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Coup Franc

22 June 12:04 de la tarde

Seattle battu, DC United en a profité pour reprendre la tête du classement. Vancouver se joint à eux pour composer un trio de tête dont les premiers poursuivants ont perdu, permettant à Portland et au LA Galaxy d’effectuer une belle remontée.

Il ne fait pas toujours bon occuper la tête du classement cette saison en MLS. Cette semaine, Seattle a illustré cet adage en concédant une défaite chez lui face à San José. Un résultat qui a de quoi surprendre quand on regarde le classement, moins si on se fie aux circonstances puisque après un match de coupe plus qu’éreintant contre Portland et avec une pléthore d’absents, Seattle avait de quoi traîner les pieds. En outre, les Californiens du Nord sont leur bête noire à CenturyLink Field, où les autres équipes se cassent généralement les dents.

En battant New England, DC United en a profité pour reprendre la tête du classement, mais ce ne fut pas de tout repos. À la frontière du doute après avoir concédé deux défaites consécutives pour la première fois de la saison, l’équipe de la capitale américaine a encaissé le premier but de l’après-midi mais a une nouvelle fois prouvé sa capacité à résorber un retard, pour prendre trois points très importants dans une rencontre qu’elle se sentait obligée de gagner.

En s’imposant à New York, Vancouver réalise une bonne opération puisqu’il intègre un trio de tête qui a fait le trou derrière lui. La victoire n’est pas été simple dans un match pour le moins houleux, lors duquel les hommes de Jesse Marsch ont joué avec leur bonheur, avec l’exclusion rapide de Kljestan mais surtout le double échec de Wright-Phillips depuis le point de penalty. Ousted a été le héros du match puisqu’à deux reprises, il a été sur la trajectoire du tir du meilleur buteur de la saison 2014.

Après quelques semaines de belle facture, Kansas City a chuté à Salt Lake. Même si la défaite n’a été scellée que dans les arrêts de jeu, Peter Vermes n’était pas sûr que son équipe aurait mérité le moindre point. Désormais, l’équipe en forme du haut de classement se nomme Portland : en s’imposant contre Houston, elle a remporté sa quatrième victoire consécutive et pointe désormais à la quatrième place du classement général. En atomisant Philadelphie, le LA Galaxy a également réalisé une bonne opération mais ne veut pas se laisser aveugler par le gros score.

Autre équipe qui respire la forme depuis quelques semaines, Montréal est venu à bout d’Orlando en alliant les reconversions rapides, sa grande force du passé, à une productivité toute neuve sur phases arrêtées. New York City a également continué de s’éloigner du fond du classement en s’imposant à Toronto suite à un match physique empêchant les Ontariens de hausser le rythme du jeu. Enfin, Colorado et Dallas ont partagé l’enjeu. Fait cocasse : seule une équipe a perdu moins souvent que les pensionnaires des Rocheuses… qui occupent pourtant l’avant dernière-place.

LES RÉSULTATS
Colorado - Dallas
Seattle - San José
New York RB - Vancouver
Toronto - New York City
Montréal - Orlando
LA Galaxy - Philadelphie
Portland - Houston
DC United - New England
Salt Lake - Kansas City

 
1-1
0-2
1-2
0-2
2-0
5-1
2-0
2-1
2-1

Classement général
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19 June 11:39 de la mañana

Le match Montréal - Orlando de ce samedi sera l’occasion de voir à l’œuvre deux des défenseurs de MLS les plus réputés : Laurent Ciman, membre de l’effectif belge qui a atteint les quarts de finale de la dernière Coupe du monde, et Aurélien Collin, qui a multiplié les honneurs individuels depuis son arrivée dans notre championnat. Ce sont aussi deux des joueurs les plus charismatiques de la compétition, et ils sont francophones de surcroît.

Une comparaison s’imposait. Pour l’effectuer, nous avons trouvé quelqu’un qui connaît très bien les deux joueurs : Benjamin Nicaise. Ancien coéquipier de Collin en France, il est aujourd’hui consultant vedette en Belgique, pays où il a passé une bonne partie de sa carrière, notamment au Standard, l’ancien club de Ciman.

  • Entre Laurent Ciman et Aurélien Collin, lequel fait le plus se dire avant le match à un attaquant « Ah non, pas lui… » ?

Aurélien Collin. Il a ce côté un peu « foufou », on sent qu’à certains moments, les fils peuvent se toucher.

  • Si vous étiez entraîneur, lequel amèneriez-vous dans votre équipe ?

Laurent Ciman. C’est un joueur plus complet. En plus, il des facultés qui collent à ma philosophie, comme être un leader et avoir les pieds sur terre.

  • Lequel respecte le plus les consignes de l’entraîneur, au point d’être capable de suivre aux toilettes un adversaire qu’il ne doit pas lâcher ?

Aurélien Collin. Il est doté d’une volonté incroyable. Je ne sais pas comment il a évolué, mais à l’époque où on jouait ensemble, si un entraîneur lui avait demandé une telle chose, il l’aurait fait.

  • Lequel est le plus doué techniquement ?

Laurent Ciman. Il a aussi plus de finesse. Il connaît mieux le jeu pour bien improviser quand il est nécessaire de ne pas appliquer à la lettre les consignes de l’entraîneur.

