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Coup Franc

08 April 12:50 de la tarde

Hier soir, Montréal a donc réussi à se qualifier pour la finale de la Ligue des champions. Battu à Alajuelense 4-2, il passe grâce à sa victoire 2-0 du match aller et ses deux buts marqués à l’extérieur.

Je ne vous raconterai pas le match en détails, vous pouvez en lire des résumés un peu partout, et vous l’avez, je l’espère, certainement vu ! Pour en savoir plus sur les prestations individuelles, consultez le bulletin de notes décerné par Patrick Leduc.

Les supporters des bleu, blanc, noir ont eu de fortes émotions en voyant leurs favoris passer dans des circonstances difficiles. Celles sur le terrain leur ont rappelé le cauchemar de Santos Laguna, et l’ont peut-être même effacé des antres de leur inconscient. Mais il y avait aussi une ambiance dans les tribunes avec laquelle peu de joueurs étaient familiers.

Parmi les exceptions, Laurent Ciman, qui a connu quelques enfers depuis le début de sa carrière, et a pu dispenser de judicieux conseils à ses coéquipiers. « Je leur ai dit de jouer leur football et de faire abstraction de l’extérieur. Et que s’ils sont là et si l’entraîneur leur fait confiance, c’est qu’ils ont des qualités », expliquait le défenseur belge.

Après la douche, la liesse s’était dissipée chez les vainqueurs. Oui, les joueurs étaient évidemment très heureux, mais ils étaient également marqués par un match difficile, et reconnaissaient d’ailleurs qu’il leur restait beaucoup de travail. « On est rentré, on a laissé dégager toute l’énergie qui restait en fin de match parce qu’on avait beaucoup de tension. Tout le monde était vraiment heureux », raconte Patrice Bernier, sur l’entrée au vestiaire juste après le match.

C’est que la rencontre a été faite de hauts et de bas pour l’Impact, qui a vacillé entre contrôle, énormes frayeurs et moments d’égarement qui auraient pu coûter cher. Comme les incessants gains de temps de Bush. Ou quand, à la demi-heure, Soumare a agrippé la tignasse de McDonald et l’a tirée fermement. « Quand vous venez ici, dans le jeu, vous prenez beaucoup de coups. Mais c’est à moi d’être intelligent. Je n’avais pas à faire ça », reconnaissait après coup l’arrière central.

Les Montréalais ont dû attendre la fin pour savoir si, de leur point de vue, les scènes qui se jouaient au stade Alejandro Morera Soto étaient celles d’un film d’horreur ou d’un thriller. Les frayeurs ont été nombreuses mais à la fin, c’est le vainqueur de la Coupe du Canada qui s’est imposé, devenant par la même occasion le premier représentant de son pays à atteindre la finale de la compétition.

« Ça fait vraiment plaisir, se réjouissait Soumare. On a l’impression qu’on ne s’en rend pas encore trop compte, mais on a fait quelque chose de gros. On sait que si on continue comme ça, on peut faire quelque chose de très spécial. » Ce quelque chose de très spécial, ce serait, dans un premier temps, devenir champion de la Concacaf. Un titre qui ne ferait pas tache malgré les déboires de l’équipe en championnat depuis un an et demi.

Un succès qui serait aussi le prélude à une nouvelle grande aventure. « La manière n’est pas toujours jolie, mais au moins on va en finale. Il y aura deux matchs… et on sait qu’on est proche de la Coupe du monde des clubs », déclarait ainsi Bernier. Il ne fait aucun doute que les joueurs se verraient bien aller au Japon en décembre prochain. À eux de valider leur billet, en battant le vainqueur du duel Herediano - America Mexico.

07 April 1:07 de la tarde

Le match retour de la demi-finale de la Ligue des champions entre Alajuelense et Montréal (22h00 HE, TVA Sports, Sportsnet, Fox Sports 2) est d’une importance capitale pour les deux équipes. Vainqueur 2-0 au match aller, le dernier représentant de MLS en lice dans la compétition tentera de devenir le premier club canadien de l’histoire à en atteindre la finale. Mais la réception sera très chaude.

D’ailleurs, les supporters locaux et l’ambiance au stade était les principaux sujets de conversation entre les Montréalais et les médias tant canadiens que costariciens. « Ce sera un superbe environnement de soccer, pour le genre de match que les joueurs attendent. Nous avons des joueurs très expérimentés qui ont vécu de grands moments et connaissent ce genre de situation. À Montréal, nous avons joué devant 48000 personnes », déclarait ainsi Frank Klopas à l’issue du dernier entraînement de ses hommes.

En 24 heures, trois équipes se sont en fait entraînées au stade Alejandro Morera Soto. Les deux qui seront en lice sur le terrain, évidemment, mais aussi les supporters locaux qui avaient organisé une réunion de motivation lors de laquelle ils ont donné beaucoup de voix. Il a été plus facile de pêcher des informations auprès d’eux que des deux clubs lors de ces entraînements. En effet, Alajuelense avait organisé sa conférence de presse avant sa séance, mais comme par hasard, les médias montréalais n’avaient que l’heure du début de l’entraînement. Ces derniers – pour des raisons d’heure de bouclage notamment – n’étaient guère nombreux à la séance de l’Impact, où seul Hassoun Camara a répondu à leurs questions, pendant que les journalistes locaux parlaient avec l’entraîneur visiteur et Dilly Duka. Heureusement, MLSsoccer.com a sympathisé les collègues ticos afin de vous fournir toutes les informations recueillies auprès des deux camps au cours de la journée.

