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Montreal Impact

31 August 2:24 de la tarde

Aux petites heures dans la nuit de samedi à dimanche, Frank Klopas a été congédié à Montréal, et remplacé par Mauro Biello. Hier et aujourd’hui, le nouvel entraîneur du club, mais également Adam Braz, le directeur technique, et Richard Legendre, vice-président en charge des opérations soccer, se sont exprimés à propos de cette décision, des objectifs futurs, mais également de la philosophie et de l’organisation du club. Voici un compte-rendu de l’essentiel de ce qui a été dit au cours des derniers jours.

Pourquoi Frank Klopas a-t-il été congédié ?

Legendre : Le sport professionnel est une affaire de résultats et les résultats des 11 derniers matches, 11 points, ne sont pas satisfaisants. Une seule victoire en 7 matches dans un mois d’août que nous avions identifié comme crucial, avec 4 matches à la maison mais aucune victoire. Ces résultats ont fait qu’on a pris la décision de remplacer l’entraîneur Frank Klopas par Mauro Biello.

Les résultats de la semaine dernière ont-ils été un couperet ?

Braz : Nous analysons les résultats de l’équipe et les tendances de manière continue durant la saison. Cette semaine était importante pour nous, avec le match retour de la Coupe du Canada, que nous voulions gagner pour retourner en Ligue des champions, et le match à Toronto, toujours important, et d’autant plus cette fois en raison du classement. Nous savions que si les choses allaient mal après cette semaine, nous devrions analyser la situation. En plus, nous nous retrouvons en-dessous de la ligne rouge, et il fallait inverser l’élan de l’équipe.

Les joueurs ont-ils été consultés, tant pour le congédiement de Klopas que pour le choix de son remplaçant ?

Braz : Non. C’est une décision qui doit être prise par le club. C’est à lui d’analyser la situation par rapport aux résultats et à la manière de les améliorer. Aux joueurs de travailler dur et de montrer sur le terrain que l’équipe est bonne, que le groupe est uni et a du caractère.

Pourquoi Mauro Biello plutôt qu’Enzo Concina, l’autre entraîneur adjoint ?

Braz : Mauro était le premier adjoint, et comme on le voit partout, si l’entraîneur est relevé de ses fonctions, c’est le premier adjoint qui prend le relais par intérim s’il reste au club. Enzo est là pour aider Mauro, avec toute son expérience et ses connaissances. C’est donc une décision naturelle.

Quels sont les objectifs de Mauro Biello ?

Legendre : On a besoin d’un dernier tiers de saison avec de meilleurs résultats, ça va de soi. Ce sera un défi avec onze matches en huit semaines. Ce n’est pas parce qu’on a des matches de retard qu’il y aura automatiquement des résultats positifs. On a besoin d’un nouvel élan et nous pensons qu’un nouveau leadership nous l’apportera. Nous avons confiance en Mauro Biello, et nous la lui attribuons pour le reste de la saison.

Biello : On a un groupe très talentueux, des joueurs de haut niveau. Mon travail est maintenant de faire ressortir ce talent. Ce ne sera pas facile en 11 matches, mais je suis très confiant qu’avec ce groupe, on peut réussir.

En quoi Biello va-t-il se démarquer de son prédécesseur ?

Biello : Je suis différent, j’ai un caractère différent. Peut-être que des choses vont changer, mais il faut prioriser ce qui est le plus important. D’abord, changer la mentalité, transmettre la passion et la fierté de jouer ici. On a tout ici pour réussir. On a un stade exceptionnel, un peuple exceptionnel, une ville et une province folles de ce sport, un superbe centre d’entraînement. Je me charge de transmettre tout ça dans mes messages, pour que tout le monde partage cette identité, la valeur de fierté que représente de porter notre maillot. Ça fait partie de mes différences par rapport aux autres entraîneurs. C’est en moi, je suis là depuis 20 ans, et si je l’ai, je dois le transmettre aux joueurs.

Legendre : Mauro, c’est une bonne combinaison de renouveau et de continuité. On a toujours eu le sentiment d’être sur le point de consolider notre position. Mais ce n’est pas ce qui est arrivé. Ce n’est pas une décision de fin de saison, mais une décision pour que le dernier tiers soit à la hauteur de ce qu’on pense qu’il doit être.

Quels changements Biello compte-t-il apporter dans le jeu ?

Biello : J’aimerais avoir beaucoup plus de phases de jeu répétées aux entraînements qui se reproduisent en match. Je vais essayer de bâtir mes entraînements de cette façon et de stimuler le groupe à cette fin. Je veux une équipe qui est capable de construire, de réagir, de s’adapter aux divers moments du match. Un match est divisé en moments différents lors desquels il faut être prêt, et appliquer nos principes dans notre organisation offensive, dans notre organisation défensive, dans les reconversions. Des principes travaillés chaque jour pour créer notre identité. On a déjà vu certaines bonnes choses, notamment en Ligue des champions mais aussi dernièrement. Ça représente beaucoup de travail, qu’il faut poursuivre pour implémenter certains principes.

Comment Biello compte-t-il gérer son passage d’adjoint à entraîneur principal ?

Biello : Mes tâches vont être différentes, ma communication va être différente. C’est normal. Je ne suis plus l’adjoint qui doit appuyer l’entraîneur, je dois prendre les décisions. Je vais parler avec les joueurs, leur dire ce que j’attends d’eux, leur dire quels sont leurs rôles et leurs responsabilités.

