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CCL

05 June 11:13 de la mañana

Le tirage de la Ligue des champions 2015/16 a eu lieu cette semaine, et il est encore souvent difficile de déterminer la difficulté des groupes (dont la composition est ici) en fonction du pays dont font partie les clubs. On sait que les Mexicains et les Américains/Canadiens sont très forts, que le Costa Rica a des représentants costauds, mais après ? De qui se méfier ? Et quel est l’écart de niveau entre tout ce beau monde ? C’est une des raisons pour lesquelles je tiens à jour un « coefficient Concacaf » annuel, à l’image du coefficient UEFA qui détermine le nombre de places par pays dans les différentes coupes d’Europe. Voilà donc celui à l’issue de la dernière Ligue des champions, qui a vu l’America Mexico battre Montréal en finale.

Mes calculs ont été effectués avec les mêmes méthodes et avec un barème très proche de ce qui se fait en Europe. Une victoire vaut deux points, un match nul un point (la moitié pour feu le tour préliminaire), une participation à la phase de groupes rapporte un point. Il y a aussi des bonus : deux points en cas de sortie du groupe, un point pour une qualification lors des tours suivants et en cas de victoire en finale. Le total annuel des points d’un pays est divisé par le nombre de ses clubs en lice et le coefficient porte sur les cinq dernières saisons.

Ceux qui suivent ce classement (qui n’a rien d’officiel) depuis plusieurs années savent qu’il y a un biais : en raison de certaines particularités de la compétition, le calcul est quelque peu faussé pour le Canada par le fait qu’il n’a qu’un seul représentant, et que si celui-ci fait un beau parcours, il rapporte un énorme plein de points au pays. C’est arrivé cette année avec Montréal et cela a une conséquence importante sur le classement… puisque le Canada reprend la deuxième place aux États-Unis ! La reprend, car il les devance quand même pour la troisième fois en quatre ans, ce qui laisse sous-entendre que dans l’ensemble, le représentant du Canada fait mieux que la moyenne des clubs Américains.

Les États-Unis sont-ils en progrès ? Voilà une autre question qui mérite d’être posée. C’est la troisième année que le coefficient ne comprend que des saisons avec la Ligue des champions nouvelle mouture, et la troisième année de suite que le total de points des Américains est à la hausse… parce qu’ils avaient été plutôt mauvais lors des premières éditions de la compétition. En revanche, depuis les qualifications conjointes de Seattle et du LA Galaxy pour les demi-finales en 2013, la tendance est à un net recul. D’ailleurs, cette saison est leur pire en Ligue des champions depuis 2009/10. Un examen de conscience serait-il nécessaire ? Étaient-ils finalement plus à l’aise dans des groupes de quatre avec deux qualifiés que dans des groupes de trois dont seul le premier passe en quart de finale ?

En tête, on retrouve, évidemment, toujours le Mexique, dont un représentant a gagné la compétition pour la dixième année consécutive ! Néanmoins, son hégémonie est tout doucement en train de s’amenuiser. Alors qu’auparavant, les clubs mexicains s’éliminaient presque toujours uniquement entre eux, cette année, pour la première fois depuis très longtemps, ce n’est pas arrivé une seule fois. Le vainqueur est évidemment allé au bout sans chuter, mais avant cela, Pachuca avait été écarté par Montréal en quarts de finale, alors que Leon et Cruz Azul ne sont même pas sortis de leur groupe, devancés respectivement par Herediano et Alajuelense, deux clubs du Costa Rica.

Les Ticos sont d’ailleurs, derrière le Canada, ceux à avoir connu la meilleure saison 2014/15 sur la scène continentale. Trois représentants en quarts de finale, deux en demi-finale : personne n’a fait mieux. Il n’a pas manqué grand-chose à Alajuelense pour venir à bout de Montréal, alors que l’America Mexico a été sans pitié pour les deux autres. N’empêche, saison après saison, les Costariciens sont réguliers et leur bilan d’ensemble se rapproche de celui des Américains, alors que jusqu’à l’an dernier, il y avait un important écart. De quoi revendiquer plus que les deux places que le pays a obtenues pour l’édition 2015/16 ?

Désormais, on ne peut plus parler de trio de tête, mais bien de carré d’as. La Ligue des champions est dominée par les représentants de quatre pays, avec toujours une hégémonie mexicaine. Derrière, le trou est de plus en plus béant. Malgré la qualification d’Olimpia (futur adversaire de Vancouver et Seattle) pour les quarts de finale, le Honduras est encore devancé par le Guatemala, dont les représentants constituent toujours des trouble-fête en phase de groupe.

Très irréguliers, les clubs du Panama et du Salvador sont capables d’un coup d’éclat de temps à autre, mais ça ne les a pas empêchés de tous terminer derniers de leur groupe lors de la dernière édition de la compétition. Mais c’est dans les Caraïbes qu’il y a le plus de raisons de s’inquiéter, car les formations des îles ont de plus en plus souvent un rôle de faire-valoir et sont en nette régression. Le Nicaragua reste dernier de classe, même si avec deux partages et deux défaites, Esteli a réussi le meilleur parcours d’un club du pays.

