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Montreal Impact

29 April 12:58 de la tarde

Le grand jour est arrivé (prise 2, on disait déjà ça la semaine dernière). Ce soir, Montréal reçoit l’America Mexico lors du match retour de la finale de la Ligue des champions (20h00, HE / direct TVA Sports, Sportsnet One, Fox Sports 2, Unimas). Forts de leur partage 1-1 au match aller, les Québécois partent en position favorable puisqu’au moment du coup d’envoi, ils seront virtuellement lauréats de la compétition.

Mais avant de soulever le trophée et de composter son billet pour le Japon, il faudra jouer 90 minutes, voire 120, d’un match qui s’annonce aussi difficile que passionnant. Le contexte, déjà historique, a été chargé par de nombreuses péripéties autour de la rencontre, de la suspension de Bush aux déclarations tapageuses de son vis-à-vis mexicain. De quoi encore faire monter la température…

D’ailleurs, paradoxalement, peu de conversations tournent autour du jeu et du terrain. On parle davantage de l’ambiance, de l’enjeu, de l’importance du match, de sa couverture médiatique, de la pression, du feuilleton du gardien de but montréalais ou encore de l’état d’esprit que de la composition des équipes, du jeu qu’elles comptent développer ou de leurs stratégies pour surprendre l’adversaire. Certes, les entraîneurs veulent préserver certains mystères, mais l’émission Coup Franc de la semaine tente de prévoir leurs plans. D’ailleurs, si vous voulez connaître en détails la façon de jouer de l’America Mexico, celle de la semaine dernière est encore on ne peut plus pertinente.

Maintenant que le cas du gardien est réglé, avec l’arrivée de Nicht qui regardait le match aller seul dans un bar la semaine passée à Indianapolis, deux incertitudes demeurent dans la composition du onze montréalais : le poste d’arrière droit, où Cabrera est indisponible et Camara incertain (ce qui pourrait se répercuter au milieu défensif), et celui d’attaquant, où McInerney et Cooper font de la concurrence à Oduro qui a cependant très bien rempli sa mission la semaine dernière.

Ce qui ne changera pas – en apparence du moins – par rapport au match aller, c’est la mentalité des joueurs montréalais : ils ne semblent pas être submergés par la pression, mais davantage concentrés sur un match dont ils mesurent la portée, qui doit constituer un élément davantage mobilisateur qu’intimidant. Parmi les éléments particulièrement motivés, Ignacio Piatti a enfin la chance de jouer la finale retour d’une compétition continentale, alors qu’il avait dû quitter San Lorenzo pour Montréal juste avant l’apothéose de la Copa Libertadores 2014.

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En face également, il y a deux points d’interrogation majeurs : Peralta, sur le banc au début du match aller puis épargné en championnat contre Chivas, ainsi que Sambueza dont la présence est douteuse depuis sa sortie sur blessure dimanche. Les joueurs de l’America croient fermement à la victoire, et si pour certains d’entre eux, leur équipe aurait dû s’imposer largement la semaine dernière, ça ne les empêche pas de respecter leur adversaire.

Malgré le résultat du match aller, il ne faut pas cacher que de nombreux observateurs neutres considèrent encore les visiteurs comme favoris. C’est compréhensible, puisque ceux-ci comptent confirmer la large domination mexicaine en Ligue des champions. Malgré tout, l’entraîneur Matosas déplore le manque de soutien de la Liga MX, tout en contrastes avec la MLS qui appuie Montréal de toutes les manières possibles, entre le report de matchs de championnat et l’envoi de messages en français par le compte Twitter officiel de la ligue, d’ordinaire en anglais.

Utilisé parfois à tort et à travers, le mot historique sera bel et bien pertinent aujourd’hui à Montréal, où les 61 000 places du Stade olympique ont très vite trouvé preneur. Le club invite les supporters à arriver au stade tôt, afin d’encourager leurs favoris dès l’échauffement, de dévoiler un tifo lorsque les joueurs monteront sur la pelouse avant le coup d’envoi et de ne rien manquer de ce match qui, quoi qu’il arrive, marquera les esprits. Un engouement chez les supporters du club et les amateurs de soccer qui, étonnamment, n’est pas relayé à sa juste valeur par les médias locaux. Chiffres à l’appui, une importante firme de surveillance médiatique explique ainsi qu’au Québec, on parle 60 fois plus de l’équipe montréalaise de hockey que de l’Impact, alors que dans le reste du monde, c’est bel et bien le soccer qui est à l’avant-plan et contribue à la renommée de la ville !

Cela n’empêche pas ceux qui aiment le soccer depuis longtemps, journalistes ou supporters, de raconter comment ils sont tombés sous le charme du ballon rond et de partager les histoires souvent magnifiques qui font qu’aujourd’hui, l’Impact de Montréal occupe la première place sportive dans leur cœur. Et, non, ces réussites sportives et populaires n’ont rien d’une anomalie.

Après le nul 1-1 du match aller, les cas de figure pour déterminer le vainqueur de la Ligue des champions à l’issue du duel de ce soir sont assez simples. Le vainqueur de la rencontre, après 90 ou 120 minutes, remporte le trophée et la place à la Coupe du monde des clubs. En cas de match nul 0-0, Montréal s’impose grâce à la règle des buts à l’extérieur. En cas de partage 2-2 ou plus, l’America Mexico gagne, en raison de la même règle. Si le marquoir affiche 1-1 après 90 minutes, on dispute une prolongation. Durant celle-ci, la règle des buts à l’extérieur n’est plus en vigueur. Donc, si les deux équipes sont toujours à égalité à l’issue de 120 minutes, on procède à la séance de tirs au but. Le suspense est intenable…

28 April 12:05 de la tarde

À l’approche du match retour de la finale, l’excitation est à son comble et l’émission de la semaine (également disponible ici) est évidemment consacrée au duel Montréal - America Mexico. On l’aborde sous toutes ses coutures, sportives et extra-sportives, tout en revenant sur le match aller avec les impressions d’Olivier Tremblay qui était sur place.