Que pense le nouvel entraîneur de la situation du capitaine, Patrice Bernier ?

Biello : Quand tu fais des choix, c’est normal que certains joueurs ne soient pas contents. Ça fait partie du sport. J’ai parlé avec Patrice hier, je sais ce qu’il peut apporter à l’équipe. Pour le moment, il est blessé. Je lui ai dit de se rétablir, et je suis sûr que quand il le sera, il pourra aider l’équipe. On a parlé du groupe, de ce qu’il pouvait faire pour aider en tant que capitaine, mais il n’est pas candidat au poste d’entraîneur adjoint. (Note : le club cherche un adjoint à Biello, des candidats ayant un vécu à l’Impact ont été approchés)

C’est le quatrième entraîneur du club en quatre ans. Comment avoir plus de stabilité à ce poste ?

Legendre : Il faut plus de constance dans les résultats. Quand on regarde les derniers mois, il y a eu des hauts et des bas… mais dernièrement, on a eu des bas. Les résultats, pour nous, c’est fondamental. Quand on parle de philosophie du club… On ne change pas d’entraîneur par plaisir de changer, mais parce qu’on n’a pas de résultats. C’est l’œuf ou la poule… On voit que les équipes qui ont de bons résultats en MLS de manière constante gardent le même entraîneur, mais qu’est-ce qui est venu en premier : l’entraîneur ou les résultats ? Il faut qu’on trouve de la constance !

Si le club se sépare d’autant d’entraîneurs, faut-il en imputer une part de responsabilité à ceux qui les ont choisis ?

Legendre : On a une approche collective et au fil des années, on a réussi à bâtir une équipe – tant chez les joueurs et les entraîneurs – où il y a eu un certain progrès. Il n’y a qu’à comparer cette année à l’année dernière. Est-ce suffisant ? On pense que non. On s’auto-évalue tout le temps, on pense avoir en mains une équipe qui peut avoir de meilleurs résultats qu’actuellement.

Quelle est la philosophie du club, et comment est-elle définie ?

Braz : La philosophie du club vient du comité exécutif-technique… mais Richard saura mieux vous expliquer comment ça fonctionne.

Legendre : Tout le côté technique et sportif va du président aux deux vice-présidents impliqués dans les décisions de soccer (Nick De Santis et moi-même), en passant par le secteur technique et tout le staff technique. Dès qu’il y a des décisions à prendre, ça se fait en groupe, et ces personnes-là ont toutes une influence sur la décision.

Braz (après avoir été relancé sur la question) : On joue un système en 4-2-3-1 avec un attaquant qui peut marquer… Je ne vais pas non plus détailler chaque position, ça prendrait trop de temps. On peut dire qu’on a beaucoup d’occasions en jouant en contre-attaque, avec succès, mais on a aussi montré qu’on a certains joueurs offensifs qui peuvent déstabiliser un adversaire plus bas sur le terrain, même si on n’y est malheureusement pas parvenu dernièrement. C’est notre système de base, avec des attaquants offensifs, créatifs et dangereux.

Mauro Biello pourrait-il jouer autrement qu’en 4-2-3-1 ?

Braz : Si Mauro veut changer de tactique… c’est à lui de voir. Mais par rapport à la philosophie, ce sera toujours discuté avec l’entraîneur en chef et les dirigeants qui en sont responsables. S’il pense qu’il faut changer le système pour atteindre nos objectifs cette saison, il va changer. S’il reste entraîneur après ça et veut changer la philosophie, c’est quelque chose dont on devra parler.

Biello : Pour moi, un système de jeu, c’est une animation, pas simplement de parler de 4-2-3-1. Ce qui est le plus important pour moi, c’est de jouer vers l’avant, de déséquilibrer l’adversaire, d’avoir des dédoublements des flancs. Ce sera basé sur les caractéristiques de nos joueurs. On a un excellent milieu offensif en la personne de Piatti, d’excellents ailiers, et en plus Drogba qui va amener des éléments qu’on n’avait pas. Je ne veux donc par exemple pas dire non au 4-4-2. Il faut comprendre qu’en face, il y a un adversaire, et à chaque changement de disposition, il faut équilibrer les risques.

Quel est le rôle exact de Nick De Santis au club ?

Legendre : Nick est impliqué dans l’équipe depuis X années, comme vice-président du développement international, mais aussi vice-président du développement technique. Si vous vous demandez si Nick a un rôle important à jouer dans l’organisation, la réponse est oui, et selon moi, c’est tant mieux (…) Il y a eu de nombreux changements depuis l’an dernier, et à nos yeux, qui fait quoi, c’est clair. Est-ce que Nick a encore un rôle à jouer dans le secteur technique ? La réponse est oui. Les choses ont changé depuis un an.

Pense-t-on déjà à 2016 ?

Braz : Après la fin de la saison, nous allons analyser la situation et prendre une décision plus permanente. Mais maintenant, nous nous concentrons sur les 11 derniers matches pour atteindre notre objectif. L’évaluation du travail de Mauro n’est pas liée au futur. La seule chose qui compte pour le moment, c’est cette saison. Après, le club va analyser et voir la décision à prendre pour l’entraîneur dans le futur. Mauro sait que son focus ne doit être que sur le reste de la saison.