  2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014 2014-2015 TOTAL
Mexique 17,250   18,250   14,750   15,250   11,000   76,500  
Canada 8,500   17,000   5,000   5,000   17,000   52,500  
États-Unis 9,375   9,750   11,750   9,250   7,750   47,875  
Costa Rica 7,750   7,750   8,500   7,333   12,333   43,666  
Guatemala 3,750   3,500   7,000   5,000   5,000   24,250  
Honduras 6,166   2,666   4,500   3,500   7,000   23,832  
Salvador 2,500   6,000   2,333   5,000   1,500   17,333  
Panama 1,333   3,000   1,000   6,500   2,500   14,333  
Caraïbes 3,833   0,500   3,000   1,333   2,333   10,999  
Nicaragua 0,000   0,000   1,000   2,000   3,000   6,000  
Belize 0,000   0,000   0,000   0,000   0,000   0,000  

06 May 1:05 de la tarde

Ligue des champions, Coupe du Canada et guerres mondiales : les sujets de l’émission de cette semaine (que vous pouvez également écouter ici) sont très variés. Des pas en avant à effectuer à Montréal et en MLS suite à cette aventure au calendrier des compétitions en passant par la disparition du soccer dans les journaux, on associe les leçons du passé et les objectifs plus élevés. Et on vous annonce aussi les finalistes du Franco du mois d’avril.

LIGUE DES CHAMPIONS

  • Peut-on dire que le plus fort a logiquement gagné ?
  • Mais que se passe-t-il donc en début de deuxième mi-temps ?
  • Dans quel état physique sont les joueurs montréalais ?
  • Que doivent faire les clubs de MLS pour gagner la Ligue des champions ?
  • Des choses à dire sur l’arbitrage ?

COUPE DU CANADA

  • Qui est tenant du titre : Montréal ou Vancouver ?
  • Le changement de calendrier, une idée aux conséquences néfastes ?
  • Une compétition invendable ou mal vendue ?
  • Sportivement, cette compétition doit-elle être en bas de la liste de priorités ?

CHRONIQUE HISTORIQUE

  • Quelles conséquences les guerres mondiales ont-elles eu sur le soccer au Québec ?
  • Quel était le portrait avant les conflits ?
  • Les compétitions et les clubs ont-ils tenu le coup pendant les guerres ?
  • Pourquoi le soccer a-t-il disparu des médias après la Seconde Guerre mondiale ?

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

30 April 2:49 de la tarde

Ce mercredi, l’America Mexico s’est donc imposé à Montréal 2-4 et a remporté la Ligue des champions 2015, après le partage 1-1 lors du match aller de cette finale. Cela n’a pas empêché Montréal de vivre une soirée magique, dont voici cinq aspects marquants d’ordres très divers.

1. Le match

L’essentiel, évidemment. Il se résume assez facilement. En première mi-temps, Montréal a fait beaucoup mieux que se défendre en ouvrant la marque via Romero, en menant des contres dangereux et en muselant un adversaire qui, malgré une archi-domination en possession de balle, peinait à se trouver et à se montrer menaçant. En deuxième mi-temps, l’équipe locale s’est effondrée : il a fallu cinq minutes aux visiteurs pour égaliser et, voyant que leur adversaire ne se relevait pas, ils ont porté le coup de grâce en 60 secondes à peine un quart d’heure plus tard, avant de planter une quatrième rose. En fin de match McInerney a réduit l’écart et offert une bonne note finale aux supporters locaux. Malgré tout, ce fut une soirée très riche en émotions. Pour la revivre de bout en bout, lisez ce compte-rendu détaillé. Si vous souhaitez vous contenter des buts et des occasions les plus dangereuses, regardez-en les faits saillants.

2. Le « lieu du crime »

Lors de la présentation de l’America Mexico dans Coup Franc la semaine dernière, on avait épinglé quelques caractéristiques évidentes de cette équipe. Parmi elles, le fait qu’elle aime jouer dans l’axe et que même ses joueurs excentrés préfèrent rentrer dans le jeu plutôt que d’aller tutoyer la ligne de touche. On avait aussi expliqué qu’elle aime faire circuler le ballon et envoyer des passes tranchantes qui déstabilisent la défense, avec une zone d’action privilégiée pour ces passes entre la sortie du grand rectangle et le rond central.

Regardez la photo ci-dessous, elle représente la passe à l’origine des quatre buts des visiteurs (soit la dernière, soit l’avant-dernière). Il y a plusieurs choses édifiantes.

Ces quatre passes ont de nombreux points communs. À commencer par l’endroit d’où elles ont été effectuées. Si l’on devait dessiner un quadrilatère entre les quatre points, il recouvrirait 3% du terrain, et encore… (en plus, le 1-3 fait au moins quintupler sa taille). Si tout est parti de cette zone d’action, les similitudes se sont poursuivies : le passeur en question (souvent, d’ailleurs, un latéral rentré dans le jeu) a toujours donné le ballon vers sa gauche, et trois fois sur quatre en direction du poteau à la droite de Nicht. On connaît la conclusion.