Klopas leur a entre autres expliqué ne pas débarquer en terrain inconnu : « Je suis déjà venu voir Alajuelense et Herediano au Costa Rica, je connais ce genre d’ambiance, similaire à celle qu’il y a en Grèce, avec également la pression des médias et des supporters qui ont de grandes attentes. C’est d’autant plus important pour nous de bien jouer, car si on n’est pas dans le coup et qu’Alajuelense marque un ou deux buts, les supporters vont être encore plus dans le match et ce sera encore plus difficile pour nous. »

S’il ne souhaite pas trop élaborer au sujet de ce qu’il connaît de l’adversaire, l’entraîneur visiteur ne tarit cependant pas d’éloges à leur sujet. « Les joueurs costariciens qui viennent en MLS s’adaptent facilement car ils sont très bons techniquement et physiquement. On ne doit pas s’occuper d’un joueur en particulier », explique-t-il avant de se faire demander quel joueur d’Alajuelense il amènerait à Montréal. « J’en prendrais plus que ça. Oui, j’en amènerais quelques-uns ! »

Le 2-0 du match aller ne fait peur à personne, ici à Alajuela. La confiance règne chez les supporters, même ceux d’autres équipes du pays, souvent rivales. « 3-0 », nous dit l’un. « 4-1 », pronostique un autre quelques mètres plus loin. Celui au coin de la rue joue les mimes : après avoir dit Montréal, il montre l’intérieur de stade et fait trembler ses jambes comme les feuilles d’un arbre par grand vent.

Dans de telles circonstances, Montréal compte sur ses joueurs d’expérience afin que tout le monde garde la tête sur les épaules. Confinés dans un cadre luxueux depuis leur arrivée samedi, les joueurs ont découvert le stade et son environnement à peine 24 heures avant le match. L’un d’entre eux le connaissait déjà : Dilly Duka. « Je suis venu ici m’entraîner deux semaines avec l’équipe olympique des États-Unis et je sais ce que cette équipe signifie pour la ville, déclarait le dribbleur montréalais. Ce sera un match différent de celui à Montréal, ils pourront compter sur leurs supporters et ce sera difficile. Ce sera aussi plus compliqué qu’à Pachuca, tout simplement parce que c’est une demi-finale. »

Interrogés au sujet du terrain, les Montréalais ne se sont guère dits inquiets : tant sa dimension (« la même que celle du Stade olympique », dixit Klopas) que la surface artificielle en elle-même (« on a déjà joué sur ce genre de synthétique », rassure Duka) ne suscitent pas la moindre crainte. « Attention, ce qu’ils ont vu aujourd’hui ne reflète pas la réalité, nous prévient un journaliste qui suit l’équipe au quotidien. Avant la rencontre, le terrain sera arrosé : l’eau s’évapore rapidement, mais cela change quand même la nature de la surface qui sera bien plus rapide. »

Il nous parle aussi des principaux sujets de conversation autour de l’équipe locale. Il y a l’arbitre, M. Aguilar, un Salvadorien qui avait sifflé le match de Montréal à Atlante lors de la première épopée de l’Impact en Ligue des champions, mais surtout qui avait officié lors d’un match du Costa Rica aux États-Unis dans la neige et y avait suscité l’ire des ticos. L’autre point qui revient souvent, c’est la volonté de faire la différence dès les premières minutes.

Une donne dont Klopas est également bien conscient. « Alajuelense rentrera fort dans le match, encore plus avec l’appui de la foule. Nous devrons être concentrés pendant tout le match, mais encore plus au début. » Il a également pensé à la toute fin, et à des tirs au but éventuels. « Il faut parer à toutes les éventualités, alors nous nous sommes préparés pour la séance de tirs au but. J’espère que nous ne devrons pas nous rendre là, mais le cas échéant, les joueurs qui devront tirer sont prêts. »

Si tous les supporters que nous avons croisés se sont montrés éminemment sympathiques, à l’approche du match, et pendant celui-ci, une seule chose comptera à leurs yeux : tout faire pour pousser leurs favoris à la victoire. « Attention, demain leur comportement sera très différent, a prévenu un collègue local. Évitez de vous frotter à eux et arrivez au match trois heures à l’avance. » Les joueurs, eux, n’auront pas le choix et Evan Bush s’attend à être bombardé.

Il pourrait l’être doublement : tant par les supporters que par l’équipe d’Alajuelense, qui a prévu de mettre tout à l’attaque. Pas seulement parce qu’il faut rattraper deux buts de retard, mais aussi parce que, nous dit-on ici, l’entraîneur Oscar Ramirez veut prouver qu’il sait avoir des intentions offensives. Certes, son équipe a la deuxième meilleure attaque du championnat, mais cette donnée est faussée par le fait qu’elle a inscrit six buts à deux reprises contre des faire-valoir.

Il devrait ainsi y avoir quelques changements par rapport à l’équipe alignée à Montréal. Toujours selon nos collègues costariciens, Soto, qui ne donne pas satisfaction, sera mis à l’écart, tout comme Salvaterria, jugé trop défensif. Matarrita, habituellement dans l’entrejeu, est pressenti pour jouer derrière et monter beaucoup, tout comme l’autre arrière latéral, Gutierrez. Ils devront quand même s’acquitter avant tout de leurs tâches défensives, alors que les milieux de terrain et les avants ont reçu une mission : tout à l’attaque ! Avec un renfort de choix, Alonso, de retour de suspension.

Info ou intox ? Toujours est-il que cette attention focalisée sur l’adversaire et l’ambiance dans la deuxième ville du Costa Rica arrange bien Frank Klopas, qui lui aussi tente au mieux de cacher son jeu à l’ennemi. Les informations sont données avec parcimonie. Voilà ce que Camara répondait quand on lui demandait comment l’équipe gérerait l’équilibre entre la volonté de défendre deux buts d’avance et celle d’en marquer un pour obliger l’adversaire à en inscrire quatre : « Bonne question… Des fois, on a des envies et on prépare des choses, mais au bout du compte, il y a la réalité du match et une autre équipe qui voudra pousser elle aussi. Il va falloir être aussi rigoureux qu’eux défensivement. C’est une équipe qui développe du jeu, essaye de repartir de l’arrière et de trouver le milieu de terrain. On va tout faire pour bloquer ça et tenter de se créer des occasions avec Jack, Nacho ou celui qui jouera. »

Les joueurs montréalais sont toutefois conscients que ce qu’Alajuelense a montré au match aller n’est pas représentatif de son niveau. « Le match au Stade olympique a un petit peu biaisé les choses car on est vite entré dedans et ils étaient un peu déboussolés, ajoute le défenseur français. Il ne faut plus s’y fier mais arriver fort car ils ont les crocs et la volonté de prendre leur revanche. On doit regarder nos points forts et ne pas se concentrer sur l’adversaire pour éviter de commettre la même erreur qu’ils ont commise ce jour-là. »

Des deux côtés, les plans ont été peaufinés pour ce match ultra-important. Pas étonnant que les Montréalais aient choisi un cadre où règnent calme et concentration pour le préparer. Ce soir, la donne sera toutefois bien différente. Maintenant, place au match !

