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03 September 2:36 de la tarde

Nous vous expliquions hier que le fonctionnement des clubs de MLS allait être observé en détails par une société externe. Voilà le moment de vous dévoiler ces détails. Qu’est-ce qui sera scruté ? Par qui ? Comment ? Sur quelles bases seront effectuées les évaluations ? Quels genres de recommandations seront ensuite faites ? Accrochez-vous, ça en vaut la peine !

Pour les clubs, la première étape consiste à fournir de nombreuses explications théoriques. Ils ne doivent, cependant, pas la prendre à la légère. « Nous commençons par préparer les clubs, car nous leur demandons beaucoup de documents : ils doivent nous expliquer leur vision, leur philosophie, leurs processus, etc. C’est la première partie de l’évaluation », explique Hugo Schoukens, directeur général et fondateur de Double Pass, la société en charge de l’audit.

La deuxième étape consiste en une série de rencontres avec de nombreux acteurs du club, afin qu’ils expliquent ces concepts, leur mise en application, et leur travail. « Nous allons dans les clubs pour mener des entrevues avec toutes les personnes concernées : cela va des formateurs de jeunes au président en passant par le directeur général, le directeur technique, les entraîneurs, le médecin, les joueurs et d’autres. Ces entrevues sont standardisées : nous faisons les mêmes dans tous les clubs. »

Troisième étape : l’observation. Pour voir, finalement, si la théorie est bien appliquée dans la pratique. « Elle consiste à vivre sept ou huit jours dans le club, à observer les entraînements et les matches de différentes catégories d’âge et de l’équipe première. À cela s’ajoute de l’analyse vidéo, car nous leur demandons de nous fournir des matches. »

Tout cela est ensuite inter-relié, sur base de plusieurs centaines de critères, tous dûment répertoriés dans les carnets des observateurs de Double Pass. « À partir de là, nous effectuons des évaluations formelles et informelles. Nous évaluons si la philosophie est bien implémentée. Si le contenu des entraînements est en rapport avec elle et avec le curriculum fourni. Nous regardons si les matches sont en rapport avec cette philosophie ou avec l’obtention de résultats. En tout, il y a de 600 à 750 critères qui nous permettent une analyse approfondie. C’est une approche holistique : elle ne concerne pas que le terrain, mais aussi l’éducatif, le social, le médical, la stratégie du club, son organisation, sa manière de prendre les décisions, etc. C’est donc très diversifié. Même si ce qu’il se passe sur le terrain nous intéresse surtout, il faut tenir compte de tout ce qu’il y a autour. »

Le travail est méthodique. S’il y a plusieurs centaines de critères, tous émargent à des catégories principales. « Nous avons huit indicateurs du processus, ce sont eux qui doivent définir le succès : l’institutionnel (la stratégie du club, le modèle d’affaires de la formation des jeunes), l’organisation (comment le club est structuré et la position de la formation des jeunes), le recrutement et développement du talent (tant en équipe qu’individuel), le support (médical, scientifique, social), l’évaluation du staff technique sur base de critères objectifs, l’analyse de la performance du joueur (la manière d’utiliser un système, les tests utilisés et leurs objectifs), les ressources humaines et la communication (la façon dont les entraîneurs sont recrutés, gérés, motivés ou formés), ainsi que les infrastructures (ce qu’on voit, ce qui est le plus facile pour nous). À cela, il faut ajouter la productivité (compter le nombre de joueurs devenus professionnels, etc.) qui permet de mesurer la performance. » Si vous en doutiez encore, vous comprenez désormais que les clubs de MLS (et certains d’USSDA également) vont être examinés dans leurs moindres recoins. Il n’y aura vraiment pas de place pour l’improvisation et les balbutiements.