Plus étonnant encore : on retrouve une situation similaire sur les deux autres actions les plus dangereuses de l’America (photo ci-dessous), soit la reprise de Benedetto sur la transversale (qui, contrairement aux autres, partait cependant d’un coup franc, donc il pouvait y difficilement y avoir du monde autour de l’auteur de la passe) et la tête de Peralta qui a failli donner l’avance à ses couleurs peu avant l’heure de jeu.

Si les qualités des joueurs de l’America Mexico ont sans aucun doute un rapport avec cette stupéfiante constatation, il va sans dire que les Montréalais ont laissé une situation presque identique se reproduire trop souvent et devront travailler pour éviter qu’elle se reproduise à l’avenir.

3. Les réactions

Dans le camp local, elles allaient toutes dans le même sens. Quand on leur parlait du match, les Montréalais mettaient en exergue le flagrant contraste entre les deux mi-temps. Malgré les absences et la réorganisation de l’équipe, personne ne cherchait d’excuses, tout en stigmatisant la fatigue et la désorganisation qui ont provoqué l’effondrement fatal. Une déception d’autant plus forte qu’elle était empreinte du sentiment d’avoir tout donné jusqu’au bout et d’être passé tellement près de l’exploit. Un état d’esprit qui a envahi tout le soccer montréalais hier soir, à un tel point qu’entre les lignes de certaines analyses, on devinait le chagrin de l’auteur. Chez les supporters également, le contraste était de mise, entre les espoirs d’avant-match et la déception du résultat.

Du côté des vainqueurs, c’était évidemment bien différent, et on sait que les joies sont encore plus intenses quand on évite la catastrophe. Sans forfanterie, ils parlaient de différence de qualité entre les deux équipes, mais tenaient quand même à insister sur les mérites de leur adversaire. Les propos du gardien Muñoz résumaient bien l’état d’esprit de son équipe au sujet des 180 minutes de cette finale : « Montréal a été excellent lors des deux rencontres, mais ici nous avons fait ce que nous n’avions pas réussi à Mexico. »

4. La portée du match et de ce qui a précédé

Il semble bien loin le temps où Montréal jouait devant moins de 5000 personnes taiseuses dans un stade  anonyme, mais quand même plus connu des Québécois que l’équipe elle-même, passée par une faillite en 2001. Sur le terrain, dans les bureaux et dans les tribunes, ils n’étaient qu’une poignée à voir le grand potentiel sous leurs yeux, mais même les plus déterminés, comme le président Joey Saputo, n’auraient pas imaginé dans leurs rêves les plus fous une soirée comme celle de ce mercredi, et un tel parcours sur la scène internationale.

Cette finale, devant 61 000 personnes, avec un tifo et une ambiance probablement historiques pour la ville, étaient l’apothéose d’une grande aventure. Il faut espérer qu’elle ait porté ses fruits dans les diverses strates du paysage sportif montréalais. Parmi les novices qui ont découvert l’équipe, certains ont dû tomber sous le charme. Parmi les amateurs de sport aimant le soccer, l’Impact a certainement gagné quelques places dans la hiérarchie des passions. Et chez les autres ? Et dans les médias ? Et que se passera-t-il lors du retour aux réalités quotidiennes, notamment si les résultats sont décevants ? De nombreux observateurs extérieurs des milieux du soccer au Canada et aux États-Unis ont posé la même question après le match : « Le buzz va-t-il continuer ? »

Ce qu’il y a de plus paradoxal là-dedans, c’est que si à Montréal, certains rechignent à donner au soccer la place qu’il mérite, dans le monde, on parle plus de l’Impact que des Canadiens, le club de hockey local. Ce qui me rappelle des discussions au Costa Rica, où les gens me disaient « Oui, on a une culture de soccer, mais même les gens qui s’y intéressent moins l’aiment car c’est grâce à lui que notre pays a une visibilité internationale. »  Bien entendu, la place de sport national du hockey n’est en rien menacée au Canada, mais s’affirmer face à lui, ce n’est pas le dénigrer et il serait temps que le soccer, qui a la maturité nécessaire, prenne sa place et cesse d’être le petit de maternelle qui suit son grand frère partout avec une admiration aveugle.

5. Que manque-t-il pour gagner la Ligue des champions ?

Une question posée au sujet de Montréal mais aussi, voire surtout, des équipes de MLS en général. L’entraîneur visiteur Gustavo Matosas insistait sur l’importance de la formation des jeunes, et ce qu’ils peuvent apporter à long terme. Certains Montréalais, pas forcément devant les micros, avançaient que le niveau des onze joueurs était plus homogène dans l’autre équipe.