  • Après le 1-1 de l’aller, Montréal doit-il ou va-t-il jouer pour le 0-0 ?
  • Peut-on dire que l’équipe qui marquera en premier va gagner ?
  • La physionomie du match retour sera-t-elle semblable à celle de l’aller ?
  • Que penser des nombreux épisodes du feuilleton du gardien de but montréalais ?
  • Que doit faire Frank Klopas si Cabrera et Camara sont indisponibles ?
  • Dans quel état physique et moral sont les joueurs de l’America Mexico ?
  • Ce match va-t-il faire franchir un pas à l’Impact au Québec et à la MLS ?
  • Quelles prestations individuelles nous ont marqués au match aller ?
  • Y avait-il hors-jeu sur le but annulé de l’America ?
  • La faute sur Oduro : l’arbitre avait-il un bon argument pour ne pas sortir de carton rouge ?

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

23 April 12:05 de la tarde

Montréal a réalisé un exploit ce mercredi soir au stade Azteca en tenant l’America Mexico en échec 1-1 lors du match aller de la finale de la Ligue des champions. Suspense, but surprise en début de rencontre, grosse pression, polémiques d’arbitrage et même plus : tous les ingrédients ont été rassemblés pour rendre la soirée mythique.

Alors qu’on s’attendait à un début en trombe de l’équipe locale, on a rapidement compris que malgré la confiance qui l’habitait, elle respectait son adversaire. Et après un quart d’heure, elle s’est fait surprendre par un but de Piatti, parachèvement d’un beau travail collectif dans lequel Ciman, Camara, Oduro et Duka ont également été impliqués. Par la suite, il a fallu défendre, beaucoup défendre, et les arrières se sont particulièrement illustrés comme en témoigne ce bulletin de notes individuelles.

Car l’ouverture du score a bien entendu réveillé les joueurs de l’America, qui, dès lors, ont poussé 75 minutes durant. Les attaques s’enchaînaient comme des vagues incessantes, mais tantôt la défense, tantôt le gardien, tantôt la maladresse locale, tantôt la chance permettaient à l’Impact de conserver son avance. Jusqu’à ce que la tête de Peralata ne prolonge au fond des filets un coup franc à l’avant-dernière minute du temps réglementaire. Une égalisation qui n’était pas volée, au vu du bombardement en règle subi par l’Impact durant 90 minutes : 25 tirs à 3 et 16 corners à 2, ce sont des chiffres qui en disent long.

C’était, à vrai dire, le deuxième but de la soirée inscrit par l’équipe locale, mais celui d’Arroyo en première mi-temps avait été annulé pour un hors-jeu très limite. Les deux équipes ont eu droit à leur polémique puisque juste avant la pause, alors qu’il s’apprêtait à tenter de dribbler le gardien Munoz sorti à sa rencontre, Oduro s’est fait retenir par le maillot par Martinez. Tout Montréal souhaitait l’exclusion du fautif, mais l’arbitre n’a pas jugé l’occasion de but assez manifeste et s’est contenté de lui donner un carton jaune.

Ce n’est pas le seul bristol jaune controversé de la soirée, puisque en toute fin de rencontre, Evan Bush a gardé le ballon en mains pour empêcher un adversaire de s’en emparer, avant de le dégager sur Paul Aguilar. Cela a quelque peu échappé aux caméras, mais les journalistes sur place ont vu la sanction infligée par l’arbitre, qui ne susciterait pas autant de réactions si elle ne provoquait pas la suspension du gardien montréalais pour le match retour. Son second, Eric Kronberg, ne peut pas jouer en Ligue des champions avec Montréal car il y a déjà pris part avec Kansas City. Le club fait donc face à un casse-tête monumental, et a décidé d’essayer de faire annuler le carton jaune.

À la sortie des vestiaires, les décisions arbitrales étaient au cœur des réactions des Montréalais, qui s’estimaient floués à plus d’un titre même si pendant le match, ils ont tenté d’y penser le moins possible. Certains préféraient tout de même ne pas emprunter la voie de la polémique. Et puis, il y avait bien entendu aussi beaucoup de choses à dire sur le match et son superbe résultat : fierté, grand jour et confiance en soi revenaient souvent dans des propos où s’entremêlaient la hauteur  de l’exploit de la soirée et la conscience qu’il faudra confirmer tout cela dans une semaine.

Les Montréalais vivent plus qu’un rêve, un petit miracle est à leur portée. Si les 59020 personnes ayant acheté un billet se présentent toutes au Stade olympique le 29 avril, ils auront déjà remporté une première bataille puisque l’America Mexico a annoncé 56783 entrées payantes hier. Mais ce qu’ils convoitent, c’est évidemment le trophée remis au vainqueur de la Ligue des champions et la place en Coupe du monde des clubs. Ils n’en sont plus qu’à 90 ou peut-être 120 minutes… mais elles n’auront rien d’une promenade de santé.

22 April 12:01 de la tarde

Ça y est, c’est le grand soir ! Enfin, le premier de deux grands soirs. La finale aller de la Ligue des champions entre l’America Mexico et l’Impact de Montréal se joue aujourd’hui sur le coup de 21h00 (HE / 20h00 heure locale) au stade Azteca (direct TVA Sports 2, Sportsnet World, Fox Sports 2, Unimas).