06 April 11:20 de la mañana

Dimanche 5 avril. Aucun match de prévu au stade Alejandro Morera Soto, à quelques encablures de mon hôtel. Je décide néanmoins d’y aller. D’y retourner en fait, parce que j’avais déjà visité l’endroit au matin. Montréal est censé s’entraîner vers 16h00 et n’a pas fait savoir où. Ce n’est pas bien grave puisque la séance est à huis clos. Mais sait-on jamais…

Je sors, il est presque 17h00. Au coin de la rue, le bar La Liga. Avec un gros logo du club au-dessus de la porte. Impossible de se tromper sur sa vocation et le public qui le fréquente. Les rues sont calmes en ce dimanche de Pâques. Tout ou presque est fermé. Difficile de se restaurer. Les gens sont chez eux. Quelqu’un semble avoir mis la musique à fond, des basses résonnent lourdement.

Je m’approche du stade, la musique s’est calmée. Pourtant, elle venait bien de là. Je tourne le coin, et je tombe sur une marée de gens en maillot rouge et noir. Mais que se passe-t-il ? Les supporters sont amassés devant les guichets, pourtant bel et bien fermés. D’ailleurs, tous les billets pour le duel de mardi sont vendus depuis longtemps. Il n’y a pas non plus de match aujourd'hui, l'équipe a lamentablement perdu la veille en alignant ses réservistes. Je me renseigne, avec mon espagnol plus que rudimentaire. La réponse qui revient le plus souvent : c’est une réunion de motivation pour les supporters !

Le stade d'Alajuelense, ses tribunes à pic, avec, au loin, des volcans qui reflètent bien l'ambiance qui y règne les jours de match... mais parfois aussi à d'autres moments.

Oui, vous avez bien lu. Deux jours avant le match, sans raison apparente, les supporters les plus fervents vont devant le stade et chantent comme s’ils étaient dans la tribune ! L’un ou l’autre me dit aussi que la rumeur courait que Montréal viendrait s’entraîner ce soir. Difficile de savoir d’où elle sort, puisque même les principaux intéressés n’ont connu leur lieu d’entraînement qu’à la dernière minute, et qu’il était bien loin de là. Mais, au cas où, il y aurait eu un comité d’accueil pour faire forte impression. De toute façon, ce n’était qu’une rumeur, peu de monde m’en a parlé, et une chose est sûre : tous les supporters présents auraient été là, entraînement de Montréal ou non.

À peine le temps d’en savoir plus, et l’ambiance est relancée. La fanfare s'en donne à cœur-joie. Ça chante, ça saute, ça danse dans tous les sens. À quel point le match de mardi est-il important pour les supporters d’Alajuelense ? Très important ? Méga important ? D’une importance plus que gigantissime ? Non, encore plus important que ça ! Les paroles de la moitié des chants, sûrement habituels au stade, avaient été modifiées pour y introduire les mots mardi et gagner. Ça en dit long.

Il y de l'entrain dans les cœurs. Tout le monde y croit. Soudain, silence. Ou plutôt, les chants se font plus calmes pour céder la place à des sirènes de motos de police. Une partie des supporters se précipite. On croit qu’elles escortent l’ennemi montréalais. Les sifflets se font entendre. Mais les éclaireurs reviennent déçus : ce sont juste des policiers qui sont là au cas où il y aurait des débordements. Ils se postent un coin de rue plus loin, observent et se font discrets. Ils ne sont pas très nombreux, une dizaine tout au plus, et n’auront jamais à intervenir.

Indoor soccer. Oui, vous avez bien lu. Et, oui, on est toujours dans le stade d'Alajuelense, qui a aussi une vocation sociale.

Ça donne l’occasion de faire une pause. Il fait chaud, et il faut boire beaucoup. Le sympathique hôte de mon hôtel me l’a aussi vivement conseillé. Quant à la propriétaire des lieux, elle m’a appris que, comble du hasard, dans la chambre à côté de la mienne loge… un joueur d’Alajuelense. Un Brésilien arrivé au début de l’année avec un contrat d’une demi-saison. Tant qu’il n’en sait pas plus sur son avenir, il reste installé ici. Il déménagera s’il signe pour plus longtemps.

Fin de la pause. Les chants peuvent reprendre. Personne n’est parti, évidemment. Le trompettiste est particulièrement en forme. Il donne le rythme, tout le monde connaît bien entendu les paroles et sait quand il faut taper des mains, chanter ou sauter. Cette ambiance me prend aux tripes. Je n’ai jamais autant regretté de ne ni parler ni comprendre l’espagnol.

Les supporters sont environ 500 à vue de nez. De tous âges. Les jeunes dans la vingtaine et début trentaine sont majoritaires. Certains sont âgés de quelques mois ou de quelques années à peine. Je regarde l’un d’entre eux passé des épaules de son père à celles de sa mère en me disant qu’il a de la chance d’être là. Pas de vivre cet instant précis, dont il ne se souviendra probablement pas, mais de se faire passer le virus de ce sport que nous aimons tant. Dans 15 ans, c’est peut-être lui qui lancera les chants. Non loin de lui, une jeune fille en fauteuil roulant.

