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Coup Franc

15 September 11:33 de la mañana

Le match nul était à l’honneur lors de la dernière journée de championnat, ce qui a permis aux rares vainqueurs du week-end de se démarquer encore plus par rapport à leurs concurrents directs.

À commencer par le leader, Seattle, vainqueur 3-2 de Salt Lake à l’issue d’un match spectaculaire, riche en beaux buts, et dont le but décisif est tombé dans les derniers instants, gracieuseté de Rose, remplaçant de luxe qui rapporte une fois de plus des points importants. « Des détails ont fait la différence », se lamentaient les battus, convaincus d’avoir fait jeu égal avec leur adversaire.

En plus de prendre ses distances sur un concurrent direct, Seattle a vu son actuel dauphin, le LA Galaxy, perdre deux points précieux à San José. Coupable désigné : Robbie Keane, qui a raté un penalty à 0-1 en faveur des siens. C’était le cinquième penalty raté par l’équipe cette saison, et ils constituent un important manque à gagner. Après une défaite à New York en milieu de semaine, DC United était au repos ce week-end, et a donc lui aussi vu grandir l’écart avec la première place.

En méforme depuis plusieurs semaines, Kansas City a profité de sa visite à Chivas USA pour retrouver le bon chemin : une victoire nette lors de laquelle Dwyer a inscrit son 19e but de l’année, record chez les Ciel et Marine en une saison régulière. Autre bien classé à s’imposer, Dallas a loué le retour de Blas Perez, qui a tracé la voie vers la victoire contre Vancouver, qui aurait bien aimé que le héros du jour reste en équipe nationale quelques jours de plus. Une défaite qui aurait pu être plus lourde de conséquence si Portland n’avait pas été tenu en échec à Colorado, après avoir ouvert la marque mais aussi après avoir remonté un retard d’un but. Samedi, Portland accueille Vancouver…

Ah, cette cinquième place dans l’Ouest qui ressemble à une lutte à deux. Tout le contraire du portrait dans l’Est, où les nombreux partages du jour sont autant d’occasions gâchées pour les uns et de soupirs de soulagement pour les autres. Mais commençons par le seul protagoniste à avoir gagné : New England a battu Montréal et s’est imposé pour la troisième fois de suite après avoir été mené au score. C’est aussi un des grands bénéficiaires du week-end.

Chicago pensait se relancer dans la course en battant Toronto : ce fut vrai jusque dans les tout derniers instants, mais l’équipe « a encore trouvé le moyen de faire match nul quand elle devait gagner », dixit Frank Yallop, qui ne cherchait aucune excuse. Et encore, ce 15e partage de la saison aurait pu être transformé en défaite si le but de Gilberto dans les arrêts de jeu n’avait pas été annulé pour une raison que « seul l’arbitre a vue », se désolait Greg Vanney.

Autre formation à courir pour remonter au-dessus de la ligne rouge, Houston a laissé filer une avance de deux buts en dix minutes contre Columbus, fier de sa réaction après avoir été dos au mur. New York a également perdu deux points, dans les arrêts de jeu suite à une décision arbitrale controversée : une faute dans le rectangle que Sekagya jure ne pas avoir commise, mais sanctionnée d’un penalty. Une unité d’autant plus précieuse pour Philadelphie que plusieurs titulaires étaient au repos en prévision de la finale de la Coupe des États-Unis.

LES RÉSULTATS
Seattle - Salt Lake
Chivas USA - Kansas City
Philadelphie - New York
New England - Montréal
Chicago - Toronto
Dallas - Vancouver
Houston - Columbus
Colorado - Portland
San José - LA Galaxy

 
3-2
0-4
2-2
2-1
1-1
2-1
2-2
2-2
1-1

Classement général
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11 September 4:20 de la tarde

La rentrée des classes a coïncidé avec celle des équipes nationales un peu partout à travers le monde. Les États-Unis ont remporté un match amical en Tchéquie, le Canada a battu la Jamaïque, la Coupe d’Amérique centrale a lieu en ce moment, les éliminatoires de l’Euro 2016 ont commencé, ceux de la Coupe d’Afrique des nations se poursuivent. Dans le même temps, le président de la Concacaf, Jeffrey Webb, a exprimé le respect croissant dont bénéficie la confédération au sein de l’arène mondiale du soccer, notamment grâce à la bonne Coupe du monde de ses représentants.

L’un des vœux les plus chers de la Concacaf est d’avoir davantage de représentants à la Coupe du monde. Pour le moment, elle bénéficie de trois places « et demie » sur trente-deux. La « demie » étant un match de barrage contre une équipe d’une autre confédération logée à la même enseigne. Lors du Mondial brésilien, la répartition était la suivante : treize places pour l’Europe, cinq et demie pour l’Amérique du Sud (dont une exceptionnelle car le tournoi se jouait au Brésil), cinq pour l’Afrique, quatre et demie pour l’Asie et une demie pour l’Océanie.

Je me suis donc demandé si cette répartition, situant la Concacaf en avant-dernière position, était juste. Pour cela, j’ai chiffré la situation de diverses manières possibles, histoire d’avoir une multiplicité de points de vue et de comparaison. Pour commencer, la réflexion la plus basique : et si on prenait les 32 meilleurs pays au classement Fifa pour aller à la Coupe du monde ? Si on se fie à celui publié juste après le dernier Mondial, on retrouverait 20 pays européens en Russie, pour 7 nations d’Amérique du Sud, 3 de la Concacaf, 2 d’Afrique et aucun d’Asie ni d’Océanie. On conviendra que le raisonnement est trop simpliste, dénué de sens et pas en adéquation avec l’universalité du soccer.