Il ne faut pas se le cacher, les Mexicains sont les grandissimes favoris de cette finale. Et pour cause : depuis 2006 (et une victoire… de l’America), aucun club d’un autre pays n’a remporté la compétition de clubs phare de la Concacaf. L’équipe locale a de quoi faire peur, surtout pour ceux qui ont vu sa demi-finale retour contre Herediano. Mais elle s’est récemment inclinée 0-4 chez elle en championnat…

Ainsi, dans les rangs montréalais, on préfère ne pas s’emballer dans un sens ou dans l’autre, et rester concentrer sur son match. Une chose ressort nettement des déclarations des joueurs depuis leur arrivée au Mexique : il n’y a aucune raison de stresser, il faut y croire et savourer cette finale à sa juste valeur. Même si les pronostiqueurs les donnent battus, a fortiori pour ce match aller, les visiteurs ne veulent pas envisager la défaite, pas même si elle représente un « résultat positif » dans les esprits. En coulisses, ce discours n’est certes pas répété par tout le monde, mais il n’y fait aucun doute que l’ambiance est au beau fixe.

S’ils acceptent volontiers leur rôle de favori et parlent sans gêne déjà de la Coupe du monde des clubs (ce que certains joueurs de l’Impact avaient également fait après la demi-finale retour, ne l’oublions pas), les Mexicains respectent leur adversaire qui « n’est pas là par hasard » et savent qu’il y a une finale à gagner avant de composter son billet pour le Japon.

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D’ailleurs, de quoi aura l’air ce match sur le terrain d’un club au palmarès riche et regorgeant de vedettes ? Montréal doit-il jouer à onze derrière ? Quelles sont les stratégies offensives favorites de l’America Mexico ? Comment surprendre l’équipe locale de manière efficace ? Quels pièges les deux équipes peuvent-elles tendre à leur adversaire ? Axe du jeu et vitesse risquent d’être les maîtres mots de la soirée, mais une analyse détaillée des forces et faiblesses des protagonistes permet de mieux comprendre où et comment pourra se présenter le danger devant les deux buts.

Les conditions de jeu auront certainement aussi une influence sur le match. À ce sujet, le fait d’avoir joué non loin de là, à Pachuca, en quart de finale permet aux Montréalais d’avoir davantage de repères pour gérer l’altitude et la pollution. Et pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles, le club n’a pas lésiné sur les moyens financiers.

Aussi bien préparés soient-ils, les joueurs découvriront le mythique stade Azteca, où près de 105 000 supporters locaux feront chauffer l’ambiance à blanc. Au milieu de cette foule, une soixantaine de Montréalais ayant effectué le déplacement. S’il n’y aura pas le moindre siège vide lors du match aller, ce sera aussi le cas dans une semaine puisque tous les billets pour le match retour sont déjà vendus.

À distance, Montréal aura évidemment ses supporters derrière lui, mais également l’appui de toute la MLS qui veut mettre fin à l’hégémonie continentale des clubs mexicains. Les deux équipes ont dû batailler ferme pour en arriver à ce stade de la compétition. Des milliers de clubs des pays de la Concacaf, ils étaient 524 en lice pour une place en Ligue des champions il y a deux ans. Ils ne sont aujourd’hui plus que deux. À plusieurs reprises, Montréal est passé par le chas de l’aiguille à quelques secondes près. Notamment grâce au but de Porter contre Pachuca, mais déjà en demi-finale de la Coupe du Canada, contre un club de D2. Comme quoi, cela tient à peu de choses…

Mais ceux qui regardent dans le passé dans les rangs des bleu-blanc-noir ont un rétroviseur qui réfléchit bien plus loin que ça. Des Québécois comme Patrice Bernier et Mauro Biello, présents dans l’équipe au début des années 2000 et même avant, se rendent compte des pas de géant effectués par le club depuis lors et de l’importance historique de ce match

21 April 12:30 de la tarde

Le match aller de la finale de la Ligue des champions se joue ce mercredi et l’émission de cette semaine (que vous pouvez également écouter ici) y est évidemment consacrée. Olivier Tremblay est en direct de Mexico, d’où il nous donne les dernières nouvelles du front, alors que vous connaîtrez également toutes les forces et faiblesses de l’adversaire de l’Impact de Montreal, l’America Mexico.

  • À quel point ce match est-il important dans l’histoire du club montréalais ?
  • Pourquoi le fameux stade Azteca est-il aussi mythique ?
  • Les Mexicains prennent-ils leur adversaire de haut ?
  • Dans quel état d’esprit les Montréalais sont-ils à quelques heures du match ?
  • Jouer à onze derrière, bonne stratégie ou gros risque pour l’Impact ?
  • Par où les attaques montréalaises doivent-elles passer pour aller jusqu’au bout ?
  • Comment Oduro et compagnie peuvent-il développer des contres efficaces ?
  • Y a-t-il un moment du match où Montréal pourrait exploiter une baisse de régime adverse ?
  • Dans quels pièges l’Impact doit-il faire attention de ne pas tomber ?
  • Quels choix offensifs Frank Klopas va-t-il effectuer ?
  • Qui sera dans le onze de départ de l’Impact ?
  • Quelle est la stratégie offensive favorite de l’America Mexico ?
  • Doit-on s’attendre à un départ en trombe de l’équipe locale, comme contre Herediano ?
  • Quelles sont les individualités à surveiller, et pourquoi ?
  • Qu’attendre des phases arrêtées, des deux côtés du terrain ?
  • Où regarder le match si vous êtes à Montréal ?

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10 April 3:18 de la tarde

La semaine a été marquée par la qualification de Montréal pour la finale de la Ligue des champions. Matthias Van Halst et Olivier Tremblay étaient sur place et vous font partager tout ce qu’ils ont vécu à Alajuela dans l’émission de cette semaine (également disponible ici), lors de laquelle on parle aussi Franco du mois, équipes nationales de jeunes et décisions juridiques.

