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Soccer Culture

26 November 6:06 de la tarde

Cette année, deux championnats importants ont vu tomber leur record de buts toutes saisons confondues : la MLS, grâce à Landon Donovan, et, il y a quelques jours à peine, la Liga espagnole, par l’entremise de l’incontournable Lionel Messi. Cela m’a donné l’idée de vous dresser le portrait de certains des meilleurs buteurs perpétuels de grandes compétitions nationales à travers la planète. Des totaux qu’il faut relativiser, puisque les championnats nationaux n’ont pas tous commencé au même moment.

Landon Donovan (MLS / 169 buts  - 144 en saison régulière + 25 en phase finale) : Originaire d’Ontario (pas la province canadienne mais la ville californienne), Donovan a été formé dans un club de sa région et, à 15 ans, est tombé dans l’œil des équipes nationales de jeunes. Il y a empilé les buts et a été élu meilleur joueur de la Coupe du monde des -17 ans 1999, ce qui lui a valu un contrat à Leverkusen. Il se produisait avec l’équipe réserve, avant d’être prêté à San José en 2001 (quelques mois après sa première sélection en équipe nationale A) où, dès sa première saison, il s’est imposé parmi les grands, marquant notamment en finale de la Coupe MLS. Que ce soit sur la scène nationale ou avec les États-Unis, il n’a jamais baissé de régime par la suite. Il a soulevé cinq fois la Coupe MLS, remporté les titres de meilleur buteur et de meilleur joueur du championnat, est le meilleur buteur (57 réalisations) et le meilleur passeur de son équipe nationale avec qui il a participé à la Coupe du monde à trois reprises. Ses tentatives de s’épanouir en Europe n’ont pas toujours été fructueuses, puisque ses passages à Leverkusen, au Bayern et à Everton ont été d’assez courte durée. C’est en Californie qu’il se sent le mieux : après San José, c’est le LA Galaxy qui, depuis 2005, bénéficie de sa vista et de son sens du but.

Archie Stark (États-Unis / 253 buts) : Si Donovan occupe la tête des buteurs de l’histoire de la MLS, il est néanmoins cinquième du classement général comprenant l’ensemble des les championnats américains de D1 qui se sont succédé à travers les ères. Le lauréat toutes catégories se nomme Archibald McPherson Stark, né à Glasgow en 1897 avant d’arriver aux États-Unis à l’âge de 13 ans. Il s’est rapidement illustré sur les terrains avant de servir l’armée américaine durant la Première Guerre mondiale. Il était dans la fleur de l’âge en 1921, lors du lancement du premier championnat reconnu comme une D1, où il a empilé les buts, tour à tour en tant qu’ailier droit avec le New York Field Club, puis comme avant-centre de Bethleem Steel, et enfin Newark en fin de carrière. Son record de 67 buts lors de la saison 1924/25 tient toujours. Pour diverses raisons, il n’a joué que deux fois en équipe nationale américaine, avec laquelle il a inscrit cinq buts. Il a notamment décliné sa sélection pour la Coupe du monde 1930.

Lionel Messi (Espagne / 253 buts) : Le petit prodige né à Rosario n’a joué en Argentine que jusqu’à l’âge de 13 ans. Déjà tout petit, il attire les regards par ses prouesses techniques, ce qui lui vaut de signer dans le célèbre centre de formation de Barcelone. Il a un peu plus de 17 ans quand il effectue ses débuts en équipe première. En fin de saison, il inscrit son premier but chez les pros et fête sa première apparition sous son maillot national. Après avoir permis à l’Argentine de remporter la Coupe du monde des -20 ans 2005, Messi a de plus en plus de temps de jeu à partir de l’automne pour rapidement devenir un cadre du Barça. Entouré tour à tour par de grandes vedettes internationales, puis par de plus en plus de joueurs formés au club, c’est avec eux, à partir de 2008, qu’il commence à affoler les statistiques. Il bat les records les uns après les autres. Parmi eux, celui du nombre de buts en une saison, toutes compétitions confondues, avec 73 réalisations en 2011/12, ce qui lui permet de devancer… Archie Stark. Messi a également remporté le Ballon d’or à quatre reprises, fini trois fois meilleur buteur du championnat d’Espagne dont il a été élu cinq fois meilleur joueur, et remporté une kyrielle de trophées avec Barcelone.

Gerd Müller (Allemagne / 365 buts) : C’est dans sa ville natale de Nördlingen que Müller développe son talent de buteur et dispute ses premières rencontres en équipe première. Mais après avoir marqué 51 buts en une saison dans une division inférieure bavaroise, il attire inévitablement le regard du grand Bayern voisin. Pas aussi grand qu’aujourd’hui, puisqu’en 1964/65, les Munichois étaient en D2 allemande. Les 33 buts de Müller à sa première saison contribuent largement à leur montée en Bundesliga. Il reste au Bayern 14 autres saisons, lors desquelles il termine sept fois meilleur buteur du championnat, et mène le Bayern à quatre titres de champion d’Allemagne, quatre coupes d’Allemagne, une Coupe des Coupes et trois Coupes des Champions. Surnommé Der Bomber, Müller brille tout autant en équipe nationale, avec laquelle il termine meilleur buteur de la Coupe du monde 1970, devient champion d’Europe en 1972 (tournoi dont il est aussi le meilleur réalisateur) et champion du monde en 1974. C’est lui qui inscrit le but décisif de la finale contre les Pays-Bas, rendant légendaire son maillot blanc floqué du numéro 13 accompagné d’un short noir. À 34 ans, il répond aux sirènes de la NASL et joue trois saisons pour Fort Lauderdale.

Jimmy Greaves (Angleterre / 357 buts) : Il signe à Chelsea à l’âge de 15 ans et y effectue ses débuts en équipe première deux ans plus tard. En quatre saisons, il a déjà inscrit la bagatelle de 124 buts en championnat, soit une moyenne de 31 par saison, dont 41 lors de la quatrième, en 1960/61. Mais la défense de Chelsea est aussi perméable que Greaves est prolifique et le club a besoin d’argent : il vend son prodige à l’AC Milan où, malgré ses buts, il est malheureux et ne supporte pas l’entraîneur. Il n’y reste même pas une demi-saison, et part à Tottenham, où il retrouve la joie de jouer… et de marquer. Il y reste 9 ans, et inscrit 220 buts en 321 rencontres de championnat. Sur l’ensemble de sa carrière, Greaves a terminé six fois meilleur buteur du championnat d’Angleterre. Il marque aussi régulièrement en équipe nationale, y réussissant entre autres six triplés (ce qu’aucun autre Anglais n’a encore réussi). Il est toutefois sur le banc lors de la victoire de l’Angleterre à la Coupe du monde 1966. Après son départ de Tottenham, Greaves dispute la saison 1970/71, la dernière de sa carrière parmi l’élite, à West Ham. La suite de sa vie est moins rose, marquée par de graves problèmes d’alcoolisme.

Silvio Piola (Italie / 274 buts) : Piola a effectué ses débuts à 16 ans à Pro Vercelli, grand club italien du premier quart du XXe siècle, qui était déjà sur le déclin en 1930, avant de longtemps tomber dans l’oubli puis de remonter jusqu’en Serie B aujourd’hui. Piola est toutefois le meilleur buteur de l’histoire du club parmi l’élite, même si après avoir battu certains records de précocité, il le quitte au bout de quatre ans pour la Lazio. Il y trouve régulièrement le chemin des filets pendant neuf saisons, termine deux fois meilleur buteur du championnat, mais quitte Rome pour Turin pendant la Seconde Guerre mondiale. Le conflit fausse les compétitions durant trois ans, durant lesquelles elles n’ont pas de reconnaissance officielle. Quand elles sont relancées, Piola joue encore une saison à la Juventus, avant de partir pour Novare, où il se produit de 1947 à 1954, mettant alors fin à sa carrière à près de 41 ans et après 25 ans au plus haut niveau. Piola a aussi inscrit 30 buts en 34 sélections pour l’Italie, dont deux lors de la finale victorieuse de la Coupe du monde 1938.

Delio Onnis (France / 299 buts) : Né en Italie, il grandit en Argentine où ses parents ont déménagé alors qu’il avait deux ans. Formé à Almagro, il y effectue ses débuts en D2 avant d’être transféré au niveau supérieur, au Gimnasia y Esgrima La Plata où il est repéré par le club français de Reims. Malgré une petite quarantaine de buts en deux saisons, la lune de miel est brève et Onnis prend la direction de Monaco, où il devient une légende du club. Non seulement parce qu’il y empile les buts, mais en plus parce que, malgré son statut, il reste au club quand celui-ci est relégué en D2 : il contribue à la faire remonter immédiatement puis à lui offrir le titre de champion de France dès son retour en D1 ! En raison d’une mésentente avec les dirigeants monégasques, il signe à Tours à l’âge de 32 ans : Onnis est au sommet du classement des buteurs deux saisons de suite, aidant un petit club à se maintenir parmi l’élite. L’année suivante, il est blessé et le club chute en D2. Onnis ne l’y accompagne pas mais signe à Toulon où, malgré le poids des années, il devient meilleur buteur du championnat de France pour cinquième et dernière fois.

10 October 11:38 de la mañana

Ce vendredi, Landon Donvan célèbre sa dernière sélection en équipe nationale à l’occasion d’un match amical contre l’Équateur. Il s’agit de sa 157e apparition sous le maillot américain, ce qui en fait le deuxième joueur le plus capé derrière Cobi Jones (164). Avec 57 buts (avant le match), Donovan est le meilleur buteur de l’histoire de son pays, loin devant son premier poursuivant, Clint Dempsey (39). Bien entendu, une équipe nationale n’est pas l’autre, entre autres en raison du nombre de matches joués et des adversaires affrontés, notamment dans sa zone continentale. Mais voici un florilège des meilleurs buteurs d’autres nations.