L'entrée des loges, rare lieu de luxe d'un stade où règne une grande ferveur populaire.

D’autres sont beaucoup plus anciens. Soudain, devant moi, une femme d’un âge plus qu’avancé mais en toute grande forme, me voyant certainement plus calme que la moyenne et même pas aux couleurs d’Alajuelense, vient me taper dans les mains et m’invite à danser avec elle ! Elle m’expliquera qu’elle supporte le club depuis 50 ans, et me montrera fièrement sa place d’abonnée dans la tribune populaire ouest. Comment lui refuser ça ? Ainsi, si vous me voyez danser avec des supporters sur une vidéo sortie de nulle part, vous savez comment ça a commencé. Quoi, Rachel Bonnetta n’est pas la seule à y avoir droit !

Les supporters m’interpellent. Me demandent d’où je viens. Cheveux clairs, peau à moitié blêmie par l’interminable hiver montréalais et à moitié couleur rouge-écrevisse suite à un coup de soleil, ce n’est pas courant dans le coin ! Comment vais-je être accueilli ? Je la joue en deux temps. Je commence par dire que j’ai grandi en Belgique. Directement, on me parle avec fierté d’Oscar Duarte, joueur de Bruges venu d’Alajuelense (et auteur d’un but à la dernière Coupe du monde).

Rapidement, j’enchaîne quand même en expliquant que désormais, je vis au Canada et suis journaliste. Les réactions ne sont pas hostiles, même si j’ai bien entendu droit à quelques regards réprobateurs (mais pas méchants) et pouces vers le bas. Ça n’empêche pas les conversations de continuer. Tout le monde autour de moi est évidemment persuadé de l’issue favorable à leurs favoris mardi.

Et puis, la discussion avançant, je leur explique qu’ils m’ont conquis. Que je découvre le foot sur place au Costa Rica et qu’entre tous les clubs du pays, avec ce que je vis aujourd’hui, “mi corazon esta Alajuelense”. Joie comme si leur équipe avait marqué en but. Enfin, non, quand ils marquent, ça doit être bien plus fou que ça. Leur fierté fait chaud au cœur. Et l’allégresse se poursuit quand je tente de dire que c’est tout naturel pour un gars qui grandi à Bruxelles avec le cœur rouge et noir, et anti-mauve (couleur de Saprissa, ennemi juré d’Alajuelense).

Les supporters d'Alajuelense sont à la fois lions, sympathiques et accueillants. Cette image souhaitant la bienvenue et décorant l'entrée du vestiaire de leur équipe les représente bien.

Il n’y a toutefois pas de haine malsaine envers le rival. D’ailleurs, un supporter clairement affiché mauve est passé en voiture dans la rue. Un seul être vêtu de rouge et noir a réagi plus durement : un chien, car il y en avait un autre à l’arrière du véhicule. En voilà un qui veut protéger son territoire. En matière de respect, l’inverse est tout aussi vrai. Dans l’après-midi, j’ai fait le trajet entre Belen et Alajuela en voiture avec Kevin, un supporter de Saprissa qui m’a gentiment offert de m’accompagner en m’expliquant que c’est ça la « pura vida, et 100% tico ». Il avait évidemment vu le match au Stade olympique de Montréal, et en avait long à dire.

Comme les journalistes costariciens présents ce jour-là, il pense qu’Alajuelense n’a rien montré et était méconnaissable. Il s’emporte par contre quand je lui demande de parler de l’arbitre : pour lui, faire des reproches au directeur de jeu est une excuse facile. Son souhait, comme celui de tout le pays me dit-il, est de voir les deux clubs du Costa Rica – Alajuelense et Heredia, deux ennemis de Saprissa – atteindre la finale de la Ligue des champions. Pour mardi, il pronostique une victoire 3-0 des rouge et noir, ou alors un succès après prolongation. « Ce sera très dur pour Montréal, croit-il. Leur seule chance de passer est d’inscrire un but en première mi-temps. S’ils n’ont pas marqué à la pause, ils ne le feront pas après. Et alors, Alajuelense émergera. »

Fin de cette digression, retour au stade. Les supporters veulent poser en photo à mes côtés. D’accord. On me met un drapeau du club local sur le dos. C’est gentil… mais je vais quand même mettre une limite au dépassement de ma neutralité journalistique de la soirée. Ils sont déçus mais ne le prennent pas mal. Puis soudain, on me dit, de manière sympathique : « arrête de discuter, on est là pour chanter, taper des mains et danser ». C’est vrai, c’est une réunion de motivation, il ne faut pas l’oublier !

Dimanche matin. Deux jours avant le match, une cinquantaine de supporters se réunit afin de finaliser les plans pour l'ambiance qui devra régner mardi. Ils ont aussi préparé un tifo, dont je n'ai presque rien vu... ce qui était déjà beaucoup trop à leurs yeux.

Le soir tombe, les gens se dispersent. Certains sont là depuis bien plus tôt ce matin. D’ailleurs, à cette heure-là… j’y étais aussi. Encore une fois, un peu par hasard. Enfin non, je voulais évidemment voir le stade. Mais je ne savais pas qu’il serait ouvert, et encore moins qu’une frange de supporters serait à l’intérieur.

Il n’est pas grand, mais il est impressionnant. Le garde de sécurité m’autorise bien gentiment à entrer et à prendre des photos. Merci, un grand merci ! Les quatre tribunes sont très à pic. Il y a quelques sièges en haut des latérales, des loges aussi, mais pour la plupart des places, on a simplement droit à des blocs de béton hauts de deux marches. On peut y être aussi bien assis que debout. Sur les buts, s’il y a des poussées, il faut avoir un bon équilibre !