  • Lequel terrorise les plus les défenses adverses ?

Aurélien Collin. Il a davantage le tempérament de monter pour marquer des buts. Ciman, lui, est plus du genre à exploiter un ballon qui traîne pour le pousser au fond.

  • Lequel peut aussi souvent terroriser… sa propre défense.

Aurélien Collin. Il peut effrayer certains de ses coéquipiers : il est capable de faire des « floches » et de passer à travers des interventions.

  • Lequel est le meilleur guide sur le terrain pour ses coéquipiers ?

Laurent Ciman. C’est un bon meneur d’hommes.

  • Auquel des deux conviendrait le mieux l’étiquette « sobre mais efficace » ?

Aurélien Collin. Si un entraîneur lui explique bien ce qu’il doit faire et lui demande de se limiter à récupérer puis à passer le ballon, il s’exécutera. Ciman aime bien participer offensivement au jeu, monter et montrer qu’il est là.

  • Lequel ferait le meilleur entraîneur dans son après-carrière ?

Laurent Ciman. Sans dénigrer la MLS, le fait qu’il ait été international belge, son parcours, son passage dans de grands clubs comme le Standard et Bruges et les entraîneurs qu’il a eus lui donnent le meilleur bagage.

  • Lequel chante le mieux ?

Aurélien Collin. À Amiens, on avait fait un bizutage où chacun devait chanter. Tous les joueurs avaient choisi une chanson française, comme du Cabrel ou du Goldman. Sauf lui, qui avait choisi 50 Cent ! Déjà à 18 ans, il avait cette culture américaine et en connaissait beaucoup mieux la musique que les autres. On l’avait d’ailleurs surnommé « Fifty » et il en était très fier !

18 June 12:27 de la tarde

Le premier tour du Mondial féminin a pris fin ce mercredi, l’heure du premier bilan a donc sonné. Si les têtes de série ont toutes remporté leur groupe, aucune n’a eu la vie facile. Certaines d’entre elles peuvent mieux faire, mais ce n’est pas forcément la raison principale de leurs difficultés.

Ainsi, le Japon, champion du monde en titre, a gagné ses trois premières rencontres par le plus petit écart, et pas toujours sans peine. Le Brésil a également réalisé un 9/9 mais n’a guère convaincu pour venir à bout d’adversaires modestes dans un groupe théoriquement très facile. La France s’est fait surprendre par la Colombie, qui n’avait encore jamais gagné de match de Coupe du monde, et a terminé en tête de son groupe non sans une grosse frayeur. La Suède, qui aurait pu être tête de série, n’a pas gagné un seul match, dans un groupe difficile où les États-Unis ont battu le Nigeria de justesse en jouant pourtant 20 minutes à onze contre dix. Sur ses terres, le Canada a été accroché tant par la Nouvelle-Zélande que par les Pays-Bas. Même l’Allemagne, grandissime favorite, a perdu des plumes.

La Fifa a décidé que cette année, 24 équipes, au lieu de 16, participeraient au Mondial féminin. Une décision qui, en son temps, avait fait grincer de nombreuses dents, par crainte d’un manque de compétitivité du premier tour. Il y a quatre ans, par exemple, le partage du Mexique face à l’Angleterre était l’exception d’une règle voulant que les « petits » n’aient pas voix au chapitre.

Longtemps, le soccer féminin a été l’apanage d’une poignée de nations (Allemagne et États-Unis en tête, avec à leur suite, Brésil, Norvège et Suède, voire Chine ou Canada). L’émergence de la France et du Japon est récente. C’est surtout derrière qu’il y avait un énorme trou, avec peu de nations dans le « subtop » (Australie, Corée du Nord, Angleterre, et c’était à peu près tout), les autres faisant au mieux légère illusion, mais se cantonnant généralement à un rôle de faire-valoir.

S’il y a une leçon que l’on peut tirer de ces premières semaines de Coupe du monde, c’est que la situation évolue, et évolue même très vite et à grande échelle. Certes, la Côte d’Ivoire et l’Équateur ne semblaient pas à leur place dans ce gratin mondial, mais d’autres nations que l’on n’aurait pas vues en restant à 16 équipes ont fait mieux que tirer leur épingle du jeu.

L’Asie, qui n’avait que trois représentants auparavant, a vu quatre de ses cinq équipes (Japon, Australie, Chine et Corée du Sud) se qualifier pour le deuxième tour. Le modeste Costa Rica n’a perdu qu’un match, dans les dernières minutes contre le Brésil, et était encore qualifié à quelques minutes de la fin de sa dernière rencontre. Pour leur première participation au tournoi, le Cameroun, la Suisse et les Pays-Bas ont livré de belles performances leur valant une place au deuxième tour après avoir rendu la vie difficile à des adversaires placés bien plus haut dans la hiérarchie.

Les traditionnelles Abby Wambach, Christine Sinclair, Marta, Nadine Angerer, Camille Abily, Aya Miyama et Lotta Schelin doivent faire de la place à leurs côtés pour des individualités venues de nations moins cotées, comme la Colombienne Lady Andrade, la Costaricienne Shirley Cruz, l’Espagnole Veronica Boquete, la Camerounaise Gaëlle Enganamouit ou les Néerlandaises Mieke Martens et Manon Melis.