Biello : La réalité de ce métier, c’est que je serai jugé sur mes résultats. J’en ai parlé avec la direction, et je suis d’accord avec ça. Mais c’est ma chance, et je vais la prendre. Je vais tout donner, et on verra ce qui arrivera à la fin de la saison.

27 August 4:32 de la tarde

En établissant son calendrier, la MLS programme des « Semaines des rivalités », lors desquels des clubs qui ne s’aiment pas s’affrontent. Cette saison, il y en a deux, et la deuxième se jouera au cours des prochains jours. Au programme : San José - LA Galaxy, Toronto - Montréal, Seattle - Portland et DC United - New York. Certes, la proximité géographique est une des raisons de ces rivalités. Mais certains matches en particulier ont surtout réussi à les faire monter en épingle. Voici quelques-uns de ces moments chauds qui, selon le camp dans lequel vous êtes, vous rappelleront des souvenirs soit excellents, soit exécrables.

DC United - New York, 3 octobre 1996. J’aurais pu vous parler de la fois où Alecko Eskandarian a fêté un but en buvant un Red Bull avant de le recracher sur le sol du Giants Stadium. Ou du double duel entre les deux équipes lors de la phase finale 2012, marqués tour à tour par un ouragan et une tempête de neige, mais le retour était à New York où est tombé le verdict, et je veux respecter le lieu de l’affrontement. Le plus marquant au RFK Stadium a eu lieu lors de la première saison de MLS, en 1996, lors d’un quart de finale décisif. Ils avaient lieu à l’époque sous forme de séries, au meilleur des 3 matchs, et chaque équipe en avait gagné un. À quatre minutes de la fin du temps réglementaire, alors que certains supporter locaux commençaient à jubiler car leur équipe menait 1-0, Antony De Avila a égalisé pour ce qui s’appelait à l’époque les MetroStars. Mais avant même la fin du temps réglementaire, John Harkes lançait Marco Echeverry qui s’est fait faucher dans le rectangle par Rob Johnson. Sur le penalty, Raul Diaz Arce prenait Tony Meola à contre-pied, offrant la qualification à DC United qui allait devenir quelques semaines plus tard le premier club à soulever la Coupe MLS.

San José - LA Galaxy, 9 novembre 2003. Au début des années 2000, ces deux équipes californiennes jouent les premiers rôles en MLS. Tenant du titre, San José avait remporté la Coupe MLS 2002, un an après s’être incliné en finale contre ce qui s’appelait encore le Los Angeles Galaxy (oui, une telle finale était possible à l’époque). Mais en 2003, les deux équipes s’affrontent en quart de finale. À l’aller, les Californiens du Sud s’étaient imposés 2-0, avant de prendre deux buts d’avance après 13 minutes à San José, qui avait donc 4 buts de retard. Mais, fidèle à son image, il n’a jamais abandonné. Jeff Agoos, d’un superbe coup franc direct, a rapidement sonné la charge. Landon Dononvan a ponctué une belle contre-attaque pour marquer le deuxième but des siens, avant que Jamil Walker ne relance l’espoir en début de deuxième mi-temps. Dans les tout derniers instants du temps réglementaire, Chris Roner a fait 4-2 de la tête, forçant les prolongations puisque à l’époque, on ne tenait pas compte des buts à l’extérieur. En revanche, la règle du but en or était alors en vigueur, et Rodrigo Faria a fait exploser tout le stade à la 96e minute, concluant ce qu’à San José, on considère comme la remontée la plus extraordinaire de l’histoire de la MLS. Pour en remettre une couche, San José a remporté la finale en battant Chicago… dans le stade de Los Angeles !

Toronto - Montréal, 22 juillet 2008. À l’époque, il y a un championnat du Canada (un vrai je veux dire, sous forme de championnat, pas de coupe) pour désigner le représentant du pays en Ligue des champions. On en est à la première édition, et le dernier match oppose le Toronto FC, club de MLS né la saison précédente, à l’Impact de Montréal, alors en D2 après 15 ans d’histoire. Il suffit d’un point à Montréal pour être champion, mais il est tout sauf favori de ce déplacement. La tension est palpable, et après un quart d’heure à peine, Rohan Ricketts fait 1-0. Mais on n’est pas encore à la demi-heure que Roberto Brown reprend victorieusement un corner de Joey Gjertsen. Toronto poussera tant et plus pendant une heure, mais se heurtera à une défense intraitable, emmenée par Stefano Pesoli et Nevio Pizzolitto qui, dans les tout derniers instants, effectuera une talonnade salvatrice à même la ligne devant Jeff Cunningham. Après une résistance extraordinaire, Montréal repartira avec un partage 1-1 acquis de haute lutte, et le point nécessaire au titre. Il se hissera ensuite en quart de finale de la Ligue des champions.

Seattle - Portland, 16 juin 2015. Certes, il y a déjà eu des duels bouillants entre ces équipes devant des dizaines de milliers de supporters. Mais celui-ci, en seizièmes de finale de l’actuelle édition de la Coupe des États-Unis, a dépassé l’entendement dans l’anonymat du Starfire Stadium, devant à peine 4000 spectateurs. Après les 90 minutes réglementaires, les deux équipes étaient à égalité un but partout, mais Seattle jouait déjà à neuf, suite aux deux cartons jaunes reçus par Brad Evans mais aussi à la sortie d’Obafemi Martins sur blessure alors que l’équipe avait déjà effectué ses trois changements. Après le but de Rodney Wallace qui a donné l’avance 1-2 aux visiteurs à la 100e minute, le match a tourné au vinaigre. Michael Azira a d’abord reçu une carte rouge directe pour un coup de coude sur Gaston Fernandez, au grand déplaisir de Clint Dempsey, averti pour protestation. Dans un geste de mécontentement, l’international américain a envoyé à terre le carnet de l’arbitre, avant de le ramasser… et de le déchirer, ce qui lui a valu un retour prématuré au vestiaire. Seattle terminait à 7, et perdait finalement 1-3.