Principaux sujets concernant Montréal - Alajuelense :

  • L’accueil chaleureux dans la ville d’Alajuela
  • L’ambiance le jour du match et pendant celui-ci
  • Des supporters très chauds mais rarement agressifs
  • La qualification montréalaise tirée par les cheveux
  • Efficacité offensive et naissance d’automatismes
  • L’apport de Bernier après sa montée au jeu
  • Les commentaires des joueurs après la rencontre
  • Bush et Soumare ont joué avec le feu
  • S’arrêter de jouer ou tourner les dos : des erreurs à ne plus commettre
  • L’Importance de cette qualification pour l’Impact de Montréal
  • Quelques mots sur la finale contre l’America Mexico

Les autres sujets :

  • Dévoilement du franco du mois de mars (victoire de Damien Perrinelle)
  • Pas de jeune de l’Impact en équipe nationale U17 : les explications de Rudy Doliscat
  • Club de lecture : soccer et justice (gagnez le livre)

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08 April 12:50 de la tarde

Hier soir, Montréal a donc réussi à se qualifier pour la finale de la Ligue des champions. Battu à Alajuelense 4-2, il passe grâce à sa victoire 2-0 du match aller et ses deux buts marqués à l’extérieur.

Je ne vous raconterai pas le match en détails, vous pouvez en lire des résumés un peu partout, et vous l’avez, je l’espère, certainement vu ! Pour en savoir plus sur les prestations individuelles, consultez le bulletin de notes décerné par Patrick Leduc.

Les supporters des bleu, blanc, noir ont eu de fortes émotions en voyant leurs favoris passer dans des circonstances difficiles. Celles sur le terrain leur ont rappelé le cauchemar de Santos Laguna, et l’ont peut-être même effacé des antres de leur inconscient. Mais il y avait aussi une ambiance dans les tribunes avec laquelle peu de joueurs étaient familiers.

Parmi les exceptions, Laurent Ciman, qui a connu quelques enfers depuis le début de sa carrière, et a pu dispenser de judicieux conseils à ses coéquipiers. « Je leur ai dit de jouer leur football et de faire abstraction de l’extérieur. Et que s’ils sont là et si l’entraîneur leur fait confiance, c’est qu’ils ont des qualités », expliquait le défenseur belge.

Après la douche, la liesse s’était dissipée chez les vainqueurs. Oui, les joueurs étaient évidemment très heureux, mais ils étaient également marqués par un match difficile, et reconnaissaient d’ailleurs qu’il leur restait beaucoup de travail. « On est rentré, on a laissé dégager toute l’énergie qui restait en fin de match parce qu’on avait beaucoup de tension. Tout le monde était vraiment heureux », raconte Patrice Bernier, sur l’entrée au vestiaire juste après le match.

C’est que la rencontre a été faite de hauts et de bas pour l’Impact, qui a vacillé entre contrôle, énormes frayeurs et moments d’égarement qui auraient pu coûter cher. Comme les incessants gains de temps de Bush. Ou quand, à la demi-heure, Soumare a agrippé la tignasse de McDonald et l’a tirée fermement. « Quand vous venez ici, dans le jeu, vous prenez beaucoup de coups. Mais c’est à moi d’être intelligent. Je n’avais pas à faire ça », reconnaissait après coup l’arrière central.

Les Montréalais ont dû attendre la fin pour savoir si, de leur point de vue, les scènes qui se jouaient au stade Alejandro Morera Soto étaient celles d’un film d’horreur ou d’un thriller. Les frayeurs ont été nombreuses mais à la fin, c’est le vainqueur de la Coupe du Canada qui s’est imposé, devenant par la même occasion le premier représentant de son pays à atteindre la finale de la compétition.

« Ça fait vraiment plaisir, se réjouissait Soumare. On a l’impression qu’on ne s’en rend pas encore trop compte, mais on a fait quelque chose de gros. On sait que si on continue comme ça, on peut faire quelque chose de très spécial. » Ce quelque chose de très spécial, ce serait, dans un premier temps, devenir champion de la Concacaf. Un titre qui ne ferait pas tache malgré les déboires de l’équipe en championnat depuis un an et demi.

Un succès qui serait aussi le prélude à une nouvelle grande aventure. « La manière n’est pas toujours jolie, mais au moins on va en finale. Il y aura deux matchs… et on sait qu’on est proche de la Coupe du monde des clubs », déclarait ainsi Bernier. Il ne fait aucun doute que les joueurs se verraient bien aller au Japon en décembre prochain. À eux de valider leur billet, en battant le vainqueur du duel Herediano - America Mexico.

07 April 1:07 de la tarde

Le match retour de la demi-finale de la Ligue des champions entre Alajuelense et Montréal (22h00 HE, TVA Sports, Sportsnet, Fox Sports 2) est d’une importance capitale pour les deux équipes. Vainqueur 2-0 au match aller, le dernier représentant de MLS en lice dans la compétition tentera de devenir le premier club canadien de l’histoire à en atteindre la finale. Mais la réception sera très chaude.

D’ailleurs, les supporters locaux et l’ambiance au stade était les principaux sujets de conversation entre les Montréalais et les médias tant canadiens que costariciens. « Ce sera un superbe environnement de soccer, pour le genre de match que les joueurs attendent. Nous avons des joueurs très expérimentés qui ont vécu de grands moments et connaissent ce genre de situation. À Montréal, nous avons joué devant 48000 personnes », déclarait ainsi Frank Klopas à l’issue du dernier entraînement de ses hommes.