La question a été posée à Patrice Bernier, qui a fait un parallèle entre la MLS et la Premier League. « Comme en Europe, la Ligue des champions, c’est autre chose que le championnat local. En MLS, on est un peu comme les Anglais : on est basé sur un jeu très athlétique qui utilise les espaces. Les autres, y compris les petites équipes d’Amérique centrale, ont beaucoup de qualités techniques. Il faut être adroit avec le ballon, car quand on ne le garde pas, on le paye cash et on fait des erreurs de concentration. Il nous manque encore une petite coche pour être à la hauteur de ces équipes-là, et ça fait la différence dans l’exécution. »

Dans nos contrées depuis peu, Laurent Ciman peut amener un regard frais et expérimenté sur la question et a aussi été interrogé à ce sujet : « Ils ont l’habitude de jouer ces grands matches, les clubs de MLS peut-être moins. Je viens d’arriver mais par rapport à ce que j’ai vu de l’Impact, c’est juste de la concentration et de la rigueur. »

Depuis le coup d’envoi du quart de finale aller à Pachuca, Montréal a passé énormément de temps à subir le jeu. L’équipe a été efficace défensivement et opportuniste devant : si cela peut permettre des miracles l’une ou l’autre année, ce n’est néanmoins pas comme ça que les clubs de MLS vont devenir les meilleurs de la Concacaf (lisez la toute fin de l’article « One last thing »).

29 April 12:58 de la tarde

Le grand jour est arrivé (prise 2, on disait déjà ça la semaine dernière). Ce soir, Montréal reçoit l’America Mexico lors du match retour de la finale de la Ligue des champions (20h00, HE / direct TVA Sports, Sportsnet One, Fox Sports 2, Unimas). Forts de leur partage 1-1 au match aller, les Québécois partent en position favorable puisqu’au moment du coup d’envoi, ils seront virtuellement lauréats de la compétition.

Mais avant de soulever le trophée et de composter son billet pour le Japon, il faudra jouer 90 minutes, voire 120, d’un match qui s’annonce aussi difficile que passionnant. Le contexte, déjà historique, a été chargé par de nombreuses péripéties autour de la rencontre, de la suspension de Bush aux déclarations tapageuses de son vis-à-vis mexicain. De quoi encore faire monter la température…

D’ailleurs, paradoxalement, peu de conversations tournent autour du jeu et du terrain. On parle davantage de l’ambiance, de l’enjeu, de l’importance du match, de sa couverture médiatique, de la pression, du feuilleton du gardien de but montréalais ou encore de l’état d’esprit que de la composition des équipes, du jeu qu’elles comptent développer ou de leurs stratégies pour surprendre l’adversaire. Certes, les entraîneurs veulent préserver certains mystères, mais l’émission Coup Franc de la semaine tente de prévoir leurs plans. D’ailleurs, si vous voulez connaître en détails la façon de jouer de l’America Mexico, celle de la semaine dernière est encore on ne peut plus pertinente.

Maintenant que le cas du gardien est réglé, avec l’arrivée de Nicht qui regardait le match aller seul dans un bar la semaine passée à Indianapolis, deux incertitudes demeurent dans la composition du onze montréalais : le poste d’arrière droit, où Cabrera est indisponible et Camara incertain (ce qui pourrait se répercuter au milieu défensif), et celui d’attaquant, où McInerney et Cooper font de la concurrence à Oduro qui a cependant très bien rempli sa mission la semaine dernière.

Ce qui ne changera pas – en apparence du moins – par rapport au match aller, c’est la mentalité des joueurs montréalais : ils ne semblent pas être submergés par la pression, mais davantage concentrés sur un match dont ils mesurent la portée, qui doit constituer un élément davantage mobilisateur qu’intimidant. Parmi les éléments particulièrement motivés, Ignacio Piatti a enfin la chance de jouer la finale retour d’une compétition continentale, alors qu’il avait dû quitter San Lorenzo pour Montréal juste avant l’apothéose de la Copa Libertadores 2014.

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En face également, il y a deux points d’interrogation majeurs : Peralta, sur le banc au début du match aller puis épargné en championnat contre Chivas, ainsi que Sambueza dont la présence est douteuse depuis sa sortie sur blessure dimanche. Les joueurs de l’America croient fermement à la victoire, et si pour certains d’entre eux, leur équipe aurait dû s’imposer largement la semaine dernière, ça ne les empêche pas de respecter leur adversaire.

Malgré le résultat du match aller, il ne faut pas cacher que de nombreux observateurs neutres considèrent encore les visiteurs comme favoris. C’est compréhensible, puisque ceux-ci comptent confirmer la large domination mexicaine en Ligue des champions. Malgré tout, l’entraîneur Matosas déplore le manque de soutien de la Liga MX, tout en contrastes avec la MLS qui appuie Montréal de toutes les manières possibles, entre le report de matchs de championnat et l’envoi de messages en français par le compte Twitter officiel de la ligue, d’ordinaire en anglais.