En outre, demande particulière de la MLS, chaque équipe première aura droit à une attention spécifique. « Pour elles, nous allons surtout examiner la manière de travailler lors d’une semaine normale : ce qui est travaillé techniquement et tactiquement, l’équilibre entre le travail et le repos, et de nombreux autres critères. On comprend aussi très bien qu’il y a une différence avec les jeunes, avec un besoin de succès immédiat contrairement au travail à long terme. Mais il est important de trouver la structure. De quoi part le coach ? De sa vision ? De celle du club ? De rien du tout ? Qui définit le style de jeu du club ? Le directeur technique ? L’entraîneur de l’équipe première ? Ce dernier a-t-il une vision ou non ? Si oui, laquelle ? C’est important, car c’est là que les jeunes doivent aboutir. »

En raison de cette demande supplémentaire, Double Pass a renforcé son équipe pour travailler dans les clubs de MLS. « De ce fait, nous aurons une équipe de neuf hommes, une des meilleures que nous avons montée jusqu’à présent, dont trois experts qui ont des références avec des équipes premières : Jean-François De Sart, un ancien joueur professionnel qui a été directeur technique du Standard, Jan Versleijen, qui a une renommée aux Pays-Bas, et Henk Mariman, ancien directeur technique du FC Bruges. Ce sont des experts qui apporteront un regard neuf. »

Car tout cela n’est qu’un début : des suites sont déjà prévues. « En raison des demandes spécifiques, ils seront trois, poursuit Schoukens. D’habitude, ils ne sont que deux par projet. Mais celui-ci l’exige et le mérite car nous sommes partenaires. Il ne s’agit pas d’un simple audit après lequel tout s’arrête. Nous allons entamer un premier cycle, qui va consister à observer et à constater, pour ensuite mettre la barre plus haut afin d’optimiser les centres de formation et les références pour chaque équipe première. »

Tout est mis en œuvre pour que les trois observateurs au travail dans chaque club tirent les conclusions les plus pertinentes possible. « Ils doivent débattre de leurs opinions, décider ensemble et arriver à un consensus tous les trois. Le jugement ne se fait pas non plus sur une seule base, mais bien sur l’ensemble des documents remis par le club, des entrevues, des entraînements et des matches. Tout le monde peut écrire qu’il a tel style de jeu... mais il faut aussi savoir l’expliquer lors des entrevues, le travailler à l’entraînement et l’appliquer en match. Notre façon d’évaluer est donc basée sur un tout, afin de donner de la crédibilité à nos conclusions. »

À la fin du premier cycle, les clubs auront déjà un retour et pourront en savoir beaucoup plus sur eux-mêmes, et sur le travail à accomplir. « Nous faisons des constats et des recommandations. Elles sont toujours basées sur les huit catégories qui définissent le succès, en lien avec les 600 à 750 critères que nous analysons. Et chacun d’entre eux a encore des sous-critères permettant aux personnes en charge de l’audit de bien tout prendre en compte. Par exemple, le critère du style de jeu est général, mais aussi vu pour la défense, l’attaque, la contre-attaque, etc. Dans notre rapport, on peut par exemple dire que le rôle de la formation des jeunes n’est pas clair dans un club car certaines personnes tiennent un discours alors que d’autres disent le contraire. On peut se demander si le directeur du centre de formation est consulté avant de recruter à l’extérieur des joueurs pour l’équipe première. On peut dire que la philosophie n’est pas assez détaillée : demander ce qu’on entend quand on parle du style de jeu, si les objectifs pour y arriver sont bien définis dans chaque catégorie d’âge. Cela donne un rapport de huit à dix pages par club. »

Le projet est ambitieux. À vrai dire, il est à la hauteur des ambitions de la MLS et de la Fédération américaine. « La vision et la stratégie de la MLS est d’être un des meilleurs championnats pour 2022. La Fédération, elle, veut être une référence pour 2026. Ils nous ont défini tout cela de manière plus précise, mais c’est confidentiel. »

2022, c’est dans 7 ans seulement. Est-ce bien réaliste ? Schoukens n’en doute pas : « Si on peut compléter ce qu’il se passe à partir de 18 ans, on pourra avoir des résultats avec les jeunes qui ont 16 ou 17 ans actuellement. Pour cela, ils doivent devenir plus productifs : il faut professionnaliser dès l’âge de 16 ou 17 ans. Est-ce que cela doit passer par les universités ? Sinon, il faut trouver le chemin afin de combler le trou dans le développement. Quant à l’équipe nationale, être une référence, ce n’est pas forcément devenir champion du monde. Atteindre les demi-finales serait quand même déjà un beau pas en avant. Alors, oui, les deux objectifs, tant celui de la MLS que celui de la Fédération, sont réalistes. »