Certains plaident pour la récompense au mérite, que l’on peut élaborer de manière élaborée avec des coefficients. C’est ainsi, notamment, que l’UEFA détermine le nombre de places par nation dans les diverses coupes d’Europe. J’ai donc fait les calculs nécessaires en attribuant deux points pour une victoire, un pour un nul, un bonus de deux points aux pays sortant de leur groupe, d’un point à ceux qui se qualifiaient pour le tour suivant lors de la phase à élimination directe et de deux points au champion du monde. Après, comme pour le coefficient UEFA, il faut diviser le total par le nombre de participants de la confédération en question. En chiffres, cela donne ceci :

 

1998

2002

2006

2010

2014

Total

AmSud

7,600

6,600

7,250

8,400

9,167

39,017

Europe

7,333

5,867

8,214

6,154

6,154

33,722

Concacaf

2,667

6,000

2,000

5,000

6,250

21,917

Afrique

2,800

3,400

2,200

2,667

2,800

13,867

Asie

1,000

4,500

1,500

3,750

0,750

11,500

Océanie

0,000

0,000

5,000

3,000

0,000

8,000

Un tel système ne peut pas être appliqué pour déterminer le nombre de places dans l’absolu, car il défavorise les confédérations qui ont beaucoup de participants et peut être très volatil pour celles en ayant très peu (voir l’Océanie). Son utilité, en revanche, est de comparer la Concacaf avec ses concurrents directs, si on peut les appeler ainsi, et le résultat est tout à son avantage.

À l’issue de chaque Coupe du monde, la Fifa classe également les participants, du premier au trente-deuxième. En utilisant ce classement (avec 32 points pour le champion du monde, 31 pour son dauphin, etc. jusqu’à 1 pour le dernier classé - total encore une fois divisé par le nombre de pays de la zone) pour établir un coefficient, cela peut corriger certains déséquilibres, mais au bout du compte, la vue d’ensemble est la même. On voit aussi que depuis trois éditions du Mondial, l’Asie est en net recul et la Concacaf fait mieux que jeu égal avec l’Afrique. Cette dernière est cependant plus régulière.

 

2006

2010

2014

Total

AmSud

22,750

26,400

24,833

73,983

Europe

21,286

16,846

18,077

56,209

Concacaf

8,500

14,333

17,000

39,833

Afrique

11,200

11,333

11,400

33,933

Océanie

17,000

11,000

0,000

28,000

Asie

8,500

13,750

4,500

26,750

Ces coefficients restent complexes et peu réalistes dans l’ensemble (imaginez-vous sérieusement davantage d’équipes d’Amérique du Sud que d’Europe à la Coupe du monde ?) Mais il est facile d’imaginer des systèmes plus simples. Par exemple, en tenant compte de l’édition précédente : les 24 premiers garantissent une place à leur confédération, et les huit autres sont attribuées en bonus aux confédérations des quarts de finalistes. Problème : si une confédération n’a aucun pays dans le top 24, les portes de la Coupe du monde se referment sur elle sans possibilité de réouverture.

Néanmoins, c’est à nouveau un intéressant critère d’évaluation et de comparaison. En plus, il donne moins de poids à l’élite absolue des confédérations, contrairement aux coefficients. En suivant ce système, l’Europe aurait 16 représentants en Russie, l’Amérique du Sud 9, la Concacaf 4, l’Afrique 3, mais l’Asie et l’Océanie n’auraient personne. Pour comparer objectivement, il ne faut pas regarder qu’une seule édition. Selon cette clef, au Brésil, la Concacaf aurait été la deuxième confédération la moins bien représentée cet été, avec seulement 2 nations, contre 3 à l’Asie, 4 à l’Afrique, 9 à l’Amérique du Sud et 13 à l’Europe, pour une seul à l’Océanie. En 2010, notre confédération n’aurait eu qu’un seul représentant, à l’instar de l’Océanie et de l’Asie, pour 4 à l’Afrique, 6 à l’Amérique du Sud et 19 à l’Europe.

Pour éviter ce problème de porte fermée et rester équitable dans l’esprit de la Coupe du monde, on pourrait par exemple distribuer 22 places fixes (9 pour l’Europe, 1 pour l’Océanie, 3 pour les autres), une à la confédération du pays organisateur, une à celle du champion du monde et les huit autres aux quarts de finaliste de l’édition précédente. En appliquant cette logique, dans quatre ans en Russie, la compétition mettrait aux prises quinze pays européens, six sud-américains, quatre de la Concacaf, trois d’Afrique et d’Asie, un d’Océanie. Ces deux dernières n’ont donc aucun bonus, et elles n’en auraient pas eu lors des deux éditions précédentes, tout comme la Concacaf, alors que l’Afrique aurait chaque fois eu un quatrième représentant. L’Amérique du Sud tournait entre 5 et 8 qualifiés, l’Europe entre 13 et 16.

Mais là encore, on retombe dans le problème de l’élitisme : ce qui rend une Coupe du monde intéressante, ce n’est pas le fait d’avoir huit équipes extraordinaires, mais bien 32 équipes compétitives. Sans insulter personne, avoir cette année la Suède d’Ibrahimovic au lieu d’un Cameroun qui n’en a pas touché une, ou il y a 4 ans l’Égypte au sommet de son art au lieu de la Corée du Nord qui a fait de la figuration, ça aurait davantage pimenté le tournoi.

Alors, j’ai regardé de quelles confédérations venaient les équipes qui « n’ont pas joué avec » au cours des trois dernières éditions, c’est-à-dire celles qui n’ont jamais été dans le coup pour passer au tour suivant ni même pour malmener les principaux adversaires de leur groupe. L’Afrique en a toujours une ou deux, tout comme la Concacaf : cela confirme que les participants des deux confédérations ont un niveau similaire, et supérieur à l’Asie dont, cette année, les quatre représentants étaient hors du coup (pour un il y a quatre ans et deux il y a huit ans). En 2006 et en 2010, un pays européen a chaque fois également eu un rôle de faire-valoir. Les nations d’Amérique du Sud, elles, ont toutes toujours été compétitives.

Oui mais voilà, ne se baser que là-dessus pour changer la répartition des participants ne tient pas compte des éliminatoires de la compétition : un pays qui ne brille pas en phase finale peut s’être qualifié facilement, et inversement. Donc, on peut regarder aussi le comportement du « dernier qualifié » de chaque confédération. Le déterminer est facile pour les gagnants des « demi-places », mais ça peut être plus subjectif quand il y a des barrages ou de nombreux groupes, mais j’ai essayé de faire les estimations les plus justes possibles (et je me suis servi du classement Fifa quand je n’arrivais pas à départager). C’est un critère très important pour tenir compte de la force globale d’une confédération, et cela élimine le déséquilibre important causé par les locomotives derrière lesquelles il n’y a pas vraiment de pays compétitif.