Alors, oui, peut-être que dans la suite du tournoi, la logique sera respectée. Peut-être que nous aurons des quarts de finale Chine - États-Unis, Allemagne - France, Brésil - Japon et Norvège - Canada, opposant huit des neuf pays à avoir atteint un jour les demi-finales du Mondial féminin. Mais même dans ce cas, il ne faudra pas occulter les progrès des autres nations. Les ténors traditionnels ne peuvent plus se reposer sur leurs lauriers qu’ils devaient souvent à la seule plus grande popularité du soccer féminin dans leur pays. Cette époque est révolue, et c’est tant mieux !

PROGRAMME DES HUITIÈMES DE FINALE (heure de Montréal)

Samedi 20 juin
16h00 : Allemagne - Suède
19h30 : Chine - Cameroun

Dimanche 21 juin
13h00 : Brésil - Australie
16h00 : France - Corée du Sud
19h30 : Canada - Suisse

Lundi 22 juin
17h00 : Norvège - Angleterre
20h00 : États-Unis - Colombie

Mardi 23 juin
22h00 : Japon - Pays-Bas

16 June 7:21 de la tarde

Après une intro qui vous mettra en appétit, nous nous servons de la Coupe du monde des moins de 20 ans actuellement en cours pour évoquer la formation des jeunes dans notre émission de cette semaine (également disponible ici), avec pour base ces articles qui parlent de l’avenir des jeunes internationaux et de leur situation en club à 20 ans, que l’on résume en début d’émission. Parmi les questions pour alimenter le débat :

  • Pourquoi certains grands espoirs canadiens ont vu leur carrière prendre fin prématurément ?
  • Être à l’étranger, avantage ou handicap pour nos meilleurs jeunes ?
  • La MLS devrait-elle implanter de nouveaux règlements pour favoriser l’éclosion des jeunes ?
  • Les jeunes peu utilisés : manque de qualités, ou manque de confiance de leur entraîneur ?
  • Quels risques et avantages à mettre de jeunes joueurs sur le terrain ?
  • Moins d’internationaux de moins de 20 ans en NCAA : un signe de progrès ?
  • Les -20 ans américains actuels sont-ils en meilleure posture que les Canadiens ?
  • Comment, à 20 ans, évaluer sa situation et effectuer les bons choix ?

Frédéric nous offre aussi la première mouture de sa chronique cette année, où il partage quelques indiscrétions du milieu… toujours en lien avec notre sujet du jour.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

15 June 10:04 de la mañana

Seules dix des vingt équipes de MLS ont joué ce week-end, ce qui n’a empêché ni Seattle, vainqueur de Dallas, de prendre la première place de DC United, battu à Orlando, ni New York City de se départir de la lanterne rouge pour la première fois depuis plusieurs semaines.

Le leader DC United avait l’occasion d’accroître son avance en tête, notamment sur ses adversaires au repos cette semaine. Il devait toutefois se méfier d’une équipe d’Orlando qui comptait confirmer devant ses supporters la forme resplendissante de son attaque. Le Floridiens ont fait encore mieux : ils se sont imposés, en ne marquant certes qu’un but mais en alignant une cinquième rencontre consécutive sans défaite, et affirment désormais avoir trouvé la cohésion entre les joueurs de tous horizons recrutés en début d’année pour renforcer l’équipe nouvellement arrivée en MLS. Dans les rangs des vaincus, on n’avait pas l’impression d’avoir mal joué, mais on se questionnait sur le penalty qui a finalement fait la différence.

Quelques heures plus tôt, Seattle s’était emparé de la première place en battant Dallas 3-0. Un succès qui semblait tous sauf évident à l’issue de la première mi-temps lors de laquelle les Texans s’étaient créé les meilleures possibilités de but. Mais l’équipe locale a fait les ajustements nécessaires à la pause : laisser moins d’espaces à son adversaire, récupérer le ballon plus souvent et mieux le faire circuler. Cela a porté ses fruits, et les visiteurs ont encore davantage regretté leurs occasions manquées.

Le programme allégé a en outre failli être amputé d’une rencontre, puisque Columbus - LA Galaxy a commencé plus tard que prévu en raison d’une violente tempête orageuse. Le duel s’annonçait intéressant, opposant deux équipes dont les résultats sont actuellement bien en-deçà de leur fort potentiel. Le retard a manifestement dérangé l’équipe locale, qui a raté son début de match mais a bien réagi pour finalement prendre un point. Un partage qui fait également l’affaire des Californiens, toujours privés d’autant de joueurs, ce qui a permis de découvrir Sebastien Lletget, leur buteur du jour.

En bas de classement, New York City a aligné une deuxième victoire consécutive et recollé à un groupe de quatre clubs comptant 14 points, alors qu’il était seul dernier depuis plusieurs semaines. L’équipe semblait libérée et a joué à la hauteur de son potentiel face à Montréal, qui a cruellement manqué de rythme en première mi-temps et n’a ensuite jamais été en mesure de combler son retard.

Enfin, pour son centième match de saison régulière en MLS, Diego Fagundez a vécu le « plus beau jour de sa carrière », offrant à New England la victoire contre Chicago, qui ne se servait pas des nombreuses absences comme excuses mais reconnaissait avoir été largement dominé.