02 September 5:21 de la tarde

Beaucoup d’observateurs s’accordent pour dire que le prochain grand pas en avant qu’effectuera la MLS passe par la formation des jeunes. Il n’est peut-être pas aussi loin qu’on le pense. Depuis le 25 août dernier, de nouveaux visages gravitent autour des clubs de Dallas, New York et Philadelphie. Ils travaillent pour Double Pass, une société belge spécialisée dans les labels de qualité de clubs de soccer, notamment en matière de formation des jeunes. Au cours des mois à venir, ils procéderont à un audit détaillé des 20 clubs de MLS mais également de 46 clubs d’USSDA.

Les premières touches remontent à 2013. Les responsables de Double Pass ont rendu visite à la MLS et à quelques clubs. Les contacts se sont ensuite multipliés, notamment lors d’un congrès sur les centres de formation à Philadelphie et de visites en Belgique d’émissaires américains. Rapidement, la volonté de travailler ensemble s’est concrétisée. « Ils ont vu que dans notre portefeuille, nous avions des championnats comme l’Allemagne ou l’Angleterre, mais aussi que nous étions capables d’aider à produire des talents dans un petit pays comme la Belgique, explique Hugo Schoukens, directeur général et fondateur de Double Pass. J’ai l’impression que ce que nous faisons en Allemagne sert de modèle aux gens avec qui nous avons travaillé aux États-Unis. Nous avons commencé notre collaboration avec la Bundesliga en 2006, nous avons supporté leur vision des jeunes dans les clubs et celle du chemin à suivre pour aller en équipe nationale. Après environ dix ans, on voit les fruits de ce travail ensemble, notamment un titre de champion du monde en 2014. »

Ce n’est pas tout. En Allemagne, la méthode a tellement convaincu qu’elle sert à établir des labels de qualité pour les clubs. C’est en fonction d’eux que sont redistribués une partie des revenus de la Ligue des champions, mais aussi établies les catégories de club qui déterminent le montant des indemnités de formation. Autrement dit, un club qui obtient trois étoiles recevra plus d’argent qu’un club qui n’en a pas du tout. Demander un audit à une société extérieure est une chose, se baser sur ses résultats quand il est question de gros sous en est une autre : c’est une vraie marque de confiance de la part de toutes les parties concernées. Pour la petite histoire, Double Pass travaille également avec des clubs amateurs. Deux associations provinciales au Canada sont d’ailleurs intéressées par ses services.

Si le contrat a été signé avec la Fédération américaine, les trois clubs canadiens de MLS sont entièrement partie prenante du projet, et auront droit au même traitement que les autres. « Et puis, pendant que l’on préparait le projet, j’ai constaté une bonne collaboration entre la Fédération et la MLS, ajoute Schoukens, qui ne doute pas du potentiel dans notre coin du monde. Nous essayons de convaincre les fédérations avec qui nous travaillons d’installer un système structuré de formation des jeunes. Il est très important d’avoir une vision en la  matière et d’y mettre les moyens nécessaires. Dès lors, il y a de grandes chances de réussir. Surtout quand on voit tout le potentiel qu’il y a aux États-Unis ! Il y a beaucoup de talent, il s’agit de le structurer à tous les niveaux. »

Cette observation des clubs de MLS a également quelques particularités. À commencer par une des demandes spécifiques de la ligue. « Elle nous a demandé d’aussi effectuer l’évaluation et l’analyse de l’équipe première des clubs. Sur le plan sportif, nous allons l’évaluer de la même manière que nous évaluons le centre de formation. Pour comparer, en Allemagne, nous travaillons sur le centre de formation, et nous jugeons la connexion qu’il y a entre lui et l’équipe première. Là, en plus, nous devrons évaluer l’aspect sportif de l’équipe première. On nous a également demandé d’évaluer toutes les équipes nationales depuis les -16 ans. »