Là encore, l’Asie fait figure de parent pauvre : la 17e place de la Corée du Sud en 2006 a l’air d’un bon résultat comparé à la dernière de son voisin du nord quatre ans plus tard et à la 30e de l’Australie cet été. Ce n’est guère mieux du côté de la Concacaf, avec Trinité-et-Tobago 27e il y a huit ans et le Honduras 30e en Afrique du Sud, les problèmes du Mexique - 10e au Brésil mais en panne durant les éliminatoires - constituant l’exception. Le Ghana avait peiné à se qualifier il y a quatre ans avant d’échouer aux portes des demi-finales, battu par l’Uruguay, lui aussi arrivé en phase finale par la peau des dents. Les Européens qui sortent de leur zone par le chas de l’aiguille peuvent aussi être compétitifs, il n’y a qu’à voir la France cette année.

Quel bilan peut-on donc tirer si on part de la question de base : la Concacaf peut-elle revendiquer une place supplémentaire à la Coupe du monde ? Et si oui, au détriment de qui ? L’Europe et l’Océanie sont intouchables : l’une parce qu’elle n’a presque rien reçu lors du passage de la Coupe du monde de 24 à 32 équipes, l’autre parce qu’elle n’a presque rien.

En observant les différents modes de calcul ci-dessus (qui ne sont en rien des propositions de réattribuer les places, mais juste des réflexions pour comparer les confédérations), on se rend compte que la Concacaf est difficile à situer. Tirée principalement par les États-Unis et le Mexique, elle s’en tire bien quand on se base sur les performances de l’élite, faisant même mieux que jeu égal avec l’Afrique. Mais si on se base sur la compétitivité générale et le niveau de ses qualifiés les plus faibles, le portrait est beaucoup moins glorieux. L’Afrique est bien plus régulière, quel que soit le critère d’observation, ce qui témoigne d’une plus grande richesse globale de la confédération. En revanche, l’Asie fait au mieux jeu égal avec la Concacaf, mais ses meilleurs représentants ne rivalisent plus du tout avec l’élite de la moitié nord du continent américain.

L’autre enseignement de ces calculs, c’est que peu importe l’angle duquel on aborde la question, l’Amérique du Sud est de plus en plus forte. C’est là que se pose un problème pratique : il est difficilement envisageable de donner un nombre excessif de places à une confédération qui ne compte que dix membres.

Pour diverses raisons, la Concacaf a des airs de parent pauvre qui a du mal à se faire entendre, même si elle monte en puissance. Son voisin du sud, en raison de son petit nombre de pays, ne peut avoir des ambitions démesurées. Les deux veulent grandir, les deux en ont les moyens. Et si c’était en s’unissant pour former une confédération forte qu’elles y parvenaient ? Ne me parlez pas des distances, les 9000 km séparant Montréal de Santiago ne sont rien comparés au 14000 entre Sydney et Damas. Revendiquer neuf voire dix places (au lieu de huit) pour une puissante confédération des Amériques semble plus concevable que gratter les demi-places dans la peine chacun de son côté. Mais ça, c’est un autre débat.

09 September 11:56 de la mañana

Montréal a présenté d’ambitieux plans sportifs et extra-sportifs. Dans l’émission de cette semaine (que vous pouvez aussi écouter ici), l’équipe de Coup Franc prend le temps de les décortiquer en se penchant sur les thèmes suivants :

  • L’annonce qui a le plus d’intérêt
  • Utilités pratiques d’un centre d’entraînement au jour le jour
  • L’Impact, de plus en plus présent dans le quotidien de son quartier
  • L’apport potentiel et la réputation des nouveaux vice-présidents
  • L’image de marque, sur le terrain et en dehors
  • L’équipe réserve en USL Pro : utilité et gestion
  • Le danger de cannibalisation de la division USL Pro
  • Le rôle et les compétences de Richard Legendre pour diriger les opérations soccer
  • La mise en place d’une identité de jeu
  • Le développement des relations internationales
  • Ce que peut apporter un partenariat avec un club étranger

Tout cela saupoudré en fin d’émission de nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

08 September 12:04 de la tarde

La journée s’est ouverte par le match qui représentait on ne peut mieux la tendance du moment : le LA Galaxy a enchaîné une cinquième victoire consécutive, s’imposant sur un cinglant 6-0 contre Colorado qui perdait pour la septième fois de suite. Un match chargé d’émotion en raison du décès, la veille, de l’enfant d’AJ DeLaGarza, âgé d’une semaine. Grâce à cette victoire, le LA Galaxy se retrouve à deux points du leader Seattle, au repos ce week-end.

En battant Dallas, Salt Lake s’est repositionné en candidat sérieux dès l’instant où, après quelques mois d’absence, Alvaro Saborio a marqué le but de la victoire peu après sa montée au jeu. Oscar Pareja trouvait néanmoins cette défaite « plus positive » que celle subie une semaine plus tôt à Chicago. Seule équipe de l’est dans le quatuor de tête, DC United ne se positionne pas comme un prétendant au Supporters Shield et se satisfait de son partage blanc à Vancouver qui le rapproche de son seul objectif avoué : une participation à la phase finale. Le raisonnement est différent en Colombie-Britannique, où on ne pense pas tant au point pris qu'aux 411 minutes qui séparent l’équipe de son dernier but.

Néanmoins, le bilan chiffré du week-end est au neutre dans le duel qui oppose Vancouver à Portland, puisque ce dernier a été tenu en échec chez lui par San José alors que, selon son entraîneur, l’équipe aurait pu marquer dix buts. Même si elle a tiré tous azimuts, elle a dû courir après le score à plusieurs reprises mais a réussi à sauver un point au grand dam de Chris Wondolowski.

Si ces résultats confirment une course à deux pour la cinquième place dans l’ouest derrière un quatuor qui peut quasiment déjà penser à novembre, la situation est tout autre dans la conférence est. Des équipes en bonne posture il y a peu s’effondrent complètement, d’autres qui semblaient mal embarquées se sentent pousser des ailes. Ainsi, Kansas City vient d’enchaîner quatre défaites consécutives pour la première fois depuis 2011, s’inclinant 2-1 à New York où Thierry Henry était une nouvelle fois dans un grand soir.