Tout est rouge et noir, à l’exception des escaliers en jaune et de quelques inscriptions en blanc. De toute façon, mardi, on n’en verra rien, toutes les places seront occupées. Et tout sera également rouge et noir… L’endroit est modeste dans la mesure où il n’y a pas grand luxe. De toute façon, on n’est pas dans un hôtel pour milliardaires mais dans un stade de foot populaire. Et je peux vous l’affirmer, ça sent le foot à plein nez. Oui, cette odeur indescriptible que je ne peux malheureusement pas vous transmettre…

Non, ce n'est pas l'entrée du stade mais bel et bien une porte cachée par un but lui-même derrière une tribune. N'essayez pas de l'ouvrir, il y a juste un mur derrière.

Et pourtant, il y a ce terrain artificiel qui fait vraiment tache. Comme si Jacques Villeret avait joué le héros d’un film de kung fu. Donc, cette odeur, ce n’est pas celle du gazon fraîchement taillé. Ni celle de la ville, fortement influencée par la chaleur permanente et sûrement un autre truc mystérieux à mon nez. Non, celle du stade me rappelle des souvenirs qui commencent à être enfouis loin dans ma mémoire. Ceux de lieux qui, comme celui-ci, respirent bon le terroir sportif, sont chargés d’histoire, mais aussi simples et efficaces, sans artifices, avec toute l’attention focalisée sur le terrain, et où l’on sait que si on est un supporter local, on va passer de grands moments, en garder dans la tête et dans le cœur pour toute la vie. Une deuxième maison remplie d’amis pour tant de supporters, nombreux à déambuler dans les rues en arborant fièrement le maillot du club.

Je fais le tour de l’enceinte, une fois à l’intérieur, l’autre derrière les tribunes. Toutes les grilles de séparation sont ouvertes. Tant mieux ! Par endroits, des grillages pour empêcher les envahissements de terrain. Ils gâchent la vue mais me rappellent ma jeunesse molenbeekoise, quand après un but c’était la course à qui y serait en premier pour faire tourner son écharpe. Bon, je m’égare. Un peu plus loin, des machines à laver tournent à plein régime. Avec les maillots de joueurs ? Je ne vais pas déranger la brave dame qui s’occupe de la lessive.

Après un passage devant les vestiaires (avec un bruit de fuite d’eau près de celui des visiteurs, à moins qu’il ne vienne de celui des jeunes, adjacent), trois petits terrains couverts derrière une tribune avec la mention « indoor soccer ». Quoi, il y a du monde qui ne veut pas jouer dehors par ce beau temps ?

« Ici se trouve le cœur d'Alejandro Morera Soto, le magicien du ballon. » La plaque du milieu a été ajoutée pour le centième anniversaire de la naissance de celui qui a donné son nom au stade.

À l’entrée, l’histoire n’est pas oubliée. Un mur regroupe les plaques commémoratives, notamment pour les membres du club qui étaient à la Coupe du monde 1990. Il y a également une stèle en l’honneur d’Alejandro Morera Soto, qui a donné son nom au stade. Attaquant mythique de l’histoire d’Alajuelense entre 1925 et 1947, il a aussi joué en Espagne, notamment au FC Barcelone, ainsi qu’au Havre, en France, avant de se lancer dans la politique et de devenir député puis gouverneur de la province d’Alajuela.

La prochaine page d’histoire que le club veut écrire doit avoir lieu ce mardi. Et les supporters ne prennent pas ce match à la rigolade. En matinée, ils étaient une petite cinquantaine en réunion dans une tribune pour préparer l’ambiance. Au moment de ma sortie, certains d’entre sont allés à l’autre bout du stade et je les ai pris sur le fait à transporter de grands cartons qui doivent servir à un tifo. J’aurais aimé discuter avec eux mais on m’a fait comprendre poliment mais fermement qu’il n’etait pas question de prendre de photo et que je n’avais rien à faire là.

Cela donne le ton pour mardi, même si en soirée l’accueil a été bien plus chaleureux. Il ne fait aucun doute que Montréal est attendu de pied ferme et qu’on aura droit à une ambiance des grands soirs. Les supporters locaux vont chanter à tue-tête bien avant le coup d’envoi, et 90 minutes durant. À Ciman, Toia, Reo-Coker, Piatti et consorts de les faire déchanter au moment du coup de sifflet final.

06 April 10:22 de la mañana

Dallas a connu son premier coup d’arrêt de la saison, avec une défaite à Portland. Tout profit pour Vancouver, vainqueur du LA Galaxy et qui s’empare de la tête du classement. Battu à Chicago, Toronto a concédé sa troisième défaite consécutive, tout comme Philadelphie où le doute s’installe.

Lors de l’émission Coup Franc de la semaine dernière, nous vous avions conseillé de regarder Portland - Dallas. Le match a tenu toutes ses promesses. Après avoir fait jeu égal avec leur hôte pendant 45 minutes, les Texans ont flanché en deuxième mi-temps mais n’en démordent pas : la meilleure équipe n’a pas gagné. Caleb Porter et ses joueurs connaissaient cependant leur plan de match et ont été capables de parfaitement neutraliser leur adversaire pour remporter leur première victoire de la saison.

Le leader a donc chuté, et s’est fait dépasser par Vancouver, qui tourne à plein régime et a engrangé un quatrième succès consécutif, en dominant le LA Galaxy de bout en bout. « Une grande prestation contre la meilleure équipe », s’est réjoui l’entraîneur Carl Robinson, qui a demandé davantage de constance à ses joueurs. Sans Penedo, la marque aurait pu être plus lourde, et tout en félicitant leur adversaire du jour, les vaincus pointaient leur mauvais match en répétant « Plus jamais ça ! ».

Outre Dallas, Colorado, battu 0-2 par New England, a aussi vu son brevet d’invincibilité prendre fin. Deux équipes n’ont dès lors toujours pas perdu : New York, dont le match a été reporté pour permettre à Montréal de préparer son duel de Ligue des champions à Alajuelense, et Salt Lake, emmené par un Morales des grands soirs pour s’imposer à San José par le plus petit écart.

