, pire, avoir un club où les joueurs entrent et sortent comme dans un moulin est souvent une des causes de déceptions en cours de saison. Plusieurs clubs peuvent en témoigner.

2. Des campagnes de transfert ratées
Même si l’équipe a remporté la Coupe des États-Unis, le titre de plantage en beauté de la saison peut difficilement revenir à un autre club que DC United. Si un tel effondrement était difficilement imaginable, une importante glissade était tout de même prévisible. Les joueurs partis l’hiver dernier étaient bien plus importants que ce que certains ne le croyaient. L’attaque a perdu de sa diversité, le poids du jeu s’est retrouvé sur les épaules d’une défense déjà frêle et l’édifice s’est écroulé. Cela mérite une palme dans la catégorie « mauvaise évaluation de son effectif ».

D’autres évaluations ratées : à San José (qui a mal jugé la richesse de son noyau et payé les absences au prix fort), à Montréal (qui a certes conservé ses joueurs importants mais mal estimé les renforts nécessaires) et à Columbus (où les problèmes avaient été bien ciblés mais où les prétendus renforts ont métamorphosé l’étalon de fin 2012 en cheval de trait).

Et puis, il y a ceux qui ont fait le grand ménage avec peu de succès. Car quand on se lance dans une telle entreprise, il faut savoir où balayer. Bons exemples : New York (malgré l’exception Juninho) et Portland. Par contre, Toronto et Chivas USA ont ressemblé à des moulins où les joueurs entraient et sortaient sans arrêt, sans trop qu’on ne sache si leur passage était bien nécessaire. Et pour 2014, on y repart encore à zéro !

Droit dans le mur : les flops de la saison 2013
3. Les tares défensives du LA Galaxy
4. Portland n’a peut-être qu’un défaut, mais il est énorme
5. Des forteresses redevenues petits châteaux
6. À Salt Lake, défendre côté gauche semble facultatif
7. Les agonies défensives de Montréal
8. Seattle incapable de conclure
9. Improductivité sur phases arrêtées = derniers
10. La prudence excessive de Vancouver

18 December 5:11 de la tarde

Ce n’est pas encore l’hiver et de toute façon, en MLS, l’hibernation n’existe pas. Si certains clubs sont plus discrets que d’autres, la campagne des transferts est toujours animée, et la semaine écoulée n’a pas fait exception à la règle.

Le summum a été atteint ce mercredi avec la deuxième étape du Processus de repêchage, qui a vu entre autres les passages de Fabian Espindola et Brandon Barklage (New York) respectivement à DC United et San José, ainsi que le retour de Dwayne De Rosario à Toronto.

Plus tôt dans la journée, Montréal a annoncé que le couperet était tombé sur Marco Schällibaum et que Frank Klopas entraînerait désormais le club qui a du même coup procédé à une importante restructuration technique. Lundi dernier, à l’autre bout du pays, Vancouver a également désigné son entraîneur : Carl Robinson.

Le bal des gardiens a aussi été animé : Kansas City a été chercher Andy Gruenebaum, solide portier de Columbus, pour pallier la retraite de Jimmy Nielsen. Les jaune et noir ne sont pas restés longtemps sans dernier rempart, puisqu’ils ont recruté Steve Clark, actif à Honefoss, en D1 norvégienne. Ils ont aussi attiré Daniel Paladini (Chicago).

Le gros transfert de la semaine est néanmoins celui d’Eddie Johnson à DC United. Cela confirme l’importante activité de ce dernier sur le marché et le dégraissage qui se poursuit à Seattle. L’équipe de Sigi Schmid lui a quand même déjà trouvé un remplaçant : Kenny Cooper, qui arrive de Dallas pendant qu’Adam Moffat effectue le trajet dans le sens inverse.

Ça a aussi beaucoup bougé à Toronto, qui a engagé un joueur désigné : Gilberto, attaquant brésilien de 24 ans provenant de Portuguesa. Le club a également renforcé sa défense avec Justin Morrow (San José) et a laissé partir Bobby Convey à New York.

Voilà pour les principaux transferts de la semaine, mais il y a eu beaucoup d’activité ailleurs aussi : rendez-vous ici pour voir la liste complète des arrivées et départs depuis la fin de la saison.

12 December 5:39 de la tarde

Moins d’une semaine s’est écoulée depuis la finale de la Coupe MLS, mais le marché des transferts est déjà en pleine effervescence. Entraîneurs, gardiens, joueurs de renom, départs, retraites, échanges et j’en passe : voilà un point de la situation.

Deux postes sont susceptibles de provoquer une cascade de dominos au moindre changement important quelque part : ceux de gardien et d’entraîneur. Il y aura pas mal de nouveaux visages la saison prochaine à la tête des clubs, mais personne n’a été « voler » le coach d’un concurrent. Pour 2014 du moins, puisque Jason Kreis a quitté Salt Lake pour prendre la direction de New York City, qui fera son entrée dans la compétition en 2015. L’entraîneur des finalistes malheureux a expliqué que pour une fois dans sa carrière, il ne voulait pas faire le choix de la facilité.

Kansas City, le champion en titre, est touché par la valse des portiers puisque Jimmy Nielsen a annoncé sa retraite. Il y a donc une place à prendre. Ce n’est pas le cas à New England, où Matt Reis raccroche lui aussi les crampons (pour devenir entraîneur des gardiens du LA Galaxy), puisque le club a immédiatement embauché Brad Knighton (Vancouver) qui sera en concurrence avec Bobby Shuttlweorth, longtemps titulaire cette saison. Seattle n’a pour sa part pas levé l’option sur Michael Gspurning, très solide pendant un an avait de connaître une fin de saison 2013 particulièrement difficile. Là aussi, le poste a été rapidement comblé puisque Stefan Frei quitte Toronto pour rejoindre les bords du Pacifique. Parmi les joueurs de champ, Pablo Mastroeni (Colorado) s’est joint à la liste des retraités sur laquelle figuraient déjà Brian Ching (Houston) et Ramiro Corrales (San José).

La campagne des transferts a été lancée par Toronto, qui a été chercher Jackson à Dallas, club qui annonce un grand ménage. À Seattle aussi, il devrait y avoir beaucoup de changement. Le transfert le plus marquant pour le moment est celui de Mauro Rosales à Chivas USA. Tristan Bowen effectue le chemin inverse et Sigi Schmid a aussi attiré l’arrière central Chad Marshall (Columbus). Autre mouvement notable : le passage du capitaine de Montréal, Davy Arnaud, à DC United. Le club de la capitale américaine a continué de se renforcer ce jeudi, profitant de la première étape du Processus de repêchage pour aller chercher Sean Franklin (LA Galaxy) et Bobby Boswell (Houston) pendant que Portland mettait le grappin sur Steve Zakuani (Seattle). Quelques heures plus tôt, l’équipe de Caleb Porter avait effectué un échange Jorge Vallafaña - Andrew Jean-Baptiste avec Chivas USA et avait appris que le Bayern Munich affronterait les vedettes de la MLS lors du Match des étoiles 2014 à Jeld-Wen Field.

Rendez-vous ici pour avoir la liste complète des transferts déjà effectués en vue de la saison prochaine mais aussi des joueurs que les clubs ne souhaitent pas conserver.