Landon Donovan (États-Unis, 57 buts en 156 sélections - avant le match contre l’Équateur) : Déjà une vedette chez les jeunes, il a été élu meilleur joueur de la Coupe du monde -17 ans en 1999, avant d’obtenir sa première sélection chez les grands l’année suivante, lors de laquelle il marque son premier but, en match amical contre le Mexique. Il gagne sa place pour la Coupe du monde 2002, lors de laquelle les États-Unis se rendent en quarts de finale en battant entre autres les Portugal et le Mexique. Il ne quittera plus l’équipe nationale pendant plus de 10 ans, continuant d’empiler les buts et les passes décisives, soulevant la Gold Cup à quatre reprises et arrivant une fois en finale de la Coupe des Confédérations, jusqu’au début de cette année où sa non-sélection pour la Coupe du monde a provoqué la stupeur.

Pelé (Brésil, 77 buts en 92 sélections) : Je ne vous réécrirai pas toute sa carrière, un livre ne suffirait pas. Le prodige brésilien avait 16 ans et 9 mois lors de sa première sélection, en 1957 contre l’Argentine, lors de laquelle il a inscrit l’unique but d’une défaite 2-1. Quelques mois plus tard, il arrive blessé à la Coupe du monde 1958, ne joue qu’à partir du troisième match mais devient ensuite le plus jeune buteur et le plus jeune vainqueur du tournoi : ses six buts contribuent largement à la victoire du Brésil. Quatre ans plus tard, c’est l’inverse : Pelé se blesse tôt dans la compétition, mais ça n’empêche pas le Brésil de s’imposer. En 1966, les auriverde sont sortis au premier tour, leur vedette est la cible de crampons vicieux et ne peut exprimer son talent. En 1970, les esprits se sont apaisés, et Pelé remporte sa dernière Coupe du monde avec le Brésil.

Miroslav Klose (Allemagne, 71 buts en 137 sélections) : S’il n’est pas le joueur le plus spectaculaire, il a été un buteur régulier dès le début de sa carrière, ce qui lui a valu sa première sélection pour la Mannschaft en 2001, alors que le sélectionneur de l’équipe nationale polonaise (Klose possède la double nationalité) avait aussi manifesté son intérêt quelques mois plus tôt. Des débuts réussis puisqu’il marque le but de la victoire 2-1 contre l’Albanie. Souvent remplaçant, il se fait connaître aux yeux de la planète lors du Mondial 2002, dont il finit meilleur buteur en inscrivant cinq buts de la tête. Avec l’Allemagne, il arrive en finale de cette Coupe du monde, en demi-finale des deux suivantes, et remporte le titre en 2014. Il faut y ajouter une place en finale et une en demi-finale de l’Euro. Malgré les années qui passent, il marque toujours aussi régulièrement, qu’il soit titulaire ou remplaçant, et l’a encore prouvé l’été dernier au Brésil, s’adjugeant le record de 16 buts en Coupe du monde. Sa régularité lui a aussi permis de dépasser les 68 buts en 62 sélections du mythique Gerd Müller.

Thierry Henry (France, 51 buts en 123 sélections) : Déjà à l’avant-scène en équipe nationale d’âges, où il est capitaine, l’actuel joueur des New York Red Bulls est convoqué pour une première fois chez les grands fin 1997. En quelques mois, il prend du galon et est titulaire contre l’Afrique du Sud pour les débuts des Bleus lors de la Coupe du monde en France. C’est à cette occasion qu’Henry marque son premier but. La France gagne le trophée mais Henry ne participe pas à la finale. Lors de l’Euro 2000, il est titulaire indiscutable, marque trois buts et participe pleinement au succès français. Il ne quitte plus l’équipe de France, et si elle alterne les hauts (finale à la Coupe du monde 2006) et les bas (éliminations précoces), Henry marque régulièrement jusqu’en 2010, alors qu’il est le dernier champion du monde 1998 à prendre sa retraite internationale.

David Villa (Espagne, 59 buts en 97 sélections) : Sélectionné pour la première fois en 1995 contre Saint-Marin, il a inscrit son premier but quelques mois plus tard contre la Slovaquie. L’année suivante, il montre ses talents de buteur en marquant trois buts à la Coupe du monde. Il devient l’homme de pointe de la grande Espagne, qui dominera le soccer mondial pendant plusieurs années, remportant entre autres l’Euro 2008, dont il a été meilleur buteur, et la Coupe du monde 2010, dont il a été deuxième meilleur buteur (l’Espagne gagne l’Euro 2012 également, mais sans Villa, blessé). Alors que la majorité de la sélection était composée de joueurs de Barcelone et du Real, Villa y a toujours gardé sa place, ne cédant aux sirènes des grands d’Espagne qu’en 2010, lorsqu’il a signé à Barcelone. Cet été, il a disputé sa dernière Coupe du monde, annoncé sa retraite internationale ainsi que sa signature à New York City dont il défendra les couleurs la saison prochaine.

Gabriel Batistuta (Argentine, 56 buts en 78 sélections) : Tout a commencé sous les meilleurs auspices pour batigol qui marque lors de sa première sélection contre le Brésil en 1991, remporte quelques mois plus tard la Copa America dont il termine meilleur buteur, et réussit le même doublé l’année suivant en Coupe des Confédérations. L’Argentine soulève aussi la Copa America 1993 et a de grands espoirs avec le retour de Diego Maradona. C’est un échec et cela fait de l’ombre au buteur qui se fait surtout connaître avec la Fiorentina en détricotant les défenses serrées du championnat d’Italie. Il marque 5 buts à la Coupe du monde 1998 où la très belle équipe d’Argentine tombe en quarts de finale contre les Pays-Bas. Batistuta met un terme à sa carrière internationale après la Coupe du monde 2002, lors de laquelle il a encore marqué un but.

Bobby Charlton (Angleterre, 49 buts en 106 sélections) : Un des rares survivants du drame de Munich - un accident d’avion qui a coûté la vie à presque tous les membres de l’équipe de Manchester United -, Charlton a obtenu sa première cape deux mois plus tard, un match contre l’Écosse lors duquel il a marqué. Sélectionné pour la Coupe du monde en Suède, il n’a pas joué une minute. Par la suite, il a trouvé le fond des filets régulièrement même si d’autres attaquants lui ont régulièrement fait de l’ombre, à l’image de Jimmy Greaves. La consécration arrive lors de la Coupe du monde 1966, remportée par l’Angleterre et dont il est élu meilleur joueur. Il a mis fin à sa carrière internationale après la Coupe du monde 1970.

Quelques autres meilleurs buteurs de leur équipe nationale : Ali Daei (Iran, 109 buts en 149 sélections - recordman du monde), Ferenc Puskas (Hongrie, 84 buts en 85 sélections), Hossam Hassan (Égypte, 68 buts en 176 sélections), Didier Drogba (Côte d’Ivoire, 65 buts en 104 sélections), Robbie Keane (Irlande, 62 buts en 136 sélections), Zlatan Ibrahimovic (Suède, 50 buts en 100 sélections), Cristiano Ronaldo (Portugal, 50 buts en 114 sélections), Robin Van Persie (Pays-Bas, 47 buts en 93 sélections), Jared Borgetti (Mexique, 46 buts en 89 sélections), Oleg Blokhine (URSS, 42 buts en 112 sélections), Luis Suarez (Uruguay, 41 buts en 79 sélections), Tim Cahill (Australie, 35 buts en 73 sélections), Luigi Riva (Italie, 34 buts en 42 sélections), Bernard Voorhoof et Paul Van Himst (Belgique, 30 buts en respectivement 61 et 81 sélections), Dwayne De Rosario (Canada, 20 buts en 78 sélections).

09 October 10:36 de la mañana

La soirée a été belle à Columbus, et pas seulement grâce à la défaite de Toronto contre Houston, mais aussi et surtout en raison de la présentation de la nouvelle identité du club, qui a changé d’écusson et, légèrement, de dénomination.

En effet, le Columbus Crew devient le Columbus Crew SC. La base reste la même, les couleurs également, c’était le vœu des supporters. Le nom Crew change, en fait, aussi de signification : pour faire simple, on passe de l’équipage de travailleurs prêts à aller au charbon en tout temps à la bande d’amis passionnés de ballon rond.

Cette modification n’est pas étrangère à l’arrivée d’une nouvelle direction, emmenée par Anthony Precourt, il y a un an. Le moment était opportun. Lors de l’annonce, le club a expliqué qu’il faisait face à des défis liés à l’identité véhiculée par la marque et l’écusson, et qu’il se devait de faire croître considérablement leur pertinence.

Le changement d’écusson fait couler pas mal d’encre. Il faut dire que l’ancienne version ne laissait personne indifférent, elle avait ses adorateurs et ses détracteurs. Il faut reconnaître (preuve visuelle ci-dessous) qu’elle avait très bien vieilli par rapport aux anciens logos d’autres clubs de MLS. Mais Columbus doit être précurseur et évoluer avant que ce ne soit nécessaire (on en avait parlé lors d’une émission Coup Franc l’an dernier). La direction insiste sur le rôle de pionnier du club, arrivé en MLS dès la première saison de la compétition, premier à se doter d’un stade dédié au soccer ou encore premier club sportif de la ville à remporter un titre professionnel.

Et puis, une des clefs de la décision a été l’image véhiculée : qu’on les aime ou non, les trois ouvriers d’un chantier de construction représentaient le dur labeur, et le club veut avant tout projeter une identité basée sur la jeunesse, l’énergie et l’originalité, davantage en corrélation avec celle de la ville dans laquelle il joue.

Le nouvel écusson se veut d’inspiration allemande, car les immigrés venus d’Allemagne ont laissé un héritage à la ville de Columbus : il a donc été dessiné rond, comme celui de nombreux clubs de Bundesliga. Un rond qui permet aussi de représenter la lettre O d’Ohio. Le 96 fait évidemment référence à l’année de naissance du club, et il a été inséré dans une forme identique à celle du premier écusson. Il est superposé à neuf bandes diagonales représentant les neuf autres clubs jouant en MLS en 1996. Restent les damiers, présents sur de nombreux drapeaux utilisés par les supporters du club. Sans oublier l’ajout du nom de la ville, qui ne figurait pas sur l’écusson précédent, et la nouvelle dénomination officielle du club.