Derrière Vancouver et Dallas, DC United occupe toutefois la troisième place du classement. L’équipe de la capitale américaine, qui marque peu et encaisse peu, s’est imposée à Orlando en toute fin de rencontre (une mauvaise habitude pour les Mauves) grâce à un but de Silva qui célébrait de belle manière son premier match de la saison. En outre, elle compte un match de retard, tout comme Seattle, en embuscade après sa victoire appliquée en infériorité numérique contre Houston.

Dans le peloton de tête, on retrouve également Kansas City, qui a mal joué mais a mis beaucoup de cœur pour remonter un retard et s’imposer dans les dernières secondes contre Philadelphie, où on a du mal à voir le bout du tunnel et on est dégoûté de voir la même histoire se répéter semaine après semaine. Celle de Toronto est aussi répétitive, mais saison après saison, et le doute s’installe après un très mauvais match défensif à Chicago, synonyme de troisième défaite consécutive.

LES RÉSULTATS
Orlando - DC United
Chicago - Toronto
Colorado - New England
Seattle - Houston
Vancouver - LA Galaxy
Portland - Dallas
San José - Salt Lake
Kansas City - Philadelphie

 
0-1
3-2
0-2
1-0
2-0
3-1
0-1
3-2

Classement général
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03 April 12:38 de la tarde

Les quelques articles « 20 clubs, 20 sujets chauds » publiés sur Coup Franc ont rencontré un franc succès, et vous avez été nombreux à en redemander. Votre vœu est exaucé, puisque désormais, je vous ferai un tour d’horizon similaire chaque mois. On recommence aujourd’hui !

01 April 2:54 de la tarde

Les joueurs francophones sont de plus en plus nombreux en MLS, et c’est pourquoi cette année, MLSsoccer.com a décidé d’élire mensuellement un Franco du mois. Pour entrer en ligne de compte, un joueur doit être capable de s’exprimer en français (pour le savoir, on a fait confiance aux chargés de relations publiques des clubs). Le système est très simple : chaque mois, nous vous proposons trois finalistes, et vous votez. Vos votes s’ajouteront à ceux des animateurs de l’émission Coup Franc (Frédéric Lord, Olivier Tremblay et moi-même), durant laquelle nous vous annoncerons le nom du vainqueur.

Les trois finalistes pour le mois de mars sont Michel Garbini (Dallas), Laurent Ciman (Montréal) et Damien Perrinelle (New York RB). Seules leurs prestations en championnat sont à prendre en compte au moment de voter. Vous pouvez voter dans le sondage ci-contre, sur Twitter ou sur Facebook.

Michel Garbini
Le roi des coups de pieds arrêtés du FC Dallas n’était pas titulaire lors du premier match de son équipe, mais était monté sur le terrain au moment du seul but de cette victoire in extremis contre San José. Il a ensuite récupéré sa place, offrant deux passes décisives contre Kansas City, et fut le joueur le plus proche d’offrir aux siens une quatrième victoire de suite en envoyant un coup franc sur la transversale contre Seattle.

Laurent Ciman
Même si Montréal n’a toujours pas gagné cette saison, sa défense a paru bien plus solide que l’an dernier, et Ciman en est en partie responsable. Il n’est passé inaperçu ni lors de la courte défaite à DC United, ni lors du nul blanc arraché en infériorité numérique à New England, multipliant les interventions et les bonnes relances. Par contre, lors de l’absence de l’international belge contre Orlando, son club a encaissé deux buts. Coïncidence ?

Damien Perrinelle
Remplaçant la saison dernière, l’arrière central a reçu sa chance dès le premier match de championnat et l’a saisie à pleine mains. Il fait partie des cinq joueurs de son équipe, toujours invaincue, n’ayant pas manqué la moindre minute en trois rencontres cette saison. Associé dans l’axe à Zubar puis à Miazga, Perrinelle a permis à sa défense de rester solide malgré trois duels très difficiles - à Kansas City, contre DC United et à Columbus.

31 March 10:46 de la mañana

En tête du championnat après quatre journées avec trois victoires et un nul, Dallas est au cœur de notre premier gros plan de l’année dans l’émission de cette semaine (que vous pouvez également écouter ici). On décortique le jeu du leader en répondant entre autres aux questions suivantes :

  • Qu’est-ce qui ressort du jeu de Dallas ?
  • Des buts différents jusqu’à présent… mais des choix de jeu quand même identiques à ceux de 2014 ?
  • Les changements apportés cet hiver, pour le mieux ?
  • Quel est le profil des vedettes du club ?
  • Qui sont les joueurs qui incarnent le mieux l’équipe ?
  • Lesquels sont les plus agréables à voir jouer ?
  • Oscar Pareja, le Mourinho de MLS ?
  • Le modèle de jeu offensif de Dallas est-il équilibré ?
  • Que disent les faiblesses défensives de l’équipe sur ses intentions ?
  • Dallas peut-il s’en sortir si ses adversaires le bloquent sur phase arrêtée ?
  • Un bloc bas qui va chercher des phases arrêtées dans le camp adverse : paradoxal ou non ?

Par ailleurs, nous lançons le vote pour le Franco du mois de mars. Explications en fin d’émission. Vous pouvez voter sur Twitter et sur Facebook (liens ci-dessous). Les finalistes sont Michel Garbini (Dallas), Laurent Ciman (Montréal) et Damien Perrinelle (New York RB).

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

30 March 11:55 de la mañana

Dallas perd ses premiers points mais reste en tête, Vancouver remporte une troisième victoire de suite, le nombre de clubs invaincus chute drastiquement tout comme celui de clubs sans victoire, et Colorado collectionne les 0-0 : voilà le bilan de la quatrième journée de championnat.

Auteur d’un sans faute après trois semaines de compétition, Dallas avait une tâche ardue en recevant Seattle, et elle s’est encore compliquée suite à l’exclusion d’Acosta après moins de 20 minutes. L’auteur a reconnu sa faute mais, comme ses équipiers, a été surpris par le carton rouge car l’arbitre avait laissé l’avantage. Une supériorité numérique dont n’ont pas profité les visiteurs, privés de plusieurs joueurs importants, mais heureux d’avoir pris un point contre un adversaire dont le style de jeu n’est guère affecté suite à une exclusion, dixit Sigi Schmid.