Utilisé parfois à tort et à travers, le mot historique sera bel et bien pertinent aujourd’hui à Montréal, où les 61 000 places du Stade olympique ont très vite trouvé preneur. Le club invite les supporters à arriver au stade tôt, afin d’encourager leurs favoris dès l’échauffement, de dévoiler un tifo lorsque les joueurs monteront sur la pelouse avant le coup d’envoi et de ne rien manquer de ce match qui, quoi qu’il arrive, marquera les esprits. Un engouement chez les supporters du club et les amateurs de soccer qui, étonnamment, n’est pas relayé à sa juste valeur par les médias locaux. Chiffres à l’appui, une importante firme de surveillance médiatique explique ainsi qu’au Québec, on parle 60 fois plus de l’équipe montréalaise de hockey que de l’Impact, alors que dans le reste du monde, c’est bel et bien le soccer qui est à l’avant-plan et contribue à la renommée de la ville !

Cela n’empêche pas ceux qui aiment le soccer depuis longtemps, journalistes ou supporters, de raconter comment ils sont tombés sous le charme du ballon rond et de partager les histoires souvent magnifiques qui font qu’aujourd’hui, l’Impact de Montréal occupe la première place sportive dans leur cœur. Et, non, ces réussites sportives et populaires n’ont rien d’une anomalie.

Après le nul 1-1 du match aller, les cas de figure pour déterminer le vainqueur de la Ligue des champions à l’issue du duel de ce soir sont assez simples. Le vainqueur de la rencontre, après 90 ou 120 minutes, remporte le trophée et la place à la Coupe du monde des clubs. En cas de match nul 0-0, Montréal s’impose grâce à la règle des buts à l’extérieur. En cas de partage 2-2 ou plus, l’America Mexico gagne, en raison de la même règle. Si le marquoir affiche 1-1 après 90 minutes, on dispute une prolongation. Durant celle-ci, la règle des buts à l’extérieur n’est plus en vigueur. Donc, si les deux équipes sont toujours à égalité à l’issue de 120 minutes, on procède à la séance de tirs au but. Le suspense est intenable…

23 April 12:05 de la tarde

Montréal a réalisé un exploit ce mercredi soir au stade Azteca en tenant l’America Mexico en échec 1-1 lors du match aller de la finale de la Ligue des champions. Suspense, but surprise en début de rencontre, grosse pression, polémiques d’arbitrage et même plus : tous les ingrédients ont été rassemblés pour rendre la soirée mythique.

Alors qu’on s’attendait à un début en trombe de l’équipe locale, on a rapidement compris que malgré la confiance qui l’habitait, elle respectait son adversaire. Et après un quart d’heure, elle s’est fait surprendre par un but de Piatti, parachèvement d’un beau travail collectif dans lequel Ciman, Camara, Oduro et Duka ont également été impliqués. Par la suite, il a fallu défendre, beaucoup défendre, et les arrières se sont particulièrement illustrés comme en témoigne ce bulletin de notes individuelles.

Car l’ouverture du score a bien entendu réveillé les joueurs de l’America, qui, dès lors, ont poussé 75 minutes durant. Les attaques s’enchaînaient comme des vagues incessantes, mais tantôt la défense, tantôt le gardien, tantôt la maladresse locale, tantôt la chance permettaient à l’Impact de conserver son avance. Jusqu’à ce que la tête de Peralata ne prolonge au fond des filets un coup franc à l’avant-dernière minute du temps réglementaire. Une égalisation qui n’était pas volée, au vu du bombardement en règle subi par l’Impact durant 90 minutes : 25 tirs à 3 et 16 corners à 2, ce sont des chiffres qui en disent long.

C’était, à vrai dire, le deuxième but de la soirée inscrit par l’équipe locale, mais celui d’Arroyo en première mi-temps avait été annulé pour un hors-jeu très limite. Les deux équipes ont eu droit à leur polémique puisque juste avant la pause, alors qu’il s’apprêtait à tenter de dribbler le gardien Munoz sorti à sa rencontre, Oduro s’est fait retenir par le maillot par Martinez. Tout Montréal souhaitait l’exclusion du fautif, mais l’arbitre n’a pas jugé l’occasion de but assez manifeste et s’est contenté de lui donner un carton jaune.

Ce n’est pas le seul bristol jaune controversé de la soirée, puisque en toute fin de rencontre, Evan Bush a gardé le ballon en mains pour empêcher un adversaire de s’en emparer, avant de le dégager sur Paul Aguilar. Cela a quelque peu échappé aux caméras, mais les journalistes sur place ont vu la sanction infligée par l’arbitre, qui ne susciterait pas autant de réactions si elle ne provoquait pas la suspension du gardien montréalais pour le match retour. Son second, Eric Kronberg, ne peut pas jouer en Ligue des champions avec Montréal car il y a déjà pris part avec Kansas City. Le club fait donc face à un casse-tête monumental, et a décidé d’essayer de faire annuler le carton jaune.

À la sortie des vestiaires, les décisions arbitrales étaient au cœur des réactions des Montréalais, qui s’estimaient floués à plus d’un titre même si pendant le match, ils ont tenté d’y penser le moins possible. Certains préféraient tout de même ne pas emprunter la voie de la polémique. Et puis, il y avait bien entendu aussi beaucoup de choses à dire sur le match et son superbe résultat : fierté, grand jour et confiance en soi revenaient souvent dans des propos où s’entremêlaient la hauteur  de l’exploit de la soirée et la conscience qu’il faudra confirmer tout cela dans une semaine.

