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CCL

07 April 1:07 de la tarde

Le match retour de la demi-finale de la Ligue des champions entre Alajuelense et Montréal (22h00 HE, TVA Sports, Sportsnet, Fox Sports 2) est d’une importance capitale pour les deux équipes. Vainqueur 2-0 au match aller, le dernier représentant de MLS en lice dans la compétition tentera de devenir le premier club canadien de l’histoire à en atteindre la finale. Mais la réception sera très chaude.

D’ailleurs, les supporters locaux et l’ambiance au stade était les principaux sujets de conversation entre les Montréalais et les médias tant canadiens que costariciens. « Ce sera un superbe environnement de soccer, pour le genre de match que les joueurs attendent. Nous avons des joueurs très expérimentés qui ont vécu de grands moments et connaissent ce genre de situation. À Montréal, nous avons joué devant 48000 personnes », déclarait ainsi Frank Klopas à l’issue du dernier entraînement de ses hommes.

En 24 heures, trois équipes se sont en fait entraînées au stade Alejandro Morera Soto. Les deux qui seront en lice sur le terrain, évidemment, mais aussi les supporters locaux qui avaient organisé une réunion de motivation lors de laquelle ils ont donné beaucoup de voix. Il a été plus facile de pêcher des informations auprès d’eux que des deux clubs lors de ces entraînements. En effet, Alajuelense avait organisé sa conférence de presse avant sa séance, mais comme par hasard, les médias montréalais n’avaient que l’heure du début de l’entraînement. Ces derniers – pour des raisons d’heure de bouclage notamment – n’étaient guère nombreux à la séance de l’Impact, où seul Hassoun Camara a répondu à leurs questions, pendant que les journalistes locaux parlaient avec l’entraîneur visiteur et Dilly Duka. Heureusement, MLSsoccer.com a sympathisé les collègues ticos afin de vous fournir toutes les informations recueillies auprès des deux camps au cours de la journée.

Klopas leur a entre autres expliqué ne pas débarquer en terrain inconnu : « Je suis déjà venu voir Alajuelense et Herediano au Costa Rica, je connais ce genre d’ambiance, similaire à celle qu’il y a en Grèce, avec également la pression des médias et des supporters qui ont de grandes attentes. C’est d’autant plus important pour nous de bien jouer, car si on n’est pas dans le coup et qu’Alajuelense marque un ou deux buts, les supporters vont être encore plus dans le match et ce sera encore plus difficile pour nous. »

S’il ne souhaite pas trop élaborer au sujet de ce qu’il connaît de l’adversaire, l’entraîneur visiteur ne tarit cependant pas d’éloges à leur sujet. « Les joueurs costariciens qui viennent en MLS s’adaptent facilement car ils sont très bons techniquement et physiquement. On ne doit pas s’occuper d’un joueur en particulier », explique-t-il avant de se faire demander quel joueur d’Alajuelense il amènerait à Montréal. « J’en prendrais plus que ça. Oui, j’en amènerais quelques-uns ! »

Le 2-0 du match aller ne fait peur à personne, ici à Alajuela. La confiance règne chez les supporters, même ceux d’autres équipes du pays, souvent rivales. « 3-0 », nous dit l’un. « 4-1 », pronostique un autre quelques mètres plus loin. Celui au coin de la rue joue les mimes : après avoir dit Montréal, il montre l’intérieur de stade et fait trembler ses jambes comme les feuilles d’un arbre par grand vent.

Dans de telles circonstances, Montréal compte sur ses joueurs d’expérience afin que tout le monde garde la tête sur les épaules. Confinés dans un cadre luxueux depuis leur arrivée samedi, les joueurs ont découvert le stade et son environnement à peine 24 heures avant le match. L’un d’entre eux le connaissait déjà : Dilly Duka. « Je suis venu ici m’entraîner deux semaines avec l’équipe olympique des États-Unis et je sais ce que cette équipe signifie pour la ville, déclarait le dribbleur montréalais. Ce sera un match différent de celui à Montréal, ils pourront compter sur leurs supporters et ce sera difficile. Ce sera aussi plus compliqué qu’à Pachuca, tout simplement parce que c’est une demi-finale. »

Interrogés au sujet du terrain, les Montréalais ne se sont guère dits inquiets : tant sa dimension (« la même que celle du Stade olympique », dixit Klopas) que la surface artificielle en elle-même (« on a déjà joué sur ce genre de synthétique », rassure Duka) ne suscitent pas la moindre crainte. « Attention, ce qu’ils ont vu aujourd’hui ne reflète pas la réalité, nous prévient un journaliste qui suit l’équipe au quotidien. Avant la rencontre, le terrain sera arrosé : l’eau s’évapore rapidement, mais cela change quand même la nature de la surface qui sera bien plus rapide. »

Il nous parle aussi des principaux sujets de conversation autour de l’équipe locale. Il y a l’arbitre, M. Aguilar, un Salvadorien qui avait sifflé le match de Montréal à Atlante lors de la première épopée de l’Impact en Ligue des champions, mais surtout qui avait officié lors d’un match du Costa Rica aux États-Unis dans la neige et y avait suscité l’ire des ticos. L’autre point qui revient souvent, c’est la volonté de faire la différence dès les premières minutes.

Une donne dont Klopas est également bien conscient. « Alajuelense rentrera fort dans le match, encore plus avec l’appui de la foule. Nous devrons être concentrés pendant tout le match, mais encore plus au début. » Il a également pensé à la toute fin, et à des tirs au but éventuels. « Il faut parer à toutes les éventualités, alors nous nous sommes préparés pour la séance de tirs au but. J’espère que nous ne devrons pas nous rendre là, mais le cas échéant, les joueurs qui devront tirer sont prêts. »

Si tous les supporters que nous avons croisés se sont montrés éminemment sympathiques, à l’approche du match, et pendant celui-ci, une seule chose comptera à leurs yeux : tout faire pour pousser leurs favoris à la victoire. « Attention, demain leur comportement sera très différent, a prévenu un collègue local. Évitez de vous frotter à eux et arrivez au match trois heures à l’avance. » Les joueurs, eux, n’auront pas le choix et Evan Bush s’attend à être bombardé.