LES RÉSULTATS
New York City - Montréal
New England - Chicago
Columbus - LA Galaxy
Seattle - Dallas
Orlando - DC United

 
3-1
2-0
1-1
3-0
1-0

Classement général
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12 June 2:43 de la tarde

Après l’article qui se penchait sur l’évolution de la carrière des jeunes participant à la Coupe du monde des moins de 20 ans, plusieurs d’entre vous m’ont demandé « Oui, mais à cet âge-là, ils en sont où dans leur carrière, ces joueurs ? » Voilà une tentative de réponse, afin de savoir à quel point les internationaux en équipe de jeunes sont loin d’une carrière pro et déjà dans une structure leur permettant de l’envisager sérieusement.

Je me suis principalement penché sur les États-Unis, notamment pour voir l’évolution de la situation de ces jeunes en huit ans, mais aussi sur le Canada, et pris comme point de comparaison ce qui se fait de mieux en ce moment : l’Allemagne. Pour faire le lien entre les deux textes, commençons avec la liste des Américains qui ont participé au Mondial canadien en 2007. Où jouaient-ils à l’époque ? Et à quel niveau ?

Sans surprise, Bradley, celui qui a aujourd’hui la plus belle carrière, était déjà à l’époque celui qui avait le plus d’expérience, tant en MLS qu’aux Pays-Bas. Un autre joueur était déjà établi en MLS : Adu, celui vers qui la plupart des regards se tournaient en 2007. Cinq de ses coéquipiers tentaient de marcher sur ses traces : Ward, Sturgis, Szetela, McCarty et Altidore n’en étaient pas à leur première saison en MLS et soit avaient déjà au moins une quinzaine de matches comme titulaires à leur actif, soit ont commencé environ la moitié des matchs en 2007. Seitz devait pour sa part s’en tenir à quelques rares apparitions.

Rogers, lui, découvrait la MLS mais revenait de deux saisons en Europe où il venait de terminer sa formation. Un bagage beaucoup plus utile que celui de Wallace, Arguez et Igwe, qui effectuaient aussi leurs premiers pas dans notre championnat, mais ne jouaient pas et venaient d’une structure américaine sans lien direct avec un club de MLS. Ferrari jouait chez les jeunes en Europe, alors que Zimmerman était dans les équipes d’âge d’un club amateur de notre côté de l’Atlantique mais s’apprêtait à rejoindre l’équipe réserve d’un club allemand. Sandbo jouait chez les amateurs, alors que Sarkodie, Valentin (frères respectifs des joueurs actuellement à Houston et Bodø/Glimt), Zizzo, Perk, Beltran et Akpan jouaient avec l’équipe de leur université.

Qu’en est-il de l’équipe actuellement en Nouvelle-Zélande ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les joueurs sont encore plus éparpillés qu’en 2007. Le joueur le plus établi est Rubin (qui marque sur la photo), titulaire aux Pays-Bas. Une rare constante, avec aussi le fait que la liste la plus longue soit celle des joueurs qui commencent à gagner un temps de jeu intéressant en MLS, composée cette année de Miazga, Acosta, Jamieson IV, Thompson et Delgado ; Allen et Palmer-Brown ont beaucoup moins joué mais commencent à pointer le bout de leur nez et évoluent, comme les cinq autres, dans leur club depuis plusieurs saisons. Ils ne sont plus que deux à jouer pour une université (Olsen et Caldwell) alors que Donovan est le seul à débarquer en MLS en provenance d’une structure extérieure.

Tous les autres sont à l’étranger, et dans des situations très différentes. Hyndman a été titulaire 11 fois en D2 anglaise. Formés dans un club européen, Payne et Zelalem viennent d’arriver en équipe première mais n’y jouent encore presque jamais. Idem pour Requejo au Mexique, où Arriola a de temps à autre la chance de se montrer. Moore est en D3 espagnole, Tall sillonne les divisions inférieures françaises (mais appartient à un club de D1). Carter-Vickers est en équipes de jeunes d’un club anglais, Soñora d’un club argentin, alors que Steffen a signé plus tôt cette année en Allemagne mais n’apparaît pas encore sur le site web de son club.

Cette répartition est a priori très étonnante si on considère que les clubs de MLS ont une structure mieux adaptée à la formation des jeunes qu’il y a 8 ans. Et pourtant, personne n’est en équipe réserve ou de jeunes d’un club de MLS ! Pour comparer, autant prendre le meilleur étalon possible : l’Allemagne, championne du monde en titre, numéro un au classement mondial, dont l’équipe des moins de 20 ans a impressionné depuis le début du tournoi et, aussi, pays du sélectionneur des États-Unis, Jürgen Klinsmann, à qui il doit bien servir d’inspiration de temps à autre. Sans oublier que leurs deux pays pourraient s’affronter en demi-finale.