25 August 11:21 de la mañana

Deux sujets principaux sont au centre de l’émission de la semaine (également disponible ici) : les dernières semaines de la saison régulière et le tourbillon autour des débuts de Didier Drogba à Montréal. En détails :

LES DERNIÈRES SEMAINES DE LA SAISON RÉGULIÈRE

  • Combien des 12 équipes actuellement du bon côté de la ligne rouge le seront encore dans 2 mois ?
  • Qui a le calendrier le plus facile / le plus difficile ?
  • Qui court le plus de risques de s’effondrer ?
  • Qui pourrait effectuer une remontée spectaculaire ?
  • Qui peut déjà se préparer pour 2016 ?
  • Matchs de retard et adversaires abordables : Montréal peut-il être serein ?
  • Qui entre New York City, Orlando et Philadelphie a les meilleures chances de succès ?
  • Portland peut-il dormir sur ses deux oreilles ?
  • Dallas, qui n’avance plus, va-t-il finir sur une panne sèche ?
  • Seattle : un parcours semé d’embûches qui finira bien ?
  • San José profitera-t-il de l’avantage du terrain (plus que deux déplacements) pour émerger ?

LES DÉBUTS DE DROGBA À MONTRÉAL

  • Comment qualifier ces débuts ?
  • À quel point ont-ils constitué une distraction ?
  • La promesse de le faire jouer : choix marketing ou choix sportif ?
  • Son silence médiatique, une tempête dans un verre d’eau ?
  • Que retenir du match contre Philadelphie ?
  • Direction le Québec pour l’ex-président de Salt Lake Bill Manning ?

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21 August 1:19 de la tarde

Didier Drogba disputera plus que probablement ses premières minutes en MLS ce samedi contre Philadelphie. Si la seule promesse effectuée par le staff technique montréalais est sa présence dans le noyau de 18 joueurs pour le match, tout indique qu’il foulera le terrain, reste à savoir combien de temps. Au passage, si vous voulez chanter en son honneur, oubliez l’ersatz sans rythme entonné à l’aéroport, et reprenez l’original de « Didier Drogba shalalalala » (où il y a une mélodie, et deux phrases différentes, la premières avec un shalala à 5 syllabes, la seconde à 6 ou 7 syllabes - la dernière étant souvent mâchée), doit voici quelques exemples : à Marseille, des supporters de Chelsea au stade et hors du stade.

Donc, disions-nous, le grand Didier va découvrir la MLS, à 37 ans bien tassés. Il ne sera pas la première grande vedette internationale à jouer dans notre compétition. D’autres avant lui s’y sont essayés et s’y essayent encore, souvent avec pas mal de réussite. Comment s’est passé leur premier match ? Souvenirs, plus ou moins lointains…

David Beckham : Celui qui avait temporairement et officieusement donné son nom à la règle du joueur désigné est arrivé au LA Galaxy à 32 ans en droite ligne du Real Madrid, où il avait passé quatre saisons après plus de dix ans à Manchester United. Blessé à la cheville puis au genou, il a d’abord participé à des duels amicaux, mais ses débuts en match officiel ont eu lieu le 9 août 2007 à DC United, où il est entré pour les 20 dernières minutes lors d’une défaite 2-0 de ses couleurs. Sa première demi-saison n’a pas laissé de souvenirs impérissables, puisque ses pépins physiques l’ont limité à cinq rencontres de championnat. Ça ne l’empêchera pas de rester cinq ans de plus en Californie et d’aider le club à retrouver les sommets.

Thierry Henry : Après huit saisons à Arsenal et trois à Barcelone, l’attaquant français est arrivé à New York quelques semaines avant de fêter ses 33 ans. Il a d’abord disputé deux duels amicaux contre des clubs étrangers, mais attendait surtout de se produire « quand ça comptait ». Et il n’a pas raté ses débuts ! Pour son premier match, le 31 juillet 2010 à Houston, il a joué 90 minutes et été à la base des deux buts de son équipe, qui a partagé l’enjeu 2-2 au Texas, faisant la sale besogne pour les offrir sur un plateau à Juan Pablo Angel. Ce jour-là, son bilan n’a pas été parfait, puisqu’il a aussi raté d’énormes occasions. Il a joué son premier match officiel à domicile le 11 août contre Toronto, avec une autre passe décisive à la clef, et a inscrit son premier but en MLS le 28 août, devant ses supporters face à San José.

Robbie Keane : Ancienne gloire de Tottenham, qui venait de le prêter à West Ham, Keane sentait qu’il devait relancer sa carrière en prenant la direction de Los Angeles (pour y remplacer un certain… Juan Pablo Angel). Il savait aussi qu’à 31 ans à peine, il avait encore beaucoup de buts sous les crampons et de belles années devant lui. Il n’a pas tardé à le démontrer. Titulaire à sa première apparition, le 20 août 2011 contre San José, soit quelques jours seulement après son arrivée en Californie, il trouvait le fond des filets après 21 minutes, concrétisant un caviar offert par David Beckham. Après 72 minutes, il était remplacé par Mike Magee, qui allait fixer les chiffres à 2-0. Cinq jours plus tard, Keane découvrait la Ligue des champions de notre coin du monde en étant titularisé contre Alajuelense.

