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Coup Franc

20 April 11:39 de la mañana

Les deux premiers du classement restaient sur deux rencontres pénibles, mais Vancouver et Dallas ont retrouvé leur niveau : les premiers en allant infliger à Salt Lake sa première défaite de la saison, les seconds en battant Toronto à l’issue d’une soirée interminable. Seule équipe toujours invaincue, New York a une nouvelle fois confirmé son bon début de saison.

Le sommet indéniable de la journée opposait Salt Lake, une des deux seules formations qui n’avait pas encore perdu cette saison, à Vancouver, premier du classement qui venait cependant de prendre un point sur six. Mais le leader a gardé la maîtrise de ses nerfs, contrairement à son adversaire, qui a fini à neuf. Premier exclu, alors que le score était toujours vierge, Saucedo assumait sa responsabilité dans la défaite. Néanmoins, avant cela, son équipe n’avait pas réussi à prendre l’avance face à des visiteurs qui ont appliqué avec grand sérieux les nouvelles consignes de leur entraîneur avant de profiter de leur supériorité numérique pour porter le coup de grâce.

Autre équipe du haut du classement qui tournait au ralenti, Dallas a retrouvé la position de l’accélérateur, sur lequel il a appuyé dès les premiers instants contre Toronto, puisque Castillo a inscrit après 29 secondes le but le plus rapide de l’histoire du club. Le marquoir affichait 3-0 à deux minutes de la mi-temps, moment où des éclairs ont forcé une interruption du match… longue de trois heures et demie. Malgré tout, on a joué trois minutes avant de refaire une pause d’un quart d’heure et de disputer une deuxième mi-temps qui a fini en trombe, avec deux buts de Toronto. Au coup de sifflet final, à près d’une heure du matin et devant une poignée de fidèles, les Texans étaient bien heureux d’avoir pris trois points dans des circonstances aussi difficiles.

La journée avait commencé vendredi soir par la victoire de New York 2-0 contre San José, débuts réussis d'une série de trois rencontres à domicile que les hommes de Jesse Marsch veulent conclure avec neuf points de plus en poche. Même s’ils sont les seuls de la compétition à ne toujours pas avoir perdu et malgré leur succès somme toute aisé, ils pointaient avant tout les progrès à accomplir, se montraient sévères envers eux-mêmes et déclaraient ne pas être encore à leur meilleur niveau. Tenus en échec chez eux par Houston, les joueurs de DC United maniaient également l’autocritique après un deuxième partage consécutif à domicile qui, selon eux, aurait dû se conclure en victoire.

New England remonte discrètement et s’est imposé à Philadelphie, où les mauvais résultats continuent de s’accumuler, à l’issue d’une soirée marquée par les retours, que ce soit celui au marquoir après avoir été mené au score, mais aussi celui de Woodberry sur un terrain. L’équipe reste à la même hauteur que deux autres favoris du début de saison : Seattle, où Martins a encore montré l’étendue de ses qualités techniques, et le LA Galaxy, qui doit ses trois points à Gonzalez rentré en toute fin de match pour marquer le but de la victoire contre Kansas City.

Notons également que Columbus semble avoir trouvé son rythme de croisière et a emmagasiné une bonne dose de confiance en battant Orlando, où Ramos est passé à côté de son sujet, alors que Portland a enfin fait preuve de pragmatisme pour s’imposer à New York City.

LES RÉSULTATS
New York RB - San José
DC United - Houston
Columbus - Orlando
Dallas - Toronto
Colorado - Seattle
Salt Lake - Vancouver
LA Galaxy - Kansas City
Philadelphie - New England
New York City - Portland

 
2-0
1-1
3-0
3-2
1-3
0-1
2-1
1-2
0-1

Classement général
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17 April 12:20 de la tarde

L’équipe de Montréal est arrivée au Mexique ce jeudi, afin de mieux préparer sa finale de Ligue des champions. Pour l’aider à briller sur la scène continentale, plusieurs de ses rencontres de championnat ont également été reportées. Est-ce vraiment si difficile que cela d’être performant sur les deux tableaux en même temps ?

Pour le savoir, regardons les chiffres et le passé. Le tout à partir des quarts de finale, toujours synonymes pour les clubs de MLS de début de nouvelle saison, mais aussi souvent d’état d’esprit différent au moment d’en découdre dans la compétition phare pour les clubs de la Concacaf. Entre 2011 et 2014, dix équipes de MLS ont dû jongler avec la combinaison championnat - Ligue des champions.

Leur calendrier a régulièrement été accommodé (notamment pour leur éviter de jouer entre le match aller et le match retour quand ceux-ci avaient lieu deux semaines consécutives). Elles ont disputé un total de 26 rencontres de MLS lors du week-end juste avant ou juste après un match de Ligue des champions. Le bilan est médiocre : 25 points sur une possibilité de 78 (de quoi terminer environ 16e sur 20 à la fin de la saison régulière). Ajoutons que quelques fois, le calendrier de la MLS était adapté pour mettre aux prises deux formations toujours présentes sur la scène continentale, donnant aux deux adversaires un handicap similaire. Ce fut encore le cas cette année avec DC United - Montréal.

De ces dix équipes, une est allée en finale (Salt Lake en 2011) et trois autres en demi-finale (Seattle et le LA Galaxy en 2013, Toronto en 2012). Cela a donc fait quinze tours de Ligue des champions à gérer. Mais de ces quinze possibilités entre 2011 et 2014, il n’est arrivé que quatre fois de voir une équipe exempte de championnat tant avant son match aller qu’avant son match retour. Toronto en a profité en quart de finale en 2012 et a éliminé le LA Galaxy, alors que ça n’a pas permis à Seattle d’écarter Santos Laguna au même stade de la compétition la même année. En 2011, Salt Lake a pu préparer sa demi-finale victorieuse contre Saprissa de la sorte, tout comme la finale face à Monterrey, perdue en jouant le match retour à domicile.

Autre question lancinante : après les émotions fortes continentales, est-il facile de se concentrer à nouveau sur le championnat ou la suite de la saison est-elle en péril ? Oublions les quarts de finalistes, qui n’ont pas eu à jouer sur les deux tableaux longtemps. La mémoire collective canadienne retient surtout le parcours catastrophique de Toronto en 2012, qui a lamentablement terminé dernier en MLS après avoir été en demi-finale de la Ligue des champions en début d’année. C’est toutefois davantage l’exception que la règle.