Les Montréalais vivent plus qu’un rêve, un petit miracle est à leur portée. Si les 59020 personnes ayant acheté un billet se présentent toutes au Stade olympique le 29 avril, ils auront déjà remporté une première bataille puisque l’America Mexico a annoncé 56783 entrées payantes hier. Mais ce qu’ils convoitent, c’est évidemment le trophée remis au vainqueur de la Ligue des champions et la place en Coupe du monde des clubs. Ils n’en sont plus qu’à 90 ou peut-être 120 minutes… mais elles n’auront rien d’une promenade de santé.

22 April 12:01 de la tarde

Ça y est, c’est le grand soir ! Enfin, le premier de deux grands soirs. La finale aller de la Ligue des champions entre l’America Mexico et l’Impact de Montréal se joue aujourd’hui sur le coup de 21h00 (HE / 20h00 heure locale) au stade Azteca (direct TVA Sports 2, Sportsnet World, Fox Sports 2, Unimas).

Il ne faut pas se le cacher, les Mexicains sont les grandissimes favoris de cette finale. Et pour cause : depuis 2006 (et une victoire… de l’America), aucun club d’un autre pays n’a remporté la compétition de clubs phare de la Concacaf. L’équipe locale a de quoi faire peur, surtout pour ceux qui ont vu sa demi-finale retour contre Herediano. Mais elle s’est récemment inclinée 0-4 chez elle en championnat…

Ainsi, dans les rangs montréalais, on préfère ne pas s’emballer dans un sens ou dans l’autre, et rester concentrer sur son match. Une chose ressort nettement des déclarations des joueurs depuis leur arrivée au Mexique : il n’y a aucune raison de stresser, il faut y croire et savourer cette finale à sa juste valeur. Même si les pronostiqueurs les donnent battus, a fortiori pour ce match aller, les visiteurs ne veulent pas envisager la défaite, pas même si elle représente un « résultat positif » dans les esprits. En coulisses, ce discours n’est certes pas répété par tout le monde, mais il n’y fait aucun doute que l’ambiance est au beau fixe.

S’ils acceptent volontiers leur rôle de favori et parlent sans gêne déjà de la Coupe du monde des clubs (ce que certains joueurs de l’Impact avaient également fait après la demi-finale retour, ne l’oublions pas), les Mexicains respectent leur adversaire qui « n’est pas là par hasard » et savent qu’il y a une finale à gagner avant de composter son billet pour le Japon.

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D’ailleurs, de quoi aura l’air ce match sur le terrain d’un club au palmarès riche et regorgeant de vedettes ? Montréal doit-il jouer à onze derrière ? Quelles sont les stratégies offensives favorites de l’America Mexico ? Comment surprendre l’équipe locale de manière efficace ? Quels pièges les deux équipes peuvent-elles tendre à leur adversaire ? Axe du jeu et vitesse risquent d’être les maîtres mots de la soirée, mais une analyse détaillée des forces et faiblesses des protagonistes permet de mieux comprendre où et comment pourra se présenter le danger devant les deux buts.

Les conditions de jeu auront certainement aussi une influence sur le match. À ce sujet, le fait d’avoir joué non loin de là, à Pachuca, en quart de finale permet aux Montréalais d’avoir davantage de repères pour gérer l’altitude et la pollution. Et pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles, le club n’a pas lésiné sur les moyens financiers.

Aussi bien préparés soient-ils, les joueurs découvriront le mythique stade Azteca, où près de 105 000 supporters locaux feront chauffer l’ambiance à blanc. Au milieu de cette foule, une soixantaine de Montréalais ayant effectué le déplacement. S’il n’y aura pas le moindre siège vide lors du match aller, ce sera aussi le cas dans une semaine puisque tous les billets pour le match retour sont déjà vendus.

À distance, Montréal aura évidemment ses supporters derrière lui, mais également l’appui de toute la MLS qui veut mettre fin à l’hégémonie continentale des clubs mexicains. Les deux équipes ont dû batailler ferme pour en arriver à ce stade de la compétition. Des milliers de clubs des pays de la Concacaf, ils étaient 524 en lice pour une place en Ligue des champions il y a deux ans. Ils ne sont aujourd’hui plus que deux. À plusieurs reprises, Montréal est passé par le chas de l’aiguille à quelques secondes près. Notamment grâce au but de Porter contre Pachuca, mais déjà en demi-finale de la Coupe du Canada, contre un club de D2. Comme quoi, cela tient à peu de choses…

Mais ceux qui regardent dans le passé dans les rangs des bleu-blanc-noir ont un rétroviseur qui réfléchit bien plus loin que ça. Des Québécois comme Patrice Bernier et Mauro Biello, présents dans l’équipe au début des années 2000 et même avant, se rendent compte des pas de géant effectués par le club depuis lors et de l’importance historique de ce match

21 April 12:30 de la tarde

Le match aller de la finale de la Ligue des champions se joue ce mercredi et l’émission de cette semaine (que vous pouvez également écouter ici) y est évidemment consacrée. Olivier Tremblay est en direct de Mexico, d’où il nous donne les dernières nouvelles du front, alors que vous connaîtrez également toutes les forces et faiblesses de l’adversaire de l’Impact de Montreal, l’America Mexico.