Les Ciel et Marine avaient, heureusement pour eux, un viatique leur permettant de voir venir. On ne peut pas en dire autant de Toronto, où il ne fut pas question de choc psychologique après le congédiement de Ryan Nelsen puisque l’équipe s’est inclinée contre Philadelphie deux fois en quelques jours et la frustration y est de plus en plus palpable. La courbe de forme de l’Union est complètement opposée, et on s’y satisfait d’associer la manière aux résultats.

Le sentiment est identique du côté de New England qui, en battant Chicago, a remporté une quatrième rencontre de suite et confirmé qu’il pouvait remporter un match lors duquel il encaissait le premier but. Face à Montréal, Houston a retourné en sa faveur une situation comprimse, se montrant fier d’avoir su « garder la tête haute » contre un adversaire auquel il se « savait supérieur ». Emmené par un Justin Meram qui fait du tir enroulé sa marque de fabrique, Columbus a réalisé une bonne opération en écartant Chivas USA.

LES RÉSULTATS
LA Galaxy - Colorado
Toronto - Philadelphie
New York - Kansas City
Houston - Montréal
Salt Lake - Dallas
Vancouver - DC United
Columbus - Chivas USA
Portland - San José
New England - Chicago

 
6-0
0-2
2-1
3-2
2-1
0-0
3-0
3-3
2-1

Classement général
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04 September 2:58 de la tarde

Un nouveau centre d’entraînement, une nouvelle équipe qui évoluera en USL Pro, trois nouveaux vice-présidents pour le volet affaires du club et des changements au faîte de l’organigramme sportif : l’Impact de Montréal a enchaîné les annonces ce jeudi.

« Après trois ans en MLS, le moment est opportun pour faire le point », a expliqué Joey Saputo, président du club, qui a stigmatisé les résultats cette saison et les affluences en baisse, tout en expliquant qu’il ne s’agissait pas de l’élément déclencheur des mesures annoncées.

Tout au long de la conférence de presse, ses déclarations ont montré l’importance à ses yeux de former des jeunes qui intégreront un jour l’équipe première. Et de faire des diverses équipes du club un ensemble qui se tient. « L’objectif est de jouer un style compétitif et constant des U8 à l’équipe première. Notre philosophie de jeu doit être plus cohérente à tous les niveaux, notre identité doit être mieux définie : ce sera notre priorité pour 2015. »

« Je ne veux pas m’avancer », a cependant répondu prudemment Saputo lorsqu’on lui a demandé de préciser l’identité en question. « Les gens du secteur technique, tant de l’équipe première que des équipes de jeunes, travaillent ensemble sur qui on veut être. Cela ouvrira la porte sur le style de joueurs qu’on va amener », a-t-il ajouté par ailleurs.

Pour ce faire, plusieurs hommes forts en place ont été confirmés dans leur rôle. Notamment l’entraîneur Frank Klopas, qui conserve les responsabilités accrues et précisées à la fin du mois de juillet dernier. « La stabilité de l’entraîneur : c’est pour ça que je ne voulais pas changer, mais donner la chance à Frank de bâtir son équipe », a aussi déclaré le président en répondant à une question sur l’image du club auprès des supporters reflétée par ses entraîneurs successifs. Klopas sera secondé par Matt Jordan, qui conserve son poste de directeur technique, alors que Philippe Eullaffroy est confirmé à la tête de l’école de jeunes du club.

Pour contribuer à l’harmonie entre les équipes de toutes les catégories d'âge, mais également leur offrir des infrastructures de haut niveau afin « d’améliorer l’environnement d’entraînement quotidien », le club a annoncé qu’il aurait un nouveau centre d’entraînement opérationnel en 2015. Il sera situé dans le même arrondissement que les bureaux du club, à un peu plus de trois kilomètres de là, ce qui ne nuira certainement pas au sentiment d’identification. On y retrouvera quatre terrains – deux naturels et deux synthétiques – que se partageront les diverses équipes du club. Les clubs locaux auront aussi accès à l’un des synthétiques.

Les coûts des travaux, pour les terrains et le bâtiment, s’élèveront à dix millions de dollars canadiens. Si l’arrondissement en donne l’autorisation, un des terrains synthétiques sera aussi bâti de façon à accueillir un dôme l’hiver pour permettre de s’y entraîner durant la saison froide.

Les jeunes côtoieront donc de plus près les joueurs de l’équipe première avec pour objectif d’un jour les y rejoindre. « Nous devons leur offrir un meilleur encadrement pour que la transition soit plus facile avec la MLS », a expliqué Saputo, annonçant une des autres mesures phare de la journée : la création du FC Montréal, qui commencera à jouer en USL Pro en 2015. « Ce n’est pas une décision d’affaires, pas pour vendre des billets, mais pour le développement des joueurs », a insisté le numéro un du club.

« L’équipe sera composée en majorité de jeunes Québécois venant de nos équipes U23 et U18. La MLS n’aura plus de division réserves dès la saison prochaine. En vertu de l’accord MLS - USL, nous avions le choix entre nous affilier à un club existant ou avoir notre propre équipe. Nous avons opté pour le second : c’est mieux pour développer nos joueurs, ça permet à nos entraîneurs de mieux les suivre. » Dans un premier temps, le FC Montréal jouera au stade Saputo (sur le terrain principal ou le terrain annexe), mais à plus long terme, l’objectif est qu’il joue au centre Claude Robillard.

Pour diriger toutes les opérations soccer, la construction du nouveau centre, la création de la nouvelle équipe et la gestion administrative du département sportif, Richard Legendre, vice-président exécutif du club, voit son titre précisé de la charge des opérations soccer. Ses missions : assurer que tous les membres du département technique travaillent ensemble, être le représentant du club auprès des diverses fédérations (québécoise, canadienne et américaine) et assumer la responsabilité des finances et de l’administration de tout le département sportif. On a déjà un exemple concret de ses nouvelles tâches, puisque c’est lui qui pilote les réunions qui servent à définir l’identité sportive du club.