En effet, il y a deux ans, après avoir fait partie du carré d’as de la Concacaf, le LA Galaxy et Seattle ont respectivement terminé 5e et 6e (sur 19) du championnat à l’issue de la saison régulière. Et en 2011, Salt Lake, qui était jusqu’ici le seul finaliste de MLS de la Ligue des champions depuis qu’elle a été rebaptisée, a terminé 3e (sur 18). Il faut dire que l’équipe avait commencé le championnat en force : alors qu’elle jouait sur les deux tableaux en même temps, elle a pris 12 points sur 15. Elle a subi sa première défaite à Portland, quelques jours après sa finale continentale. Et la suite de son calendrier s’annonçait chargé, puisqu’à ce moment-là, elle comptait quatre rencontres de retard sur la plupart de ses concurrents.

15 April 11:32 de la mañana

La Major League Soccer a annoncé aujourd’hui que Tottenham Hotspur affrontera l’équipe des meilleurs joueurs de MLS dans le cadre du Match des étoiles (All-Star Game) AT&T de la MLS 2015 le 29 juillet à 21h00 (HE) à Dick’s Sporting Goods Park, domicile des Colorado Rapids.

Fondé en 1882, le Tottenham Hotspur Football Club, basé à Londres et affectueusement surnommé Spurs, cultive la tradition d’un football divertissant et offensif. Valeur sûre de l’élite anglaise, il dispose actuellement d’un talentueux effectif cosmopolite et vient de terminer cinq fois de suite parmi les six premiers de la Premier League. Champion d’Angleterre à deux reprises (1951 et 1961), il a également remporté plusieurs coupes nationales, dont la FA Cup qu’il a gagnée huit fois, et est régulièrement qualifié pour une des différentes coupes d’Europe.

« Nous aimerions remercier la Major League Soccer de nous avoir invités à participer au Match des Étoiles 2015, a déclaré l’entraîneur de Tottenham Hotspur, Mauricio Pochettino. Le fait qu’il s’agira de notre seul match de préparation en dehors de l’Europe en dit long sur la considération que nous lui portons. Nous avons apprécié les trois rencontres difficiles que nous avons disputées l’été dernier en Amérique du Nord, et la qualité du football en MLS continue de progresser d’année en année. La préparation de la saison est importante pour nous et nous nous réjouissons à l’idée d’être partie prenante d’un des plus grands évènements du calendrier footballistique américain. Nous savons que la les infrastructures seront de toute grande qualité et nous considérons cette rencontre face aux meilleurs joueurs de MLS comme une bonne préparation. »

Tottenham revendique plus de 400 millions de supporters sur la planète, avec des bases solides au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Chine, en Asie et en Afrique australe, ainsi que plus de 100 clubs de supporters officiels à travers le monde. Le club a inauguré récemment un centre d’entraînement flambant neuf à la pointe de la technologie et a des plans avancés de développement d’un nouveau stade de classe mondiale qui sera au cœur de la régénération du nord de Londres. Il a également mis sur pied une fondation très active par le biais de programmes d’éducation, d’emploi, de santé et d’insertion sociale.

Ce mercredi soir, la MLS et les Colorado Rapids organisent un évènement de bienvenue pour Tottenham, de concert avec le visionnement du match États-Unis - Mexique au Thirsty Lion, au centre-ville de Denver à partir 17h00 (heure locale). Des invités spéciaux seront présents, parmi lesquels le président et vice-commissaire de la MLS, Mark Abbott, la directrice générale de Tottenham Hotspur, Donna-Maria Cullen, et le président des Colorado Rapids, Tim Hinchey, en compagnie des entraîneurs et des joueurs des Rapids.

« Nous sommes enchantés d’accueillir Tottenham Hotspur à Dick’s Sporting Goods Park pour le Match des étoiles de la MLS. Il s’agit d’une des gloires de la Premier League anglaise et son effectif est rempli de joueurs internationaux de grande qualité », a déclaré Jim Martin, membre du conseil de direction des Colorado Rapids.

Pour la douzième fois de l’histoire du Match des étoiles de la MLS, vieux de 20 ans, un club étranger affrontera les meilleurs joueurs de MLS, qui comptent sept victoires, trois défaites et un nul lors de ces confrontations très compétitives et divertissantes. En plus d’honorer les meilleurs joueurs de MLS, ce match a vu se produire des clubs à succès renommés mondialement comme Manchester United (2010 et 2011), Everton (2009), Chelsea (2006 et 2012), l’AS Rome (2012) et, dernier en date, le Bayern Munich (2014).

« Le Match des étoiles AT&T de la MLS reste l’une des traditions les plus divertissantes et anticipées de notre Ligue et de notre sport en Amérique du Nord, a déclaré le président et vice-commissaire de la MLS, Mark Abbott. Nous nous réjouissons d’accueillir un autre adversaire de classe mondiale, Tottenham, et sommes enthousiastes à l’idée de ce match compétitif, point d’orgue d’une fantastique semaine d’évènements. Nous savons que les Colorado Rapids, un de nos premiers clubs, seront d’excellents hôtes et que Dick’s Sporting Goods Park impressionnera tant les supporters au stade que les téléspectateurs à travers le monde. »

La rencontre sera retransmise en direct sur FOX Sports 1, UniMás et Univision Deportes Network (UDN) aux États-Unis, sur TSN et RDS au Canada et dans plus de 100 pays à travers le monde, notamment sur Sky Sports au Royaume-Uni, mais aussi sur Eurosport, Globosat et sur les chaînes de l’Abu Dhabi Media Company.

« Nous sommes une fois de plus ravis de mobiliser la passion des supporters de soccer pour le Match des étoiles AT&T de la MLS, a déclaré Bill Moseley, directeur du marketing et des communications d’AT&T. Chaque année, le match met en valeur le meilleur du sport, et nous sommes impatients de partager le grand moment de cet été avec des spectateurs de partout. »

Pour davantage d’information sur la manière de réserver des places pour ce duel, mais aussi pour le Match Chipotle des joueurs de MLS formés par leur club, rendez-vous sur MLSsoccer.com/all-star.