Toujours en tête du classement, les Texans voient se rapprocher d’eux deux des bonnes surprises de ce début de saison. En battant Portland, Vancouver a remporté une troisième victoire consécutive, à nouveau dans les toutes dernières minutes, cette fois grâce à Earnshaw qui venait de monter au jeu et a signé au club il y a quelques jours à peine. Les visiteurs ne comprenaient pas comment ils n’avaient pas gagné un match à l’issue duquel les statistiques traduisaient leur domination. Il n’empêche, Portland a concédé sa première défaite de la saison et attend encore sa première victoire.

Avec sept points en trois rencontres, New York réussit un début de championnat dépassant les espérances. Les hommes de Jesse Marsch étaient non seulement fiers de leur succès mais aussi d’avoir contrôlé le rythme du match à Columbus, pointé parmi les favoris en début de saison. Les vaincus reconnaissaient sportivement les mérites de leurs adversaires du jour, qui ont joué de telle façon à les sortir de leur match.

Outre Dallas et New York, deux équipes sont toujours invaincues. Salt Lake a remporté sa première victoire de l’année grâce au jeune Allen, d’autant plus heureux qu’une blessure avait mis fin prématurément à sa première saison pro. Quelques instants avant ce but, Toronto avait égalisé et était donc d’autant plus frustré de cette défaite dans les derniers instants. En partageant sur un nul blanc à Houston, qui a peiné à se créer des occasions, Colorado est certes toujours en panne offensive mais reste invaincu avec ce troisième 0-0 de suite en autant de rencontres cette saison.

Il s’en est fallu de peu pour que le LA Galaxy conserve son brevet d’invincibilité mais le détenteur de la Coupe MLS s’est incliné de manière « ridicule » en toute fin de match à DC United grâce à un but de Pontius qui a enfin marqué après avoir galvaudé de nombreuses occasions. Première défaite de la saison également pour New York City, qui avait pourtant parlé toute la semaine des phases arrêtées mais a été puni par un but d’Opara suite à une longue touche de Besler, offrant trois points à Kansas City qui avait d’autant plus travaillé cet aspect du jeu qu’il le considérait important sur un terrain aussi étroit que celui du Yankee Stadium.

Comme Salt Lake et Kansas City, Chicago et New England ont remporté leur première victoire de la saison. Les hommes de Frank Yallop se sont imposés par le plus petit écart contre Philadelphie lors d’un match qui n’a guère volé haut mais permis à Shipp de mettre en valeur ses qualités face à un adversaire en flagrant manque de créativité. Les pensionnaires de Foxborough espèrent pour leur part que leurs deux premiers buts de la saison, tous deux signés Rowe, ouvriront les vannes, alors que San José, leur victime du jour, déplore un début de match raté. Quelques instants d’inattention peuvent coûter très cher : en encaissant deux buts évitables en deux minutes, Montréal a laissé Orlando revenir dans un match qui semblait hors de sa portée contre un adversaire emmené par Kaka mais privé de nombreux titulaires et qui devait s’ajuster à une nouvelle disposition tactique.

LES RÉSULTATS
New England - San José
Montréal - Orlando
DC United - LA Galaxy
New York City - Kansas City
Columbus - New York RB
Vancouver - Portland
Dallas - Seattle
Houston - Colorado
Chicago - Philadelphie
Salt Lake - Toronto

 
2-1
2-2
1-0
0-1
1-2
2-1
0-0
0-0
1-0
2-1

Classement général
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27 March 12:10 de la tarde

L’annonce de l’arrivée de Minnesota en MLS en 2018 confirme une tendance lourde depuis des années : les clubs qui font leur entrée en MLS sont de plus en plus rarement créés de toutes pièces à cette fin. Ils existent déjà depuis plusieurs années au moment de l’annonce, et leur supporters apprennent donc, en quelque sorte, leur promotion officielle parmi l’élite du soccer canado-américain quelques années à l’avance. Durant ce laps de temps, leur équipe continue-t-elle d’être performante ? Et cela constitue-t-il un avantage au moment d’entrer en MLS ? C’est ce que j’ai voulu vérifier.

Saison Division Class. Points Phase finale Spectateurs
           
NOUVEAUX CLUBS
           
TORONTO (annonce en novembre 2005)
2007 MLS 13/13 25/90 non 20120
           
SAN JOSÉ (annonce en juillet 2007)
2008 MLS 14/14 33/90 non 13713
Cette situation est particulière car à l’issue de la saison 2005, les San Jose Earthquakes ont déménagé à Houston. Le club qui a vu le jour en 2008 en a repris le nom et le palmarès, mais était quand même, à peu de choses près, une nouvelle entité.
           
PHILADELPHIE (annonce en février 2008)
2010 MLS 14/16 31/90 non 19254
           
NEW YORK CITY (annonce en mai 2013)
2015 MLS en cours
           
Les deux clubs qui commenceront à jouer en MLS en 2017 (Atlanta et Los Angeles FC) seront également des nouveaux clubs.
           