Un autre objectif du club est de nouer des liens avec des clubs étrangers pour échanger des stratégies. Ce sera le nouveau rôle de Nick De Santis, qui devient directeur du développement des affaires internationales. « Il a comme responsabilité de travailler avec les contacts que le club a déjà à l’étranger, d’en nouer de nouveaux et de forger des ententes avec des clubs ciblés à travers le monde. » Il assumera aussi un rôle de représentant du club auprès de joueurs et d’agents à l’étranger. De Santis a expliqué qu’il aurait désormais le temps nécessaire pour prendre tous les renseignements voulus sur les joueurs que le club convoite à l’étranger : leur façon de jouer, évidemment, mais aussi leur comportement ou leur potentiel – pour savoir, par exemple, si le club peut songer à garder un joueur toute sa carrière ou à le revendre avec une plus-value quelques années plus tard.

Si l’aspect sportif a été au centre de l’attention médiatique, Saputo avait commencé sa conférence de presse en parlant affaires. « Nous voulons que le club soit rentable, a-t-il expliqué. Notre volet affaires demeure un grand défi et nous allons prendre des mesures pour redresser la situation. » D’où l’annonce de l’embauche de trois nouveaux vice-présidents aux tâches définies et au CV bien garni : Marc Bourassa, qui a œuvré dans le marketing et la publicité pour d’importants journaux canadiens, sera en charge des ventes et des partenariats, Hugues Léger, passé entre autres par le brasseur InBev, sera en charge du marketing, et André Côté, un ancien du Cirque du Soleil, s’occupera du développement stratégique. « Nous avons décidé d’ajouter de l’expérience dans l’administration. Ils auront des mandats de croissance, de transparence et de rapprochement. »

Sport, organisation, affaires, infrastructures. Les annonces du jour ont touché des sujets très divers, avec toujours un point commun : le développement, tant du club que des talents locaux, de façon à ce que l’Impact de Montréal soit « plus compétitif, plus efficace et plus créatif », pour conclure avec les mots de Joey Saputo.

02 September 10:17 de la tarde

Deux sujets principaux sont au cœur de notre émission de la semaine (que vous pouvez aussi écouter ici), sans aucun lien entre l’un et l’autre, ce qui nous permet de quitter un peu le terrain pour vous emmener dans les coulisses d’un club instable et auprès des amateurs des sports collectifs et individuels les plus populaires des États-Unis.

Ryan Nelsen et son staff technique ont été limogés au Toronto FC, Greg Vanney reprenant les rênes de l’équipe. Surprise pour les uns, décision attendue par les autres, ce choix semble davantage la conséquence d’un jeu de coulisses qu’une décision sportive. On tente d’en exposer les tenants et aboutissants, sur le terrain mais surtout en dehors, et de se mettre à la place des supporters, ce qui nous amène aussi à discuter du syndrome des jeunes entraîneurs et du non-transfert de Defoe.

Comment le public du soccer se compare-t-il à celui des autres sports en Amérique du Nord ? De nombreuses études exhaustives sont effectuées sur les profils sociaux-économiques des amateurs de sport. Le magazine The Atlantic nous fournit des données que nous avons analysées pour vous, en fonction de l’âge, du genre, de l’origine ethnique et des revenus des adeptes des compétitions les plus populaires aux États-Unis. Quel sport, individuel ou collectif, a le public le plus vieux, touche le plus de femmes, est celui des riches par excellence ou touche très peu de communautés ethniques ? Quels sont ceux qui réunissent des amateurs venus de tous les horizons ? Vous saurez tout, et connaîtrez la place du soccer dans ce contexte. Faites-nous savoir ce que ça vous dit sur le potentiel de croissance de la MLS !

On anticipe brièvement les nouvelles qui seront annoncées ce jeudi par Montréal lors d’une conférence de presse, en les agrémentant de réflexions sur certaines des 20 pensées de « Fred Lord le jovialiste ». Comme de coutume, nous vous donnons aussi nos conseils pour le jeu MLS Fantasy (voici d’ailleurs la liste des absents en raison d’une sélection en équipe nationale).

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01 September 11:54 de la mañana

Le top six clairement établi la semaine dernière s’est scindé en deux trios alors qu’en milieu de tableau, le classement s’est resserré et la nervosité augmente, notamment à Toronto où l’entraîneur Ryan Nelsen et son staff technique sont passés à la trappe.

Aucun des équipes en lutte pour le Supporters Shield n’avait, a priori, de mission insurmontable ce week-end. Une semaine après sa victoire à Portland, le leader Seattle n’est pas tombé dans le piège tendu par Colorado et se félicitait d’avoir remporté deux victoires consécutives contre des adversaires aux styles très différents. En « déplacement » à Chivas USA, le LA Galaxy n’a eu aucune peine à s’imposer grâce à son impressionnant rouleau compresseur offensif composé du trio Keane - Donovan - Zardes, inscrivant des buts plus beaux les uns que les autres.

Face à une tâche théoriquement un peu plus compliquée, DC United a terminé de belle manière un mois d’août surchargé en s’imposant devant ses supporters contre New York, qui a une fois de plus payé très cher ses erreurs individuelles.

Il y a quelques semaines à peine, recevoir Houston aurait été synonyme de victoire facile pour Kansas City, qui a pourtant trébuché une fois de plus en encaissant trois buts. Miné par les absences, Dallas a vu sa série de 10 rencontres sans défaite prendre fin à Chicago qui vient de remporter quatre points sur six grâce aux buts d’Earnshaw. Tenu en échec à San José, Salt Lake lâche un peu prise avec le trio de tête mais pense avant tout à gagner son prochain match contre Dallas de façon à distancer un rival direct.

Dans le ventre mou du classement, pour le moins chargé cette saison, la règle était simple : la plupart des équipes qui avaient un avantage ont perdu des points, alors que celles qui avaient du retard se sont imposées. Les positions se resserrent, ce qui fait monter la tension. L’exemple le plus flagrant est la défaite 0-3 de Toronto contre New England, où Jermaine Jones a réussi ses débuts. Quelques heures plus tard, le TFC annonçait le limogeage de Ryan Nelsen et de quasiment tout son staff technique. Il est remplacé par Greg Vanney, ancien international américain qui en sera à sa première expérience de T1 et souhaite voir plus d’agressivité et moins d’erreurs de la part de ses joueurs. Pour encore lui compliquer un peu la tâche, il pourrait bientôt voir Jermaine Defoe partir sous d’autres cieux.