C’est bien beau d’avoir des éléments, une bonne raison pour chacun d’entre eux, mais encore faut-il les combiner avec harmonie. Et c’est très réussi, à mes yeux en tout cas. Le nouvel écusson est à la fois élaboré et simple, a une identité claire tout en étant intemporel. Il peut facilement être appliqué sur de nombreux supports et a un style qui lui permettra de ne pas avoir l’air démodé mais bien de perdurer dans le temps.

Le défi était de taille, on peut parler de succès. Columbus n’est pas le premier club de MLS à changer d’identité : ci-dessous, les évolutions depuis 1996. Après Columbus et la MLS, derniers changements en date, vous distinguerez les clubs qui ont simplement changé de logo (DC United, Colorado), ceux qui ont aussi changé de nom (LA Galaxy, Dallas, Kansas City, San José, New York) et ceux venus d’une division inférieure qui se sont dotés d’un nouvel écusson lors de leur passage en MLS.

Je vous laisse commenter ci-dessous pour dire quelles sont les plus belles réussites et quels changements étaient les plus nécessaires. Quand on regarde les anciens logos, notamment mais pas seulement ceux de San José ou Dallas, on a sans conteste une nouvelle preuve de l’évolution dans le bon sens de l’image de la MLS et de ses clubs !

24 September 10:17 de la mañana

Cette semaine marque la sortie officielle de FIFA 15, la référence des jeux vidéo de foot depuis de nombreuses années. Pour marquer le coup, je vous emmène en voyage dans mon enfance et mon adolescence pour retracer l’histoire de ces jeux (vidéos à l’appui), et de certains d’entre eux qui m’ont particulièrement marqué. Pour abréger la liste, je me suis limité à ceux où l’on joue les matches sur le terrain, manette en mains, et ai enlevé ceux où l’on prend le rôle de l’entraîneur et des dirigeants, qui m’ont également procuré bien du plaisir.

International Soccer
Un de mes tout premiers jeux (le premier était le mythique Revenge of the Mutant Camels, si vous voulez tout savoir), sur cartouche, qui se limitait à sa plus simple expression, que ce soit graphiquement - couleurs basiques, ballon en forme de + -, ou dans la direction que l’on pouvait donner au ballon - toujours la même que celle du joueur, horizontale, verticale ou diagonale - et les règlements, les fautes étant par exemple impossibles. On pouvait jouer à deux, ou seul face à un des neuf niveaux de difficulté de l’ordinateur, et il y avait même un mode pour les télévisions en noir et blanc.

World Cup Carnival
Le jeu officiel de la Coupe du monde 1986, et d’ailleurs le premier jeu officiel d’une Coupe du monde… la plus belle d’entre toutes certainement, avec le Canada qualifié et la Belgique en demi-finale. Le jeu était un peu plus évolué que le précédent, et il y avait moyen de jouer avec les vrais pays à la Coupe du monde. Vous imaginez, pour le gamin de 9 ans que j’étais ! Malgré tout, il est loin d’être celui qui m’a le plus marqué, et quand j’en lis les critiques aujourd’hui, je comprends un peu pourquoi.

Microprose Soccer
Son outil marketing était révolutionnaire : les centres banane (à la Franky Vercauteren, même si ses concepteurs Anglais n’ont sûrement pas pensé à lui en créant le jeu). Alors que jusque-là, on devait se contenter d’envoyer le ballon tout droit, Microprose Soccer permettait de donner de l’effet (parfois digne d’une bourrasque de vent) au ballon. Parlant de vent, ce jeu a aussi introduit la météo, avec des matches joués sous la pluie. En plus, il y avait un mode soccer intérieur à l’Américaine, avec les bandes. On pouvait aussi disputer un tournoi international, contre des pays de plus en plus forts et, si je me souviens bien, Oman était le plus faible.

Emlyn Hughes International Soccer
Alors là ! Un de ceux, si pas celui sur lequel j’ai passé le plus d’heures (six mois de grève des profs, ça a aussi aidé). Génialissime ! La jouabilité me convenait parfaitement, mais en plus on pouvait tout éditer (et sauvegarder) : noms des équipes, noms des joueurs, et même leurs qualités (en remplissant de zéro à trois ronds) ! Les clubs anglais et écossais ont rapidement cédé le pas à ceux du championnat de Belgique. Quel plaisir de disputer un duel Ekeren - Standard, avec des joueurs que je suivais chaque semaine à la télévision, plutôt qu’avec des noms aux consonances inconnues. En plus, on pouvait aussi personnaliser les compétitions - championnats, coupes, tournois - ce que je n’ai pas manqué de faire, et de disputer de nombreuses saisons avec promotions des meilleurs et relégation des moins bons. En bonus, on pouvait aussi voir l’état de forme des joueurs à la fin du match : les meilleurs étaient généralement les plus fatigués, et il y avait des premières stats comme le classement des buteurs. Bon, j’arrête, sinon je n’aurai plus de place pour parler des autres.

International soccer challenge
Celui-là, en fait, je ne l’ai jamais eu, c’est un ami qui le possédait. Il offrait une option totalement impensable pour l’époque, et que l’on n’a pas revue avant longtemps : une vue « 3D » et le contrôle d’un seul joueur, dont on avait le point de vue en permanence. Aussi intéressant que déconcertant, et introuvable en vidéo !

Manchester United (Europe)
Eh oui, j’ai un faible pour les Red Devils en Angleterre, et vous en connaissez désormais le coupable : ce jeu. Alliant arcade et gestion de l’équipe, il plongeait dans l’univers d’Alex Ferguson (oui, déjà !). Le premier opus, centré sur le championnat anglais, faisait la part belle au management (et à la vitesse de Danny Wallace). Le second, à la gloire de l’équipe qui allait remporter la Coupe des Coupes après le bannissement de cinq ans des clubs anglais de la scène européenne, donnait davantage de place au match, et était très agréable à jouer pour son époque. Autant que la finale gagnée contre Barcelone, c’est lui qui m’a fait aimer les Pallister, Irwin, Ince, Robson, Sharpe et autre Hughes.

Kick Off
Changement de perspective : alors que jusque-là, presque tous les jeux (Microprose Soccer s’y était déjà essayé) se jouaient de gauche à droite, comme on voyait un match à la télévision, celui-ci allait de haut en bas, avec une caméra au-dessus des joueurs dont la chevelure devenait aussi imposante que le maillot. La critique a immédiatement adoré, il m’a fallu attendre Kick Off 2 pour être converti. C’était comme si on jouait sur un écran avec une meilleure résolution, avec plus de détails dans les passes et l’endroit où on envoyait le ballon. Il y avait aussi d’autres évolutions graphiques intéressantes, comme les types de terrain (humide, beau gazon anglais, etc.), des choix tactiques variés (1-2-7 !) et même la personnalité des arbitres ne sifflant pas tous de la même manière. Par contre, pas moyen de changer les noms des clubs et des joueurs imposés.

Sensible Soccer
Il n’a cependant pas fallu longtemps pour que Kick Off soit détrôné à mes yeux, par un autre jeu allant de haut en bas mais avec un meilleur angle de vue : Sensible Soccer. Plus agréable à jouer, il était plus simple d’y poser son jeu et de faire circuler le ballon, on avait une meilleure vue d’ensemble et, en fin de match, quelques stats sympas et la possibilité de revoir les faits saillants. Et puis, la base de données était impressionnante et, surtout, les noms des équipes et des joueurs étaient totalement éditables (même leur couleur de peau et leur couleur de cheveux, mais par contre pas leurs qualités) tout comme les maillots et les compétitions. Vous devinez aisément que cet aspect aussi m’a longuement occupé, j’avais même créé l’équipe des amis avec lesquels je jouais au foot en vrai ! On entendait en plus certains airs que les supporters chantaient dans les stades pour créer de l’ambiance. Tout pour me plaire quoi (sauf les cartons rouges à répétition que je me prenais avec Emil Lörincz) ! Encore plus quand quelques mois plus tard est sortie une nouvelle version avec un peu de gestion, des joueurs qui avaient une valeur de transfert et un mode s’étalant sur plusieurs saisons.

Goal!
Troisième membre de mon top 3 avec Sensible et Emlyn Hughes, il a été créé par le concepteur de Kick Off, Dino Dini, mais porte un autre nom car celui-ci s’était brouillé avec l’éditeur du premier jeu. Sa jouabilité et son graphisme mélangeaient un peu les qualités de Kick Off et de Sensible Soccer avec, en plus, la possibilité de jouer à nouveau à l’horizontale (en fait, on pouvait choisir différents points de vue), ce que j’ai toujours préféré. Goal! possédait plus d’options que Kick Off, les noms (des joueurs, clubs et entraîneurs) et les maillots étaient éditables, les qualités des joueurs étaient nombreuses et visibles mais inchangeables. Il fallait donc d’abord trouver les meilleurs et les moins bons avant de les modifier pour coller à la réalité et ajouter son championnat national (oui, je l’ai fait, évidemment : quel boulot !). Goal! était, en fait, à de nombreux points de vue l’évolution logique de ses prédécesseurs. Il a aussi marqué la fin d’une époque : celle où il était possible de tout faire - tackler, passer, accélérer, tirer, donner de l’effet, etc. - avec un seul bouton, privilégiant l’instinct du jeu aux doigts en folie qui doivent appuyer partout sans se tromper de combinaison.