Pas question cependant pour les émissaires européens d’arriver en terrain conquis. Il est important pour eux de connaître les spécificités locales. « Nous avons notre modèle, mais la première chose que nous faisons avant d’aller dans des clubs, c’est travailler pendant trois mois avec des experts locaux pour rendre notre modèle pertinent et adapté au contexte du pays. Ils nous disent dans quels domaines nous mettons la barre trop haut, ou ce qui ne se fait pas chez eux. On peut dès lors changer de 10 à 20% de notre modèle, afin de l’ajuster, de le rendre pertinent et accepté à 99% par les clubs. C’est ce que nous venons de faire avec, entre autres, Jeff Agoos (vice-président de la MLS en charge des compétitions), Todd Durbin (vice-président exécutif de la MLS), Tony Lepore (directeur du scouting de l’USSDA), Jared Micklos, Ryan Mooney et quelques directeurs de centres de formation de clubs. »

C’est au sein des clubs que l’essentiel du travail sera effectué (nous aborderons en détails demain la manière dont les clubs de MLS seront évalués), mais il va sans dire que des points récurrents seront discutés de façon plus globale. « Notre objectif est de donner des conseils en matière de formation aux clubs mais aussi à la Fédération. Nous allons donc faire un rapport global sur base du travail avec les 66 clubs, et allons détecter les points forts et les points à améliorer de l’ensemble. Avec notre expertise, nous avons des points de comparaison, pour optimiser le cheminement du joueur, les compétitions afin, par exemple, que les plus forts jouent contre les plus forts, ou encore la collaboration entre les clubs et les équipes nationales de jeunes. Nous allons donc donner des avis aux clubs mais aussi à la Fédération et à la MLS. »

Parmi les sujets de réflexion déjà été identifiés, ce que Schoukens appelle le cheminement du joueur : « Les clubs n’ont pas forcément de jeunes de 8 à 12 ans. Où sont-ils ? Il s’agit de l’âge d’or pour apprendre à jouer. Il est fondamental de démarrer dans un environnement professionnel dès 8 ou 9 ans, car c’est un âge où on peut apprendre beaucoup. On dit qu’il faut 10 000 heures de travail pour arriver à un niveau proche de l’excellence. Ensuite, il est évident qu’il faut une équipe par âge à partir de 12 ans, plutôt que des catégories qui vont par tranche de deux ans. »

Cela entraînera évidemment une réflexion sur les distances sur un territoire aussi vaste, à bien équilibrer avec le niveau des matches. « Les distances constituent un désavantage. Mais un joueur se développe surtout grâce à la qualité des matches, puis à leur analyse et aux entraînements qui en découlent. On n’apprend rien en gagnant 6-0. Trop souvent, et cela vaut partout même dans des pays moins grands, il n’y a pas assez de matches avec une résistance de l’adversaire. »

Le cheminement du joueur aux États-Unis est aussi souvent particulier dans la mesure où, après quelques années dans un même club, les joueurs le quittent pour aller étudier ailleurs, et jouent alors au soccer à l’université. « On ne peut pas perdre les joueurs aux âges les plus importants pour former un professionnel, soit entre 18 et 22 ans. Je suppose que ce ne sera plus le cas en MLS, mais il y a aussi les autres clubs, en USSDA, appelés development academies. Il est important de s’entraîner suffisamment, d’être actif toute la saison et surtout de se retrouver dans la vision et dans le style de jeu d’un club. C’est un sujet de réflexion important et un point à améliorer car cela crée un trou dans la formation de joueurs professionnels. »

Dès lors, les clubs d’USSDA seront inévitablement interrogés sur leur but ultime. « Ces clubs répondent à des critères de qualité. Cependant, ils n’ont pas d’équipes pour ceux qui ont plus de 18 ans. La motivation des joueurs n’y est pas de devenir professionnels mais d’obtenir une bourse d’études pour l’université grâce au soccer. »