Columbus avait les cartes en mains pour réaliser une bonne opération mais s’est incliné dans un match-piège sur le terrain de la lanterne rouge Montréal : sportifs, les vaincus soulignaient qu’ils étaient passés à côté de leur sujet mais ne manquaient pas non plus de donner du mérite à leurs adversaires.

Dans l’Ouest, il semble de plus en plus clair qu’il reste une place à distribuer « au-dessus de la ligne rouge » entre Vancouver et Portland qui, hasard du calendrier, s’affrontaient samedi en Colombie-Britannique. Après avoir chassé des ombres pendant 90 minutes, dixit son entraîneur, l’équipe locale s’est inclinée 0-3 contre un adversaire qui a disputé son meilleur match de la saison au meilleur moment possible.

LES RÉSULTATS
Kansas City - Houston
Seattle - Colorado
Toronto - New England
Montréal - Columbus
Chicago - Dallas
San José - Salt Lake
Vancouver - Portland
DC United - New York
Chivas USA - LA Galaxy

 
1-3
1-0
0-3
2-0
1-0
1-1
0-3
2-0
0-3

Classement général
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29 August 3:37 de la tarde

De nombreux gardiens de but se sont illustrés lors de la dernière Coupe du monde. Parmi eux, Raïs M’Bohli, qui a défendu avec brio les filets de l’Algérie. Quelques semaines plus tard, il a signé à Philadelphie où il a effectué ses débuts officiels dimanche dernier, ouvrant un nouveau chapitre d’une carrière qui l’a mené un peu partout sur la planète.

Après avoir évolué en Europe de l’Ouest, en Europe de l’Est et en Asie, l’international algérien découvre l’Amérique du Nord. Avons-nous là un voyageur dans l’âme ? « Ce sont plutôt des circonstances de carrière, explique le portier formé au RC Paris et à Marseille. J’aurais pu m’installer quelque part, ça m’aurait procuré plus de stabilité, mais ce sont les aléas du football. Maintenant, j’espère m’établir à Philadelphie pour un long moment. »

France, Écosse, Grèce, Japon, Russie, Bulgarie : son parcours est parsemé de destinations exotiques. La dernière en date, le CSKA Sofia, dans la capitale d’un pays où il a signé son premier contrat en 2009 et qui semble le laisser circonspect. « Que dire au sujet de la Bulgarie… ? Elle m’a aidé à me faire connaître, si je peux dire ça comme ça. J’y ai vécu de bonnes et de mauvaises expériences, et j’en avais fait le tour. C’était juste un passage dans ma carrière et je souhaitais vivre autre chose rapidement. »

Et quelle meilleure scène pour se mettre en valeur et vivre de nouvelles émotions fortes que la plus grande compétition sportive de la planète ? Au Brésil, l’Algérie a atteint les huitièmes de finale, où l’Allemagne, future championne du monde, a eu toutes les peines à l’éliminer. Lors de chaque match des Fennecs, notamment en raison de ses arrêts, de ses sorties ou de son entente avec ses défenseurs, M’Bolhi a mené la vie dure aux attaquants adverses. Il a défendu avec honneur les couleurs d’un des trois pays pour lesquels il pouvait être international, puisqu’il est né en France d’un père congolais et d’une mère algérienne. Ça, c’est la théorie. Car en pratique, à ses yeux, il n’y avait pas la moindre hésitation possible. « Je n’ai grandi qu’avec ma mère, et pour moi, en fait, il n’y avait pas de choix à faire : c’était comme ça, la question ne se posait même pas. »

Si bien du monde croit que ces brillantes prestations à la Coupe du monde ont attiré l’attention de son nouveau club, le principal intéressé précise que les discussions datent en fait d’il y a bien plus longtemps que cela. Et on comprend dans ses propos que dès les premiers pourparlers, il était confiant de rejoindre la Pennsylvanie tôt ou tard.  « Je suivais l’équipe depuis 7 mois car nous étions en contact depuis ce moment-là. Je me suis intéressé au championnat, j’ai découvert des ambiances dignes de l’Europe ainsi que des joueurs de qualité. Dans le futur, il faudra compter avec la MLS, elle grandit rapidement. Ce sont les gens qui s’occupent de moi qui ont tout réglé. Quand ils m’ont dit que Philadelphie pouvait être intéressé, de mon côté, j’ai immédiatement été intéressé également. Ensuite, ils se sont occupé de tout avec Nick (Sackiewicz), le président. »

Le 30 juillet dernier, tout était réglé. Mais en raison de problèmes de visa, notamment de lenteurs en France, et d’un petit accident de circulation sans gravité, il a fallu attendre dimanche dernier pour le voir à l’œuvre pour la première fois en match officiel, lors du succès de Philadelphie contre San José. S’il a dû se retourner deux fois sur de belles réalisations des visiteurs, il a beaucoup apprécié son baptême du feu sous ses nouvelles couleurs. « Ça s’est très bien passé, surtout avec la victoire, se réjouit le néo-unioniste. Le stade était plein, il y avait une super ambiance, c’était une bonne première expérience. »

Contrairement à d’autres joueurs étrangers qui découvrent les États-Unis en signant en MLS, M’Bolhi y était déjà venu plusieurs fois avant de s’y installer pour jouer. Une des raisons qui, selon lui, va faciliter son adaptation. Mais ce n’est pas la seule. « C’est un pays qui m’a toujours attiré. Je n’arrivais donc pas dans l’inconnu. Avec les joueurs, tout se passe très bien, je parle anglais donc il n’y a pas de problème de communication. On apprend à se connaître et on s’entend bien. De toute façon, le football est un langage universel, et il n’est pas toujours nécessaire de maîtriser une langue étrangère pour le parler. On parle tous le même langage : celui du terrain. Mais il faut quand même aussi s’adapter et apprendre la langue du pays, et c’est ce que j’ai fait dans le passé. J’ai donc par exemple appris le Bulgare. C’est bien de découvrir de nouveaux endroits et d’apprendre une nouvelle langue, ça enrichit ! »