14 April 3:41 de la tarde

Ces temps-ci, la Ligue des champions est souvent au cœur de l’émission, mais dans celle de cette semaine (également disponible ici), on se concentre davantage sur l’actualité quotidienne du championnat, en revenant notamment sur plusieurs rencontres de la dernière journée, mais aussi sur le passage de Cooper à Montréal.

Au menu, entre autres, le passionnant LA Galaxy - Seattle avec un tout grand match de Penedo (lisez aussi cet article au sujet de Lamar Neagle), la disgracieuse chute du leader Vancouver chez un San José appliqué, le réveil de Colorado à Dallas qui s’est effondré, l’inefficacité de Portland, les progrès d’Orlando, la blessure d’Opara.

Une partie de l’émission est aussi consacrée à Montréal, à son match à Houston, aux options tactiques qui posent question, au choix du onze de départ et des remplaçants, à la première titularisation de Bernier, à l’arrivée de Cooper, à son intégration dans le système de jeu et avec ses coéquipiers.

N’oubliez pas notre concours vous permettant de gagner le livre « On Level Terms ».

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

13 April 11:59 de la mañana

Les deux équipes en tête du classement ont perdu : Vancouver s’est incliné à San José, auteur d’une bonne opération, alors que chez lui, Dallas a été laminé par Colorado qui a inscrit ses quatre premiers buts de la saison. Le LA Galaxy a gagné le sommet contre Seattle, Salt Lake et New York restent invaincus, alors que Philadelphie a remporté sa première victoire de la saison.

Dure journée pour les leaders. Tant en ce qui concerne le résultat que la manière. En déplacement à San José, Vancouver a été méconnaissable, jouant loin en-dessous de son niveau. Si un horaire plus chargé que l’adversaire pouvait expliquer une certaine fatigue, il ne peut excuser l’indigence offensive et le manque de liant entre les joueurs dans le camp adverse. Les Californiens n’ont pas mis longtemps à comprendre et ont effectué un très bon travail défensif pour réduire Vancouver au mutisme, s’imposer et réaliser une affaire juteuse au classement.

Que dire de Dallas ? Impressionnant pendant les trois premières journées de championnat, il a concédé sa deuxième défaite consécutive, s’inclinant 0-4 contre Colorado qui n’avait pas encore marqué le moindre but jusque-là. L’aveu d’impuissance est encore plus flagrant quand Oscar Pareja admet que son équipe n’avait pas de solutions pour répondre à son adversaire. Après 6 mois et 602 minutes sans marquer, cette victoire mais surtout ces buts ont enlevé un gros poids des épaules des visiteurs. Soulagement aussi à Philadelphie qui a remporté contre New York City sa première victoire de la saison grâce à un but de Nogueira qui a saisi la dernière chance de marquer du match.

Un des sommets de la journée opposait dimanche soir le LA Galaxy à Seattle. Même s’il n’y a eu qu’un but lors de la rencontre, en faveur de l’équipe locale, le match a tenu ses promesses avec beaucoup d’intensité et d’occasions. Le duel Neagle - Penedo a été particulièrement épique, tournant à l’avantage du gardien qui a sorti des ballons on ne peut plus chauds. Ses coéquipiers le remerciaient d’avoir gardé leur équipe dans le match et ses adversaires le félicitaient, déplorant d’avoir perdu leur meilleur match de l’année. Une journée de championnat difficile pour les équipes du Nord-Ouest Pacifique puisque Portland a également mordu la poussière, chez lui contre Orlando.

Il y avait aussi un sommet très alléchant dans l’Est. Longtemps, DC United pensait infliger à New York sa première défaite de la saison, mais a laissé filer la victoire en fin de match de manière « inacceptable ». Alors que son équipe était menée 2-0, Perrinelle, récemment élu Franco du mois de mars, l’a relancée en réduisant l’écart avant que Sam n’égalise. Les Red Bulls restent invaincus et leurs ambitions grandissent : pour leurs trois prochains duels, tous à domicile, ils ne visent rien de moins qu’un neuf sur neuf.

Salt Lake a également conservé son brevet d’invincibilité (ils ne sont plus que deux dans ce cas) en partageant l’enjeu après avoir installé un solide barrage à Kansas City, qui n’a pas marqué malgré une prestation encourageante en plusieurs points. À l’autre bout du classement, Montréal, qui va accumuler les matchs de retard, est la seule équipe à ne pas encore avoir gagné : samedi, elle a monopolisé le ballon et multiplié les erreurs pour s’incliner à Houston. Enfin, New England et Columbus n’ont pu ni se départager ni trouver le chemin des filets.

LES RÉSULTATS
Dallas - Colorado
New England - Columbus
Philadelphie - New York City
DC United - New York RB
Houston - Montréal
Kansas City - Salt Lake
San José - Vancouver
Portland - Orlando
LA Galaxy - Seattle

 
0-4
0-0
2-1
2-2
3-0
0-0
1-0
0-2
1-0

Classement général
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10 April 3:18 de la tarde

La semaine a été marquée par la qualification de Montréal pour la finale de la Ligue des champions. Matthias Van Halst et Olivier Tremblay étaient sur place et vous font partager tout ce qu’ils ont vécu à Alajuela dans l’émission de cette semaine (également disponible ici), lors de laquelle on parle aussi Franco du mois, équipes nationales de jeunes et décisions juridiques.

Principaux sujets concernant Montréal - Alajuelense :

  • L’accueil chaleureux dans la ville d’Alajuela
  • L’ambiance le jour du match et pendant celui-ci
  • Des supporters très chauds mais rarement agressifs
  • La qualification montréalaise tirée par les cheveux
  • Efficacité offensive et naissance d’automatismes
  • L’apport de Bernier après sa montée au jeu
  • Les commentaires des joueurs après la rencontre
  • Bush et Soumare ont joué avec le feu
  • S’arrêter de jouer ou tourner les dos : des erreurs à ne plus commettre
  • L’Importance de cette qualification pour l’Impact de Montréal
  • Quelques mots sur la finale contre l’America Mexico

Les autres sujets :

  • Dévoilement du franco du mois de mars (victoire de Damien Perrinelle)
  • Pas de jeune de l’Impact en équipe nationale U17 : les explications de Rudy Doliscat
  • Club de lecture : soccer et justice (gagnez le livre)

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08 April 12:50 de la tarde

Hier soir, Montréal a donc réussi à se qualifier pour la finale de la Ligue des champions. Battu à Alajuelense 4-2, il passe grâce à sa victoire 2-0 du match aller et ses deux buts marqués à l’extérieur.