En 24 heures, trois équipes se sont en fait entraînées au stade Alejandro Morera Soto. Les deux qui seront en lice sur le terrain, évidemment, mais aussi les supporters locaux qui avaient organisé une réunion de motivation lors de laquelle ils ont donné beaucoup de voix. Il a été plus facile de pêcher des informations auprès d’eux que des deux clubs lors de ces entraînements. En effet, Alajuelense avait organisé sa conférence de presse avant sa séance, mais comme par hasard, les médias montréalais n’avaient que l’heure du début de l’entraînement. Ces derniers – pour des raisons d’heure de bouclage notamment – n’étaient guère nombreux à la séance de l’Impact, où seul Hassoun Camara a répondu à leurs questions, pendant que les journalistes locaux parlaient avec l’entraîneur visiteur et Dilly Duka. Heureusement, MLSsoccer.com a sympathisé les collègues ticos afin de vous fournir toutes les informations recueillies auprès des deux camps au cours de la journée.

Klopas leur a entre autres expliqué ne pas débarquer en terrain inconnu : « Je suis déjà venu voir Alajuelense et Herediano au Costa Rica, je connais ce genre d’ambiance, similaire à celle qu’il y a en Grèce, avec également la pression des médias et des supporters qui ont de grandes attentes. C’est d’autant plus important pour nous de bien jouer, car si on n’est pas dans le coup et qu’Alajuelense marque un ou deux buts, les supporters vont être encore plus dans le match et ce sera encore plus difficile pour nous. »

S’il ne souhaite pas trop élaborer au sujet de ce qu’il connaît de l’adversaire, l’entraîneur visiteur ne tarit cependant pas d’éloges à leur sujet. « Les joueurs costariciens qui viennent en MLS s’adaptent facilement car ils sont très bons techniquement et physiquement. On ne doit pas s’occuper d’un joueur en particulier », explique-t-il avant de se faire demander quel joueur d’Alajuelense il amènerait à Montréal. « J’en prendrais plus que ça. Oui, j’en amènerais quelques-uns ! »

Le 2-0 du match aller ne fait peur à personne, ici à Alajuela. La confiance règne chez les supporters, même ceux d’autres équipes du pays, souvent rivales. « 3-0 », nous dit l’un. « 4-1 », pronostique un autre quelques mètres plus loin. Celui au coin de la rue joue les mimes : après avoir dit Montréal, il montre l’intérieur de stade et fait trembler ses jambes comme les feuilles d’un arbre par grand vent.

Dans de telles circonstances, Montréal compte sur ses joueurs d’expérience afin que tout le monde garde la tête sur les épaules. Confinés dans un cadre luxueux depuis leur arrivée samedi, les joueurs ont découvert le stade et son environnement à peine 24 heures avant le match. L’un d’entre eux le connaissait déjà : Dilly Duka. « Je suis venu ici m’entraîner deux semaines avec l’équipe olympique des États-Unis et je sais ce que cette équipe signifie pour la ville, déclarait le dribbleur montréalais. Ce sera un match différent de celui à Montréal, ils pourront compter sur leurs supporters et ce sera difficile. Ce sera aussi plus compliqué qu’à Pachuca, tout simplement parce que c’est une demi-finale. »

Interrogés au sujet du terrain, les Montréalais ne se sont guère dits inquiets : tant sa dimension (« la même que celle du Stade olympique », dixit Klopas) que la surface artificielle en elle-même (« on a déjà joué sur ce genre de synthétique », rassure Duka) ne suscitent pas la moindre crainte. « Attention, ce qu’ils ont vu aujourd’hui ne reflète pas la réalité, nous prévient un journaliste qui suit l’équipe au quotidien. Avant la rencontre, le terrain sera arrosé : l’eau s’évapore rapidement, mais cela change quand même la nature de la surface qui sera bien plus rapide. »

Il nous parle aussi des principaux sujets de conversation autour de l’équipe locale. Il y a l’arbitre, M. Aguilar, un Salvadorien qui avait sifflé le match de Montréal à Atlante lors de la première épopée de l’Impact en Ligue des champions, mais surtout qui avait officié lors d’un match du Costa Rica aux États-Unis dans la neige et y avait suscité l’ire des ticos. L’autre point qui revient souvent, c’est la volonté de faire la différence dès les premières minutes.

Une donne dont Klopas est également bien conscient. « Alajuelense rentrera fort dans le match, encore plus avec l’appui de la foule. Nous devrons être concentrés pendant tout le match, mais encore plus au début. » Il a également pensé à la toute fin, et à des tirs au but éventuels. « Il faut parer à toutes les éventualités, alors nous nous sommes préparés pour la séance de tirs au but. J’espère que nous ne devrons pas nous rendre là, mais le cas échéant, les joueurs qui devront tirer sont prêts. »

Si tous les supporters que nous avons croisés se sont montrés éminemment sympathiques, à l’approche du match, et pendant celui-ci, une seule chose comptera à leurs yeux : tout faire pour pousser leurs favoris à la victoire. « Attention, demain leur comportement sera très différent, a prévenu un collègue local. Évitez de vous frotter à eux et arrivez au match trois heures à l’avance. » Les joueurs, eux, n’auront pas le choix et Evan Bush s’attend à être bombardé.

Il pourrait l’être doublement : tant par les supporters que par l’équipe d’Alajuelense, qui a prévu de mettre tout à l’attaque. Pas seulement parce qu’il faut rattraper deux buts de retard, mais aussi parce que, nous dit-on ici, l’entraîneur Oscar Ramirez veut prouver qu’il sait avoir des intentions offensives. Certes, son équipe a la deuxième meilleure attaque du championnat, mais cette donnée est faussée par le fait qu’elle a inscrit six buts à deux reprises contre des faire-valoir.