Alessandro Nesta : Neuf saisons à la Lazio, dix à l’AC Milan (où il avait moins joué la dernière année), puis direction Montréal pour un des défenseurs centraux les plus élégants de son époque, qui voulait relever un nouveau défi à 36 ans. Son premier match a été à l’image de son passage au Québec : très discret, sans être mauvais. Il fait dire que ce 28 juillet 2012, les bleu-blanc-noir maîtrisaient leur sujet contre New York, s’imposant 3-1 grâce au premier but tant attendu de Marco Di Vaio, sur qui se sont braqués tous les projecteurs. Associé à Nelson Rivas dans l’axe de la défense, Nesta a largement contribué à mettre à l’aise une arrière-garde qui avait gagné en assurance grâce à lui, et a complètement éteint l’attaque adverse emmenée par Thierry Henry.

Obafemi Martins : Vedette de l’Inter Milan alors qu’il avait 20 ans à peine, avant de planter des buts pour Newcastle par la suite, l’attaquant nigérian restait sur trois saisons et demie en dents de scie avant de signer à Seattle alors qu’il n’avait pas encore soufflé ses 30 bougies. Contrairement aux joueurs évoqués plus haut dans ce texte, il est arrivé en début de saison, quelques jours cependant après la reprise du championnat. Son premier match en MLS, le 16 mars 2013, ne lui laisse pas de souvenirs impérissables puisqu’il est monté au jeu à 20 minutes de la fin et que Seattle a été tenu en échec 1-1 chez lui par son rival Portland. Oba a inscrit son premier but le 20 avril, seul but d’une victoire à Colorado. Blessé dans un premier temps, il a dû attendre le mois de mai pour commencer à jouer et à marquer régulièrement.

David Villa : Buteur d’une efficacité redoutable tant avec Valence qu’avec le Barça et en équipe nationale espagnole, Villa a été champion d’Espagne avec l’Atletico Madrid avant d’effectuer un détour par Melbourne en attendant de rejoindre New York City pour les débuts du club. Âgé de 33 ans, il était fin prêt à porter son nouveau maillot le jour-même du premier match de ses nouvelles couleurs, le 8 mars 2015 à Orlando. Ayant un rôle dans le but d’ouverture de Mix Diskerud, il n’a pas été des plus flamboyants, et a craint le pire lors d’un tackle dur d’Aurélien Collin, qui a valu l’exclusion du Français. Le duel s’est soldé par un partage 1-1. Une semaine plus tard, New York City effectuait ses débuts à domicile, une victoire 2-0 contre New England lors de laquelle Villa a ouvert la marque.

Kaka : Après six brillantes saisons à l’AC Milan, quatre belles années au Real Madrid, et un ultime crochet d’un an en Lombardie, Kaka a passé quelques mois à Sao Paulo avant de rejoindre Orlando qui effectuait ses débuts en MLS cette saison. Comme Villa, il était prêt pour le premier match de son club. Même lieu, même jour (et forcément même score), 1-1 contre New York City. Lui aussi titulaire aligné d’un bout à l’autre de la rencontre, il a mis 20 minutes à rentrer dans son match, dont il a finalement été le héros local. Il a en effet égalisé dans les tout derniers instants, d’un coup franc, certes dévié, mais qui a fait bondir de joie le public floridien, qui avait massivement répondu à l’appel de ce premier rendez-vous.

14 August 11:59 de la mañana

Les quelques articles « 20 clubs, 20 sujets chauds » publiés sur Coup Franc ont rencontré un franc succès, et vous avez été nombreux à en redemander. Votre vœu est exaucé, puisque désormais, je vous propose un tel tour d’horizon régulièrement. Voilà donc les principaux sujets qui alimentent les conversations du moment autour des 20 clubs de MLS.

12 August 2:26 de la tarde

Lorsque Montréal s’est déplacé au Mexique et au Costa Rica plus tôt cette saison en Ligue des champions, les journalistes locaux se sont demandés, avec un air entre stupéfaction et moquerie, « mais pourquoi le représentant du Canada n’a-t-il presque pas de joueurs canadiens ? »

La finale aller de la Coupe du Canada (Championnat canadien Amway de son nom officiel) qui se joue aujourd’hui est un excellent prétexte pour regarder l’évolution du nombre de joueurs canadiens dans les clubs canadiens de MLS depuis qu’ils évoluent tous les trois dans la compétition (donc, depuis 2012). Par Canadien, on entend un joueur qui peut jouer en équipe nationale canadienne. C’est pourquoi, par exemple, Wandrille Lefèvre entre en considération pour 2015 mais pas pour les saisons précédentes, avant sa naturalisation.

Les joueurs répertoriés sont ceux qui ont eu du temps de jeu en MLS (ils sont classés selon leur temps passé sur le terrain), les internationaux sont en italique. Pour être considéré comme international, il faut avoir joué au moins une minute en équipe nationale (match amical ou officiel) durant l’année en cours. Les joueurs qui ont été convoqués sans jouer n’ont donc pas été pris en ligne de compte. Particularité : de nombreux Canadiens ont été appelés en équipe nationale  sans jouer la moindre minute en MLS. Ils sont aussi dans la liste, après le signe +.