Certes, mais chaque ligne de défense a ses préférences, chaque gardien a son propre style. Et il faut marier les deux. « Mais il n’y a pas besoin d’adaptation, le football est un langage universel, insiste-t-il. Il faut y ajouter un travail quotidien : avec les entraînements, nous allons apprendre à mieux nous connaître. Les défenseurs sauront que quand Raïs joue, que quand Zac (McMath) joue ou que quand Andre (Blake) joue, il faut plus ça, ça ou ça, car chacun ne joue pas de la même façon. Mais tout le monde doit s’adapter : pas seulement les défenseurs au gardien, pas seulement le gardien aux défenseurs. C’est un travail d’équipe. »

Parmi les tâches qui incomberont au nouveau dernier rempart de l’Union, il y aura certainement celle d’empêcher les adversaires de marquer de la tête, puisque son équipe est particulièrement friable défensivement dans cet aspect du jeu. « Ce sont des faits de jeu qui arrivent, que ce soit sur coup de pied arrêté ou dans le cours du jeu. C’est un point à améliorer », se contente de préciser celui qui s’était pourtant fait remarquer par ses bonnes sorties aériennes durant la Coupe du monde.

Oui mais voilà, demander à Raïs M’Bohli de vanter ses forces est un exercice pour le moins périlleux. « Je n’aime pas parler de mes qualités. J’essaye de faire mon travail, et ce n’est pas à moi de les dire… À la limite, je suis plus à l’aise de parler de mes défauts. Je suis un garçon rarement satisfait de moi-même, un perfectionniste qui porte plus attention à ses erreurs qu’à ce qu’il fait bien. J’ai encore beaucoup de choses à travailler, mais les gardiens ont généralement une longue carrière alors j’ai le temps devant moi. »

Et quand on tente de le rendre quelque peu plus loquace en parlant des bonnes choses qu’on a vues de lui pendant la Coupe du monde, il baisse la voix et répond : « Euh, bon, merci, mais c’est vous qui le dites, pas moi. » (Et encore, j'ai été sage pendant l'entrevue, je n'en ai pas dit autant que pendant l'émission Coup Franc après Algérie - Allemagne, où je le voyais d'ailleurs déjà très bien en MLS. Ça commence à 9'40.)

Une de ces choses frappantes pendant le Mondial, c’était sa communication fréquente avec ses défenseurs (ce qui est de bon augure pour son passage en MLS, car les gardiens américains sont réputés pour parler beaucoup avec leurs coéquipiers) sans toutefois leur hurler dessus à tout bout de champ. « Sur le terrain, un gardien doit montrer une image positive pour que le prochain fait de jeu se déroule bien. Ça ne sert à rien d’engueuler ses défenseurs au risque des les paralyser pour l’action suivante. Pour moi, un gardien doit faire preuve de sérénité et la transmettre à ses défenseurs. »

Cette sérénité semble bien nécessaire à Philadelphie cette saison, alors que l’équipe alterne les hauts et les bas, est dirigée par un entraîneur intérimaire dans une ambiance qui, de l’extérieur, flaire la transition à plein nez. De l’intérieur, en revanche, l’optimisme semble de rigueur. « Mon premier ressenti en arrivant dans l’équipe a été qu’on y retrouvait de nombreux jeunes avec des qualités et que tout le monde s’entendait très bien. C’est dommage qu’il manque des résultats, mais avec une aussi bonne ambiance dans le groupe, ils ne peuvent qu’arriver à un moment ou l’autre. »

Si en championnat, ils sont encore en dents de scie, l’équipe s’est récemment qualifiée pour la finale de la Coupe des États-Unis. « La gagner est un de nos objectifs de fin de saison, tout comme accrocher les play-offs. J’espère qu’on va y arriver », conclut le gardien, qui ne cache pas son bonheur de jouer à Philadelphie. « Je suis très heureux d’être ici et de découvrir un championnat pareil. Tout le monde, y compris les supporters, m’a accueilli à bras ouvert, et je les remercie. »

Nul doute que ce merci, Raïs M’Bolhi souhaiterait le matérialiser en contribuant activement à la conquête du premier trophée officiel du club et à une première qualification pour la Ligue des champions. Ce qui lui permettrait aussi de se produire encore dans de nouveaux pays.

27 August 1:33 de la tarde

Après chaque Coupe du monde, la Fifa publie un rapport technique : récapitulatif du tournoi, analyses techniques, tendances tactiques, arbitrage, santé des joueurs et statistiques sont au rendez-vous de ce volumineux dossier de 284 pages, rédigé en anglais, français, allemand et espagnol. Quoi ? C’est trop long ? Bon, d’accord, je vais tenter de faire ressortir ici quelques points intéressants.

Le groupe d’étude technique de la Fifa, auteur du document, souligne à de nombreuses reprises la qualité du jeu offensif pratiqué durant la Coupe du monde. Organisation et flexibilité étaient les clefs de la réussite, tout comme le fait de n’aligner qu’un seul médian à vocation purement défensive et de ne pas jouer qu’avec un seul attaquant. On a vu beaucoup de jeu au sol, peu de longs ballons et de régulières montées des arrières latéraux permettant aux ailiers d’apporter le surnombre dans l’axe. De nombreux buts sont venus de centres, mais l’efficacité en reconversion rapide et les joueurs capables de repartir vite balle au pied en couvrant beaucoup de terrain ont également porté fruit. En proportion, les attaquants ont marqué davantage de buts qu’il y a quatre ans.

Autre différence notable avec le Mondial sud-africain : la possession de balle n’était plus essentielle, on pouvait plus facilement garder le ballon plus longtemps que l’adversaire mais quand même perdre le match. L’important était de progresser efficacement dans le camp adverse, en posant son jeu ou en se reconvertissant rapidement dès la récupération du ballon. À partir de la phase à élimination directe, les phases arrêtées sont aussi devenues cruciales.