CLUBS EXISTANTS
           
SEATTLE (annonce en novembre 2007)
2007 USL (D2) 1/12 54/84 champion 3396
2008 USL (D2) 6/11 40/90 ¼ de finale 3386
2009 MLS 4/15 47/90 ¼ de finale 30897
           
VANCOUVER (annonce en mars 2009)
2009 USL (D2) 7/11 42/90 finale 5312
2010 D2 5/12 45/90 ½ finale 5152
2011 MLS 18/18 28/102 non 20153
           
PORTLAND (annonce en mars 2009)
2009 USL (D2) 1/11 58/90 ½ finale 9734
2010 D2 4/12 49/90 ¼ de finale 10727
2011 MLS 12/18 42/102 non 18827
           
MONTRÉAL (annonce en mai 2010)
2010 D2 6/12 43/90 demi-finale 11464
2011 NASL (D2) 7/8 35/84 non 11554
2012 MLS 12/19 42/102 non 22772
           
ORLANDO (annonce en novembre 2013)
2013 USL Pro (D3) 2/13 54/78 champion 8053
2014 USL Pro (D3) 1/14 62/84 ¼ de finale 4743
2015 MLS en cours
           
MINNESOTA (annonce en mars 2015)
Les supporters du Minnesota United FC devront être patients puisque l’annonce de leur entrée en MLS est faite trois ans avant les débuts du club parmi l’élite, ce qui constitue une première pour un club déjà existant. Ils se consoleront en se disant que leurs prédécesseurs ont généralement connu de bonnes saisons de transition dans les divisions inférieures et ont, surtout, souvent mieux réussi leurs débuts en MLS que les clubs partant de zéro.

25 March 12:08 de la tarde

L’élargissement de la Major League Soccer se poursuit : dès 2018, une nouvelle équipe viendra garnir les rangs de la MLS et jouera ses rencontres dans un stade flambant neuf construit au centre-ville de Minneapolis. L’annonce en a été faite par Don Garber, commissaire de la MLS, ce mercredi.

Emmené par le propriétaire de l’actuel Minnesota United FC, le Dr Bill McGuire, le groupe de propriétaires de la nouvelle équipe de MLS est sur le point d’être complété, et sera entre autres composé d’investisseurs du Minnesota dont Robert Pohlad, Jim Pohlad, Wendy Carlson Nelson et Glen Taylor. McGuire, médecin, philanthrope et ancien directeur général du groupe UnitedHealth, est impliqué activement dans la communauté du soccer au Minnesota depuis qu’il a acheté les Minnesota Stars (aujourd’hui Minnesota United FC) en novembre 2012.

« Nous sommes fiers d’accueillir Minnesota en Major League Soccer, a déclaré le commissaire Garber. L’engagement du groupe de propriétaires envers le soccer et la collectivité, la croissance de la population de la génération Y dans les environs et la grande tradition régionale de supporter le soccer de tous les niveaux au Minnesota sont des indicateurs clefs qu’il s’agit du marché adéquat. Les supporters de soccer passionnés du Minnesota auront bientôt au stade de soccer de classe mondiale au centre-ville, qui sera le domicile de la nouvelle équipe de MLS et deviendra la destination de grands évènements sportifs internationaux. »

La proposition de construire un stade extérieur centralisé et accessible en transports en commun a été un élément clef de l’offre du nouveau club. Le stade proposé serait situé dans le quartier du Farmers Market, à l’ouest du Target Field (domicile des Minnesota Twins) et adjacent à l’autoroute I-94. Le club travaille à la finalisation des plans du nouveau stade afin qu’ils soient prêts pour le 1er juillet.

« Je veux remercier le commissaire de la MLS, Don Garber, et les propriétaires de la ligue de nous avoir aidés à amener la Major League Soccer au Minnesota, a déclaré McGuire. Pour notre groupe de Minnésotains qui aimons cet État et nous sommes engagés à concrétiser cette vision, il s’agit d’une journée capitale que nous attendions tous. »

Seizième plus grand marché des États-Unis, comptant près de quatre millions d’habitants, les Twin Cities sont le siège de 19 entreprises classées au Fortune 500 – plus que n’importe quelle autre communauté urbaine d’une taille comparable. La région compte une croissance de population de la génération Y parmi les plus importantes au pays, le nombre de jeunes adultes ayant augmenté de près de 25 pour cent au cours des sept dernières années.

Le soccer est une tradition de longue date au Minnesota : déjà dans les années 1970, les Minnesota Kicks attiraient régulièrement plus de 40 000 personnes dans l’ancienne North American Soccer League. Récemment, le Minnesota United FC, emmené par l’international américain Miguel Ibarra, a terminé en tête de la saison régulière 2014 de l’actuelle NASL. L’État compte également plus de 70 000 joueurs de soccer affiliés.    

« En tant qu’ancienne joueuse de tennis universitaire et professionnelle, je crois de tout cœur en l’impact positif du sport sur le développement des jeunes, la création d’un collectif et le “nivellement du terrain” permettant à tous de participer, a déclaré Wendy Carlson Nelson, membre du conseil d’administration de Carlson, philanthrope et membre du groupe de propriétaires de la nouvelle franchise. La possibilité d’amener le plus haut niveau de soccer dans notre ville, d’inspirer nos jeunes, de nous réunir autour d’une fierté collective : c’est une grande victoire pour le Minnesota. Nous avons une communauté diversifiée et le soccer est le sport le plus populaire de la planète, joué sur tous les continents : je pense qu’il va rapprocher les unes des autres ces composantes “diverses” du Minnesota. Ce cadeau va fleurir et s’épanouir en dehors du terrain, alors réunissons-nous pour qu’il en soit ainsi. »

« La grande popularité du soccer et le fait qu’il cible les jeunes sont tellement forts qu’amener chez nous ce sport, à son meilleur niveau, est une occasion formidable, a déclaré Robert Pohlad, président de Pohlad Companies et membre du groupe de propriétaires de la nouvelle franchise. Notre famille pense que le soccer dans cette partie du centre-ville de Minneapolis peut aussi être un catalyseur de développement. Nous nous réjouissons à l’idée d’entrer dans la famille de la MLS. »

Les abonnés actuels et les individus qui achèteront un abonnement pour la saison 2015 du Minnesota United FC auront la priorité lors du choix des sièges pour la saison 2018 du club en MLS. Appelez le 763-4-SOCCER ou rendez-vous sur www.mnunitedfc.com pour les détails.

Avec l’ajout de Minnesota, la MLS compte un total de 13 nouveaux clubs depuis 2005, concrétisant une vision d’élargissement qui a transformé le paysage du soccer professionnel en Amérique du Nord.