Je ne vous raconterai pas le match en détails, vous pouvez en lire des résumés un peu partout, et vous l’avez, je l’espère, certainement vu ! Pour en savoir plus sur les prestations individuelles, consultez le bulletin de notes décerné par Patrick Leduc.

Les supporters des bleu, blanc, noir ont eu de fortes émotions en voyant leurs favoris passer dans des circonstances difficiles. Celles sur le terrain leur ont rappelé le cauchemar de Santos Laguna, et l’ont peut-être même effacé des antres de leur inconscient. Mais il y avait aussi une ambiance dans les tribunes avec laquelle peu de joueurs étaient familiers.

Parmi les exceptions, Laurent Ciman, qui a connu quelques enfers depuis le début de sa carrière, et a pu dispenser de judicieux conseils à ses coéquipiers. « Je leur ai dit de jouer leur football et de faire abstraction de l’extérieur. Et que s’ils sont là et si l’entraîneur leur fait confiance, c’est qu’ils ont des qualités », expliquait le défenseur belge.

Après la douche, la liesse s’était dissipée chez les vainqueurs. Oui, les joueurs étaient évidemment très heureux, mais ils étaient également marqués par un match difficile, et reconnaissaient d’ailleurs qu’il leur restait beaucoup de travail. « On est rentré, on a laissé dégager toute l’énergie qui restait en fin de match parce qu’on avait beaucoup de tension. Tout le monde était vraiment heureux », raconte Patrice Bernier, sur l’entrée au vestiaire juste après le match.

C’est que la rencontre a été faite de hauts et de bas pour l’Impact, qui a vacillé entre contrôle, énormes frayeurs et moments d’égarement qui auraient pu coûter cher. Comme les incessants gains de temps de Bush. Ou quand, à la demi-heure, Soumare a agrippé la tignasse de McDonald et l’a tirée fermement. « Quand vous venez ici, dans le jeu, vous prenez beaucoup de coups. Mais c’est à moi d’être intelligent. Je n’avais pas à faire ça », reconnaissait après coup l’arrière central.

Les Montréalais ont dû attendre la fin pour savoir si, de leur point de vue, les scènes qui se jouaient au stade Alejandro Morera Soto étaient celles d’un film d’horreur ou d’un thriller. Les frayeurs ont été nombreuses mais à la fin, c’est le vainqueur de la Coupe du Canada qui s’est imposé, devenant par la même occasion le premier représentant de son pays à atteindre la finale de la compétition.

« Ça fait vraiment plaisir, se réjouissait Soumare. On a l’impression qu’on ne s’en rend pas encore trop compte, mais on a fait quelque chose de gros. On sait que si on continue comme ça, on peut faire quelque chose de très spécial. » Ce quelque chose de très spécial, ce serait, dans un premier temps, devenir champion de la Concacaf. Un titre qui ne ferait pas tache malgré les déboires de l’équipe en championnat depuis un an et demi.

Un succès qui serait aussi le prélude à une nouvelle grande aventure. « La manière n’est pas toujours jolie, mais au moins on va en finale. Il y aura deux matchs… et on sait qu’on est proche de la Coupe du monde des clubs », déclarait ainsi Bernier. Il ne fait aucun doute que les joueurs se verraient bien aller au Japon en décembre prochain. À eux de valider leur billet, en battant le vainqueur du duel Herediano - America Mexico.

07 April 1:07 de la tarde

Le match retour de la demi-finale de la Ligue des champions entre Alajuelense et Montréal (22h00 HE, TVA Sports, Sportsnet, Fox Sports 2) est d’une importance capitale pour les deux équipes. Vainqueur 2-0 au match aller, le dernier représentant de MLS en lice dans la compétition tentera de devenir le premier club canadien de l’histoire à en atteindre la finale. Mais la réception sera très chaude.

D’ailleurs, les supporters locaux et l’ambiance au stade était les principaux sujets de conversation entre les Montréalais et les médias tant canadiens que costariciens. « Ce sera un superbe environnement de soccer, pour le genre de match que les joueurs attendent. Nous avons des joueurs très expérimentés qui ont vécu de grands moments et connaissent ce genre de situation. À Montréal, nous avons joué devant 48000 personnes », déclarait ainsi Frank Klopas à l’issue du dernier entraînement de ses hommes.

En 24 heures, trois équipes se sont en fait entraînées au stade Alejandro Morera Soto. Les deux qui seront en lice sur le terrain, évidemment, mais aussi les supporters locaux qui avaient organisé une réunion de motivation lors de laquelle ils ont donné beaucoup de voix. Il a été plus facile de pêcher des informations auprès d’eux que des deux clubs lors de ces entraînements. En effet, Alajuelense avait organisé sa conférence de presse avant sa séance, mais comme par hasard, les médias montréalais n’avaient que l’heure du début de l’entraînement. Ces derniers – pour des raisons d’heure de bouclage notamment – n’étaient guère nombreux à la séance de l’Impact, où seul Hassoun Camara a répondu à leurs questions, pendant que les journalistes locaux parlaient avec l’entraîneur visiteur et Dilly Duka. Heureusement, MLSsoccer.com a sympathisé les collègues ticos afin de vous fournir toutes les informations recueillies auprès des deux camps au cours de la journée.