Il pourrait l’être doublement : tant par les supporters que par l’équipe d’Alajuelense, qui a prévu de mettre tout à l’attaque. Pas seulement parce qu’il faut rattraper deux buts de retard, mais aussi parce que, nous dit-on ici, l’entraîneur Oscar Ramirez veut prouver qu’il sait avoir des intentions offensives. Certes, son équipe a la deuxième meilleure attaque du championnat, mais cette donnée est faussée par le fait qu’elle a inscrit six buts à deux reprises contre des faire-valoir.

Il devrait ainsi y avoir quelques changements par rapport à l’équipe alignée à Montréal. Toujours selon nos collègues costariciens, Soto, qui ne donne pas satisfaction, sera mis à l’écart, tout comme Salvaterria, jugé trop défensif. Matarrita, habituellement dans l’entrejeu, est pressenti pour jouer derrière et monter beaucoup, tout comme l’autre arrière latéral, Gutierrez. Ils devront quand même s’acquitter avant tout de leurs tâches défensives, alors que les milieux de terrain et les avants ont reçu une mission : tout à l’attaque ! Avec un renfort de choix, Alonso, de retour de suspension.

Info ou intox ? Toujours est-il que cette attention focalisée sur l’adversaire et l’ambiance dans la deuxième ville du Costa Rica arrange bien Frank Klopas, qui lui aussi tente au mieux de cacher son jeu à l’ennemi. Les informations sont données avec parcimonie. Voilà ce que Camara répondait quand on lui demandait comment l’équipe gérerait l’équilibre entre la volonté de défendre deux buts d’avance et celle d’en marquer un pour obliger l’adversaire à en inscrire quatre : « Bonne question… Des fois, on a des envies et on prépare des choses, mais au bout du compte, il y a la réalité du match et une autre équipe qui voudra pousser elle aussi. Il va falloir être aussi rigoureux qu’eux défensivement. C’est une équipe qui développe du jeu, essaye de repartir de l’arrière et de trouver le milieu de terrain. On va tout faire pour bloquer ça et tenter de se créer des occasions avec Jack, Nacho ou celui qui jouera. »

Les joueurs montréalais sont toutefois conscients que ce qu’Alajuelense a montré au match aller n’est pas représentatif de son niveau. « Le match au Stade olympique a un petit peu biaisé les choses car on est vite entré dedans et ils étaient un peu déboussolés, ajoute le défenseur français. Il ne faut plus s’y fier mais arriver fort car ils ont les crocs et la volonté de prendre leur revanche. On doit regarder nos points forts et ne pas se concentrer sur l’adversaire pour éviter de commettre la même erreur qu’ils ont commise ce jour-là. »

Des deux côtés, les plans ont été peaufinés pour ce match ultra-important. Pas étonnant que les Montréalais aient choisi un cadre où règnent calme et concentration pour le préparer. Ce soir, la donne sera toutefois bien différente. Maintenant, place au match !

06 April 11:20 de la mañana

Dimanche 5 avril. Aucun match de prévu au stade Alejandro Morera Soto, à quelques encablures de mon hôtel. Je décide néanmoins d’y aller. D’y retourner en fait, parce que j’avais déjà visité l’endroit au matin. Montréal est censé s’entraîner vers 16h00 et n’a pas fait savoir où. Ce n’est pas bien grave puisque la séance est à huis clos. Mais sait-on jamais…

Je sors, il est presque 17h00. Au coin de la rue, le bar La Liga. Avec un gros logo du club au-dessus de la porte. Impossible de se tromper sur sa vocation et le public qui le fréquente. Les rues sont calmes en ce dimanche de Pâques. Tout ou presque est fermé. Difficile de se restaurer. Les gens sont chez eux. Quelqu’un semble avoir mis la musique à fond, des basses résonnent lourdement.

Je m’approche du stade, la musique s’est calmée. Pourtant, elle venait bien de là. Je tourne le coin, et je tombe sur une marée de gens en maillot rouge et noir. Mais que se passe-t-il ? Les supporters sont amassés devant les guichets, pourtant bel et bien fermés. D’ailleurs, tous les billets pour le duel de mardi sont vendus depuis longtemps. Il n’y a pas non plus de match aujourd'hui, l'équipe a lamentablement perdu la veille en alignant ses réservistes. Je me renseigne, avec mon espagnol plus que rudimentaire. La réponse qui revient le plus souvent : c’est une réunion de motivation pour les supporters !

Le stade d'Alajuelense, ses tribunes à pic, avec, au loin, des volcans qui reflètent bien l'ambiance qui y règne les jours de match... mais parfois aussi à d'autres moments.

Oui, vous avez bien lu. Deux jours avant le match, sans raison apparente, les supporters les plus fervents vont devant le stade et chantent comme s’ils étaient dans la tribune ! L’un ou l’autre me dit aussi que la rumeur courait que Montréal viendrait s’entraîner ce soir. Difficile de savoir d’où elle sort, puisque même les principaux intéressés n’ont connu leur lieu d’entraînement qu’à la dernière minute, et qu’il était bien loin de là. Mais, au cas où, il y aurait eu un comité d’accueil pour faire forte impression. De toute façon, ce n’était qu’une rumeur, peu de monde m’en a parlé, et une chose est sûre : tous les supporters présents auraient été là, entraînement de Montréal ou non.