  • À quel point ce match est-il important dans l’histoire du club montréalais ?
  • Pourquoi le fameux stade Azteca est-il aussi mythique ?
  • Les Mexicains prennent-ils leur adversaire de haut ?
  • Dans quel état d’esprit les Montréalais sont-ils à quelques heures du match ?
  • Jouer à onze derrière, bonne stratégie ou gros risque pour l’Impact ?
  • Par où les attaques montréalaises doivent-elles passer pour aller jusqu’au bout ?
  • Comment Oduro et compagnie peuvent-il développer des contres efficaces ?
  • Y a-t-il un moment du match où Montréal pourrait exploiter une baisse de régime adverse ?
  • Dans quels pièges l’Impact doit-il faire attention de ne pas tomber ?
  • Quels choix offensifs Frank Klopas va-t-il effectuer ?
  • Qui sera dans le onze de départ de l’Impact ?
  • Quelle est la stratégie offensive favorite de l’America Mexico ?
  • Doit-on s’attendre à un départ en trombe de l’équipe locale, comme contre Herediano ?
  • Quelles sont les individualités à surveiller, et pourquoi ?
  • Qu’attendre des phases arrêtées, des deux côtés du terrain ?
  • Où regarder le match si vous êtes à Montréal ?

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17 April 12:20 de la tarde

L’équipe de Montréal est arrivée au Mexique ce jeudi, afin de mieux préparer sa finale de Ligue des champions. Pour l’aider à briller sur la scène continentale, plusieurs de ses rencontres de championnat ont également été reportées. Est-ce vraiment si difficile que cela d’être performant sur les deux tableaux en même temps ?

Pour le savoir, regardons les chiffres et le passé. Le tout à partir des quarts de finale, toujours synonymes pour les clubs de MLS de début de nouvelle saison, mais aussi souvent d’état d’esprit différent au moment d’en découdre dans la compétition phare pour les clubs de la Concacaf. Entre 2011 et 2014, dix équipes de MLS ont dû jongler avec la combinaison championnat - Ligue des champions.

Leur calendrier a régulièrement été accommodé (notamment pour leur éviter de jouer entre le match aller et le match retour quand ceux-ci avaient lieu deux semaines consécutives). Elles ont disputé un total de 26 rencontres de MLS lors du week-end juste avant ou juste après un match de Ligue des champions. Le bilan est médiocre : 25 points sur une possibilité de 78 (de quoi terminer environ 16e sur 20 à la fin de la saison régulière). Ajoutons que quelques fois, le calendrier de la MLS était adapté pour mettre aux prises deux formations toujours présentes sur la scène continentale, donnant aux deux adversaires un handicap similaire. Ce fut encore le cas cette année avec DC United - Montréal.

De ces dix équipes, une est allée en finale (Salt Lake en 2011) et trois autres en demi-finale (Seattle et le LA Galaxy en 2013, Toronto en 2012). Cela a donc fait quinze tours de Ligue des champions à gérer. Mais de ces quinze possibilités entre 2011 et 2014, il n’est arrivé que quatre fois de voir une équipe exempte de championnat tant avant son match aller qu’avant son match retour. Toronto en a profité en quart de finale en 2012 et a éliminé le LA Galaxy, alors que ça n’a pas permis à Seattle d’écarter Santos Laguna au même stade de la compétition la même année. En 2011, Salt Lake a pu préparer sa demi-finale victorieuse contre Saprissa de la sorte, tout comme la finale face à Monterrey, perdue en jouant le match retour à domicile.

Autre question lancinante : après les émotions fortes continentales, est-il facile de se concentrer à nouveau sur le championnat ou la suite de la saison est-elle en péril ? Oublions les quarts de finalistes, qui n’ont pas eu à jouer sur les deux tableaux longtemps. La mémoire collective canadienne retient surtout le parcours catastrophique de Toronto en 2012, qui a lamentablement terminé dernier en MLS après avoir été en demi-finale de la Ligue des champions en début d’année. C’est toutefois davantage l’exception que la règle.

En effet, il y a deux ans, après avoir fait partie du carré d’as de la Concacaf, le LA Galaxy et Seattle ont respectivement terminé 5e et 6e (sur 19) du championnat à l’issue de la saison régulière. Et en 2011, Salt Lake, qui était jusqu’ici le seul finaliste de MLS de la Ligue des champions depuis qu’elle a été rebaptisée, a terminé 3e (sur 18). Il faut dire que l’équipe avait commencé le championnat en force : alors qu’elle jouait sur les deux tableaux en même temps, elle a pris 12 points sur 15. Elle a subi sa première défaite à Portland, quelques jours après sa finale continentale. Et la suite de son calendrier s’annonçait chargé, puisqu’à ce moment-là, elle comptait quatre rencontres de retard sur la plupart de ses concurrents.