Je vous épargne les noms, je me contente du bilan. Beaucoup plus clair, simple et rapide à dresser. Un seul joueur est dans un club étranger (Benfica) après avoir accumulé un peu d’expérience en D1 et D2 allemande. Les autres sont tous au pays. Huit d’entre eux jouent la plupart du temps avec l’équipe réserve d’un club de D1, étant plus ou moins près des portes de l’équipe première (certains s’y entraînent, d’autres y ont déjà un peu joué). Quatre joueurs sont en train de se faire connaître et d’avoir un temps de jeu intéressant pour leur âge en D1, alors qu’un autre (Stendera) est déjà régulièrement titulaire au plus haut niveau de la Bundesliga. Stark a une cinquantaine de rencontres à son actif chez les pros, parmi l’élite, mais aussi en D2 puisqu’il a décidé de rester à Nuremberg quand le club a été relégué il y a un an. Deux de ses coéquipiers en Nouvelle-Zélande sont souvent titulaires en D2 allemande, un autre commence à y avoir un temps de jeu intéressant, et trois autres sont des pions incontournables de leur club de D3. Parmi tous ces joueurs, certains seront également transférés dans un meilleur club cet été. Il semble en tout cas que la mobilité tant des clubs que des joueurs permette aux meilleurs jeunes allemands de s’épanouir à des niveaux différents tout en restant au pays sans pour autant jouer à un niveau trop faible nuisant à leur développement.

Allez, pour terminer, le Canada, car c’est intéressant de connaître la situation des jeunes les plus prometteurs du côté nord de la frontière. Il n’est pas à la Coupe du monde, nous regarderons donc la situation actuelle des membres de l’effectif qui a pris part aux éliminatoires. Un nom sort du lot, celui de Larin, qui commence à se faire un nom à Orlando en MLS. D’autres sont dans le noyau de l’équipe première de leur club mais y jouent peu (Adekugbe et Gagnon-Laparé en MLS, Ferguson en D1 écossaise). On retrouve certains joueurs dans les divisions inférieures, que ce soit Boakai en NASL, Petrasso prêté par QPR (D2) à divers clubs de D3 anglaise où il a joué de temps en temps ou Gasparotto en D3 écossaise (mais quand même… aux Glasgow Rangers).

Les autres sont tous soit en équipe réserve, soit en équipe de jeunes. La plupart dans des clubs de MLS : à côté de Béland-Goyette à Montréal et des Torontois Aparicio et Hamilton, ils sont six à se produire pour l’équipe de Vancouver en NASL (Serban, Bustos, Haynes, Carducci, Froese, Farmer) alors que Wirth fait partie des équipes de jeunes du club de Colombie-Britannique. John est dans l’équipe B d’un club de D2 allemande, Comsia chez les jeunes d’un club de D3 française. Enfin, Nanco alterne son temps entre l’université et les jeunes d’un club de D1 provinciale ontarienne.

10 June 2:05 de la tarde

Will Johnson et Michael Bradley, aujourd'hui vedettes en MLS, internationaux -20 ans en 2007

Le Coupe du monde des moins de 20 ans vient d’entrer dans sa phase à élimination directe. Quand on assiste à la compétition, on parle souvent des « vedettes de demain ». Mais à quel point est-ce le cas ? Combien de joueurs considérés parmi les meilleurs de leur pays à cet âge font ensuite carrière, et quel genre de carrière ?

Pour le savoir, il n’y a pas 36 000 solutions : il faut éplucher les effectifs présents lors d’une édition précédente et voir ce que sont devenus ces joueurs aujourd’hui. Voilà l’exercice avec quelques équipes présentes au Canada en 2007, composées de joueurs qui doivent donc avoir atteint le sommet de leur carrière aujourd’hui, mais aussi de certains éléments qui s’étaient démarqués lors des éditions 2005 et 2009.

À tout seigneur tout honneur : l’Argentine, championne du monde 2007, était emmenée par Agüero, aujourd’hui à Manchester City, qui était de l’effectif qui s’est rendu en finale de la dernière Coupe du monde en compagnie de Di Maria et du gardien Romero. Huit des dix-huit autres évoluent dans un grand championnat européen (Fazio, Benega, Yacob, Gomez, Moralez, Piatti, Insua et Zarate), et seuls deux d’entre eux n’ont pas beaucoup de temps de jeu. Sigali est titulaire au Dynamo Zagreb. Quatre joueurs sont des éléments importants de leur club en D1 argentine. Trois autres se cherchent dans diverses D1 sud-américaines. Les deux pour qui ça a le plus mal tourné sont le troisième gardien Centeno (aujourd’hui en D3 de son pays) et Matias Sanchez, qui a enchaîné trois clubs mais peu de minutes de jeu depuis son départ de Columbus fin 2013.

Si le bilan d’ensemble n’est pas de 100%, il est globalement positif, mais on parle là de l’équipe qui a remporté le titre mondial, et en plus d’un pays dont le championnat est parmi les meilleurs de sa zone continentale et dont les joueurs ont la cote à l’étranger. Qu’en est-il chez le vice-champion du monde, et pays européen le mieux classé, la Tchéquie ?