À peine le temps d’en savoir plus, et l’ambiance est relancée. La fanfare s'en donne à cœur-joie. Ça chante, ça saute, ça danse dans tous les sens. À quel point le match de mardi est-il important pour les supporters d’Alajuelense ? Très important ? Méga important ? D’une importance plus que gigantissime ? Non, encore plus important que ça ! Les paroles de la moitié des chants, sûrement habituels au stade, avaient été modifiées pour y introduire les mots mardi et gagner. Ça en dit long.

Il y de l'entrain dans les cœurs. Tout le monde y croit. Soudain, silence. Ou plutôt, les chants se font plus calmes pour céder la place à des sirènes de motos de police. Une partie des supporters se précipite. On croit qu’elles escortent l’ennemi montréalais. Les sifflets se font entendre. Mais les éclaireurs reviennent déçus : ce sont juste des policiers qui sont là au cas où il y aurait des débordements. Ils se postent un coin de rue plus loin, observent et se font discrets. Ils ne sont pas très nombreux, une dizaine tout au plus, et n’auront jamais à intervenir.

Indoor soccer. Oui, vous avez bien lu. Et, oui, on est toujours dans le stade d'Alajuelense, qui a aussi une vocation sociale.

Ça donne l’occasion de faire une pause. Il fait chaud, et il faut boire beaucoup. Le sympathique hôte de mon hôtel me l’a aussi vivement conseillé. Quant à la propriétaire des lieux, elle m’a appris que, comble du hasard, dans la chambre à côté de la mienne loge… un joueur d’Alajuelense. Un Brésilien arrivé au début de l’année avec un contrat d’une demi-saison. Tant qu’il n’en sait pas plus sur son avenir, il reste installé ici. Il déménagera s’il signe pour plus longtemps.

Fin de la pause. Les chants peuvent reprendre. Personne n’est parti, évidemment. Le trompettiste est particulièrement en forme. Il donne le rythme, tout le monde connaît bien entendu les paroles et sait quand il faut taper des mains, chanter ou sauter. Cette ambiance me prend aux tripes. Je n’ai jamais autant regretté de ne ni parler ni comprendre l’espagnol.

Les supporters sont environ 500 à vue de nez. De tous âges. Les jeunes dans la vingtaine et début trentaine sont majoritaires. Certains sont âgés de quelques mois ou de quelques années à peine. Je regarde l’un d’entre eux passé des épaules de son père à celles de sa mère en me disant qu’il a de la chance d’être là. Pas de vivre cet instant précis, dont il ne se souviendra probablement pas, mais de se faire passer le virus de ce sport que nous aimons tant. Dans 15 ans, c’est peut-être lui qui lancera les chants. Non loin de lui, une jeune fille en fauteuil roulant.

L'entrée des loges, rare lieu de luxe d'un stade où règne une grande ferveur populaire.

D’autres sont beaucoup plus anciens. Soudain, devant moi, une femme d’un âge plus qu’avancé mais en toute grande forme, me voyant certainement plus calme que la moyenne et même pas aux couleurs d’Alajuelense, vient me taper dans les mains et m’invite à danser avec elle ! Elle m’expliquera qu’elle supporte le club depuis 50 ans, et me montrera fièrement sa place d’abonnée dans la tribune populaire ouest. Comment lui refuser ça ? Ainsi, si vous me voyez danser avec des supporters sur une vidéo sortie de nulle part, vous savez comment ça a commencé. Quoi, Rachel Bonnetta n’est pas la seule à y avoir droit !

Les supporters m’interpellent. Me demandent d’où je viens. Cheveux clairs, peau à moitié blêmie par l’interminable hiver montréalais et à moitié couleur rouge-écrevisse suite à un coup de soleil, ce n’est pas courant dans le coin ! Comment vais-je être accueilli ? Je la joue en deux temps. Je commence par dire que j’ai grandi en Belgique. Directement, on me parle avec fierté d’Oscar Duarte, joueur de Bruges venu d’Alajuelense (et auteur d’un but à la dernière Coupe du monde).

Rapidement, j’enchaîne quand même en expliquant que désormais, je vis au Canada et suis journaliste. Les réactions ne sont pas hostiles, même si j’ai bien entendu droit à quelques regards réprobateurs (mais pas méchants) et pouces vers le bas. Ça n’empêche pas les conversations de continuer. Tout le monde autour de moi est évidemment persuadé de l’issue favorable à leurs favoris mardi.

Et puis, la discussion avançant, je leur explique qu’ils m’ont conquis. Que je découvre le foot sur place au Costa Rica et qu’entre tous les clubs du pays, avec ce que je vis aujourd’hui, “mi corazon esta Alajuelense”. Joie comme si leur équipe avait marqué en but. Enfin, non, quand ils marquent, ça doit être bien plus fou que ça. Leur fierté fait chaud au cœur. Et l’allégresse se poursuit quand je tente de dire que c’est tout naturel pour un gars qui grandi à Bruxelles avec le cœur rouge et noir, et anti-mauve (couleur de Saprissa, ennemi juré d’Alajuelense).

Les supporters d'Alajuelense sont à la fois lions, sympathiques et accueillants. Cette image souhaitant la bienvenue et décorant l'entrée du vestiaire de leur équipe les représente bien.

Il n’y a toutefois pas de haine malsaine envers le rival. D’ailleurs, un supporter clairement affiché mauve est passé en voiture dans la rue. Un seul être vêtu de rouge et noir a réagi plus durement : un chien, car il y en avait un autre à l’arrière du véhicule. En voilà un qui veut protéger son territoire. En matière de respect, l’inverse est tout aussi vrai. Dans l’après-midi, j’ai fait le trajet entre Belen et Alajuela en voiture avec Kevin, un supporter de Saprissa qui m’a gentiment offert de m’accompagner en m’expliquant que c’est ça la « pura vida, et 100% tico ». Il avait évidemment vu le match au Stade olympique de Montréal, et en avait long à dire.