Sujet de réflexion connu de ceux qui sont familiers avec le soccer aux États-Unis et au Canada, son coût pour les meilleurs joueurs. « Les frais d’inscription font que ceux qui ne savent pas payer ne peuvent pas jouer. Mais il y a peut-être plus de talent chez certains joueurs qui ont moins de moyens. Il faut réfléchir à cela, car dans le futur, pour découvrir des talents, il faut trouver comment offrir une formation professionnelle à tous. Je suis familier avec des sommes de 280 à 450 dollars par saison, mais aux États-Unis, j’ai entendu des chiffres allant de 1200 à près de 6000 dollars ! »

Autre point déjà remarqué par Schoukens et son équipe : les infrastructures, et notamment celles qui contribuent à l’esprit de club. « Les vestiaires, les cantines créent une ambiance que je ne vois pas aux États-Unis, et qui est importante pour créer un esprit soccer. Cela fait partie de l’entourage de l’équipe, des lieux où les joueurs et les parents se retrouvent pour boire un verre, discuter et passer du temps après un entraînement ou après un match. Dans beaucoup de clubs d’USSDA, nous avons vu les joueurs arriver directement au terrain avec leur sac, sans passer par le vestiaire, qui est l’endroit où l’entraîneur parle en toute confiance avec ses joueurs. C’est davantage développé dans les clubs de MLS, mais on va certainement se demander si dans les clubs d’USSDA, les infrastructures offrent un environnement adapté au développement du joueur. »

Le fait que Double Pass ait déjà longuement discuté des réalités locales avec les émissaires de la Fédération et de la MLS devrait faciliter les discussions sur ces sujets parfois épineux. La confiance entre les deux parties également. « Ils nous ont dit : “On vous veut comme partenaires, afin de nous donner des conseils en matière de formation, tant aux clubs qu'à la Fédération” Leur intention n’est pas de nous donner des ordres », explique Schoukens.

Jusqu’à la mi-novembre, les premiers audits seront effectués dans 12 clubs de MLS et 8 d’USSDA. Les rapports seront faits en décembre. En janvier, les clubs les recevront et en discuteront avec leurs auteurs. Ensuite, de nouvelles séances d’observations détaillées seront lancées au printemps. Une fois que cet ambitieux processus sera mené à terme et que les recommandations seront appliquées, il y aura des arguments de poids pour convaincre les jeunes talentueux de peaufiner leur formation ici et de résister aux sirènes de l'Europe.

16 June 7:21 de la tarde

Après une intro qui vous mettra en appétit, nous nous servons de la Coupe du monde des moins de 20 ans actuellement en cours pour évoquer la formation des jeunes dans notre émission de cette semaine (également disponible ici), avec pour base ces articles qui parlent de l’avenir des jeunes internationaux et de leur situation en club à 20 ans, que l’on résume en début d’émission. Parmi les questions pour alimenter le débat :

  • Pourquoi certains grands espoirs canadiens ont vu leur carrière prendre fin prématurément ?
  • Être à l’étranger, avantage ou handicap pour nos meilleurs jeunes ?
  • La MLS devrait-elle implanter de nouveaux règlements pour favoriser l’éclosion des jeunes ?
  • Les jeunes peu utilisés : manque de qualités, ou manque de confiance de leur entraîneur ?
  • Quels risques et avantages à mettre de jeunes joueurs sur le terrain ?
  • Moins d’internationaux de moins de 20 ans en NCAA : un signe de progrès ?
  • Les -20 ans américains actuels sont-ils en meilleure posture que les Canadiens ?
  • Comment, à 20 ans, évaluer sa situation et effectuer les bons choix ?

Frédéric nous offre aussi la première mouture de sa chronique cette année, où il partage quelques indiscrétions du milieu… toujours en lien avec notre sujet du jour.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

21 May 12:38 de la tarde

Si l’arrivée de deux nouvelles équipes a provoqué une recomposition des conférences et le passage de 10 à 12 équipes qualifiées pour la phase finale, 2015 a également été marqué par une évolution des règlements concernant les effectifs et les transferts. Adaptations, nouveautés et clarifications sont au rendez-vous. Vous êtes nombreux à me poser régulièrement des questions à ce sujet, je vois ai donc préparé un tour d’horizon de points essentiels.