Il devrait ainsi y avoir quelques changements par rapport à l’équipe alignée à Montréal. Toujours selon nos collègues costariciens, Soto, qui ne donne pas satisfaction, sera mis à l’écart, tout comme Salvaterria, jugé trop défensif. Matarrita, habituellement dans l’entrejeu, est pressenti pour jouer derrière et monter beaucoup, tout comme l’autre arrière latéral, Gutierrez. Ils devront quand même s’acquitter avant tout de leurs tâches défensives, alors que les milieux de terrain et les avants ont reçu une mission : tout à l’attaque ! Avec un renfort de choix, Alonso, de retour de suspension.

Info ou intox ? Toujours est-il que cette attention focalisée sur l’adversaire et l’ambiance dans la deuxième ville du Costa Rica arrange bien Frank Klopas, qui lui aussi tente au mieux de cacher son jeu à l’ennemi. Les informations sont données avec parcimonie. Voilà ce que Camara répondait quand on lui demandait comment l’équipe gérerait l’équilibre entre la volonté de défendre deux buts d’avance et celle d’en marquer un pour obliger l’adversaire à en inscrire quatre : « Bonne question… Des fois, on a des envies et on prépare des choses, mais au bout du compte, il y a la réalité du match et une autre équipe qui voudra pousser elle aussi. Il va falloir être aussi rigoureux qu’eux défensivement. C’est une équipe qui développe du jeu, essaye de repartir de l’arrière et de trouver le milieu de terrain. On va tout faire pour bloquer ça et tenter de se créer des occasions avec Jack, Nacho ou celui qui jouera. »

Les joueurs montréalais sont toutefois conscients que ce qu’Alajuelense a montré au match aller n’est pas représentatif de son niveau. « Le match au Stade olympique a un petit peu biaisé les choses car on est vite entré dedans et ils étaient un peu déboussolés, ajoute le défenseur français. Il ne faut plus s’y fier mais arriver fort car ils ont les crocs et la volonté de prendre leur revanche. On doit regarder nos points forts et ne pas se concentrer sur l’adversaire pour éviter de commettre la même erreur qu’ils ont commise ce jour-là. »

Des deux côtés, les plans ont été peaufinés pour ce match ultra-important. Pas étonnant que les Montréalais aient choisi un cadre où règnent calme et concentration pour le préparer. Ce soir, la donne sera toutefois bien différente. Maintenant, place au match !

06 April 11:20 de la mañana

Dimanche 5 avril. Aucun match de prévu au stade Alejandro Morera Soto, à quelques encablures de mon hôtel. Je décide néanmoins d’y aller. D’y retourner en fait, parce que j’avais déjà visité l’endroit au matin. Montréal est censé s’entraîner vers 16h00 et n’a pas fait savoir où. Ce n’est pas bien grave puisque la séance est à huis clos. Mais sait-on jamais…

Je sors, il est presque 17h00. Au coin de la rue, le bar La Liga. Avec un gros logo du club au-dessus de la porte. Impossible de se tromper sur sa vocation et le public qui le fréquente. Les rues sont calmes en ce dimanche de Pâques. Tout ou presque est fermé. Difficile de se restaurer. Les gens sont chez eux. Quelqu’un semble avoir mis la musique à fond, des basses résonnent lourdement.

Je m’approche du stade, la musique s’est calmée. Pourtant, elle venait bien de là. Je tourne le coin, et je tombe sur une marée de gens en maillot rouge et noir. Mais que se passe-t-il ? Les supporters sont amassés devant les guichets, pourtant bel et bien fermés. D’ailleurs, tous les billets pour le duel de mardi sont vendus depuis longtemps. Il n’y a pas non plus de match aujourd'hui, l'équipe a lamentablement perdu la veille en alignant ses réservistes. Je me renseigne, avec mon espagnol plus que rudimentaire. La réponse qui revient le plus souvent : c’est une réunion de motivation pour les supporters !

Le stade d'Alajuelense, ses tribunes à pic, avec, au loin, des volcans qui reflètent bien l'ambiance qui y règne les jours de match... mais parfois aussi à d'autres moments.

Oui, vous avez bien lu. Deux jours avant le match, sans raison apparente, les supporters les plus fervents vont devant le stade et chantent comme s’ils étaient dans la tribune ! L’un ou l’autre me dit aussi que la rumeur courait que Montréal viendrait s’entraîner ce soir. Difficile de savoir d’où elle sort, puisque même les principaux intéressés n’ont connu leur lieu d’entraînement qu’à la dernière minute, et qu’il était bien loin de là. Mais, au cas où, il y aurait eu un comité d’accueil pour faire forte impression. De toute façon, ce n’était qu’une rumeur, peu de monde m’en a parlé, et une chose est sûre : tous les supporters présents auraient été là, entraînement de Montréal ou non.

À peine le temps d’en savoir plus, et l’ambiance est relancée. La fanfare s'en donne à cœur-joie. Ça chante, ça saute, ça danse dans tous les sens. À quel point le match de mardi est-il important pour les supporters d’Alajuelense ? Très important ? Méga important ? D’une importance plus que gigantissime ? Non, encore plus important que ça ! Les paroles de la moitié des chants, sûrement habituels au stade, avaient été modifiées pour y introduire les mots mardi et gagner. Ça en dit long.

Il y de l'entrain dans les cœurs. Tout le monde y croit. Soudain, silence. Ou plutôt, les chants se font plus calmes pour céder la place à des sirènes de motos de police. Une partie des supporters se précipite. On croit qu’elles escortent l’ennemi montréalais. Les sifflets se font entendre. Mais les éclaireurs reviennent déçus : ce sont juste des policiers qui sont là au cas où il y aurait des débordements. Ils se postent un coin de rue plus loin, observent et se font discrets. Ils ne sont pas très nombreux, une dizaine tout au plus, et n’auront jamais à intervenir.

Indoor soccer. Oui, vous avez bien lu. Et, oui, on est toujours dans le stade d'Alajuelense, qui a aussi une vocation sociale.