Le pourcentage, c’est celui du temps de jeu par rapport au maximum possible. Avoir 11 canadiens sur le terrain en tout temps lors de chaque match donnerait un total de 100%. En 2012, presque le quart du temps de jeu du Toronto FC était réservé aux joueurs canadiens. Si en soi, ce n’est pas énorme (pour schématiser, ça ferait deux Canadiens titulaires et présents pendant tout le match, et un autre jouant 55 minutes, aux côtés de huit ou neuf étrangers), c’est de loin la plus grande utilisation de joueurs canadiens. Les 117 malheureuses minutes du seul Teibert à Vancouver en 2012 constituent l’extrême inverse.

Après une saison 2014 dans l’ensemble encourageante, tant pour le temps de jeu des Canadiens que pour le nombre d’internationaux évoluant au pays (d’autant que Tissot et Morgan ont été appelés en équipe nationale sans y jouer), on constate un net recul pour 2015 à ce point-ci de l’année. L’âge plus avancé de certains, des carrières en dents de scie et le départ de Doneil Henry constituent une partie de l’explication. Le bilan général de 8,8 % de temps de jeu en 2015 reste très faible, puisqu’en termes plus schématiques, cela veut dire que seul un canadien commencerait le match, et serait remplacé par un étranger à 3 minutes de la fin, le match se terminant donc avec 11 joueurs venus d’en-dehors des frontières du pays. Et encore, heureusement que Lefèvre est là pour bonifier ces chiffres.

Pour terminer, voici un rappel des règles de la MLS en la matière. Les clubs de MLS basés au Canada ont reçu le droit d’avoir huit joueurs étrangers (des places qui sont échangeables, ce qui fait qu’ils peuvent en avoir un nombre différent selon les échanges préalables), mais leurs places de joueurs locaux peuvent être occupées par des joueurs soit américains soit canadiens. Ils sont obligés d’avoir au moins trois joueurs canadiens dans leur effectif (il n'y a aucune obligation liée aux nombres de joueurs sur le terrain ou sur la feuille de match). Les joueurs ayant légalement le droit de travailler au Canada (les résidents permanents, par exemple) sont considérés comme des joueurs locaux canadiens. Ainsi, même avant d’être naturalisé, Lefèvre n’avait pas le statut de joueur étranger en MLS.

2012
Montréal :
3 joueurs, 1 international (Bernier, Ouimette, Sutton), 2285 minutes (6,8 %)
Toronto : 7 joueurs, 3 internationaux (Morgan, Dunfield, Henry, De Guzman, Cann, Stinson, Makubuya), 8022 minutes (23,8 %)
Vancouver : 1 joueur, 1 international (Teibert), 117 minutes (0,3 %)
Total : 11 joueurs, 5 internationaux, 10424 minutes (10,2 %)

2013
Montréal :
3 joueurs, 1+1 internationaux (Bernier, Ouimette, Tissot + Gagnon-Laparé), 3325 minutes (9,6 %)
Toronto : 6 joueurs, 5+1 internationaux (Morgan, Osorio, Henry, Bekker, Dunfield, Welshman + Stinson), 5804 minutes (17,2 %)
Vancouver : 2 joueurs, 1+3 internationaux (Teibert, Adekugbe + Clarke, Farmer, Thomas), 1867 minutes (5,5 %)
Total : 11 joueurs, 7+5 internationaux, 10996 minutes (10,8 %)

2014
Montréal : 7 joueurs, 4 internationaux (Bernier, Ouimette, Tissot, Nakajima-Farran, Gagnon-Laparé, Jackson-Hamel, Béland-Goyette), 4403 minutes (13,1 %)
Toronto : 7 joueurs, 6+1 internationaux (Osorio, Henry, Bekker, De Rosario, Nakajima-Farran, Morgan, Hamilton + Aparicio), 5868 minutes (17,4 %)
Vancouver : 3 joueurs, 1 international (Teibert, Adekugbe, Froese), 2209 minutes (6,6 %)
Total : 16 joueurs, 10+1 internationaux, 12480 minutes (12,3 %)

2015
Montréal :
5 joueurs, 2 internationaux (Lefèvre, Tissot, Bernier, Jackson-Hamel, Gagnon-Laparé), 1308 minutes (6,3 %)
Toronto : 4 joueurs, 2+2 internationaux (Osorio, Morgan, Chapman, Hamilton + Roberts, Mannella), 2821 minutes (13 %)
Vancouver : 3 joueurs, 1 international (Teibert, Adekugbe, Froese), 1688 minutes (7,1 %)
Total : 12 joueurs, 5+2 internationaux, 5817 minutes (8,8 %)

11 August 1:18 de la tarde

Deuxième du championnat et adversaire de Montréal en finale de la Coupe du Canada, Vancouver est une équipe d’autant plus intéressante qu’elle ne manque pas de paradoxes. Nous la décortiquons dans notre émission de la semaine (également disponible ici) en compagnie de Christian Schaekels de Vision du Jeu, et tentons de mieux la comprendre en répondant aux questions suivantes :

  • Son jeu est-il basé sur l’attaque ou sur la défense ?
  • Comment l’équipe fait-elle pour encaisser aussi peu ?
  • Quelles sont ses principales faiblesses derrière ?
  • Comment Vancouver marque-t-il ses buts ?
  • Quels progrès offensifs ont été faits depuis la saison dernière ?
  • Pourquoi d’aussi bonnes performances à l’extérieur ?
  • Quelles individualités incarnent le mieux le jeu de Vancouver ?
  • Quand l’équipe est-elle la plus dangereuse ?
  • En quoi est-elle similaire au leader, DC United ?
  • Quelle stratégie adopter pour lui faire mordre la poussière ?