FIFA
Créée il y a une grosse vingtaine d’années, cette série ne se démarquait pas vraiment à ses débuts, avec sa vue diagonale perturbante, sa manière inhabituelle de contrôler les joueurs et sa jouabilité parfois compliquée. Mais la disparition des ordinateurs de jeu, tels l’Amiga, au profit des PC, l’avènement d’une nouvelle génération de consoles, la complexification des manettes de jeu et la faculté d’adaptation de ses créateurs (qui avaient en outre les moyens de ressortir une nouvelle version chaque année) aussi bien aux demandes des joueurs qu’à ces nouvelles réalités lui ont permis de s’imposer avec le temps, et de devenir une référence indétrônable. La percée s’est faite lors de l’édition du jeu précédant la Coupe du monde 1998 : graphisme, jouabilité, modes de jeu mais aussi trame sonore ont séduit tant les acharnés du joystick que les joueurs du dimanche. En 20 ans, le jeu a bien évolué, comme vous pouvez le constater avec la vidéo ci-dessous.

26 August 11:39 de la mañana

Le transfert de Jermaine Jones à New England a rouvert un débat sur les règlements en MLS et leur transparence. L’équipe de Coup Franc ne manque pas d’y mettre son grain de sel dans l’émission de cette semaine (que vous pouvez aussi écouter ici).

Les critiques n’ont pas manqué au moment de l’annonce - dont on évoque aussi l’aspect sportif - et elles sont bien résumées dans ce texte, dont nous reprenons certains points pour les expliquer, voire les réfuter. Cela nous amène à approfondir les sujets suivants :

  • L’évolution fulgurante de la MLS qui provoque de nouvelles situations
  • En quoi le cas de Jones diffère de celui de Bradley
  • La ligue doit-elle rendre d’urgence ces mécanismes plus transparents ?
  • On réexplique certains règlements (disponibles en français ici)
  • Le passage d’un fonctionnement de « Ligue fermée nord-américaine » à la réalité mondialisée du soccer
  • Les joueurs et les supporters trouvent-ils la situation problématique ?
  • Les traitements de faveur que recevraient certains clubs
  • L’influence des salaires perçus par les internationaux américains qui reviennent en MLS

Si vous voulez voir le tifo de Portland contre Seattle dont on parle en fin d’émission, il est ici. Et le programme se termine comme de coutume par nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

14 August 12:35 de la tarde

La deuxième période des transferts a officiellement pris fin la semaine dernière. Qu’est-ce que ça veut dire, en pratique ? Vous avez été nombreux à me poser énormément de questions et à demander des précisions ces derniers jours, j’ai donc eu l’idée de synthétiser le tout en un article.

D’abord, un peu d’histoire pour remettre le tout en contexte et comprendre l’esprit de ces règlements. Traditionnellement, les championnats de soccer voient chaque club affronter chacun de ses adversaires deux fois (une à domicile, l’autre à l’extérieur). Et le calendrier fait en sorte qu’ils jouent d’abord une fois contre tout le monde (ce qu’on appelle le premier tour), puis la seconde (le deuxième tour) avec généralement, entre les deux, une trêve de quelques semaines. C’est important de garder ça en tête pour la suite.

Afin de favoriser l’intégrité de la compétition, sa parité (chère à la MLS) et son intérêt, des règlements ont été mis en place à différentes périodes du siècle dernier, variant selon les pays et la culture. On s’est quand même rapidement rendu compte que les clubs plus offrants tiraient profit de la liberté des joueurs en allant chercher les meilleurs chez leurs concurrents. Afin d’éviter cela, ils ont dû donner une compensation au club qui perdait son joueur, généralement une indemnité de transfert. Par ailleurs, dans de nombreux championnats, les équipes devaient être constituées avant le premier match, de façon à affronter chaque adversaire avec le même effectif de joueurs. On pouvait y apporter des retouches (rien de majeur, mais plutôt un nombre limité de transferts entrants et/ou sortants) à la mi-championnat, de façon à avoir à nouveau un effectif identique pour affronter chaque adversaire pour la deuxième fois de la saison. Dans certains pays de tradition plus libérale, les règles étaient plus souples, mais bouleverser l’effectif en cours de saison n’était quand même pas dans les mœurs.

À l’époque, l’indemnité de transfert était aussi due lorsque le joueur était en fin de contrat, et son montant variait au bon vouloir des dirigeants des clubs. Si cela protégeait les clubs et la compétition à certains égards, cela allait à l’encontre des droits des individus. Le joueur Jean-Marc Bosman en a été victime et a intenté un procès, qu’il a gagné. En décembre 1995, en a résulté l’arrêt Bosman qui, pour généraliser, a permis aux joueurs en fin de contrat de partir gratuitement et a aussi mis fin à la limite du nombre de joueurs étrangers par club. Cette dérégulation a ouvert de nombreuses portes et mis fins aux traditions, qui ont été remplacées par des règlements allant un peu dans tous les sens. Au tournant du siècle, la Fifa a tenté d’harmoniser le tout et c’est ce qui donne la situation actuelle, présentée ici.

Cette harmonisation vaut pour les transferts internationaux. Et ce que je vous explique ici, ce sont les grandes lignes qui concernent les joueurs professionnels et majeurs (il y a des règles particulières pour les amateurs et les mineurs). Pour les transferts nationaux (entre deux clubs du même pays), chaque fédération édicte ses propres règlements, qui doivent inclure des dispositions pour protéger les joueurs, la stabilité contractuelle et un système pour indemniser les clubs qui investissent dans la formation, tout en respectant le droit national et les conventions collectives.

En fait, chaque joueur est enregistré auprès de la fédération nationale du pays où se trouve son club. Et un joueur enregistré auprès d’une association ne peut être enregistré auprès d’une nouvelle association que lorsque celle-ci a reçu un Certificat International de Transfert (CIT) établi par l’ancienne association, qui doit également en envoyer une copie à la Fifa. La procédure de CIT doit exclusivement être réalisée via TMS, un système centralisé de régulation des transferts mis au point par la Fifa.

Ces enregistrements ne peuvent se faire qu’à certains moments précis. On est revenu au principe de départ : au début de la saison et au milieu de celle-ci. Voilà ce que dit exactement le règlement de la Fifa : « La première période d’enregistrement commence après la fin de la saison et s’achève, en principe, avant le début de la nouvelle saison. Cette période ne doit pas excéder douze semaines. La deuxième période d’enregistrement doit en principe se situer au milieu de la saison et ne doit pas excéder quatre semaines. » Ce sont les fédérations nationales qui choisissent les dates exactes de ces périodes, mais il y a quand même certaines harmonisations, notamment entre pays voisins.

Vous aurez remarqué que le texte ci-dessus précise qu’en principe, les transferts doivent être terminés avant le début de la saison. En pratique, ce n’est cependant pas le cas. Ainsi, en MLS, la première période de transferts s’étalait du 18 février au 12 mai, alors que le premier match de championnat a été joué le 8 mars. Idem en Europe de l’Ouest, où les clubs peuvent transférer jusque fin août même si de nombreux championnats ont déjà repris. Cela change la donne en début de compétition. C’est un peu pareil à la mi-championnat, avec une seconde période qui allait du 8 juillet au 6 août en MLS, et qui s’étale sur tout le mois de janvier en Europe de l’Ouest.

Ce n’est pas du goût de tout le monde. Ainsi, Arsène Wenger, l’entraîneur d’Arsenal, s’en est offusqué, citant en exemple Newcastle qui avait transféré à l’envi durant l’hiver 2013. « Il est injuste que des équipes ne doivent plus jouer contre Newcastle et que d’autres doivent affronter une formation avec six ou huit nouveaux joueurs. Ils ne joueront pas contre la même équipe. Je pense que le nombre de joueurs qu’on peut acheter devrait être limité », a déclaré le Français, proposant que l’on mette fin aux transferts de mi-saison, ou qu’on les limite à un maximum de deux arrivées. Ce genre de réflexion, portant sur l’intégrité de la compétition et l’esprit du jeu, se fait malheureusement de plus en plus rare.

Les dates ci-dessus (vous pouvez consulter la liste complète par pays ici) concernent les transferts entrants. Cela veut dire par exemple que la Fédération américaine ne pouvait enregistrer un joueur venu de l’étranger que jusqu’au 6 août. Par contre, la Fédération anglaise peut le faire jusqu’au 1er septembre. C’est la raison pour laquelle un joueur de MLS peut toujours partir à l’étranger, mais personne ne peut effectuer le chemin inverse. Les anciens coéquipiers d’Ignacio Piatti qui ont joué la finale retour de la Copa Libertadores ce 13 août ne peuvent donc plus signer en MLS mais ont toujours la possibilité de quitter San Lorenzo pour l’Europe.

Ces transferts doivent être notifiés de manière électronique - via le système TMS ou par courrier électronique - avant 23h59 le jour de la date limite. C’est pourquoi on apprend parfois un transfert après cette date. Certains clubs qui ont effectué toutes les formalités dans les temps choisissent occasionnellement d’attendre avant d’effectuer l’annonce. Il arrive aussi parfois (c’est très rare mais pas exceptionnel) que certains clubs effectuent les démarches administratives en retard. Le transfert n’entre alors en vigueur qu’au début de la période suivante, et le joueur doit attendre avant de pouvoir jouer pour son nouveau club, ce qui peut s’avérer fâcheux.

En MLS, la situation est quelque peu particulière, puisqu’on y trouve des clubs de deux pays différents. Dans beaucoup de cas, un joueur qui passe des États-Unis au Canada doit se conformer à ces procédures de réenregistrement limitées aux deux périodes de transfert. Pas en MLS. En voilà la raison expliquée droit depuis les bureaux de la ligue à New York, suite à une question sur le passage d'un club canadien à un club américain (ou inversement) en dehors des périodes d'enregistrement : « Il n’y a pas besoin de Certificat International de Transfert (CIT) car le Canada n’a pas de championnat de Division 1 – raison pour laquelle des clubs canadiens sont autorisés à jouer en MLS. Cependant, s’il y avait une D1 canadienne, un joueur aurait besoin de son CIT pour aller de celle-ci en MLS (dans laquelle il n’y aurait alors pas de club canadien). »

Une fois ces limites de date passées, les règlements varient d’un championnat à un autre. Dans certains, on ne peut plus faire aucun transfert national non plus, ailleurs on ne peut engager que des joueurs sans contrat, d’autres permettent de transférer des joueurs du pays jusqu’à une certaine date. C’est le cas en MLS, où la date de fixation de la liste des joueurs (roster freeze en anglais) est, cette saison, le 15 septembre 2014 à 17h00, heure de New York. D’ici-là, les clubs peuvent engager des joueurs d’autres clubs s'il n'y a pas besoin de CIT, effectuer des échanges ou ajouter des jeunes du crû à l’effectif de leur équipe première. Lisez ici les règlements de la MLS en français.