Comme les journalistes costariciens présents ce jour-là, il pense qu’Alajuelense n’a rien montré et était méconnaissable. Il s’emporte par contre quand je lui demande de parler de l’arbitre : pour lui, faire des reproches au directeur de jeu est une excuse facile. Son souhait, comme celui de tout le pays me dit-il, est de voir les deux clubs du Costa Rica – Alajuelense et Heredia, deux ennemis de Saprissa – atteindre la finale de la Ligue des champions. Pour mardi, il pronostique une victoire 3-0 des rouge et noir, ou alors un succès après prolongation. « Ce sera très dur pour Montréal, croit-il. Leur seule chance de passer est d’inscrire un but en première mi-temps. S’ils n’ont pas marqué à la pause, ils ne le feront pas après. Et alors, Alajuelense émergera. »

Fin de cette digression, retour au stade. Les supporters veulent poser en photo à mes côtés. D’accord. On me met un drapeau du club local sur le dos. C’est gentil… mais je vais quand même mettre une limite au dépassement de ma neutralité journalistique de la soirée. Ils sont déçus mais ne le prennent pas mal. Puis soudain, on me dit, de manière sympathique : « arrête de discuter, on est là pour chanter, taper des mains et danser ». C’est vrai, c’est une réunion de motivation, il ne faut pas l’oublier !

Dimanche matin. Deux jours avant le match, une cinquantaine de supporters se réunit afin de finaliser les plans pour l'ambiance qui devra régner mardi. Ils ont aussi préparé un tifo, dont je n'ai presque rien vu... ce qui était déjà beaucoup trop à leurs yeux.

Le soir tombe, les gens se dispersent. Certains sont là depuis bien plus tôt ce matin. D’ailleurs, à cette heure-là… j’y étais aussi. Encore une fois, un peu par hasard. Enfin non, je voulais évidemment voir le stade. Mais je ne savais pas qu’il serait ouvert, et encore moins qu’une frange de supporters serait à l’intérieur.

Il n’est pas grand, mais il est impressionnant. Le garde de sécurité m’autorise bien gentiment à entrer et à prendre des photos. Merci, un grand merci ! Les quatre tribunes sont très à pic. Il y a quelques sièges en haut des latérales, des loges aussi, mais pour la plupart des places, on a simplement droit à des blocs de béton hauts de deux marches. On peut y être aussi bien assis que debout. Sur les buts, s’il y a des poussées, il faut avoir un bon équilibre !

Tout est rouge et noir, à l’exception des escaliers en jaune et de quelques inscriptions en blanc. De toute façon, mardi, on n’en verra rien, toutes les places seront occupées. Et tout sera également rouge et noir… L’endroit est modeste dans la mesure où il n’y a pas grand luxe. De toute façon, on n’est pas dans un hôtel pour milliardaires mais dans un stade de foot populaire. Et je peux vous l’affirmer, ça sent le foot à plein nez. Oui, cette odeur indescriptible que je ne peux malheureusement pas vous transmettre…

Non, ce n'est pas l'entrée du stade mais bel et bien une porte cachée par un but lui-même derrière une tribune. N'essayez pas de l'ouvrir, il y a juste un mur derrière.

Et pourtant, il y a ce terrain artificiel qui fait vraiment tache. Comme si Jacques Villeret avait joué le héros d’un film de kung fu. Donc, cette odeur, ce n’est pas celle du gazon fraîchement taillé. Ni celle de la ville, fortement influencée par la chaleur permanente et sûrement un autre truc mystérieux à mon nez. Non, celle du stade me rappelle des souvenirs qui commencent à être enfouis loin dans ma mémoire. Ceux de lieux qui, comme celui-ci, respirent bon le terroir sportif, sont chargés d’histoire, mais aussi simples et efficaces, sans artifices, avec toute l’attention focalisée sur le terrain, et où l’on sait que si on est un supporter local, on va passer de grands moments, en garder dans la tête et dans le cœur pour toute la vie. Une deuxième maison remplie d’amis pour tant de supporters, nombreux à déambuler dans les rues en arborant fièrement le maillot du club.

Je fais le tour de l’enceinte, une fois à l’intérieur, l’autre derrière les tribunes. Toutes les grilles de séparation sont ouvertes. Tant mieux ! Par endroits, des grillages pour empêcher les envahissements de terrain. Ils gâchent la vue mais me rappellent ma jeunesse molenbeekoise, quand après un but c’était la course à qui y serait en premier pour faire tourner son écharpe. Bon, je m’égare. Un peu plus loin, des machines à laver tournent à plein régime. Avec les maillots de joueurs ? Je ne vais pas déranger la brave dame qui s’occupe de la lessive.

Après un passage devant les vestiaires (avec un bruit de fuite d’eau près de celui des visiteurs, à moins qu’il ne vienne de celui des jeunes, adjacent), trois petits terrains couverts derrière une tribune avec la mention « indoor soccer ». Quoi, il y a du monde qui ne veut pas jouer dehors par ce beau temps ?

« Ici se trouve le cœur d'Alejandro Morera Soto, le magicien du ballon. » La plaque du milieu a été ajoutée pour le centième anniversaire de la naissance de celui qui a donné son nom au stade.

À l’entrée, l’histoire n’est pas oubliée. Un mur regroupe les plaques commémoratives, notamment pour les membres du club qui étaient à la Coupe du monde 1990. Il y a également une stèle en l’honneur d’Alejandro Morera Soto, qui a donné son nom au stade. Attaquant mythique de l’histoire d’Alajuelense entre 1925 et 1947, il a aussi joué en Espagne, notamment au FC Barcelone, ainsi qu’au Havre, en France, avant de se lancer dans la politique et de devenir député puis gouverneur de la province d’Alajuela.