Le portrait est soudainement moins emballant. L’arrière central Suchy, qui joue à Bâle, est celui qui semble avoir le mieux réussi. Mazuch, titulaire l’an dernier mais moins utilisé cette saison, est à Dnipro, finaliste de l’Europa League 2015. Gecov tire les marrons du feu au Rapid Bucarest, Janda joue peu en Turquie. Pekhart vient de forcer la promotion en D1 allemande avec Ingolstadt. D’autres ont tenté leur chance dans des divisions inférieures en Europe mais y jouent peu. Ils ne sont que cinq en D1 tchèque. Après, il faut descendre en D2 pour retrouver la trace de certains joueurs présents au Mondial canadien, mais beaucoup d’autres ont disparu de la circulation après un parcours peu glorieux…

Et dans nos contrées, comment ça se passe ? Commençons par les États-Unis. Bradley et Altidore ont connu de belles années à l’étranger avant de revenir en MLS, tous deux à Toronto. Rogers (LA Galaxy), McCarty (New York) et Beltran (Salt Lake) font partie des valeurs sûres du championnat. Même s’ils jouent moins, Zizzo (New York), Sturgis (Houston) et Seitz (Dallas) sont des routiniers de la compétition. Après, c’est le vide. Wallace (New York) et Perk (LA Galaxy) passent le plus clair de leur temps en équipe réserve. Adu, actuellement en Finlande, tente de relancer sa carrière tous les six mois. Akpan n’a jamais percé et se cherche un club depuis que New England l’a laissé partir l’an dernier. Ward a disparu des radars depuis quelques années avant un essai infructueux à New York cet hiver. Szetela joue en NASL, Arguez en PDL. Quant à Igwe, Zimmerman, Ofori Sarkodie (le frère de Kofi), Julian Valentin (le frère de Zarek), Ferrari et Sandbo, leur carrière est terminée sans parfois même avoir commencé.

Vous trouvez ça plutôt moyen ? Attendez de voir ce qu’il en est des Canadiens. L’exception, tout d’abord : Will Johnson, pilier à Portland, un des meilleurs joueurs du pays et très apprécié en MLS. La règle, ensuite : 13 des 21 joueurs présents au Mondial des -20 ans en 2007 ont aujourd’hui disparu des radars du soccer de haut niveau (O’Connor, Beaulieu-Bourgault, Peters, Ayre, Lombardo, Lacoste-Lebuis, Lumley, Nuñez, Elliott, Gala, Owusu-Ansah, D'Agostino et Kalthoff), certains tentant se recycler dans le championnat de leur province. Pour le pays organisateur, qui devait profiter de cette compétition pour lancer une génération vers une brillante carrière, c’est un violent constat d’échec. Cela n’empêche pas Ricketts (Hapoel Haifa, D1 israélienne) de tirer son épingle du jeu, tout comme Jackson et Edgar, tous deux en D2 anglaise, respectivement à Coventry et Huddersfield. Toujours en Angleterre, le cas particulier Begovic, puisque le controversé gardien de Stoke a choisi de défendre les couleurs de la Bosnie. Haber joue à Crewe, en D3 anglaise, Attakora-Gyan à San Antonio, en NASL. Enfin, Monsalve a décidé de voyager en faisant son métier et est aujourd’hui deuxième gardien de l’America Cali (ancien grand club colombien aujourd’hui en D2).

Outre les Argentins Agüero et Moralez, dont nous avons déjà parlé, deux joueurs avaient tapé dans l’œil des observateurs lors du Mondial -20 ans 2007 : l’Espagnol Adrian, aujourd’hui remplaçant à Porto, et le Mexicain Giovani Dos Santos, brillant à Villarreal. Pas besoin de parler de la carrière de celui qui avait terminé meilleur buteur de la compétition deux ans plus tôt, Lionel Messi. L’Argentine s’était également imposée et son capitaine de l’époque, Biglia, porte aujourd’hui les couleurs de la Lazio. L’Espagnol Llorente, monté au jeu pour la Juventus durant la finale de la dernière Ligue des champions européenne, avait également souvent fait trembler les filets en 2005, tout comme l’Ukrainien Aliyev qui a fait une carrière en dents de scie en Russie et semble hors-circuit depuis le début de cette année.

En 2009, le Ghana avait créé la surprise en s’imposant. Son capitaine André Ayew est désormais un pilier tant en équipe nationale A qu’à Marseille. Meilleur buteur du tournoi dont il a été élu meilleur joueur, son compatriote Adiyiah n’a pas connu la même carrière et peine aujourd’hui à trouver le chemin des filets dans le championnat de Thaïlande. Également prolifiques avec les jeunes, le Hongrois Koman est revenu au pays après des passages sans gloire à l’étranger et l’Espagnol Aaron a enchaîné les clubs dans son pays en marquant aussi peu les esprits que de buts. Deux Brésiliens s’étaient aussi illustrés : aucun d’entre eux n’est international aujourd’hui, mais Alex Texiera (Shakhtar Donetsk) et Giuliano (Grêmio après Dnipro) sont des valeurs sûres de leur club. Idem pour le meilleur gardien de la compétition, le Costaricien Alvarado, titulaire à AZ qui joue le haut du classement aux Pays-Bas.

Ce tour d’horizon ne laisse planer aucun doute : si plusieurs futures vedettes disputent la Coupe du monde des moins de 20 ans, de nombreux joueurs prenant part à la compétition sont encore loin du graal, à savoir simplement gagner leur vie grâce au soccer. Presque aucun d’entre eux n’a à ce moment-là la garantie de mener une carrière professionnelle fructueuse. Leurs chances d’y arriver augmenteront grâce à leur talent, mais aussi à de bons choix et à un environnement de soccer propice dans leur pays leur permettant de s’épanouir.