Que ce soit dans un seul pays ou plusieurs, un joueur peut être enregistré auprès de trois clubs au maximum au cours d’une même saison. Durant cette période, le joueur ne peut être qualifié pour jouer en matches officiels que pour deux clubs - trois si les saisons se chevauchent (lors par exemple d’un passage de la MLS à l’Europe de l’Ouest). Un joueur ne peut pas non plus signer de contrat avec deux clubs en même temps (sauf si l’un le prête à l’autre). Sinon, il subira des sanctions sportives (une suspension de plusieurs mois). Le dernier contrat qu’il a signé est théoriquement celui qui est valide, mais il peut y avoir exception si le club l’a incité à rompre l’autre contrat.

Il y a des joueurs qui signent illégalement plusieurs contrats… et il y en a d’autres qui n’en ont plus. Ces joueurs considérés comme sans emploi sont ceux dont le contrat a expiré (ou a été rompu par consentement mutuel) avant la fin d’une période d’enregistrement. Ils ont le droit de signer dans un nouveau club après les périodes réglementaires de transfert, à condition que ce soit prévu dans le règlement national, ce qui n’est pas obligatoire, chaque championnat déterminant ses propres règles pour ce cas de figure et devant avant tout veiller à l’intégrité de la compétition.

Que le joueur soit en fin de contrat ou non, il y a aussi des règles d’éthique à respecter par les clubs qui les convoitent. Un club désirant signer un contrat avec un joueur professionnel est tenu d’en informer le club du joueur par écrit avant d’entamer toute négociation. Un joueur n’est libre de conclure un contrat avec un autre club que si son contrat a expiré ou expirera dans les six mois. Et si le joueur n’arrive pas en fin de contrat, certains pays se basent sur le principe qu’on ne fait pas aux autres ce qu’on ne veut pas que les autres nous fassent. Ce n’est pas toujours efficace, alors plusieurs fédérations obligent le club qui veut négocier à obtenir un accord signé par le club à qui appartient le joueur.

Si un joueur sous contrat passe d’un club à un autre, il doit y avoir une compensation, qui est généralement une indemnité de transfert. Sauf exceptions précisées dans le règlement de la Fifa (par exemple un joueur qui n’est pas payé pendant plus de trois mois), une résiliation unilatérale de contrat en dehors des périodes d’enregistrement réglementaires s’accompagne de sanctions sportives (interdiction de jouer ou de transférer) pour le joueur ou le club.

Depuis plusieurs années, le travail de formation est également récompensé sous deux formes : l’indemnité de formation et le mécanisme de solidarité. La première est payée lorsqu’un joueur signe son premier contrat professionnel et lors de chaque transfert jusqu’à la saison de son 23e anniversaire. Tous les clubs qui l’ont formé à partir de l’âge de 12 ans touchent entre 2000 et 125 000 dollars par saison de formation, selon un barème préétabli. Si le club a disparu entre temps, la somme qu’il devait recevoir va à la fédération nationale, qui doit la réinvestir dans le développement des jeunes. Cette indemnité de formation doit être payée que le transfert ait lieu pendant ou à la fin du contrat du joueur.

La contribution de solidarité, elle, ne doit être payée que lorsqu’un joueur professionnel est transféré avant l’échéance de son contrat. Dès lors, 5% du montant de l’indemnité de transfert versée à l’ancien club est répartie entre tous les clubs pour lesquels le joueur a évolué entre ses 12 et ses 23 ans. Imaginons qu’un jeune qui a joué au FC Verdun de sa petite enfance jusqu’à ses 23 ans soit transféré cinq ans plus tard du Real Madrid à Arsenal pour 50 millions, le FC Verdun verra ses caisses se remplir de 2,5 millions…

Je ne m’étendrai pas sur les prêts, mais il est quand même important de savoir que la période minimum de prêt doit correspondre à la période comprise entre deux périodes d’enregistrement. Un prêt est en fait considéré comme un transfert (avec évidemment des conditions particulières à cette situation dans le contrat) pour une durée déterminée (il est d’ailleurs aussi appelé aussi transfert temporaire), donc les même règles s’appliquent, notamment le payement d’indemnités de formation et de solidarité ou encore le respect des dates durant lesquelles on peut transférer.

Autre précision intéressante : les suspensions dans le championnat national n'accompagnent pas un joueur transféré à l’étranger, sauf si elles sont de plus de quatre rencontres ou de trois mois, auquel cas le joueur doit terminer de les purger dans le nouveau championnat où il joue.

On m’a aussi souvent demandé ce qu’il en était en Ligue des champions. Tous les règlements ci-dessus s’appliquent évidemment. En Concacaf, un club doit fournir une liste de maximum 30 joueurs sept jours avant le début de la compétition. Il peut y ajouter des joueurs jusqu’à 48 heures avant un match, du moment que la limite de 30 ne soit pas atteinte, et ne peut retirer personne, même les joueurs ayant quitté le club. Une autre liste est donnée avant les quarts de finale (après la période de transferts hivernale), selon le même principe. Un même joueur ne peut pas participer à la compétition pour deux clubs différents. En Europe, c’est un peu plus compliqué et si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire ce document à partir de la page 29.

Voilà donc le tour de la question qui, je l’espère, répond à vos interrogations. Si vous souhaitez encore plus de détails, consultez le règlement officiel de la Fifa sur le statut et le transfert du joueur.

01 August 2:49 de la tarde

Le terme « joueur formé au club » est de plus en plus en vogue en MLS, et la présence remarquée du plus emblématique d’entre eux, DeAndre Yedlin, à la dernière Coupe du monde l’a encore davantage mis en lumière. En championnat, les supporters aiment encourager les vedettes locales qui embrassaient déjà leur écusson préféré avant même d’être professionnels. Parmi les plus connus : Shane O’Neill, Karl Ouimette, Harrison Shipp, Russel Teibert ou encore Gyasi Zardes.

Une bonne partie d’entre eux se retrouvera dans la même équipe ce lundi à Portland à l’occasion du Match des joueurs formés aux clubs, pour affronter l’équipe -23 ans des Portland Timbers. Le coup d’envoi de la rencontre sera donné à 22h00. Ce sera une première et l’occasion de mettre en valeur un concept naturel aux quatre coins du monde sauf au nord du Rio Grande, où il en est encore à ses balbutiements.

Il faut dire que pendant longtemps, nos clubs n’ont pas eu d’équipes de jeunes. Il y a eu quelques débuts timides avec la présence de l’une ou l’autre équipe espoirs en PDL, et parfois de formations d’autres catégories d’âge dans d’autres compétitions mais de façon isolée et désordonnée avec, en outre, des saisons assez brèves. La première mise en place généralisée est venue de la MLS et de sa division réserves, avec une première tentative de 2005 à 2008 puis une relance depuis 2011. Dès lors, tous les clubs devaient avoir une équipe réserve jouant une dizaine de rencontres par saison. Les premiers fruits récoltés ces dernières années viennent généralement de là.

Mais au fait, techniquement, c’est quoi un joueur formé au club ? Voilà ce que dit le règlement de la MLS : il s’agit d’un joueur qui s’est entraîné pendant au moins un an au sein du système de formation des jeunes du club et s’est entraîné au moins 80 jours au sein d’une équipe de jeunes du club durant l’année en question. C’est vrai, pour le moment, le critère n’est pas contraignant. Le même statut existe dans les compétitions européennes (Ligue des champions, Europa League) et désigne un joueur qui, entre l’âge de 15 ans et l’âge de 21 ans, a été inscrit auprès de son club actuel pendant une période, continue ou non, de trois saisons complètes ou de 36 mois.

Je n’ai aucune information privilégiée quand à l’évolution du statut réglementaire en MLS, mais c’est qui ne fait aucun doute, c’est que l’émergence de l’USSDA va bientôt complètement changer la donne. Il s’agit tout simplement du championnat mis en place en 2007 par la fédération américaine pour les équipes de jeunes du pays. Deux clubs canadiens, l’Impact de Montréal et les Vancouver Whitecaps, s’y sont joints, au contraire du Toronto FC, seul club de MLS ne jouant pas en USSDA.. Grâce à cela, il y a enfin eu une structure harmonisée réunissant les meilleurs clubs dans une compétition de haut niveau organisée pour atteindre des objectifs de formation.

Le championnat y commence en septembre et se termine en été, avec une trêve hivernale. On a donc une vraie saison complète. Il ne se limite pas aux clubs de MLS, puisque 80 clubs y alignent des équipes. Les catégories d’âge vont des -13 ans aux -18 ans (regroupées par groupes d’âge de deux ans). Parallèlement à cela, certains clubs commencent à avoir des équipes encore plus jeunes, même si c’est généralement encore embryonnaire. À l’Impact de Montréal, par exemple, il est possible de s’inscrire dès l’âge de 8 ans.

Il ne reste donc qu’un chaînon manquant, celui qu’on appelle la post-formation, entre la fin du passage en USSDA et les débuts professionnels. De nombreuses organisations indépendantes existent (division réserves de la MLS, USL Pro, PDL, NCAA, etc.) mais n’offrent pas encore la solidité nécessaire. Arriver à faire la même chose qu’avec l’USSDA - dont les clubs pourraient aussi avoir des équipes espoirs, leurs joueurs ne veulent pas forcément arrêter à 18 ans - en unifiant les forces pour créer un championnat de qualité harmonisé, avec suffisamment de clubs pour qu’il soit compétitif, qui permette aux clubs de MLS d’avoir une équipe réserve qui joue régulièrement, dans sa ville (comme toutes les autres équipes du club) lors d’une saison de 9 ou 10 mois et face à des adversaires de haut niveau : voilà ce qui est, à mes yeux, la prochaine étape, indispensable, pour offrir aux clubs de MLS une structure de formation complète qui sera un terreau fertile pour nos talents de demain.