Klopas leur a entre autres expliqué ne pas débarquer en terrain inconnu : « Je suis déjà venu voir Alajuelense et Herediano au Costa Rica, je connais ce genre d’ambiance, similaire à celle qu’il y a en Grèce, avec également la pression des médias et des supporters qui ont de grandes attentes. C’est d’autant plus important pour nous de bien jouer, car si on n’est pas dans le coup et qu’Alajuelense marque un ou deux buts, les supporters vont être encore plus dans le match et ce sera encore plus difficile pour nous. »

S’il ne souhaite pas trop élaborer au sujet de ce qu’il connaît de l’adversaire, l’entraîneur visiteur ne tarit cependant pas d’éloges à leur sujet. « Les joueurs costariciens qui viennent en MLS s’adaptent facilement car ils sont très bons techniquement et physiquement. On ne doit pas s’occuper d’un joueur en particulier », explique-t-il avant de se faire demander quel joueur d’Alajuelense il amènerait à Montréal. « J’en prendrais plus que ça. Oui, j’en amènerais quelques-uns ! »

Le 2-0 du match aller ne fait peur à personne, ici à Alajuela. La confiance règne chez les supporters, même ceux d’autres équipes du pays, souvent rivales. « 3-0 », nous dit l’un. « 4-1 », pronostique un autre quelques mètres plus loin. Celui au coin de la rue joue les mimes : après avoir dit Montréal, il montre l’intérieur de stade et fait trembler ses jambes comme les feuilles d’un arbre par grand vent.

Dans de telles circonstances, Montréal compte sur ses joueurs d’expérience afin que tout le monde garde la tête sur les épaules. Confinés dans un cadre luxueux depuis leur arrivée samedi, les joueurs ont découvert le stade et son environnement à peine 24 heures avant le match. L’un d’entre eux le connaissait déjà : Dilly Duka. « Je suis venu ici m’entraîner deux semaines avec l’équipe olympique des États-Unis et je sais ce que cette équipe signifie pour la ville, déclarait le dribbleur montréalais. Ce sera un match différent de celui à Montréal, ils pourront compter sur leurs supporters et ce sera difficile. Ce sera aussi plus compliqué qu’à Pachuca, tout simplement parce que c’est une demi-finale. »

Interrogés au sujet du terrain, les Montréalais ne se sont guère dits inquiets : tant sa dimension (« la même que celle du Stade olympique », dixit Klopas) que la surface artificielle en elle-même (« on a déjà joué sur ce genre de synthétique », rassure Duka) ne suscitent pas la moindre crainte. « Attention, ce qu’ils ont vu aujourd’hui ne reflète pas la réalité, nous prévient un journaliste qui suit l’équipe au quotidien. Avant la rencontre, le terrain sera arrosé : l’eau s’évapore rapidement, mais cela change quand même la nature de la surface qui sera bien plus rapide. »

Il nous parle aussi des principaux sujets de conversation autour de l’équipe locale. Il y a l’arbitre, M. Aguilar, un Salvadorien qui avait sifflé le match de Montréal à Atlante lors de la première épopée de l’Impact en Ligue des champions, mais surtout qui avait officié lors d’un match du Costa Rica aux États-Unis dans la neige et y avait suscité l’ire des ticos. L’autre point qui revient souvent, c’est la volonté de faire la différence dès les premières minutes.

Une donne dont Klopas est également bien conscient. « Alajuelense rentrera fort dans le match, encore plus avec l’appui de la foule. Nous devrons être concentrés pendant tout le match, mais encore plus au début. » Il a également pensé à la toute fin, et à des tirs au but éventuels. « Il faut parer à toutes les éventualités, alors nous nous sommes préparés pour la séance de tirs au but. J’espère que nous ne devrons pas nous rendre là, mais le cas échéant, les joueurs qui devront tirer sont prêts. »

Si tous les supporters que nous avons croisés se sont montrés éminemment sympathiques, à l’approche du match, et pendant celui-ci, une seule chose comptera à leurs yeux : tout faire pour pousser leurs favoris à la victoire. « Attention, demain leur comportement sera très différent, a prévenu un collègue local. Évitez de vous frotter à eux et arrivez au match trois heures à l’avance. » Les joueurs, eux, n’auront pas le choix et Evan Bush s’attend à être bombardé.

Il pourrait l’être doublement : tant par les supporters que par l’équipe d’Alajuelense, qui a prévu de mettre tout à l’attaque. Pas seulement parce qu’il faut rattraper deux buts de retard, mais aussi parce que, nous dit-on ici, l’entraîneur Oscar Ramirez veut prouver qu’il sait avoir des intentions offensives. Certes, son équipe a la deuxième meilleure attaque du championnat, mais cette donnée est faussée par le fait qu’elle a inscrit six buts à deux reprises contre des faire-valoir.

Il devrait ainsi y avoir quelques changements par rapport à l’équipe alignée à Montréal. Toujours selon nos collègues costariciens, Soto, qui ne donne pas satisfaction, sera mis à l’écart, tout comme Salvaterria, jugé trop défensif. Matarrita, habituellement dans l’entrejeu, est pressenti pour jouer derrière et monter beaucoup, tout comme l’autre arrière latéral, Gutierrez. Ils devront quand même s’acquitter avant tout de leurs tâches défensives, alors que les milieux de terrain et les avants ont reçu une mission : tout à l’attaque ! Avec un renfort de choix, Alonso, de retour de suspension.

Info ou intox ? Toujours est-il que cette attention focalisée sur l’adversaire et l’ambiance dans la deuxième ville du Costa Rica arrange bien Frank Klopas, qui lui aussi tente au mieux de cacher son jeu à l’ennemi. Les informations sont données avec parcimonie. Voilà ce que Camara répondait quand on lui demandait comment l’équipe gérerait l’équilibre entre la volonté de défendre deux buts d’avance et celle d’en marquer un pour obliger l’adversaire à en inscrire quatre : « Bonne question… Des fois, on a des envies et on prépare des choses, mais au bout du compte, il y a la réalité du match et une autre équipe qui voudra pousser elle aussi. Il va falloir être aussi rigoureux qu’eux défensivement. C’est une équipe qui développe du jeu, essaye de repartir de l’arrière et de trouver le milieu de terrain. On va tout faire pour bloquer ça et tenter de se créer des occasions avec Jack, Nacho ou celui qui jouera. »

Les joueurs montréalais sont toutefois conscients que ce qu’Alajuelense a montré au match aller n’est pas représentatif de son niveau. « Le match au Stade olympique a un petit peu biaisé les choses car on est vite entré dedans et ils étaient un peu déboussolés, ajoute le défenseur français. Il ne faut plus s’y fier mais arriver fort car ils ont les crocs et la volonté de prendre leur revanche. On doit regarder nos points forts et ne pas se concentrer sur l’adversaire pour éviter de commettre la même erreur qu’ils ont commise ce jour-là. »

Des deux côtés, les plans ont été peaufinés pour ce match ultra-important. Pas étonnant que les Montréalais aient choisi un cadre où règnent calme et concentration pour le préparer. Ce soir, la donne sera toutefois bien différente. Maintenant, place au match !