09 June 11:34 de la mañana

Le Canada est à l’honneur dans l’émission de la semaine (également disponible ici), entre les bons résultats de Montréal, Toronto et Vancouver en MLS ce week-end, le début des éliminatoires de la Coupe du monde masculine, la décision d’Akindele et la phase finale du Mondial féminin qui se joue au pays.

  • Que retenir de la victoire de Montréal à Columbus ?
  • Quelle est la meilleure paire en défense centrale devant Evan Bush ?
  • Columbus, résolument offensif ou résolument naïf ?
  • Un match propice à ramener le public au stade Saputo ?
  • Giovinco, le meilleur joueur désigné de l’histoire de Toronto ?
  • Qu’a fait Vancouver pour donner une leçon à un LA Galaxy complaisant ?
  • Qui est le Franco du mois : un Montréalais, un Torontois… ou les deux ?
  • Qu’est-ce que « la bonne nouvelle Akindele » nous dit sur le soccer canadien ?
  • Coupe du monde féminine : quelles attentes envers le Canada ?
  • Qui sont les favorites pour remporter le titre mondial ?

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08 June 12:03 de la tarde

De Kansas City en haut de tableau à Montréal en bas de classement en passant par Toronto ou Portland, les équipes ayant entamé une « opération remontée » il y a quelques semaines se sont imposées ce week-end, et pas toujours dans les conditions les plus faciles.

Ainsi, Toronto se déplaçait sur le terrain du leader, DC United. Les Américains ont ouvert la marque, se sont créé quelques occasions dangereuses et, dans l’ensemble, n’ont pas à rougir de leur match. Oui mais voilà, ils ont mal muselé Giovinco. Une seule mission ratée, qui leur coûte une défaite puisque le format de poche italien a fait la différence à lui tout seul en déstabilisant la défense locale pour marquer les deux buts de la victoire ontarienne.

Le duel entre Kansas City et Seattle opposait aussi une équipe en pleine remontée à un adversaire en tête depuis quelques semaines. Là encore, c’est la forme du moment qui a payé. Il a toutefois fallu un penalty très controversé en fin de match pour permettre au Sporting de s’imposer : une victoire attendue contre une bête noire qu’il n’avait plus battue depuis 2009 et d’autant plus impressionnante que son effectif est décimé.

Dans la plus grande discrétion, Portland, qui avait débuté la saison en mode mineur, s’installe dans le premier tiers du classement. Il reste sur un 9/9 avec une dernière victoire en date contre New England grâce à un doublé d’Adi prouvant que dans l’Oregon, les doutes ont cédé leur place à la confiance. Non loin de là, à Vancouver, les questions s’amoncelaient après quelques semaines en dent de scie. Elles ont été gommées par une prestation trois étoiles au LA Galaxy, qui restait sur 29 rencontres sans défaite à domicile, toutes compétitions confondues, et qui, pour la troisième fois de son histoire, n’a pas cadré un seul tir.

En championnat, Montréal restait, lui, sur 26 rencontres consécutives sans victoire en déplacement. Une série qui a pris fin à Columbus avec la joie non seulement du résultat attendu depuis longtemps, mais également d’avoir battu une très bonne équipe. Pour sa première saison, New York City était toujours en attente d’un premier succès hors de ses bases : c’est désormais fait avec une victoire à Philadelphie, de quoi retrouver le moral pour une équipe qui n’avait gagné aucune de ses 11 dernières rencontres.

Le week-end a été très difficile pour les clubs jouant chez eux. Seuls Kansas City, Portland et Houston se sont imposés devant leurs supporters. Les Texans ont retrouvé un Will Bruin au sens du but aiguisé pour battre New York où certains problèmes sont de plus en plus apparents. Dans un match marqué par trois exclusions, Dallas se mord les doigts d’avoir concédé deux points à San José. Quant à Orlando, il assure le spectacle depuis quelques semaines, et son attaque en pleine forme lui a permis de s’imposer à Chicago. À Salt Lake - Colorado, les buts sont en revanche restés aux abonnés absents.

LES RÉSULTATS
Houston - New York RB
DC United - Toronto
Philadelphie - New York City
Columbus - Montréal
Chicago - Orlando
Kansas City - Seattle
LA Galaxy - Vancouver
Portland - New England
Salt Lake - Colorado
San José - Dallas

 
4-2
1-2
1-2
1-2
2-3
1-0
0-1
2-0
0-0
0-0

Classement général
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05 June 11:13 de la mañana

Le tirage de la Ligue des champions 2015/16 a eu lieu cette semaine, et il est encore souvent difficile de déterminer la difficulté des groupes (dont la composition est ici) en fonction du pays dont font partie les clubs. On sait que les Mexicains et les Américains/Canadiens sont très forts, que le Costa Rica a des représentants costauds, mais après ? De qui se méfier ? Et quel est l’écart de niveau entre tout ce beau monde ? C’est une des raisons pour lesquelles je tiens à jour un « coefficient Concacaf » annuel, à l’image du coefficient UEFA qui détermine le nombre de places par pays dans les différentes coupes d’Europe. Voilà donc celui à l’issue de la dernière Ligue des champions, qui a vu l’America Mexico battre Montréal en finale.