Mais revenons au présent, avec le match de ce lundi pour lequel tous les clubs de MLS se sont fait demander de proposer des joueurs admissibles, en tenant compte de leur disponibilité et d’autres critères. La sélection finale de 20 joueurs a été établie conjointement avec le Directeur des programmes de la MLS destinés aux joueurs, Alfonso Mondelo, qui dirigera l’équipe des joueurs formés par leur club de MLS. Histoire de mieux les connaître, voici le portrait de ceux-ci, y compris celui des joueurs qui ont dû décliner leur sélection.

Équipe 2014 des joueurs formés par leur club de MLS
Gardiens de but :
Jon Kempin (Kansas City), Matt Lampson (Columbus)
Défenseurs : Connor Lade (New York), Ashtone Morgan (Toronto), Shane O’Neill (Colorado), Karl Ouimette* (Montréal), Erik Palmer-Brown (Kansas City), Carlos Salcedo (Salt Lake), DeAndre Yedlin* (Seattle)
Milieux de terrain : Steven Evans (Portland), Danny Garcia (Dallas), Wandrille Lefèvre* (Montréal), Zach Pfeffer (Philadelphie), Chris Ritter (Chicago), Harry Shipp (Chicago), Russell Teibert (Vancouver), Wil Trapp (Columbus)
Attaquants : Caleb Calvert (Chivas USA), Bradford Jamieson (LA Galaxy), Sean Okoli (Seattle), Dillon Serna (Colorado), Tommy Thompson (San José), Gyasi Zardes (LA Galaxy)

Caleb Calvert (22 octobre 1996) : A marqué sept buts en douze rencontres de l’équipe des -18 ans lors de la saison actuelle (2013/14) en USSDA ; plus jeune joueur de l’histoire de Chivas USA à y signer un contrat professionnel.

Steven Evans (19 septembre 1991) : A brillé sous les couleurs des -23 ans des Timbers entre 2009 et 2012, aidant l’équipe à devenir championne de PDL en 2010.

Danny Garcia (14 octobre 1993) : Onzième joueur formé au club à signer en équipe première du FC Dallas, Garcia a été titulaire lors des quatre rencontres auxquelles il a pris part cette saison. Faisait partie de l’équipe nationale américaine des -20 ans à la Coupe du monde.

Bradford Jamieson IV (18 octobre 1996) : Sixième joueur formé au club à intégrer l’équipe première du LA Galaxy, Jamieson IV s’est mis en valeur avec le LA Galaxy II pour lequel il a inscrit cinq buts en treize apparitions. 

Jon Kempin (8 avril 1993) : Actuellement en prêt à l’OKC Energy FC, filiale du Sporting Kansas City évoluant en USL PRO, il y a été nommé au sein de l’Équipe de la semaine lors de la 12e semaine de compétition ; international américain chez les -20 ans.

Connor Lade (16 novembre 1989) : A participé à cinq rencontres pour les Red Bulls cette saison après avoir été régulièrement sur le terrain durant la saison 2013 lors de laquelle l’équipe a remporté le Supporters Shield.

Matt Lampson (6 septembre 1989) : Lauréat du prix humanitaire annuel du Crew en 2013 ; titulaire 13 fois dans le but du Crew, dont cinq rencontres lors desquelles il n’a pas encaissé.

Wandrille Lefèvre* (17 décembre 1989) : A effectué ses débuts en MLS le 27 avril 2013 contre le Chicago Fire, match remporté 2-0 lors duquel il a donné une passe décisive ; s’est fait une place sur le terrain en 2014, avec notamment cinq rencontres consécutives au cours desquelles il a joué les 90 minutes, entre le 10 mai et le 11 juin

Ashtone Morgan (9 février 1991) : Arrière gauche qui a joué régulièrement depuis ses débuts en MLS en 2011 ; élu Joueur canadien de l’année 2011 dans la catégorie -20 ans.

Sean Okoli (3 février 1993) : A participé à deux rencontres pour les Sounders cette saison ; a marqué lors de la victoire 5-0 contre PSA Elite en Coupe des États-Unis.

Shane O’Neill (2 septembre 1993) : A joué lors de 41 des 43 dernières rencontres des Rapids pour lesquelles il était qualifié, y étant chaque fois titulaire à deux exceptions près, avant de se blesser au genou au début du mois ; a marqué son premier but en MLS contre Montréal le 24 mai 2014.

Karl W. Ouimette* (18 juin 1992) : A participé à neuf rencontres pour l’Impact, dont huit comme titulaire ; sur le terrain quand Montréal a remporté cette année son deuxième Championnat canadien Amway consécutif.

Erik Palmer-Brown (24 avril 1997) : Plus jeune défenseur de l’histoire à être titularisé en MLS ; a participé à trois rencontres cette saison, dont deux comme titulaire.

Zach Pfeffer (6 janvier 1995) : Premier joueur formé au club à signer en équipe première de l’Union, il a été le quatrième plus jeune joueur de l’histoire à signer un contrat en MLS. Il y a effectué ses débuts contre le Columbus Crew le 17 septembre 2011. Il a représenté les États-Unis dès les équipes d’âge des -14 et -15 ans.

Chris Ritter (29 octobre 1990) : Titulaire à six reprises pour le Fire lors de sa première saison pro ; élu Défenseur de l’année de la conférence Big Ten et membre de la sélection « All-Big Ten » quand il jouait pour l’université Northwestern.

Carlos Salcedo (29 septembre 1993) : Formé à l’académie du Real Salt Lake en Arizona, il a disputé 13 rencontres pour le RSL la saison dernière dont 12 comme titulaire.

Dillon Serna (25 mars 1994) : A marqué le premier but de sa carrière pro le 26 avril 2014 à Seattle ; a donné deux passes décisives en treize apparitions cette saison, dont huit comme titulaire, après avoir effectué ses débuts à ce niveau lors du dernier match de la saison régulière 2013.

Harry Shipp (7 novembre 1991) : Joueur de la semaine de la MLS après son triplé lors de la victoire 5-4 de Chicago contre New York lors de la 10e semaine de compétition ; en tête des candidats au titre de Recrue de l’année, il a marqué six buts et donné cinq passes décisives en 19 rencontres cette saison.

Russell Teibert (22 décembre 1992) : A percé lors de la saison 2013, lors de laquelle il a été le meilleur pourvoyeur de son équipe avec neuf passes décisives et a inscrit deux buts en 24 rencontres dont 19 comme titulaire.

Tommy Thompson (15 août 1995) : Premier joueur formé au club dans l’histoire de San José ; a délivré quatre passes décisives en cinq apparitions avec la réserve des Earthquakes.

Wil Trapp (15 janvier 1993) : A beaucoup fait parler de lui au Crew au cours des deux dernières saisons, en étant titulaire lors des 29 rencontres auxquelles il a participé ; international américain chez les -20 ans, il a joué lors des trois rencontres du premier tour de la Coupe du monde U20 de la FIFA en 2013 et a été nommé Jeune sportif de l’année 2013 par U.S. Soccer.

DeAndre Yedlin* (9 juillet 1993) : Régulièrement titulaire pour Seattle, il est le premier joueur formé par un club de MLS à défendre les couleurs des États-Unis à la Coupe du monde ; récemment, il a aidé les États-Unis à se qualifier pour les huitièmes de finale.

Gyasi Zardes (2 septembre 1991) : Joueur offensif polyvalent, Zardes a inscrit sept buts et donné une passe décisive en seize apparitions lors de sa deuxième saison au LA Galaxy.

*Lefèvre et Ouimette ont décliné leur sélection car Montréal joue mardi en Ligue des champions ; Yedlin sera peut-être dans le stade pour encourager ses camarades mais pas sur le terrain car il a été retenu pour le match des « grands » contre le Bayern Munich mercredi.

17 July 2:27 de la tarde

L’émission Coup Franc revient à sa forme traditionnelle maintenant que la Coupe du monde est terminée. Pour celle de cette semaine (que vous pouvez aussi écouter ici), on comptait faire un bilan du Mondial 2014 avec Olivier Brett et Christian Schaekels mais… notre passion de la MLS est tellement grande que rapidement, le débat s’est centré sur ce que la MLS avait apporté à cette Coupe du monde et les progrès qu'il faut qu'elle accomplisse pour que ses joueurs deviennent encore plus performants sur la scène internationale. Cela donne, sincèrement, une des émissions les plus intéressantes depuis les débuts de Coup Franc. Voilà certains des sujets que nous avons approfondis :

  • Bilan général de la compétition
  • Qu’est-ce qui fait qu’une Coupe du monde est belle ?
  • Pourquoi l’équipe allemande est au football ce que le téléphone intelligent est à la technologie
  • Tactique : l’audace récompensée, beaucoup de buts sur reconversion rapide, le jeu à trois défenseurs centraux
  • Le rôle différent en équipe nationale des vedettes de leurs clubs en MLS
  • L’influence des écarts de niveau entre les joueurs d’un même club
  • Une nouvelle mission qu’il faudrait donner aux joueurs désignés
  • Progrès à accomplir : avoir un projet de jeu, des joueurs pour l’incarner et des qualités techniques pour l’appliquer
  • La solution de la formation et les modèles de jeu à développer pour augmenter ses chances de réussite
  • Les moyens à donner aux formateurs en leur inculquant une philosophie
  • Le chemin à parcourir par les entraîneurs actuels de MLS et le rôle des directeurs techniques
  • Les traces que cette Coupe du monde laissera sur la MLS et les grands championnats étrangers
  • Et en conclusion, comment la société influence, positivement et négativement, la façon de jouer
  • Bien entendu, on illustre avec de nombreux exemples, impliquant entre autres Montréal

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

29 May 10:41 de la mañana

On a beaucoup parlé du record de Landon Donovan en ce début de semaine, mais ceux qui ne suivent pas la MLS depuis ses débuts ne connaissent pas forcément aussi bien les autres joueurs qui occupent la tête de ce classement perpétuel des buteurs. Je vous invite donc à les (re)découvrir.