Malgré le grand nombre de buts marqués, les gardiens ont été exceptionnels, aussi bien grâce à leurs arrêts que grâce à leur participation au jeu. C’est le résultat d’une formation plus moderne et spécifique dont bénéficient les portiers depuis plusieurs années, et qu'il faudrait généraliser à tous les niveaux.

La condition physique était un aspect essentiel, comme en témoigne le nombre de buts inscrits en fin de rencontre. C’est à ce moment que les équipes prenaient le plus de risques, mais certaines le faisaient déjà plus tôt dans la partie : celles qui possédaient des joueurs capables d’occuper temporairement un autre poste parvenaient à déséquilibrer leur système de jeu avec plus de bénéfices que de périls. Les équipes ayant ouvert la marque n’avaient pas fait le plus difficile : beaucoup d’entre elles ont perdu, de nombreuses autres souffert jusqu’au coup de sifflet final. Autre point qui avait marqué les esprits durant le tournoi : les remplaçants ont inscrit 32 buts, battant le record de 23 établi en 2006.

Selon le groupe d’étude technique de la Fifa, cette Coupe du monde a montré que la technique devait être enseignée aux jeunes très tôt, puis sans tarder la vitesse, la puissance, la force et la lucidité, de même que la coordination. Avec un message clair : le talent ne suffit plus, il doit être orienté vers le travail d’équipe et la cohésion.

Chaque équipe a également une fiche individuelle, avec des statistiques, mais également quelques mots sur ses joueurs clefs et ses principales forces. Quatre individualités se sont démarquées au sein de l’équipe nationale américaine : le gardien Tim Howard et ses arrêts décisifs lors de chaque match, Jermaine Jones (qui vient de signer à New England) décrit comme agressif mais réfléchi et bien positionné, Michael Bradley (Toronto) qui donnait le rythme du jeu dont il a une bonne lecture, ainsi que Clint Dempsey (Seattle) au gros volume de jeu et à la grande détermination. Collectivement, la discipline de la défense, l’utilisation des côtés dans le jeu offensif, ainsi que l’endurance et la volonté des joueurs sont entre autres soulignées.

On notera aussi que l’Algérie avait un gardien de but décisif (Rais M’Bolhi, qui a depuis lors signé à Philadelphie), que l’activité en attaque et la contrôle de balle sous pression de Tim Cahill (New York) ont été vantés tout comme son jeu de tête (ce qui n’est pas un scoop), que le rapport souligne la discipline de la défense costaricienne dont l’élément central était Giancarlo Gonzalez (alors à Columbus avant de signer à Palerme il y a quelques jours à peine) et que Jerry Bengtson (l’attaquant de New England prêté à Belgrano) constituait un danger permanent pour la défense adverse.

Les arbitres, qui avaient participé avant la compétition à un séminaire avec les sélectionneurs et des officiels des 32 pays qualifiés, ont de plus reçu une formation pour arriver à mieux lire le jeu de chacune des équipes en lice. Les joueurs, eux, ont pris part à une session illustrant divers aspects des Lois du Jeu et présentant les instructions données aux arbitres. Massimo Busacca, ancien arbitre international et auteur de cette partie du rapport, insiste sur l’esprit sportif qui a prévalu durant le tournoi et les bonnes notes remises aux arbitres par leurs évaluateurs. Autres points positifs, et plus visibles : le spray pour faire respecter la distance réglementaire sur les coups francs et la technologie sur la ligne de but. Un chapitre du rapport est même consacré à cette dernière, expliquant sa genèse et son utilisation, illustrations à l’appui.

Le bref bilan médical dressé par Jiri Dvorak, médecin en chef de la Fifa, montre un nombre de blessures par match en constante baisse depuis 2002, sans toutefois en analyser la nature. Il explique également les procédures de contrôle anti-dopage, tous négatifs alors que tous les joueurs ont été contrôlés, et que des tests d’urine, de sang et des profilages biologiques ont été effectués.

Je ne m’étendrai pas sur les nombreuses statistiques en tous genres concernant le tournoi que l’on retrouve dans le rapport. Mais sachez que l’âge moyen des joueurs était de 27 ans et 4 mois, que le Ghana avait l’effectif le plus jeune, que l’Argentine était l’équipe la plus vieille, que la Suisse est celle qui a aligné le plus de joueurs de moins de 23 ans (8) et qu’Angleterre - Italie a été le match où il y a eu le plus de temps de jeu effectif alors qu’il était pourtant joué à Manaus, ville où les conditions climatiques étaient les plus hostiles durant la compétition. En plus de ces nombreux chiffres répartis un peu partout, vous y retrouverez le passage en revue de chaque match, avec un résumé et une fiche technique, la liste des prix individuels remis au cours du tournoi, les classements des buteurs et des passeurs ou encore de nombreuses statistiques historiques.

Si je vous ai mis l’eau à la bouche et que vous souhaitez en savoir plus, la brique est ici.

26 August 12:39 de la tarde

Le transfert de Jermaine Jones à New England a rouvert un débat sur les règlements en MLS et leur transparence. L’équipe de Coup Franc ne manque pas d’y mettre son grain de sel dans l’émission de cette semaine (que vous pouvez aussi écouter ici).

Les critiques n’ont pas manqué au moment de l’annonce - dont on évoque aussi l’aspect sportif - et elles sont bien résumées dans ce texte, dont nous reprenons certains points pour les expliquer, voire les réfuter. Cela nous amène à approfondir les sujets suivants :

  • L’évolution fulgurante de la MLS qui provoque de nouvelles situations
  • En quoi le cas de Jones diffère de celui de Bradley
  • La ligue doit-elle rendre d’urgence ces mécanismes plus transparents ?
  • On réexplique certains règlements (disponibles en français ici)
  • Le passage d’un fonctionnement de « Ligue fermée nord-américaine » à la réalité mondialisée du soccer
  • Les joueurs et les supporters trouvent-ils la situation problématique ?
  • Les traitements de faveur que recevraient certains clubs
  • L’influence des salaires perçus par les internationaux américains qui reviennent en MLS

Si vous voulez voir le tifo de Portland contre Seattle dont on parle en fin d’émission, il est ici. Et le programme se termine comme de coutume par nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).