06 April 11:20 de la mañana

Dimanche 5 avril. Aucun match de prévu au stade Alejandro Morera Soto, à quelques encablures de mon hôtel. Je décide néanmoins d’y aller. D’y retourner en fait, parce que j’avais déjà visité l’endroit au matin. Montréal est censé s’entraîner vers 16h00 et n’a pas fait savoir où. Ce n’est pas bien grave puisque la séance est à huis clos. Mais sait-on jamais…

Je sors, il est presque 17h00. Au coin de la rue, le bar La Liga. Avec un gros logo du club au-dessus de la porte. Impossible de se tromper sur sa vocation et le public qui le fréquente. Les rues sont calmes en ce dimanche de Pâques. Tout ou presque est fermé. Difficile de se restaurer. Les gens sont chez eux. Quelqu’un semble avoir mis la musique à fond, des basses résonnent lourdement.

Je m’approche du stade, la musique s’est calmée. Pourtant, elle venait bien de là. Je tourne le coin, et je tombe sur une marée de gens en maillot rouge et noir. Mais que se passe-t-il ? Les supporters sont amassés devant les guichets, pourtant bel et bien fermés. D’ailleurs, tous les billets pour le duel de mardi sont vendus depuis longtemps. Il n’y a pas non plus de match aujourd'hui, l'équipe a lamentablement perdu la veille en alignant ses réservistes. Je me renseigne, avec mon espagnol plus que rudimentaire. La réponse qui revient le plus souvent : c’est une réunion de motivation pour les supporters !

Le stade d'Alajuelense, ses tribunes à pic, avec, au loin, des volcans qui reflètent bien l'ambiance qui y règne les jours de match... mais parfois aussi à d'autres moments.

Oui, vous avez bien lu. Deux jours avant le match, sans raison apparente, les supporters les plus fervents vont devant le stade et chantent comme s’ils étaient dans la tribune ! L’un ou l’autre me dit aussi que la rumeur courait que Montréal viendrait s’entraîner ce soir. Difficile de savoir d’où elle sort, puisque même les principaux intéressés n’ont connu leur lieu d’entraînement qu’à la dernière minute, et qu’il était bien loin de là. Mais, au cas où, il y aurait eu un comité d’accueil pour faire forte impression. De toute façon, ce n’était qu’une rumeur, peu de monde m’en a parlé, et une chose est sûre : tous les supporters présents auraient été là, entraînement de Montréal ou non.

À peine le temps d’en savoir plus, et l’ambiance est relancée. La fanfare s'en donne à cœur-joie. Ça chante, ça saute, ça danse dans tous les sens. À quel point le match de mardi est-il important pour les supporters d’Alajuelense ? Très important ? Méga important ? D’une importance plus que gigantissime ? Non, encore plus important que ça ! Les paroles de la moitié des chants, sûrement habituels au stade, avaient été modifiées pour y introduire les mots mardi et gagner. Ça en dit long.

Il y de l'entrain dans les cœurs. Tout le monde y croit. Soudain, silence. Ou plutôt, les chants se font plus calmes pour céder la place à des sirènes de motos de police. Une partie des supporters se précipite. On croit qu’elles escortent l’ennemi montréalais. Les sifflets se font entendre. Mais les éclaireurs reviennent déçus : ce sont juste des policiers qui sont là au cas où il y aurait des débordements. Ils se postent un coin de rue plus loin, observent et se font discrets. Ils ne sont pas très nombreux, une dizaine tout au plus, et n’auront jamais à intervenir.

Indoor soccer. Oui, vous avez bien lu. Et, oui, on est toujours dans le stade d'Alajuelense, qui a aussi une vocation sociale.

Ça donne l’occasion de faire une pause. Il fait chaud, et il faut boire beaucoup. Le sympathique hôte de mon hôtel me l’a aussi vivement conseillé. Quant à la propriétaire des lieux, elle m’a appris que, comble du hasard, dans la chambre à côté de la mienne loge… un joueur d’Alajuelense. Un Brésilien arrivé au début de l’année avec un contrat d’une demi-saison. Tant qu’il n’en sait pas plus sur son avenir, il reste installé ici. Il déménagera s’il signe pour plus longtemps.

Fin de la pause. Les chants peuvent reprendre. Personne n’est parti, évidemment. Le trompettiste est particulièrement en forme. Il donne le rythme, tout le monde connaît bien entendu les paroles et sait quand il faut taper des mains, chanter ou sauter. Cette ambiance me prend aux tripes. Je n’ai jamais autant regretté de ne ni parler ni comprendre l’espagnol.

Les supporters sont environ 500 à vue de nez. De tous âges. Les jeunes dans la vingtaine et début trentaine sont majoritaires. Certains sont âgés de quelques mois ou de quelques années à peine. Je regarde l’un d’entre eux passé des épaules de son père à celles de sa mère en me disant qu’il a de la chance d’être là. Pas de vivre cet instant précis, dont il ne se souviendra probablement pas, mais de se faire passer le virus de ce sport que nous aimons tant. Dans 15 ans, c’est peut-être lui qui lancera les chants. Non loin de lui, une jeune fille en fauteuil roulant.

L'entrée des loges, rare lieu de luxe d'un stade où règne une grande ferveur populaire.

D’autres sont beaucoup plus anciens. Soudain, devant moi, une femme d’un âge plus qu’avancé mais en toute grande forme, me voyant certainement plus calme que la moyenne et même pas aux couleurs d’Alajuelense, vient me taper dans les mains et m’invite à danser avec elle ! Elle m’expliquera qu’elle supporte le club depuis 50 ans, et me montrera fièrement sa place d’abonnée dans la tribune populaire ouest. Comment lui refuser ça ? Ainsi, si vous me voyez danser avec des supporters sur une vidéo sortie de nulle part, vous savez comment ça a commencé. Quoi, Rachel Bonnetta n’est pas la seule à y avoir droit !