La prochaine page d’histoire que le club veut écrire doit avoir lieu ce mardi. Et les supporters ne prennent pas ce match à la rigolade. En matinée, ils étaient une petite cinquantaine en réunion dans une tribune pour préparer l’ambiance. Au moment de ma sortie, certains d’entre sont allés à l’autre bout du stade et je les ai pris sur le fait à transporter de grands cartons qui doivent servir à un tifo. J’aurais aimé discuter avec eux mais on m’a fait comprendre poliment mais fermement qu’il n’etait pas question de prendre de photo et que je n’avais rien à faire là.

Cela donne le ton pour mardi, même si en soirée l’accueil a été bien plus chaleureux. Il ne fait aucun doute que Montréal est attendu de pied ferme et qu’on aura droit à une ambiance des grands soirs. Les supporters locaux vont chanter à tue-tête bien avant le coup d’envoi, et 90 minutes durant. À Ciman, Toia, Reo-Coker, Piatti et consorts de les faire déchanter au moment du coup de sifflet final.

18 March 1:04 de la tarde

Deuxième club canadien de l’histoire à disputer les demi-finales de la Ligue des champions, Montréal souhaite devenir le premier à en atteindre l’apothéose. Sa mission contre Alajuelense, club costaricien qui en est à ce stade de la compétition pour la deuxième saison consécutive, commence ce soir au Québec (20h00 HE).

Tous les espoirs sont évidemment permis pour un club qui a réussi à éliminer une équipe mexicaine, fait ô combien rare depuis la mise en place de cette Ligue des champions. Cependant, si l’adversaire n’a pas une figure d’ogre, il a un style tout en contrastes avec Pachuca, et Montréal devra faire la preuve qu’il est capable de s’en sortir en appliquant un autre plan de match.

D’ailleurs, n’allez pas dire à Frank Klopas que l’obstacle actuel est plus facile à franchir que le précédent. L’entraîneur pense au contraire qu’Alajuelense offrira une opposition encore plus redoutable, grâce à ses qualités en possession de balle et à son intelligence de jeu. Il faudra aussi composer avec un milieu de terrain très chargé et qui pourrait profiter de l’avantage du nombre.

Ajoutez à cela que, cette fois, il n’y a pas de favori évident et que Montréal doit jouer le match aller à domicile pour comprendre que le détenteur de la Coupe du Canada ne pourra pas se contenter de laisser toutes les responsabilités offensives à son adversaire. Il compte au contraire profiter de l’avantage du terrain pour chercher à se mettre à l’abri. Cependant, le tombeur de DC United ne changera pas ses habitudes et sera très offensif, avec l’intention de marquer le fameux but à l’extérieur.

Pas question non plus de se dire qu’en secouant un peu les joueurs d’Alajuelense, il y aura moyen de les impressionner et de calmer leurs ardeurs : le jeu physique ne fait pas peur aux Costariciens. Et par physique, on parle autant de duels musclés que d’endurance. Ceux qui ont vu l’équipe nationale à la Coupe du monde s’en souviennent certainement… et ils devraient reconnaître Johnny Acosta, titulaire au Brésil pour les Ticos, qui avaient atteint les quarts de finale.

S’il ne fait aucun doute que le dernier représentant de la MLS dans la compétition conservera son 4-2-3-1 habituel, la composition de l’équipe est loin d’être sûre. Il faudra remplacer Mapp, blessé, mais ce n’est pas la seule incertitude quant aux onze joueurs qui seront sur le terrain au moment du coup d’envoi. Certains aimeraient y voir Patrice Bernier, mais l’entraîneur ne compte pas se laisser influencer.

En finale, le vainqueur de ce duel affrontera soit Herediano soit l’America Mexico. Les supporters Costariciens rêvent d’un match entre deux de leurs clubs, et le premier en lice a réussi un véritable exploit en s’imposant 3-0 ce mardi contre un adversaire redoutable, mais qui a rapidement été réduit à dix et s’est ensuite écroulé sous les coups de boutoir.

17 March 12:18 de la tarde

Une fois n’est pas coutume, Frédéric Lord et Olivier Tremblay sont en duo pour cette émission en deux volets (que vous pouvez également écouter ici) : la présentation de la demi-finale aller de Ligue des champions entre Montréal et Alajuelense, et un retour sur quelques-unes des rencontres de la deuxième journée de championnat.

LIGUE DES CHAMPIONS

  • Alajuelense, un adversaire tout en contrastes par rapport à Pachuca ?
  • Les milieux axiaux, joueurs clefs du match ? Donadel et Reo-Coker joueront-ils ?
  • Qui pour remplacer Mapp sur le flanc droit ?
  • Quelle solution en pointe ? Porter peut-il revendiquer une place de titulaire ?
  • Camara est-il en train de perdre son poste d’arrière droit ?
  • Que penser des exclusions à répétition de Frank Klopas ?
  • L’entraîneur de Montréal est-il susceptible ou a-t-il raison de s’offusquer de certaines questions à répétition ?

2e JOURNÉE DE CHAMPIONNAT

  • Deric de héros à zéro ?
  • Vancouver, une des équipes les plus agréables à regarder ?
  • L’exclusion de Morrow, sévère en elle-même ou à cause des hésitations de l’arbitre ?
  • Philadelphie est-il largement sous-estimé ?
  • David Villa, le nouveau roi de New York ?
  • En l’absence de Johnson et Valeri, Nagbe prend-il l’équipe de Portland en mains ?

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

05 March 1:49 de la tarde

La qualification de Montréal pour les demi-finales de la Ligue des champions est le sujet phare de l’émission de la semaine (également disponible ici), mais on parle aussi des duels incontournables de la première journée de championnat et on vous présente certaines de nos nouveautés pour 2015.