  • La taille maximale de l’effectif est passée de 30 à 28 joueurs.
  • Le budget salarial passe de 3,1 à 3,49 millions de dollars américains.
  • La part maximale du budget salarial pouvant être consacrée à un joueur passe de 387 500 à 436 250 $.
  • Le salaire minimum augmente, il est désormais de 50 000 $ au lieu de 36 500 $. Seuls 4 joueurs peuvent avoir cette rémunération, et aucun d’entre eux ne doit avoir 25 ans ou plus. Pour les autres, elle doit être d’au moins 60 000 $ (contre 48 500 $ en 2014).
  • Gros changement dont on a très peu parlé : les périodes de transferts, qui jusque-là ne concernaient que les joueurs venus de l’étranger, sont désormais d’application pour les échanges entre clubs de MLS si un joueur est impliqué. Ceux-ci ne sont donc plus possibles depuis le soir du 12 mai ; ils le redeviendront du 8 juillet au 6 août. Cela n’empêche pas de grossir l’effectif, en ajoutant par exemple un joueur venu de l’équipe réserve, à d’autres moments.
  • On connaît le montant annuel de base de la fameuse allocation monétaire : il est de 150 000 $ par club.
  • Il faut toujours payer 150 000 $ pour obtenir le droit d’avoir un troisième joueur désigné dans son effectif (sauf s’il a 23 ans ou moins). Cependant, depuis cette année, la cotisation n’est plus unique, mais se renouvelle chaque saison. Cela constitue un fonds, dont bénéficient les clubs qui ont moins de trois joueurs désignés : ils reçoivent chacun le même montant qui vient s’ajouter à leur allocation monétaire de base.
  • La limite du nombre de joueurs formés au club gagnant plus que le salaire minimum pour leur première année de contrat a été abolie.
  • La loterie pondérée a disparu.
  • La « découverte particulière », nouveauté de 2014, c’est un joueur transféré par le biais du processus de découverte dont le montant du transfert n’est pas imputé au budget salarial du club en une seule fois, mais amorti sur le terme du contrat.
  • Point qui peut paraître anodin à certains, important à d’autres : le mot « équipe » a été remplacé par le mot « club » dans de nombreux articles du règlement.

Deux des clarifications principales portent sur le processus d’allocation et le processus de découverte de joueurs. En fait, cela concerne les conditions que doivent remplir les clubs pour engager un joueur. Afin de rendre ça plus clair, avant d’expliquer ces clarifications, revoilà la liste de toutes ces conditions, à laquelle j’ai assorti un ordre d’application (non officiel mais qui, à toutes fins pratiques, marche plutôt bien).

  1. Les joueurs qui font partie de la liste d’allocation (voir détails plus bas), en général des gros noms ayant un lien avec les États-Unis ou la MLS, en fonction du classement d’allocation, qui donne la priorité aux clubs mal classés la saison précédente.
     
  2. Les joueurs sur lesquels un club a un droit de préemption, parce qu’ils ne sont pas restés en MLS après être arrivés en fin de contrat (y compris quand l’option n’a pas été levée par le club et y compris quand le club a tenté prolonger le contrat sans succès), parce qu’ils ont refusé l’offre d’un club lors du processus de découverte de joueurs (voir plus bas), parce qu’ils ont été sélectionnés lors du SuperDraft mais n’ont pas signé au club (sauf exception de la liste des joueurs disponibles, voir plus bas). C’est grâce à ce droit que Kansas City était prioritaire pour aller rechercher Roger Espinoza cet hiver.
     
  3. Les échanges, qui concernent tous les joueurs sous contrat avec un club de MLS. Ils peuvent être échangés contre un autre joueur, mais aussi contre d’autres avantages (place de joueur étranger, place au classement d’allocation, etc.)
     
  4. Les joueurs libres issus de MLS. C’est, dans le cas particulier de la MLS, le cas des joueurs âgés d’au moins 28 ans qui ont un minimum de huit ans de service en MLS et qui sont arrivés en fin de contrat ou dont l’option n’a pas été levée. C’est une nouveauté de 2015, et d’autres détails à ce sujet seront publiés suite à la ratification officielle de la nouvelle convention collective de travail.
     