10 April 3:18 de la tarde

La semaine a été marquée par la qualification de Montréal pour la finale de la Ligue des champions. Matthias Van Halst et Olivier Tremblay étaient sur place et vous font partager tout ce qu’ils ont vécu à Alajuela dans l’émission de cette semaine (également disponible ici), lors de laquelle on parle aussi Franco du mois, équipes nationales de jeunes et décisions juridiques.

Principaux sujets concernant Montréal - Alajuelense :

  • L’accueil chaleureux dans la ville d’Alajuela
  • L’ambiance le jour du match et pendant celui-ci
  • Des supporters très chauds mais rarement agressifs
  • La qualification montréalaise tirée par les cheveux
  • Efficacité offensive et naissance d’automatismes
  • L’apport de Bernier après sa montée au jeu
  • Les commentaires des joueurs après la rencontre
  • Bush et Soumare ont joué avec le feu
  • S’arrêter de jouer ou tourner les dos : des erreurs à ne plus commettre
  • L’Importance de cette qualification pour l’Impact de Montréal
  • Quelques mots sur la finale contre l’America Mexico

Les autres sujets :

  • Dévoilement du franco du mois de mars (victoire de Damien Perrinelle)
  • Pas de jeune de l’Impact en équipe nationale U17 : les explications de Rudy Doliscat
  • Club de lecture : soccer et justice (gagnez le livre)

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08 April 12:50 de la tarde

Hier soir, Montréal a donc réussi à se qualifier pour la finale de la Ligue des champions. Battu à Alajuelense 4-2, il passe grâce à sa victoire 2-0 du match aller et ses deux buts marqués à l’extérieur.

Je ne vous raconterai pas le match en détails, vous pouvez en lire des résumés un peu partout, et vous l’avez, je l’espère, certainement vu ! Pour en savoir plus sur les prestations individuelles, consultez le bulletin de notes décerné par Patrick Leduc.

Les supporters des bleu, blanc, noir ont eu de fortes émotions en voyant leurs favoris passer dans des circonstances difficiles. Celles sur le terrain leur ont rappelé le cauchemar de Santos Laguna, et l’ont peut-être même effacé des antres de leur inconscient. Mais il y avait aussi une ambiance dans les tribunes avec laquelle peu de joueurs étaient familiers.

Parmi les exceptions, Laurent Ciman, qui a connu quelques enfers depuis le début de sa carrière, et a pu dispenser de judicieux conseils à ses coéquipiers. « Je leur ai dit de jouer leur football et de faire abstraction de l’extérieur. Et que s’ils sont là et si l’entraîneur leur fait confiance, c’est qu’ils ont des qualités », expliquait le défenseur belge.

Après la douche, la liesse s’était dissipée chez les vainqueurs. Oui, les joueurs étaient évidemment très heureux, mais ils étaient également marqués par un match difficile, et reconnaissaient d’ailleurs qu’il leur restait beaucoup de travail. « On est rentré, on a laissé dégager toute l’énergie qui restait en fin de match parce qu’on avait beaucoup de tension. Tout le monde était vraiment heureux », raconte Patrice Bernier, sur l’entrée au vestiaire juste après le match.

C’est que la rencontre a été faite de hauts et de bas pour l’Impact, qui a vacillé entre contrôle, énormes frayeurs et moments d’égarement qui auraient pu coûter cher. Comme les incessants gains de temps de Bush. Ou quand, à la demi-heure, Soumare a agrippé la tignasse de McDonald et l’a tirée fermement. « Quand vous venez ici, dans le jeu, vous prenez beaucoup de coups. Mais c’est à moi d’être intelligent. Je n’avais pas à faire ça », reconnaissait après coup l’arrière central.

Les Montréalais ont dû attendre la fin pour savoir si, de leur point de vue, les scènes qui se jouaient au stade Alejandro Morera Soto étaient celles d’un film d’horreur ou d’un thriller. Les frayeurs ont été nombreuses mais à la fin, c’est le vainqueur de la Coupe du Canada qui s’est imposé, devenant par la même occasion le premier représentant de son pays à atteindre la finale de la compétition.

« Ça fait vraiment plaisir, se réjouissait Soumare. On a l’impression qu’on ne s’en rend pas encore trop compte, mais on a fait quelque chose de gros. On sait que si on continue comme ça, on peut faire quelque chose de très spécial. » Ce quelque chose de très spécial, ce serait, dans un premier temps, devenir champion de la Concacaf. Un titre qui ne ferait pas tache malgré les déboires de l’équipe en championnat depuis un an et demi.

Un succès qui serait aussi le prélude à une nouvelle grande aventure. « La manière n’est pas toujours jolie, mais au moins on va en finale. Il y aura deux matchs… et on sait qu’on est proche de la Coupe du monde des clubs », déclarait ainsi Bernier. Il ne fait aucun doute que les joueurs se verraient bien aller au Japon en décembre prochain. À eux de valider leur billet, en battant le vainqueur du duel Herediano - America Mexico.