Ça donne l’occasion de faire une pause. Il fait chaud, et il faut boire beaucoup. Le sympathique hôte de mon hôtel me l’a aussi vivement conseillé. Quant à la propriétaire des lieux, elle m’a appris que, comble du hasard, dans la chambre à côté de la mienne loge… un joueur d’Alajuelense. Un Brésilien arrivé au début de l’année avec un contrat d’une demi-saison. Tant qu’il n’en sait pas plus sur son avenir, il reste installé ici. Il déménagera s’il signe pour plus longtemps.

Fin de la pause. Les chants peuvent reprendre. Personne n’est parti, évidemment. Le trompettiste est particulièrement en forme. Il donne le rythme, tout le monde connaît bien entendu les paroles et sait quand il faut taper des mains, chanter ou sauter. Cette ambiance me prend aux tripes. Je n’ai jamais autant regretté de ne ni parler ni comprendre l’espagnol.

Les supporters sont environ 500 à vue de nez. De tous âges. Les jeunes dans la vingtaine et début trentaine sont majoritaires. Certains sont âgés de quelques mois ou de quelques années à peine. Je regarde l’un d’entre eux passé des épaules de son père à celles de sa mère en me disant qu’il a de la chance d’être là. Pas de vivre cet instant précis, dont il ne se souviendra probablement pas, mais de se faire passer le virus de ce sport que nous aimons tant. Dans 15 ans, c’est peut-être lui qui lancera les chants. Non loin de lui, une jeune fille en fauteuil roulant.

L'entrée des loges, rare lieu de luxe d'un stade où règne une grande ferveur populaire.

D’autres sont beaucoup plus anciens. Soudain, devant moi, une femme d’un âge plus qu’avancé mais en toute grande forme, me voyant certainement plus calme que la moyenne et même pas aux couleurs d’Alajuelense, vient me taper dans les mains et m’invite à danser avec elle ! Elle m’expliquera qu’elle supporte le club depuis 50 ans, et me montrera fièrement sa place d’abonnée dans la tribune populaire ouest. Comment lui refuser ça ? Ainsi, si vous me voyez danser avec des supporters sur une vidéo sortie de nulle part, vous savez comment ça a commencé. Quoi, Rachel Bonnetta n’est pas la seule à y avoir droit !

Les supporters m’interpellent. Me demandent d’où je viens. Cheveux clairs, peau à moitié blêmie par l’interminable hiver montréalais et à moitié couleur rouge-écrevisse suite à un coup de soleil, ce n’est pas courant dans le coin ! Comment vais-je être accueilli ? Je la joue en deux temps. Je commence par dire que j’ai grandi en Belgique. Directement, on me parle avec fierté d’Oscar Duarte, joueur de Bruges venu d’Alajuelense (et auteur d’un but à la dernière Coupe du monde).

Rapidement, j’enchaîne quand même en expliquant que désormais, je vis au Canada et suis journaliste. Les réactions ne sont pas hostiles, même si j’ai bien entendu droit à quelques regards réprobateurs (mais pas méchants) et pouces vers le bas. Ça n’empêche pas les conversations de continuer. Tout le monde autour de moi est évidemment persuadé de l’issue favorable à leurs favoris mardi.

Et puis, la discussion avançant, je leur explique qu’ils m’ont conquis. Que je découvre le foot sur place au Costa Rica et qu’entre tous les clubs du pays, avec ce que je vis aujourd’hui, “mi corazon esta Alajuelense”. Joie comme si leur équipe avait marqué en but. Enfin, non, quand ils marquent, ça doit être bien plus fou que ça. Leur fierté fait chaud au cœur. Et l’allégresse se poursuit quand je tente de dire que c’est tout naturel pour un gars qui grandi à Bruxelles avec le cœur rouge et noir, et anti-mauve (couleur de Saprissa, ennemi juré d’Alajuelense).

Les supporters d'Alajuelense sont à la fois lions, sympathiques et accueillants. Cette image souhaitant la bienvenue et décorant l'entrée du vestiaire de leur équipe les représente bien.

Il n’y a toutefois pas de haine malsaine envers le rival. D’ailleurs, un supporter clairement affiché mauve est passé en voiture dans la rue. Un seul être vêtu de rouge et noir a réagi plus durement : un chien, car il y en avait un autre à l’arrière du véhicule. En voilà un qui veut protéger son territoire. En matière de respect, l’inverse est tout aussi vrai. Dans l’après-midi, j’ai fait le trajet entre Belen et Alajuela en voiture avec Kevin, un supporter de Saprissa qui m’a gentiment offert de m’accompagner en m’expliquant que c’est ça la « pura vida, et 100% tico ». Il avait évidemment vu le match au Stade olympique de Montréal, et en avait long à dire.

Comme les journalistes costariciens présents ce jour-là, il pense qu’Alajuelense n’a rien montré et était méconnaissable. Il s’emporte par contre quand je lui demande de parler de l’arbitre : pour lui, faire des reproches au directeur de jeu est une excuse facile. Son souhait, comme celui de tout le pays me dit-il, est de voir les deux clubs du Costa Rica – Alajuelense et Heredia, deux ennemis de Saprissa – atteindre la finale de la Ligue des champions. Pour mardi, il pronostique une victoire 3-0 des rouge et noir, ou alors un succès après prolongation. « Ce sera très dur pour Montréal, croit-il. Leur seule chance de passer est d’inscrire un but en première mi-temps. S’ils n’ont pas marqué à la pause, ils ne le feront pas après. Et alors, Alajuelense émergera. »

Fin de cette digression, retour au stade. Les supporters veulent poser en photo à mes côtés. D’accord. On me met un drapeau du club local sur le dos. C’est gentil… mais je vais quand même mettre une limite au dépassement de ma neutralité journalistique de la soirée. Ils sont déçus mais ne le prennent pas mal. Puis soudain, on me dit, de manière sympathique : « arrête de discuter, on est là pour chanter, taper des mains et danser ». C’est vrai, c’est une réunion de motivation, il ne faut pas l’oublier !