  5. Le Processus de repêchage (ou simplement repêchage) a lieu une fois par an, après la Coupe MLS, et permet en gros aux clubs d’aller chercher des joueurs ayant plus de 23 ans et plus de trois ans d’expérience en MLS, et dont le contrat n’a pas été prolongé (ou l’option n’a pas été levée) par un autre club de MLS. C’est par exemple ainsi que Sanna Nyassi, que Montréal ne souhaitait pas conserver, a été recruté par San José cet hiver, ou que DC United a été chercher Fabian Espindola l’an dernier.
     
  6. Un joueur formé au club a été inscrit à l’école de jeunes du club pendant au moins un an et a rempli les conditions d’entraînement et de présence requises. Le club peut donc l’engager sans passer par le SuperDraft.
     
  7. Le SuperDraft est le recrutement de début d’année qui ouvre surtout les portes de la MLS aux joueurs qui ne sont pas encore pros et sont inscrits à l’université. Les clubs de MLS doivent choisir sur une liste établie par la MLS avec leur participation, comprenant surtout des étudiants de dernière année qui ne sont plus qualifiés pour jouer en championnat universitaire, mais aussi des joueurs Génération adidas (meilleurs joueurs des universités qui n’en sont pas encore à leur dernière année d’études et parfois certains des meilleurs joueurs des équipes nationales d’âge) et de certains joueurs étrangers qui n’ont pas été à l’université aux États-Unis.
     
  8. La liste des joueurs disponibles comprend principalement des éléments sur une voie de garage et se compose de joueurs écartés par un autre club de MLS, de joueurs qui n’étaient pas disponibles au SuperDraft mais dont la qualification pour jouer en championnat universitaire a échu la saison précédente, de joueurs universitaires absents du SuperDraft mais que la Ligue estime mûrs pour un contrat MLS, d’anciens joueurs de MLS sur laquelle une équipe a un droit de préemption dont elle ne se prévaut pas et de joueurs sélectionnés lors du SuperDraft mais qui n’ont pas reçu d’offre lorsque la saison commence. À la fin de l’année, les joueurs dont le contrat à échu et qui ne sont pas admissibles au repêchage se retrouvent aussi sur cette liste. Pour Montréal, il s’agissait de James Bissue, Gorka Larrea, Zakaria Messoudi et Gege Soriola. Après avoir été écarté il y a quelques semaines, Blake Smith y a également figuré.
     
  9. Le processus de découverte de joueurs, qui n’est pas nouveau mais a été modifié cette année (voir détails plus bas) permet de recruter tous les autres joueurs hors-MLS.

Outre l’apparition de la notion de joueur libre, deux modifications importantes sont mises en œuvre cette année : l’arrivée de la liste d’allocation, et des précisions quant au processus de découverte de joueurs. Elles valent quelques explications détaillées.

Le classement d’allocation existait déjà, son principe ne change pas : c’est un classement qui donne la priorité aux clubs moins bien classés la saison précédente pour engager certains joueurs de renom qui ont un lien, de près ou de loin, avec la MLS. C’est par exemple par ce biais que Sacha Kljestan et Kei Kamara sont revenus cette saison, tout comme Eddie Johnson et Bakary Soumare en 2012. Mais cela concerne aussi des joueurs qui n’avaient encore jamais joué en MLS : les clubs qui ont permis à Charlie Davies et Luis Robles d’y effectuer leurs premiers pas les ont engagés grâce à leur classement d’allocation.

Ce dernier est néanmoins désormais assorti d’une nouveauté très importante depuis cette année : la liste d’allocation. On y retrouve des internationaux américains, des espoirs américains et des anciens joueurs de MLS partis à l’étranger pour un montant de transfert supérieur à 500 000 $. Désormais, c’est clair, net et précis : seuls les joueurs de cette liste sont soumis au principe d’allocation, alors qu’avant, cela pouvait avoir des apparences de cas par cas.

Quant au processus de découverte de joueurs, il sert donc à engager les joueurs qui ne sont pas en MLS et ne doivent pas être embauchés par un des huit autres moyens. C’est comme ça, par exemple, que Lionel Messi pourrait arriver en MLS, tout comme un vétéran venu en droite ligne de la D2 luxembourgeoise et dont personne n’a entendu parler avant.