Les supporters m’interpellent. Me demandent d’où je viens. Cheveux clairs, peau à moitié blêmie par l’interminable hiver montréalais et à moitié couleur rouge-écrevisse suite à un coup de soleil, ce n’est pas courant dans le coin ! Comment vais-je être accueilli ? Je la joue en deux temps. Je commence par dire que j’ai grandi en Belgique. Directement, on me parle avec fierté d’Oscar Duarte, joueur de Bruges venu d’Alajuelense (et auteur d’un but à la dernière Coupe du monde).

Rapidement, j’enchaîne quand même en expliquant que désormais, je vis au Canada et suis journaliste. Les réactions ne sont pas hostiles, même si j’ai bien entendu droit à quelques regards réprobateurs (mais pas méchants) et pouces vers le bas. Ça n’empêche pas les conversations de continuer. Tout le monde autour de moi est évidemment persuadé de l’issue favorable à leurs favoris mardi.

Et puis, la discussion avançant, je leur explique qu’ils m’ont conquis. Que je découvre le foot sur place au Costa Rica et qu’entre tous les clubs du pays, avec ce que je vis aujourd’hui, “mi corazon esta Alajuelense”. Joie comme si leur équipe avait marqué en but. Enfin, non, quand ils marquent, ça doit être bien plus fou que ça. Leur fierté fait chaud au cœur. Et l’allégresse se poursuit quand je tente de dire que c’est tout naturel pour un gars qui grandi à Bruxelles avec le cœur rouge et noir, et anti-mauve (couleur de Saprissa, ennemi juré d’Alajuelense).

Les supporters d'Alajuelense sont à la fois lions, sympathiques et accueillants. Cette image souhaitant la bienvenue et décorant l'entrée du vestiaire de leur équipe les représente bien.

Il n’y a toutefois pas de haine malsaine envers le rival. D’ailleurs, un supporter clairement affiché mauve est passé en voiture dans la rue. Un seul être vêtu de rouge et noir a réagi plus durement : un chien, car il y en avait un autre à l’arrière du véhicule. En voilà un qui veut protéger son territoire. En matière de respect, l’inverse est tout aussi vrai. Dans l’après-midi, j’ai fait le trajet entre Belen et Alajuela en voiture avec Kevin, un supporter de Saprissa qui m’a gentiment offert de m’accompagner en m’expliquant que c’est ça la « pura vida, et 100% tico ». Il avait évidemment vu le match au Stade olympique de Montréal, et en avait long à dire.

Comme les journalistes costariciens présents ce jour-là, il pense qu’Alajuelense n’a rien montré et était méconnaissable. Il s’emporte par contre quand je lui demande de parler de l’arbitre : pour lui, faire des reproches au directeur de jeu est une excuse facile. Son souhait, comme celui de tout le pays me dit-il, est de voir les deux clubs du Costa Rica – Alajuelense et Heredia, deux ennemis de Saprissa – atteindre la finale de la Ligue des champions. Pour mardi, il pronostique une victoire 3-0 des rouge et noir, ou alors un succès après prolongation. « Ce sera très dur pour Montréal, croit-il. Leur seule chance de passer est d’inscrire un but en première mi-temps. S’ils n’ont pas marqué à la pause, ils ne le feront pas après. Et alors, Alajuelense émergera. »

Fin de cette digression, retour au stade. Les supporters veulent poser en photo à mes côtés. D’accord. On me met un drapeau du club local sur le dos. C’est gentil… mais je vais quand même mettre une limite au dépassement de ma neutralité journalistique de la soirée. Ils sont déçus mais ne le prennent pas mal. Puis soudain, on me dit, de manière sympathique : « arrête de discuter, on est là pour chanter, taper des mains et danser ». C’est vrai, c’est une réunion de motivation, il ne faut pas l’oublier !

Dimanche matin. Deux jours avant le match, une cinquantaine de supporters se réunit afin de finaliser les plans pour l'ambiance qui devra régner mardi. Ils ont aussi préparé un tifo, dont je n'ai presque rien vu... ce qui était déjà beaucoup trop à leurs yeux.

Le soir tombe, les gens se dispersent. Certains sont là depuis bien plus tôt ce matin. D’ailleurs, à cette heure-là… j’y étais aussi. Encore une fois, un peu par hasard. Enfin non, je voulais évidemment voir le stade. Mais je ne savais pas qu’il serait ouvert, et encore moins qu’une frange de supporters serait à l’intérieur.

Il n’est pas grand, mais il est impressionnant. Le garde de sécurité m’autorise bien gentiment à entrer et à prendre des photos. Merci, un grand merci ! Les quatre tribunes sont très à pic. Il y a quelques sièges en haut des latérales, des loges aussi, mais pour la plupart des places, on a simplement droit à des blocs de béton hauts de deux marches. On peut y être aussi bien assis que debout. Sur les buts, s’il y a des poussées, il faut avoir un bon équilibre !

Tout est rouge et noir, à l’exception des escaliers en jaune et de quelques inscriptions en blanc. De toute façon, mardi, on n’en verra rien, toutes les places seront occupées. Et tout sera également rouge et noir… L’endroit est modeste dans la mesure où il n’y a pas grand luxe. De toute façon, on n’est pas dans un hôtel pour milliardaires mais dans un stade de foot populaire. Et je peux vous l’affirmer, ça sent le foot à plein nez. Oui, cette odeur indescriptible que je ne peux malheureusement pas vous transmettre…

Non, ce n'est pas l'entrée du stade mais bel et bien une porte cachée par un but lui-même derrière une tribune. N'essayez pas de l'ouvrir, il y a juste un mur derrière.