Landon Donovan, 158 buts (136 en saison régulière + 22 en phase finale) : Originaire d’Ontario (pas la province canadienne mais la ville californienne), Donovan a été formé dans un club de sa région et, à 15 ans, est tombé dans l’œil des équipes nationales de jeunes. Il y a empilé les buts et a été élu meilleur joueur de la Coupe du monde des -17 ans 1999, ce qui lui a valu un contrat à Leverkusen. Il se produisait avec l’équipe réserve, avant d’être prêté à San José en 2001 (quelques mois après sa première sélection en équipe nationale A) où, dès sa première saison, il s’est imposé parmi les grands, marquant notamment en finale de la Coupe MLS. Que ce soit sur la scène nationale ou avec les États-Unis, il n’a jamais baissé de régime par la suite. Il a soulevé cinq fois la Coupe MLS, remporté les titres de meilleur buteur et de meilleur joueur du championnat, est le meilleur buteur (57 réalisations) et le meilleur passeur de son équipe nationale avec qui il a participé à la Coupe du monde à trois reprises. Ses tentatives de s’épanouir en Europe n’ont pas toujours été fructueuses, puisque ses passages à Leverkusen, au Bayern et à Everton n’ont guère duré longtemps. C’est en Californie qu’il se sent le mieux : après San José, c’est le LA Galaxy qui, depuis 2005, bénéficie de sa vista et de son sens du but.

Jaime Moreno, 145 buts (133 + 12) : En 1991, le Bolivien a effectué ses débuts professionnels à l’âge de 17 ans faisant partie d’une jeune génération qui a permis à Blooming, club basé à Santa Cruz, de retrouver sa gloire passée l’espace de quelques saisons. Cela a valu à Moreno (photo, à droite) d’être transféré en 1994 coup sur coup à l’Independiente Santa Fe et à Middlesbrough, devenant le premier Bolivien à jouer en D1 anglaise. Sans réel succès. Mais la MLS avait remarqué ses capacités et lui a offert un contrat, l’envoyant à DC United en août 1996. Après une demi-saison d’adaptation, il a mis le canon en marche, devenant meilleur buteur du championnat la saison suivante et continuant d’empiler les buts par la suite. Hormis un passage aux MetroStars en 2003, il est resté fidèle à DC United jusqu’à la fin de sa carrière, en 2010. Avec le club de la capitale américaine, il a remporté quatre fois la Coupe MLS et une fois la Coupe des champions. Il compte 75 sélections et 9 buts en équipe nationale, avec qui il a disputé la Coupe du monde 1994 aux États-Unis.

Jeff Cunningham, 139 buts (134 + 5) : Né en Jamaïque, Cunningham (photo, à gauche) a déménagé en Floride à l’âge de 14 ans et a pris la nationalité américaine 10 ans plus tard. La fin de sa formation est donc typique d’un joueur américain, avec une arrivée en MLS suite au recrutement annuel des joueurs évoluant avec une université. C’était à Columbus, en 1998, l’année de ses 22 ans. Malgré un statut de remplaçant, il a trouvé le fond des filets 8 fois dès sa première saison, ce qui lui a permis de gagner ses galons de titulaire. Ça ne l’a pas empêché d’alterner les hauts et les bas d’une année à l’autre. Après une saison 2004 décevante, il part pour Colorado qui l’enverra à Salt Lake en 2006, où il terminera meilleur buteur du championnat avant de connaître une nouvelle période difficile, à Salt Lake, puis Toronto et enfin Dallas, où il signe en 2008. En 2009, il retrouve ses meilleures sensations et marque 17 fois pour les Texans, ce qui lui offre un second titre de meilleur buteur. Il joue une autre saison à Dallas avant de revenir aux sources, disputant sa dernière saison à Columbus en 2011. Il a joué un match amical pour la Jamaïque avant de devenir Américain et de choisir l’équipe nationale des États-Unis, pour laquelle il compte 14 sélections.

Ante Razov, 125 buts (114 + 11) : Dès les débuts de la MLS en 1996, Razov, qui avait alors 22 ans, faisait partie de l’effectif de Los Angeles, mais il ne jouait presque jamais. En 1998, il part pour un club qui vient de naître, Chicago, et s’y épanouit : 10 buts lors sa première saison, puis 14 lors de la suivante, puis 18 en 2000. Il décide alors de tenter sa chance en Espagne, plus précisément au Racing Ferreol, en D2 avec qui il marque 7 buts en 19 rencontres avant de revenir à Chicago, où il retrouve sa moyenne de 14 buts par saison. Mais 2004 se passe mal : il marque peu et se brouille avec son entraîneur. Après la saison, il est envoyé à Columbus, où il ne reste pas longtemps puisqu’il finit l’année 2005 sous le maillot des MetroStars avant de signer à Chivas USA. Il y débute en marquant son chiffre fétiche de 14 buts en saison régulière, puis y joue deux autres saisons avant de raccrocher les crampons. Auteur de 6 buts en 25 sélections avec l’équipe nationale américaine.

Jason Kreis, 112 buts (108 + 4) : Né en 1972, Kreis était prêt à évoluer dans les rangs professionnels avant la naissance de la MLS. Ainsi, il jouait en USL avant de signer un contrat avec la MLS et d’être recruté par Dallas lors du processus qui a permis aux clubs de choisir leurs joueurs pour la saison 1996. Il a marqué le premier but de l’histoire du club texan. 1999 a été sa meilleure saison : meilleur buteur du championnat avec 18 réalisations, il a aussi délivré 15 passes décisives, devenant le premier joueur à atteindre le chiffre 15 pour ces deux statistiques lors de la même saison. Cela lui a valu le titre de meilleur joueur du championnat cette saison-là, et Kreis est devenu le premier Américain à remporter cet honneur. Quelques mois après l’annonce de l’arrivée d’un club à Salt Lake en 2005, il a été le premier joueur à y signer un contrat, quittant donc Dallas après 9 saisons de fidélité. Quelques mois plus tard, il devenait le premier joueur de MLS à atteindre la barre des 100 buts en saison régulière. Début 2007, il arrête de jouer pour remplacer son entraîneur John Ellinger, à 34 ans à peine. Habitué des records de précocité, il devient en 2009 le plus jeune entraîneur à remporter la Coupe MLS. Quelques mois après l’annonce de l’arrivée de New York City, Kreis y a signé pour en devenir le premier entraîneur : le club effectuera ses débuts en MLS l’an prochain.

Dwayne De Rosario : 108 buts (105 + 3) : Né à Scarborough, De Rosario a effectué ses débuts professionnels en 1997 dans le club de ce niveau le plus près de chez lui, le Toronto Lynx, qui évoluait alors en A-League (USL). Il part néanmoins en cours de saison à Zwickau, en D2 allemande, où il reste malgré la relégation en fin de championnat. Mais le club ne remonte pas, et De Rosario reprend la direction des USL, signant à Richmond. Après une première année difficile, il marque 15 buts à sa deuxième saison. Déjà international canadien, il n’échappe pas au regard de son compatriote Frank Yallop, qui l’attire lorsqu’il devient entraîneur de San José en 2001. S’il ne joue pas énormément, il se débrouille plutôt bien et se fait découvrir du grand public en marquant le but décisif qui offre la Coupe MLS à son club. Il prend du galon l’année suivante, se blesse sérieusement en 2003 et doit attendre 2005 pour, enfin, devenir titulaire indiscutable. À la fin de l’année, De Rosario suit l’équipe à Houston, où elle a été relocalisée par la MLS. Il est un pion important de l’équipe qui remporte la Coupe MLS en 2006 et 2007. Considéré comme un des meilleurs joueurs du championnat, il est convoité par Toronto qui se dit que l’enfant du pays pourrait permettre à l’équipe de s’améliorer. Mais les attentes sont grandes et le TFC continue de décevoir : De Rosario prend la direction de New York en cours de saison 2011 avant de signer à DC United au milieu de la même année… qu’il termine avec les titres de meilleur buteur et meilleur joueur du championnat ! Après une saison 2013 calamiteuse, DC United fait le ménage et De Rosario retourne à Toronto, dont il défend les couleurs aujourd’hui. Il est à ce jour le meilleur buteur de l’équipe nationale canadienne avec 20 buts, et le quatrième joueur le plus capé, la dernière de ses 77 sélections remontant à novembre dernier.

Les autres membres du top 10 : Taylor Twellman, qui après des débuts dans l’équipe réserve de Munich 1860 a passé toute sa carrière à New England et a été meilleur buteur et meilleur joueur de la MLS en 2005 ; Carlos Ruiz, international guatémaltèque qui a marqué 55 buts en 104 sélections et a surtout empilé les buts pour le LA Galaxy et Dallas entre 2002 et 2007 mais a aussi joué ailleurs en MLS, en Grèce, au Honduras, au Mexique et finit aujourd’hui sa carrière au Guatemala ; Edson Buddle, actuellement à Colorado, dont les deux meilleures périodes ont été ses passages à Columbus (2001-2005) et au LA Galaxy (2007-2010) ; Roy Lassiter, un Américain qui avait passé quatre saisons pro au Costa Rica avant la création de la MLS dont il a été le premier meilleur buteur avec Tampa Bay (27 buts, record égalé il y a deux ans par Chris Wondolowski) puis a brillé sous le maillot de DC United.

22 May 2:15 de la tarde

Quelle influence sur le championnat aura le fait qu’on jouera en MLS pendant la Coupe du monde ? C’est extrêmement difficile à dire. Si nous avons regardé la situation de différents clubs dans l’émission Coup Franc de cette semaine, il est impossible de comparer avec le passé tant les conditions de cette année sont inédites. Que s’est-il passé il y a quatre ans et comment la MLS a-t-elle réussi à arriver à la situation actuelle ?