Dimanche matin. Deux jours avant le match, une cinquantaine de supporters se réunit afin de finaliser les plans pour l'ambiance qui devra régner mardi. Ils ont aussi préparé un tifo, dont je n'ai presque rien vu... ce qui était déjà beaucoup trop à leurs yeux.

Le soir tombe, les gens se dispersent. Certains sont là depuis bien plus tôt ce matin. D’ailleurs, à cette heure-là… j’y étais aussi. Encore une fois, un peu par hasard. Enfin non, je voulais évidemment voir le stade. Mais je ne savais pas qu’il serait ouvert, et encore moins qu’une frange de supporters serait à l’intérieur.

Il n’est pas grand, mais il est impressionnant. Le garde de sécurité m’autorise bien gentiment à entrer et à prendre des photos. Merci, un grand merci ! Les quatre tribunes sont très à pic. Il y a quelques sièges en haut des latérales, des loges aussi, mais pour la plupart des places, on a simplement droit à des blocs de béton hauts de deux marches. On peut y être aussi bien assis que debout. Sur les buts, s’il y a des poussées, il faut avoir un bon équilibre !

Tout est rouge et noir, à l’exception des escaliers en jaune et de quelques inscriptions en blanc. De toute façon, mardi, on n’en verra rien, toutes les places seront occupées. Et tout sera également rouge et noir… L’endroit est modeste dans la mesure où il n’y a pas grand luxe. De toute façon, on n’est pas dans un hôtel pour milliardaires mais dans un stade de foot populaire. Et je peux vous l’affirmer, ça sent le foot à plein nez. Oui, cette odeur indescriptible que je ne peux malheureusement pas vous transmettre…

Non, ce n'est pas l'entrée du stade mais bel et bien une porte cachée par un but lui-même derrière une tribune. N'essayez pas de l'ouvrir, il y a juste un mur derrière.

Et pourtant, il y a ce terrain artificiel qui fait vraiment tache. Comme si Jacques Villeret avait joué le héros d’un film de kung fu. Donc, cette odeur, ce n’est pas celle du gazon fraîchement taillé. Ni celle de la ville, fortement influencée par la chaleur permanente et sûrement un autre truc mystérieux à mon nez. Non, celle du stade me rappelle des souvenirs qui commencent à être enfouis loin dans ma mémoire. Ceux de lieux qui, comme celui-ci, respirent bon le terroir sportif, sont chargés d’histoire, mais aussi simples et efficaces, sans artifices, avec toute l’attention focalisée sur le terrain, et où l’on sait que si on est un supporter local, on va passer de grands moments, en garder dans la tête et dans le cœur pour toute la vie. Une deuxième maison remplie d’amis pour tant de supporters, nombreux à déambuler dans les rues en arborant fièrement le maillot du club.

Je fais le tour de l’enceinte, une fois à l’intérieur, l’autre derrière les tribunes. Toutes les grilles de séparation sont ouvertes. Tant mieux ! Par endroits, des grillages pour empêcher les envahissements de terrain. Ils gâchent la vue mais me rappellent ma jeunesse molenbeekoise, quand après un but c’était la course à qui y serait en premier pour faire tourner son écharpe. Bon, je m’égare. Un peu plus loin, des machines à laver tournent à plein régime. Avec les maillots de joueurs ? Je ne vais pas déranger la brave dame qui s’occupe de la lessive.

Après un passage devant les vestiaires (avec un bruit de fuite d’eau près de celui des visiteurs, à moins qu’il ne vienne de celui des jeunes, adjacent), trois petits terrains couverts derrière une tribune avec la mention « indoor soccer ». Quoi, il y a du monde qui ne veut pas jouer dehors par ce beau temps ?

« Ici se trouve le cœur d'Alejandro Morera Soto, le magicien du ballon. » La plaque du milieu a été ajoutée pour le centième anniversaire de la naissance de celui qui a donné son nom au stade.

À l’entrée, l’histoire n’est pas oubliée. Un mur regroupe les plaques commémoratives, notamment pour les membres du club qui étaient à la Coupe du monde 1990. Il y a également une stèle en l’honneur d’Alejandro Morera Soto, qui a donné son nom au stade. Attaquant mythique de l’histoire d’Alajuelense entre 1925 et 1947, il a aussi joué en Espagne, notamment au FC Barcelone, ainsi qu’au Havre, en France, avant de se lancer dans la politique et de devenir député puis gouverneur de la province d’Alajuela.

La prochaine page d’histoire que le club veut écrire doit avoir lieu ce mardi. Et les supporters ne prennent pas ce match à la rigolade. En matinée, ils étaient une petite cinquantaine en réunion dans une tribune pour préparer l’ambiance. Au moment de ma sortie, certains d’entre sont allés à l’autre bout du stade et je les ai pris sur le fait à transporter de grands cartons qui doivent servir à un tifo. J’aurais aimé discuter avec eux mais on m’a fait comprendre poliment mais fermement qu’il n’etait pas question de prendre de photo et que je n’avais rien à faire là.

Cela donne le ton pour mardi, même si en soirée l’accueil a été bien plus chaleureux. Il ne fait aucun doute que Montréal est attendu de pied ferme et qu’on aura droit à une ambiance des grands soirs. Les supporters locaux vont chanter à tue-tête bien avant le coup d’envoi, et 90 minutes durant. À Ciman, Toia, Reo-Coker, Piatti et consorts de les faire déchanter au moment du coup de sifflet final.

03 April 12:38 de la tarde

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