On vous offre également un autre regard sur la situation sportive de Patrice Bernier (à mettre aussi en perspective avec la chronique de Fred) et on vous révèle le nom du Franco du mois de juillet.

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06 August 1:14 de la tarde

Comme chaque mois, vous l’attendiez avec impatience, voici le moment d’annoncer les noms des trois finalistes du Franco du mois. Le système est très simple : chaque mois, nous vous proposons trois candidats, et vous votez. Malgré une liste de prétendants qui ne cesse de s’allonger, le mois de juillet a, pour beaucoup, été dans la continuité des semaines qui ont précédé.

Parmi les candidats au titre ce mois-ci, on retrouve ainsi deux des finalistes du mois dernier. Le Montréalais Laurent Ciman pourrait être élu pour une troisième fois consécutive (même si en mai, il avait dû partager les honneurs), alors que le médian de Philadelphie Vincent Nogueira briguera une première récompense pour la deuxième fois de suite. On peut d’ailleurs affirmer que tous les finalistes sont en forme depuis longtemps, puisque le troisième larron, Soni Mustivar, était sur le podium il y a deux mois.

Vous pouvez voter dans le sondage ci-contre, sur Twitter ou sur Facebook. Seules les prestations en championnat au cours du mois de juillet sont à prendre en compte au moment de voter (oubliez donc le match de Montréal à New York City, celui de Kansas City contre Houston et celui de Philadelphie contre New York). Vos choix s’ajouteront à ceux des animateurs de l’émission Coup Franc (Frédéric Lord, Olivier Tremblay et moi-même), durant laquelle nous vous annoncerons le nom du vainqueur.

Laurent Ciman
L’international belge a encore eu droit à une ovation du stade après une performance très aboutie, contre Seattle, lors de laquelle il a brillé défensivement pendant tout le match et inscrit le seul but de la rencontre dans les derniers instants. Pour la première fois de la saison, Montréal a passé un mois avec plus d’un match lors duquel il a gardé le zéro derrière. Sa défense se stabilise, Ciman y a un rôle clef. Pour parachever le tout, il a participé au Match des étoiles, lors duquel il a porté le brassard de capitaine en deuxième mi-temps.

Vincent Nogueira
Philadelphie a peu joué en juillet, et Nogueira aussi, mais il a eu un rôle important dans la dernière victoire en date de l’équipe, 3-0 contre Portland, en inscrivant non seulement deux buts, mais en bouchant également de nombreux trous au milieu de terrain tout en récupérant les ballons qui traînaient. Une prestation qui lui vaut quasiment à elle seule de monter sur le podium ce mois-ci, car il a davantage souffert à Toronto avant de sortir sur blessure au début du match à DC United.

Soni Mustivar
Kansas City a trouvé son rythme de croisière, sa jeune défense encaisse peu et est très bien protégée par l’Haïtien, qui colmate mieux les brèches que la meilleure des résines, et affole ce qu’on pourrait appeler les « statistiques invisibles » propres aux médians défensifs. Dégagements, contres, ballons récupérés : il se place bien, met le pied où il faut, et en a fait une brillante démonstration lors de la victoire des siens à Vancouver. Moins sollicité, il a été bon lors de la victoire contre Montréal, et est rentré dans la norme lors du match à Salt Lake.

30 July 7:46 de la tarde

Après l’avoir vu et acclamé à l’aéroport ce mercredi et en attendant son premier match sous son nouveau maillot, les supporters montréalais ont pu entendre Didier Drogba pour la première fois ce jeudi lors de sa présentation officielle au stade Saputo.

Un grand nombre de questions des nombreux journalistes présents tournaient autour de ses raisons de choisir Montréal. L’attaquant les a résumées ainsi : « Plusieurs clubs de MLS m’ont approché et j’étais en discussion avec eux. Mais les discussions avec le président, les échos de mes anciens coéquipiers et l’avis de mes amis sur la ville ont fait pencher la balance. »

Drogba a trouvé « très simple et très chaleureux » le discours de Joey Saputo, l’homme fort du club montréalais. « Il m’a parlé de Nesta et de Di Vaio qui avaient joué ici. J’ai d’ailleurs discuté avec Nesta avant de signer. J’ai été séduit par la mission du président de redonner à la communauté par l’entremise du football. Ça ressemble à ce que je fais avec ma fondation. C’est parfait. »

Ses anciens coéquipiers de Chelsea ont pu lui parler en détails des installations du club, puisqu’ils s’y sont entraînés au cours des dernières semaines. Le complexe d’entraînement flambant neuf (encore en travaux à certains endroits, et même pas encore inauguré officiellement) a déjà fait son effet ! « Les joueurs de Chelsea ont pas mal influencé mon choix. Je les ai tous eus, ainsi que le coach, et ils m’ont parlé des installations. J’ai été emballé ! »