Et pourtant, il y a ce terrain artificiel qui fait vraiment tache. Comme si Jacques Villeret avait joué le héros d’un film de kung fu. Donc, cette odeur, ce n’est pas celle du gazon fraîchement taillé. Ni celle de la ville, fortement influencée par la chaleur permanente et sûrement un autre truc mystérieux à mon nez. Non, celle du stade me rappelle des souvenirs qui commencent à être enfouis loin dans ma mémoire. Ceux de lieux qui, comme celui-ci, respirent bon le terroir sportif, sont chargés d’histoire, mais aussi simples et efficaces, sans artifices, avec toute l’attention focalisée sur le terrain, et où l’on sait que si on est un supporter local, on va passer de grands moments, en garder dans la tête et dans le cœur pour toute la vie. Une deuxième maison remplie d’amis pour tant de supporters, nombreux à déambuler dans les rues en arborant fièrement le maillot du club.

Je fais le tour de l’enceinte, une fois à l’intérieur, l’autre derrière les tribunes. Toutes les grilles de séparation sont ouvertes. Tant mieux ! Par endroits, des grillages pour empêcher les envahissements de terrain. Ils gâchent la vue mais me rappellent ma jeunesse molenbeekoise, quand après un but c’était la course à qui y serait en premier pour faire tourner son écharpe. Bon, je m’égare. Un peu plus loin, des machines à laver tournent à plein régime. Avec les maillots de joueurs ? Je ne vais pas déranger la brave dame qui s’occupe de la lessive.

Après un passage devant les vestiaires (avec un bruit de fuite d’eau près de celui des visiteurs, à moins qu’il ne vienne de celui des jeunes, adjacent), trois petits terrains couverts derrière une tribune avec la mention « indoor soccer ». Quoi, il y a du monde qui ne veut pas jouer dehors par ce beau temps ?

« Ici se trouve le cœur d'Alejandro Morera Soto, le magicien du ballon. » La plaque du milieu a été ajoutée pour le centième anniversaire de la naissance de celui qui a donné son nom au stade.

À l’entrée, l’histoire n’est pas oubliée. Un mur regroupe les plaques commémoratives, notamment pour les membres du club qui étaient à la Coupe du monde 1990. Il y a également une stèle en l’honneur d’Alejandro Morera Soto, qui a donné son nom au stade. Attaquant mythique de l’histoire d’Alajuelense entre 1925 et 1947, il a aussi joué en Espagne, notamment au FC Barcelone, ainsi qu’au Havre, en France, avant de se lancer dans la politique et de devenir député puis gouverneur de la province d’Alajuela.

La prochaine page d’histoire que le club veut écrire doit avoir lieu ce mardi. Et les supporters ne prennent pas ce match à la rigolade. En matinée, ils étaient une petite cinquantaine en réunion dans une tribune pour préparer l’ambiance. Au moment de ma sortie, certains d’entre sont allés à l’autre bout du stade et je les ai pris sur le fait à transporter de grands cartons qui doivent servir à un tifo. J’aurais aimé discuter avec eux mais on m’a fait comprendre poliment mais fermement qu’il n’etait pas question de prendre de photo et que je n’avais rien à faire là.

Cela donne le ton pour mardi, même si en soirée l’accueil a été bien plus chaleureux. Il ne fait aucun doute que Montréal est attendu de pied ferme et qu’on aura droit à une ambiance des grands soirs. Les supporters locaux vont chanter à tue-tête bien avant le coup d’envoi, et 90 minutes durant. À Ciman, Toia, Reo-Coker, Piatti et consorts de les faire déchanter au moment du coup de sifflet final.

06 April 10:22 de la mañana

Dallas a connu son premier coup d’arrêt de la saison, avec une défaite à Portland. Tout profit pour Vancouver, vainqueur du LA Galaxy et qui s’empare de la tête du classement. Battu à Chicago, Toronto a concédé sa troisième défaite consécutive, tout comme Philadelphie où le doute s’installe.

Lors de l’émission Coup Franc de la semaine dernière, nous vous avions conseillé de regarder Portland - Dallas. Le match a tenu toutes ses promesses. Après avoir fait jeu égal avec leur hôte pendant 45 minutes, les Texans ont flanché en deuxième mi-temps mais n’en démordent pas : la meilleure équipe n’a pas gagné. Caleb Porter et ses joueurs connaissaient cependant leur plan de match et ont été capables de parfaitement neutraliser leur adversaire pour remporter leur première victoire de la saison.

Le leader a donc chuté, et s’est fait dépasser par Vancouver, qui tourne à plein régime et a engrangé un quatrième succès consécutif, en dominant le LA Galaxy de bout en bout. « Une grande prestation contre la meilleure équipe », s’est réjoui l’entraîneur Carl Robinson, qui a demandé davantage de constance à ses joueurs. Sans Penedo, la marque aurait pu être plus lourde, et tout en félicitant leur adversaire du jour, les vaincus pointaient leur mauvais match en répétant « Plus jamais ça ! ».

Outre Dallas, Colorado, battu 0-2 par New England, a aussi vu son brevet d’invincibilité prendre fin. Deux équipes n’ont dès lors toujours pas perdu : New York, dont le match a été reporté pour permettre à Montréal de préparer son duel de Ligue des champions à Alajuelense, et Salt Lake, emmené par un Morales des grands soirs pour s’imposer à San José par le plus petit écart.

Derrière Vancouver et Dallas, DC United occupe toutefois la troisième place du classement. L’équipe de la capitale américaine, qui marque peu et encaisse peu, s’est imposée à Orlando en toute fin de rencontre (une mauvaise habitude pour les Mauves) grâce à un but de Silva qui célébrait de belle manière son premier match de la saison. En outre, elle compte un match de retard, tout comme Seattle, en embuscade après sa victoire appliquée en infériorité numérique contre Houston.

Dans le peloton de tête, on retrouve également Kansas City, qui a mal joué mais a mis beaucoup de cœur pour remonter un retard et s’imposer dans les dernières secondes contre Philadelphie, où on a du mal à voir le bout du tunnel et on est dégoûté de voir la même histoire se répéter semaine après semaine. Celle de Toronto est aussi répétitive, mais saison après saison, et le doute s’installe après un très mauvais match défensif à Chicago, synonyme de troisième défaite consécutive.

LES RÉSULTATS
Orlando - DC United
Chicago - Toronto
Colorado - New England
Seattle - Houston
Vancouver - LA Galaxy
Portland - Dallas
San José - Salt Lake
Kansas City - Philadelphie

 
0-1
3-2
0-2
1-0
2-0
3-1
0-1
3-2

Classement général
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