MLS FANTASY – JOUEZ AVEC NOUS

  • Que retenir du match entre Montréal et Pachuca ?
  • Le plan de match de Frank Klopas était-il trop frileux ?
  • Mallace et Porter, les héros : leurs montées au jeu étaient-elles prévisibles ?
  • L’attaque Montréalaise a-t-elle suffisamment de poids ?
  • Qui a joué le meilleur match : Reo-Coker ou Donadel ?
  • Que du positif dans la défense de Montréal ?
  • Y aurait-il eu plus d’ambiance au stade Saputo ?
  • Alajuelense, plus ou moins fort que Pachuca ?
  • Quel est LE match à ne pas rater de la première journée de championnat ?
  • Quels sont les matchs au sommet ?
  • Quels sont ceux qui vont permettre de mieux jauger certaines équipes ?
  • Quelles nouveautés dans l’émission en 2015 ?

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

04 March 12:59 de la tarde

Montréal est le premier club qualifié pour les demi-finales de la Ligue des champions, après un partage 1-1 acquis de haute lutte face à Pachuca, et arraché dans les arrêts de jeu (résumé vidéo). Au tour suivant, il sera opposé au vainqueur de DC United - Alajuelense, qui sera joué ce soir.

Les supporters montréalais sont passés par toutes les émotions en 90 minutes : au moment du coup d’envoi, leur équipe était virtuellement qualifiée grâce au 2-2 du match aller. Une situation qui a perduré pendant 80 minutes supplémentaires, jusqu’à ce que Pachuca convertisse un penalty. Pour la première fois de ce quart de finale, les Québécois devaient courir après le score.

En outre, ils avaient peu de temps pour marquer. Mais à la toute fin des arrêts de jeu, le jeune Porter a fait exploser le stade de joie d’un but qui en a fait le héros de toute une ville, alors qu’il était inconnu il y a quelques semaines à peine. Mais ses coéquipiers n’ont pas mis longtemps à discerner ses points forts, et ont su qu’il allait reproduire en match le genre d’action qu’il montre à l’entraînement. De son côté, l’attaquant a suivi les conseils des joueurs expérimentés au moment de conclure. Des vétérans qui lui étaient très reconnaissants après le coup de sifflet final…

DC United, l’autre club de MLS engagé en quart de finale, a besoin de marquer trois buts contre Alajuelense ce soir (20h00, Fox Sports 2) après sa défaite 5-2 au match aller. Cela peut ressembler à une lapalissade, mais le discours des joueurs américains est d’y aller « un but à la fois ». Pour accomplir cette mission, ils seront encore privés de quelques blessés mais récupéreront Hamid, leur gardien titulaire.Ce retour est plus que le bienvenu pour une formation qui devra faire preuve de plus de solidité défensive qu’au Costa Rica.

Offensivement, les espoirs reposent sur Espindola, mais toute l’équipe devra être au diapason, et pour espérer remonter un tel retard, elle devra commencer par ne pas rater son début de match puis par être capable d’imposer le rythme des échanges.

Des deux autres quarts de finale, celui avec le moins de suspense se jouera ce soir (22h00 HE) entre l’America Mexico et Saprissa. Les Mexicains ont un pied et demi dans le carré d’as après leur victoire 0-3 au Costa Rica. Dans l’autre duel (demain 20h00 HE), les Costariciens d’Herediano partiront en position favorable chez eux, après leur partage 1-1 à Olimpia (Honduras) la semaine dernière.

03 March 12:45 de la tarde

Le Stade olympique de Montréal sera en ébullition ce soir à l’occasion du quart de finale retour de Ligue des champions entre Montréal et Pachuca (20h00 HE, TVA Sports, Sportsnet One, Sportsnet World, Fox Sports 2). Après le partage 2-2 à l’aller, les Québécois sont en position favorable.

Il suffit d’assister à un entraînement pour se rendre compte que la bonne humeur est installée dans un groupe où la confiance règne. Le contraste avec l’an dernier est encore plus net depuis le résultat au Mexique : il y a 12 mois, dès que la réalité du terrain a rattrapé les beaux discours de façade, l’édifice s’est écroulé. Cette fois, le premier match a surpassé les attentes, donnant davantage de crédit au travail effectué durant la préparation.

Malgré tout, l’obstacle est de taille face à un adversaire qui n’est pas le premier venu et ne manque pas d’atouts. Quelle approche adopter pour une équipe qui, chez elle, voudra séduire ses supporters, mais devra avant tout se montrer réaliste et se dire qu’au moment du coup d’envoi, elle sera dans la position du qualifié ? « Garder le zéro derrière mais ne pas jouer pour le 0-0 » : voilà le discours qui revient le plus souvent dans la bouche des joueurs. Dès lors, la recette appliquée au match aller devrait être reproduite.

Frank Klopas a toutefois insisté sur deux points depuis mardi dernier et a demandé à ses joueurs de concéder moins de phases arrêtées et de gagner davantage de « deuxièmes ballons ». Ils ne devront pas non plus se préoccuper d’éviter une possession de balle stérile : d’ordinaire, avoir le ballon pour ne rien en faire est problématique, mais dans une telle situation, cela permettra de faire courir le chronomètre… et l’adversaire. Pour se montrer dangereux, les joueurs locaux miseront avant tout sur leurs milieux latéraux.

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L’équipe devra évidemment aussi contrer les forces de son adversaire, connues de longue date, et que l’on a une nouvelle fois pu observer lors du match aller où, malgré les deux buts encaissés, les défenseurs montréalais ont fait belle figure. Ainsi, ils devront encore priver les ailiers mexicains d’espaces mais aussi de solutions. En revanche, l’axe de l’entrejeu va-t-il encore laisser l’adversaire manœuvrer ou le trio Reo-Coker - Donadel - Piatti souhaitera-t-il maîtriser davantage le ballon ?