En 2010, il y avait à peine 6 joueurs de MLS à la Coupe du monde. Un seul club y avait deux représentants : le LA Galaxy, avec Landon Donovan et Edson Buddle. Bob Bradley n’avait retenu que deux autres représentants de son championnat national : Jonathan Bornstein (Chivas USA) et Robbie Findley (Salt Lake). Deux autres nations avaient un joueur de MLS dans leur effectif : la Nouvelle-Zélande avec Andrew Boyens (New York) et le Honduras avec Roger Espinoza (Kansas City). Il convient d’ajouter, si on parle de l’influence de la Coupe du monde, que cinq autres Américains avaient été présélectionnés et ont participé à une partie de la préparation qui avait commencé le 18 mai 2010 : Sacha Kljestan (Chivas USA), Heath Pearce (Dallas), Brian Ching (Houston), Chad Marshall et Robbie Rogers (Columbus).

Il y a quatre ans, la MLS avait également pris deux semaines de pause pendant la Coupe du monde : entre le 11 et le 25 juin. La reprise a donc eu lieu à la veille du dernier match des États-Unis, battus en huitièmes de finale par le Ghana. Le Honduras et la Nouvelle-Zélande n’avaient pour leur part pas franchi le premier tour.

L’absence de la plupart des joueurs avait été à peine ressentie. Ching, qui avait très peu joué depuis le début de la saison, et Pearce n’ont manqué qu’une rencontre avant que Bob Bradley ne les renvoie dans leur club. Columbus a joué deux rencontres durant cette période, sans Marshall ni Rogers, mais a pris les six points en jeu. Encore moins problématique que l’absence des joueurs qui n’ont finalement pas été retenus parmi les 23 de leurs pays, celle de Boyens : il n’a pas disputé une seule minute pour New York durant toute la saison 2010.

Il ne reste donc que quatre clubs à avoir dû composer avec une absence prolongée. Espinoza a manqué cinq rencontres de Kansas City, durant lesquelles sont club a pris quatre points. C’est peu, mais avant son départ, l’équipe comptait 8 points sur 21 et restait sur un 2/15. Chivas USA avait également connu un début de saison lent, mais s’est effondré en l’absence de ses internationaux : quatre défaites consécutives sans Bornstein, dont une où il était aussi privé de Kljestan. À peine revenu, ce dernier a signé à Anderlecht, et le retour du défenseur n’a pas empêché l’équipe de finir en queue de peloton.

Pendant l’absence de Findley, Salt Lake est resté invaincu, prenant onze points en cinq duels. Dans le même laps de temps, privé de ceux qui étaient loin devant leurs coéquipiers son meilleur buteur (Buddle) et son meilleur pourvoyeur (Donovan), le LA Galaxy s’en est sorti avec un 10/15. Quelques points perdus qui n’ont pas empêché les Californiens d’occuper la tête du classement à l’issue de la saison régulière, devant Salt Lake.

Mais qu’est-ce qui a donc pu changer tant que ça en quatre ans, avec la présence attendue d’environ vingt-cinq joueurs de MLS - au lieu de six - à l’évènement sportif le plus important de la planète ? Le championnat a pris de l’importance, c’est évident. Mais comment et aux yeux de qui ?

Il y a tout d’abord les expatriés américains qui sont revenus au bercail. Parmi ceux qui étaient en Afrique du Sud et jouaient alors à l’étranger, Jay DeMerit, Benny Feilhaber, Ricardo Clark, Marcus Hahnemann, Clarence Goodson, Michael Bradley, Clint Dempsey et Maurice Edu défendent tous aujourd’hui les couleurs d’un club de MLS. Les quatre premiers n’ont pas été retenus par Jurgen Klinsmann, les quatre autres espèrent faire partie de la liste des 23 pour le Brésil. Il faut leur adjoindre le nom de Michael Parkhurst, présélectionné cette année mais pas dans le groupe en 2010, également de retour après un passage à l’étranger.

Si sélectionner des joueurs établis en MLS qui y sont restés toute leur carrière ou presque n’a rien de nouveau, ceux-ci sont également de plus en plus nombreux et leur place dans l’équipe prend de l’importance. En 2010, seuls Bornstein et Donovan comptaient plus de 10 sélections, même si Bob Bradley a aussi régulièrement fait confiance à Findley en Afrique du Sud. Aujourd’hui, l’emblématique joueur du LA Galaxy est entouré de Nick Rimando, Omar Gonzalez, Brad Evans, Matt Besler, Kyle Beckerman, Graham Zusi, Brad Davis et Chris Wondolowski, toutes des valeurs sûres de notre compétition où ils ont bâti leur entière réputation et gagné la confiance de leur sélectionneur qui les appelle régulièrement. Il faut leur adjoindre une valeur montante, DeAndre Yedlin.

Dans la même catégorie de joueurs, il y a le cas particulier de Steven Beitashour. Né aux États-Unis de parents iraniens, il a eu des touches avec les équipes nationales des deux pays et a choisi celle de ses ancêtres. Il fait également partie des valeurs sûres de la MLS, où il a passé toute sa carrière.

Il fait partie des 10 à 15 joueurs étrangers qui pourraient représenter la MLS sur la scène mondiale. Une différence encore plus nette, quand on compare avec les Américains, par rapport à il y a quatre ans. Il faut dire qu’en Afrique du Sud, on se retrouvait avec un obscur international néo-zélandais et un jeune Hondurien certes talentueux mais qui devait encore faire ses preuves.

Parmi ces internationaux aujourd’hui en MLS, des vedettes établies et mondialement connues, venues entre autres grâce à la règle du joueur désigné. S’il faut admettre qu’elles ne sont plus forcément dans la force de l’âge, il faut surtout préciser que les sélectionneurs ne sont pas fous et ne vont pas amener avec eux des joueurs qui n’ont plus le niveau. Dans cette catégorie, rangeons l’Australien Tim Cahill (New York), le Brésilien Julio César (Toronto) et son coéquipier Jermain Defoe, qui n’ira toutefois au Mondial qu’en cas d’indisponibilité d’un de ses compatriotes.

Tous les autres internationaux de MLS viennent d’Amérique latine, quasiment tous de la Concacaf. Il y a un double intérêt en jeu : les joueurs (et leurs agents) se rendent de plus en plus compte que la MLS est à la fois une étape intermédiaire intéressante entre leur pays et l’Europe mais aussi un championnat où il leur sera plus facile de s’adapter, alors que les clubs se rendent de plus en plus compte de leur apport tant à court qu’à moyen terme. Les exemples honduriens d’Espinoza mais aussi d’Andy Najar (ex-DC United aujourd’hui à Anderlecht) tendent à les conforter dans cette idée. Les qualifications conjointes du Costa Rica et du Honduras, deux pays qui ont de bons joueurs et de bonnes connections en MLS, aident également à la croissance du nombre de représentants de notre championnat au Brésil.

Les Ticos ont la cote à Columbus, qui avait déjà Jairo Arrieta en ses rangs, et s’est renforcé avec Waylon Francis et Giancarlo Gonzalez cet hiver. Ce dernier avait travaillé avec Gregg Berhalter en Norvège, alors que les deux autres jouaient dans leur pays auparavant. Après une expérience en Scandinavie, Roy Miller a signé à New York en 2010 et joue régulièrement au poste d’arrière gauche quand il n’est pas blessé. Le plus connu des Costariciens est toutefois Alvaro Saborio qui, après trois saisons en Suisse et une en D2 anglaise, a signé à Salt Lake en 2010 et figure régulièrement parmi les premières places du classement des buteurs. Si Francis est un novice et Arrieta est loin d’être incontournable, les trois autres sont des joueurs importants de leur équipe nationale.

Les Honduriens sont très prisés en MLS. Valeur sûre dans son pays, Oscar Boniek Garcia était à la Coupe du monde 2010 avant de signer à Houston deux ans plus tard et de rapidement en devenir un joueur important. Lui aussi présent en Afrique du Sud, Victor Bernardez portait à l’époque les couleurs d’Anderlecht mais son passage en Belgique ne fut pas une réussite : après un détour par le Mexique, il a signé en 2012 à San José et a été élu meilleur défenseur du championnat dès sa première saison. Marvin Chavez et Jerry Bengtson n’ont pas la même réputation ici. Passé directement de son pays à Dallas en 2009, le premier a disputé deux bonnes saisons en 2011 et 2012 mais n’a pas confirmé par la suite. San José l’a même laissé partir et il joue aujourd’hui à Chivas USA. Quant à Bengtson, arrivé à New England durant l’été 2012 comme joueur désigné, il ne fait guère honneur à son statut et est peu utilisé. Ça n’empêche pas ces deux joueurs de compter une quarantaine de sélections. Encore moins connus sur nos terres même s’ils y jouent, Johnny Leveron (Vancouver) et Alexander Lopez (Houston) sont sur la liste des joueurs susceptibles de rejoindre le Brésil en cas de blessure d’un de leurs coéquipiers. Statut identique pour le dernier latino-américain de MLS que l’on pourrait voir au Brésil, le médian défensif équatorien Osvaldo Minda qui a quitté son pays en 2012 pour signer à Chivas USA.

Si l’influence qu’aura la Coupe du monde sur les résultats en MLS, finalement plutôt minime en 2010, est très difficile à évaluer, c’est tout simplement parce qu’en quatre ans, notre championnat a bien changé avec le retour d’internationaux américains, la multiplication des valeurs sûres convoquées en équipe nationale, l’arrivée de vedettes étrangères toujours assez bonnes pour représenter leur pays et une recrudescence de joueurs de la Concacaf à la fois bénéfique pour eux et pour les clubs. La combinaison de ces diverses raisons a fait exploser le nombre de représentants au Mondial de notre championnat qui, ça c’est sûr, a nettement progressé en quatre ans.