Enfin, il y a la ville, qui l’attire davantage que d’autres destinations. « Il y a, en plus, le fait que Montréal soit francophone. Cette diversité culturelle est importante. J’ai envie de découvrir la ville. Mes enfants sont bilingues et je sais qu’il y a de très bonnes écoles ici, ça a pesé dans mon choix. »

Et le club dans tout ça ? Drogba le connaissait, grâce à son épopée fabuleuse en Ligue des champions au début de l’année. « J’ai vu le parcours extraordinaire de l’Impact en Ligue des champions. C’est le genre d’expérience que j’ai envie de vivre. Je suis un homme de défis et il y en a un beau devant moi. »

Affichant un large sourire, Saputo ne cachait évidemment pas son bonheur et sa fierté, et pointait également le parcours continental de son équipe comme un des atouts ayant séduit sa nouvelle vedette. « C’est un grand moment pour l’Impact, la ville de Montréal et la MLS, se félicitait le président du club. C’est un grand honneur d’accueillir Didier à l’Impact de Montréal. Je suis fier qu’il ait décidé de poursuivre son aventure ici, au stade Saputo. Nos succès sur la scène internationale ont ouvert la porte à l’arrivée de joueurs comme Didier. Une nouvelle page de notre histoire a été écrite au cours des derniers jours. La suite de notre aventure en MLS s’annonce très excitante. »

Il tenait toutefois aussi à lancer un message de fidélité au public. « J’espère que les supporters sont heureux de la signature de Didier, mais notre pertinence dans notre marché est primordiale. Cette pertinence ne se limite pas à un évènement isolé, elle consiste à se soucier du club jour après jour. Nous avons davantage besoin de vous quand nous perdons que quand nous gagnons. »

Loin de ces considérations, Drogba va bientôt découvrir la MLS. Il ne pense pas arriver dans l’inconnu. « Il y a eu des pionniers comme Beckham, et maintenant les Lampard, Gerrard et Villa qui donnent une valeur ajoutée au championnat. Avec cette force européenne, la MLS a plus de visibilité. Beaucoup de matchs en sont diffusés. On sait où on met les pieds. »

Ce vendredi, il fera la connaissance de ses nouveaux coéquipiers. Il y a quelques années, certains d’entre eux n’auraient jamais imaginé côtoyer une telle vedette internationale. Drogba ne voit cependant pas les choses comme ça. « Être une superstar, ça ne dépend que de la manière dont les gens vous regardent. Mais dans le vestiaire, nous sommes tous pareils », insiste l’Ivoirien.

Il n’a pas non plus l’intention de révolutionner sa nouvelle équipe. « J’ai pu construire ma carrière avec des résultats. Je veux m’en servir pour tirer l’équipe vers le haut. Je ne vais pas changer la façon de jouer des joueurs. Je ne vais pas changer le système, c’est le problème du coach. »

Un coach ravi du nouveau renfort qui s’offre à lui. « Il a fait une grande différence dans tous les clubs où il a été, il en a fait des champions, a déclaré Frank Klopas. Quand, au début de chaque année, on bâtit notre équipe, on regarde les qualités que l’on recherche chez les joueurs : la première est le niveau sur le terrain, mais la personne, les qualités humaines, viennent immédiatement après. Avec Didier, nous avons été chercher une belle personnalité. Sportivement, il a encore beaucoup à donner. Il va aider notre équipe sur le terrain et notre club à grandir. »

À 37 ans révolus, Drogba n’a aucun doute qu’il a encore de bonnes jambes. « Si je me sentais cramé, je n’aurais jamais relevé ce défi. On a vu la saison dernière que je répondais présent quand le coach avait besoin de moi. Mais il y avait cette envie pressante de passer plus de temps sur le terrain, d’où mon départ (de Chelsea). »

L’envie de jouer est palpable. D’ailleurs, interrogé au sujet de son premier match, il a répondu du tac au tac : « Si ça ne dépend que de moi, j’effectue le voyage avec l’équipe ce vendredi. » Puis il a précisé, plus sérieux : « Ça fait deux mois et demi que je n’ai pas joué. Il faudra voir ça avec le coach. Je veux apporter un plus à l’équipe, pas être un boulet, et pour ça, je dois être prêt. »

À en croire leur nombre et leur enthousiasme, les supporters montréalais, eux, sont on ne peut plus prêts à voir leur nouvelle idole sur le terrain.

29 July 3:02 de la tarde

Un évènement a fait la une en MLS et partout sur la planète ces derniers jours : la signature de Didier Drogba à Montréal. L’émission de cette semaine (également disponible ici), avec le trio Frédéric Lord, Olivier Tremblay et Olivier Brett, est évidemment consacrée à l’arrivée de l’Ivoirien. Comme de coutume, nous abordons le sujet sous forme de questions pertinentes :

  • Quel rôle aura-t-il sur le terrain et dans le collectif ?
  • À quel point va-t-il changer le jeu de l’équipe ?
  • Quel sera son impact dans le vestiaire ?
  • Oui mais, ce n’est pas d’encaisser moins dont Montréal a surtout besoin ?
  • Peut-il avoir autant d’influence que Di Vaio ?
  • Le club peut-il désormais viser plus bas que la victoire en Coupe MLS ?
  • Que faire pour qu’il laisse un plus grand héritage sportif que Di Vaio et Nesta ?
  • Frank Klopas et Richard Legendre ne semblaient pas invités à la fête : malaise ?
  • Avec les arrivées de Drogba et Venegas, des départs sont obligatoires. Lesquels ?

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