Pachuca a en tout cas clairement annoncé ses couleurs. Habituée à encaisser, l’équipe est avant tout une machine à marquer des buts, et son parcours en Ligue des champions montre qu’elle ne se laisse pas impressionner en déplacement. Dès lors, il n’y a rien de surprenant à entendre son entraîneur parler d’intentions résolument offensives. Toutefois, en championnat, elle peine à trouver le fond des filets depuis le début de l’année. L’absence de l’attaquant de pointe Nahuelpan a été préjudiciable : de retour de blessure, il n’est pas sûr de commencer le match ce soir, mais s’il est sur le terrain, il y sera habité d’un sentiment de revanche, comme tous ses coéquipiers.

Les conditions de jeu seront également particulières : le Stade olympique de Montréal est couvert, donc la météo hivernale n’aura aucune influence. Les joueurs de Pachuca ont quand même pris un certain plaisir à s’amuser dans la neige. En revanche, le gazon artificiel est capricieux : le terrain est très dur et les rebonds peuvent être surprenants. Les Montréalais ont l’avantage de mieux le connaître, puisqu’ils se sont entraînés dessus pendant deux semaines avant de partir au Mexique, et depuis leur retour. En revanche, il est relativement grand, et qui dit plus de surface dit plus d’espaces, ce qui avantage les joueurs de Pachuca… mais aussi les reconversions rapides montréalaises.

27 February 5:41 de la tarde

Quelques jours après le match au Mexique et quelques jours avant le duel au Stade olympique, l’émission de la semaine (que vous pouvez aussi écouter ici) fait la part belle au quart de finale de Ligue des champions entre Pachuca et Montréal : hommes et batailles clefs du match aller, évaluations individuelles, ambiance, mais aussi nos prévisions pour le match retour, que ce soit le onze sur le terrain ou le scénario de la rencontre :

  • Qui a été l’homme du match pour Montréal ?
  • Quelle équipe a gagné la bataille dans l’axe de l’entrejeu (lisez aussi les duels secteur par secteur) ?
  • Comment expliquer que Bush a eu peu de grosses interventions à effectuer ?
  • En quoi la présence d’Oduro était-elle plus judicieuse que celle de McInerney ?
  • Le match de Piatti à Pachuca : irritant ou utile ?
  • Comment était l’ambiance dans le berceau du soccer mexicain ?
  • Quel onze de départ pour le match retour ?
  • Avec quelles intentions Montréal doit-il commencer ce match ?
  • Le scénario sera-t-il différent de celui du match aller ?
  • Que surveillerons-nous sur le terrain mardi ?
  • Que s’est-il passé lors d’Alajuelense - DC United ?

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

26 February 12:47 de la tarde

Le dernier match aller des quarts de finale de la Ligue des champions opposera ce soir Alajuelense, un des trois clubs costariciens toujours présents à ce stade de la compétition, à DC United, dernier club américain encore en lice (20h00, HE / Fox Sports 2).

À l’instar de Montréal avant-hier, DC United jouera son premier match officiel de l’année dans un contexte difficile, face à un adversaire en pleine saison. La forme de match est donc bien différente de part et d’autre, mais les Québécois ont démontré que ça n’empêchait pas d’obtenir un bon résultat en déplacement.

Les deux clubs se sont toutefois préparés de manière différente : pas de stage de deux semaines dans le pays de l’adversaire pour les Américains, qui ont posé le pied au Costa Rica seulement trois jours avant leur match. Dès leur descente de l’avion, l’international local Jairo Arrieta y a été accueilli comme un héros.

Ils ont découvert des conditions de jeu qui pourraient être hostiles, avec un terrain synthétique très bondissant, et des supporters qui n’ont rien d’enfants de chœur. Les joueurs non plus apparemment, puisque deux d’entre eux sont suspendus pour le match. DC United devra aussi composer avec des absences, notamment celles d’Halsti et Johnson en raison de pépins physiques, alors que Birnbaum revient de blessure.

Cette année, DC United dispute la Ligue des champions car il a remporté la Coupe des États-Unis 2013. Depuis lors, l’équipe - qui avait alors atteint des abysses en championnat - a beaucoup changé, et reste sur une saison 2014 très positive. D’ailleurs, il n’y eut guère de bouleversements dans l’effectif cet hiver. La préparation a donc été facilitée par le fait qu’il ne faille pas développer de nouveaux automatismes.

Le moment est peut-être relativement bon pour affronter Alajuelense, puisque l’équipe costaricienne est en méforme ces dernières semaines malgré une deuxième place en championnat et que des dissensions ont été affichées au sein du groupe. Ça ne l’empêche pas d’être un adversaire redoutable, avec une défense réputée très solide à domicile. Marquer un but là-bas serait donc une victoire en soi, c’est d’ailleurs un des objectifs de DC United qui prend ce match très au sérieux, conscient qu’un quart de finale de Ligue des champions est une occasion qui ne se présente pas souvent.

Toujours en lice dans la compétition, le club phare du Costa Rica, Saprissa, a perdu 0-3 contre l’America Mexico lors de son quart de finale aller hier soir, et ses chances sont compromises. On ne peut pas en dire autant du troisième représentant tico, puisque Herediano est allé chercher le nul 1-1 à Olimpia (Honduras).

25 February 1:14 de la tarde

Montréal a réalisé un excellent résultat à Pachuca, un nul 2-2 qui le place en position de force avant le match retour mardi prochain. Les résumés de la rencontre ne manquent pas (ici sur MLSsoccer.com en anglais, ici en français ailleurs, et à bien d’autres endroits encore). Alors plutôt que d’en écrire un autre, j’ai voulu comparer les grands duels de la soirée entre les deux équipes à différents endroits du terrain.

Evan Bush n’a, finalement, pas eu autant de travail que prévu, et pas grand-monde ne s’en plaindra à Montréal. Il a cependant dû se montrer solide sur une frappe de Cano d’un angle fermé en toute fin de première mi-temps et a effectué un beau plongeon pour écarter un tir à distance de De Buen alors que Pachuca était déjà revenu à 2-2. Il ne peut pas grand-chose sur le coup franc d'Olvera, mais paye le manque d'automatismes avec Ciman lors de sa sortie sur le but égalisateur.