Mes calculs ont été effectués avec les mêmes méthodes et avec un barème très proche de ce qui se fait en Europe. Une victoire vaut deux points, un match nul un point (la moitié pour feu le tour préliminaire), une participation à la phase de groupes rapporte un point. Il y a aussi des bonus : deux points en cas de sortie du groupe, un point pour une qualification lors des tours suivants et en cas de victoire en finale. Le total annuel des points d’un pays est divisé par le nombre de ses clubs en lice et le coefficient porte sur les cinq dernières saisons.

Ceux qui suivent ce classement (qui n’a rien d’officiel) depuis plusieurs années savent qu’il y a un biais : en raison de certaines particularités de la compétition, le calcul est quelque peu faussé pour le Canada par le fait qu’il n’a qu’un seul représentant, et que si celui-ci fait un beau parcours, il rapporte un énorme plein de points au pays. C’est arrivé cette année avec Montréal et cela a une conséquence importante sur le classement… puisque le Canada reprend la deuxième place aux États-Unis ! La reprend, car il les devance quand même pour la troisième fois en quatre ans, ce qui laisse sous-entendre que dans l’ensemble, le représentant du Canada fait mieux que la moyenne des clubs Américains.

Les États-Unis sont-ils en progrès ? Voilà une autre question qui mérite d’être posée. C’est la troisième année que le coefficient ne comprend que des saisons avec la Ligue des champions nouvelle mouture, et la troisième année de suite que le total de points des Américains est à la hausse… parce qu’ils avaient été plutôt mauvais lors des premières éditions de la compétition. En revanche, depuis les qualifications conjointes de Seattle et du LA Galaxy pour les demi-finales en 2013, la tendance est à un net recul. D’ailleurs, cette saison est leur pire en Ligue des champions depuis 2009/10. Un examen de conscience serait-il nécessaire ? Étaient-ils finalement plus à l’aise dans des groupes de quatre avec deux qualifiés que dans des groupes de trois dont seul le premier passe en quart de finale ?

En tête, on retrouve, évidemment, toujours le Mexique, dont un représentant a gagné la compétition pour la dixième année consécutive ! Néanmoins, son hégémonie est tout doucement en train de s’amenuiser. Alors qu’auparavant, les clubs mexicains s’éliminaient presque toujours uniquement entre eux, cette année, pour la première fois depuis très longtemps, ce n’est pas arrivé une seule fois. Le vainqueur est évidemment allé au bout sans chuter, mais avant cela, Pachuca avait été écarté par Montréal en quarts de finale, alors que Leon et Cruz Azul ne sont même pas sortis de leur groupe, devancés respectivement par Herediano et Alajuelense, deux clubs du Costa Rica.

Les Ticos sont d’ailleurs, derrière le Canada, ceux à avoir connu la meilleure saison 2014/15 sur la scène continentale. Trois représentants en quarts de finale, deux en demi-finale : personne n’a fait mieux. Il n’a pas manqué grand-chose à Alajuelense pour venir à bout de Montréal, alors que l’America Mexico a été sans pitié pour les deux autres. N’empêche, saison après saison, les Costariciens sont réguliers et leur bilan d’ensemble se rapproche de celui des Américains, alors que jusqu’à l’an dernier, il y avait un important écart. De quoi revendiquer plus que les deux places que le pays a obtenues pour l’édition 2015/16 ?

Désormais, on ne peut plus parler de trio de tête, mais bien de carré d’as. La Ligue des champions est dominée par les représentants de quatre pays, avec toujours une hégémonie mexicaine. Derrière, le trou est de plus en plus béant. Malgré la qualification d’Olimpia (futur adversaire de Vancouver et Seattle) pour les quarts de finale, le Honduras est encore devancé par le Guatemala, dont les représentants constituent toujours des trouble-fête en phase de groupe.

Très irréguliers, les clubs du Panama et du Salvador sont capables d’un coup d’éclat de temps à autre, mais ça ne les a pas empêchés de tous terminer derniers de leur groupe lors de la dernière édition de la compétition. Mais c’est dans les Caraïbes qu’il y a le plus de raisons de s’inquiéter, car les formations des îles ont de plus en plus souvent un rôle de faire-valoir et sont en nette régression. Le Nicaragua reste dernier de classe, même si avec deux partages et deux défaites, Esteli a réussi le meilleur parcours d’un club du pays.

  2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014 2014-2015 TOTAL
Mexique 17,250   18,250   14,750   15,250   11,000   76,500  
Canada 8,500   17,000   5,000   5,000   17,000   52,500  
États-Unis 9,375   9,750   11,750   9,250   7,750   47,875  
Costa Rica 7,750   7,750   8,500   7,333   12,333   43,666  
Guatemala 3,750   3,500   7,000   5,000   5,000   24,250  
Honduras 6,166   2,666   4,500   3,500   7,000   23,832  
Salvador 2,500   6,000   2,333   5,000   1,500   17,333  
Panama 1,333   3,000   1,000   6,500   2,500   14,333  
Caraïbes 3,833   0,500   3,000   1,333   2,333   10,999  
Nicaragua 0,000   0,000   1,000   2,000   3,000   6,000  
Belize 0,000   0,000   0,000   0,000   0,000   0,000