Les défenseurs centraux constituent la toute grande satisfaction montréalaise. Soumare et Ciman ont dominé leur secteur de jeu de la tête et des épaules. Cela explique en partie la soirée relativement tranquille passée par leur gardien. S’ils ont été très bons, Pachuca a beaucoup manqué de présence dans les parages de Bush. Cano fut égal à ce qu’il montre en championnat depuis le début de l’année en ne pesant pas assez sur le jeu, et il a en plus beaucoup décroché (ce qui lui a quand même permis de provoquer le coup franc du 1-2). Derrière lui, les trois médians axiaux se regardaient souvent afin de savoir qui devait s’infiltrer. Le duo central montréalais ne leur a jamais laissé le temps de s’organiser, et dès que les Mexicains prenaient une bonne décision, l'exécution avortait quand Ciman ou Soumare arrivait premier sur le ballon. La montée de Nahuelpan a amené du poids à l'attaque de Pachuca, c’est d’ailleurs lui qui a égalisé et s’est retrouvé le plus souvent en position menaçante.

Face aux poisons que sont Damm et Lozano, Toia et Cabrera ont beaucoup souffert en début de match. L’excellente réaction montréalaise après le but d’ouverture leur a facilité la tâche : il y avait moins d’espaces pour les adversaires, et les arrières latéraux visiteurs ont pu serrer les ailiers locaux de plus près. Dès cet instant, ils se sont acquittés de leurs tâches avec beaucoup d’aplomb, ce qui était loin d’être gagné d’avance. Damm est capable de faire la différence à lui tout seul de beaucoup de manières différentes, et Toia a réussi à le mettre sous l’éteignoir. Il a confirmé les bonnes dispositions défensives montrées à Chivas USA, et a en plus un pied (très important) dans le premier but. Cabrera a constitué une très belle surprise, s’est beaucoup impliqué mais était cuit après une heure. Lozano a profité de sa fatigue pour poser les bases du but égalisateur. La montée de Camara a contribué à refermer la brèche.

Devant la défense, Donadel et Reo-Coker n’ont pas eu la vie facile face au trio De Buen - Guiterrez - Sornoza. L’Italien, qui fait partie des joueurs ayant été malades au Mexique, a été particulièrement souvent débordé. Les visiteurs étaient régulièrement en infériorité numérique dans cette partie de terrain, se contentant de regarder leur adversaire se passer le ballon. Toutefois, quand on pense de manière pragmatique, ce n’était pas plus mal. Les trois Mexicains avaient du mal à définir leurs rôles respectifs, notamment en raison de l’absence d’Hernandez (d’habitude De Buen reprend le rôle de Sornoza en fin de match). Ils avaient presque tout le poids de la construction sur leurs épaules, et poser le jeu n’est pas leur fort. L’infériorité numérique montréalaise était compensée ailleurs, ce qui limitait les solutions des joueurs de Pachuca. Et une fois que les espaces ont, eux aussi, été réduits, ils ont éprouvé toutes les peines du monde à développer des actions génératrices d’occasions. Le coup franc menant à l’égalisation est toutefois venu de là, après un service de Gutierrez à Cano, victime d’une faute à 20 mètres du but. Sur les contres montréalais, Reo-Coker se montrait fort disponible pour constituer un relais entre la défense et les joueurs offensifs.

Les conditions étaient très ingrates pour les milieux latéraux montréalais Mapp et Duka, qui savaient dès avant le coup d’envoi que leurs occasions de s’exprimer seraient limitées et qu’ils allaient beaucoup devoir défendre. Ils avaient cependant dans leur manche les principaux atouts pour surprendre Pachuca : rentrer dans le jeu et tirer de loin. De un, pour donner du travail aux arrières latéraux et limiter l’aide qu’ils pouvaient apporter offensivement. De deux, parce que Pachuca laisse beaucoup frapper à distance et qu’il y avait une belle carte à jouer. Mapp et Duka s’en sont tiré de superbe manière. Le deuxième nommé particulièrement, puisqu’il est l’auteur des deux buts des siens. Mapp a effectué tout le travail préparatoire sur le second. Chaque fois, ils sont rentrés dans le jeu, et c’est dans l’axe qu’ils ont fait mal. Il faut aussi souligner qu’ils n’ont pas rechigné à leurs tâches défensives, ce qui a causé des maux de tête supplémentaires à l’équipe locale.

L’axe défensif est un des points faibles de Pachuca, notamment dans la zone entre le grand rectangle et le rond central, et ça s’est vu. Encore là, la répartition aléatoire des tâches entre les trois milieux axiaux n’a pas aidé la cause mexicaine, et les défenseurs centraux ne leur ont pas prêté main forte. Sur le premier but, il suffit d’un petit coup de rein bien placé de Duka pour mettre Herrera dans le vent, avant de tirer victorieusement. Sur le second, Mapp se joue de Mosquera et le marquage sur Duka, seul juste devant le gardien Perez, est déficient. Piatti s’est aussi enfoncé comme dans du beurre plein axe à quelques reprises, mais s’est montré trop personnel, alors qu’Oduro, par sa vitesse, a baladé les défenseurs adverses, ouvrant des espaces encore plus béants à ses coéquipiers.

Ainsi, même si Pachuca a monopolisé le ballon pendant près des trois-quarts du match, a été plus précis dans ses passes et a remporté plus de duels, c’est souvent Montréal qui prenait le dessus lors des moments clefs. Plus efficaces défensivement et offensivement, les visiteurs ont pu arracher un résultat pour lequel ils auraient volontiers signé avant le coup d’envoi.