En pratique, chaque club a une « liste de découvertes » comptant un maximum de 7 joueurs, qu’il peut modifier en tout temps. Il peut en engager 6 par saison. Si deux clubs veulent ajouter un même joueur sur leur liste, celui qui a fait la demande en premier sera prioritaire au moment de l’engager. Cependant, si un club veut engager un joueur faisant partie de la liste d’un autre club, il peut lui offrir un montant d’allocation monétaire de 50 000 $ : si le club « prioritaire » refuse cette offre, il doit proposer un contrat sérieux au joueur.

Le terme de joueur désigné n’est donc pas lié à la manière dont le joueur arrive au club, mais bien au fait que son salaire dépasse la part maximale du budget salarial qu’un club peut consacrer à un joueur. Il peut donc aussi bien arriver grâce au processus de découverte de joueurs que venir de la liste d’allocation ou obtenir ce statut suite à une prolongation de contrat.

Voilà donc les principales modifications apportées aux règlements cette année, ainsi que quelques grandes lignes permettant de mieux les comprendre. Vous pouvez également les consulter dans leur intégralité, en français.

26 September 4:02 de la tarde

Il s’éloigne de plus en plus le temps où les joueurs de MLS tâtaient leurs premiers ballons dans un club anonyme, passaient leur adolescence dans un club estampillé « élite » mais tout aussi inconnu en dehors de certains cercles, avant de jouer en NCAA et de signer pro à l’issue de leurs études universitaires (pas de chance pour celui qui hésitait entre les carrières de sportif et de plombier), vers l’âge de 22 ans. Ce qui est la norme dans d’autres sports aux États-Unis l’est de moins en moins en soccer.

On en a une belle illustration quand on regarde les parcours de la nouvelle génération. Les meilleurs d’entre eux ont été identifiés dans le classement des 24 meilleurs joueurs de moins de 24 ans et, n’en déplace à Merritt Paulson, c’est parmi eux que j’ai sélectionné quelques pépites au parcours extrêmement intéressant et de moins en moins atypique.

Diego Fagundez (5e du classement, New England) : Né en Uruguay, et potentiel international pour la Céleste dans un avenir plus ou moins rapproché, il avait cinq ans lorsque ses parents se sont installés aux États-Unis, plus précisément dans le Massachusetts. Il a donc tâté ses premiers ballons dans des clubs du coin, avant d’être recruté par New England à l’âge de 14 ans. Il ne lui a pas fallu longtemps pour briller en USSDA : à 15 ans et 8 mois, le club lui offre un contrat professionnel. Il continue de jouer essentiellement avec les jeunes et en équipe réserve avant de disputer ses premières minutes en MLS à 16 ans et demi. Titulaire trois fois cette saison-là, huit la suivante, il devient indiscutable en 2013, année de ses 18 ans.

Luis Gil (8, Salt Lake) : Né dans le sud de la Californie, il a longtemps joué à Pateadores, un club qui a formé de bons jeunes dans ce coin de pays, et dont la réputation attire les sélectionneurs américains des équipes de jeunes. Gil leur est tombé dans l’œil et, à 15 ans, a pris la direction de la Floride et de l’IMG Soccer Academy, camp permanent de certaines équipes d’âge des États-Unis. Là, des clubs européens se sont intéressés à lui, notamment Arsenal, mais Gil préférait se rapprocher de sa Californie. À un point tel que quand Kansas City le recrute en 2010 grâce à un système de loterie, il arrive à convaincre le club de s’entendre avec Salt Lake pour se rapprocher de l’océan Pacifique. Néanmoins, Gil est prêté une saison à Saint-Louis (D2) avant de débuter en MLS à un peu plus de 17 ans en 2011. Depuis lors, il joue bon an mal an entre 25 et 30 rencontres par saison.

Bill Hamid (10, DC United) : Né à Annandale, à une vingtaine de kilomètres de Washington, il défendait, adolescent, les buts de Bethesda, club situé à peu près à la même distance de la capitale des États-Unis. C’était donc parfaitement dans le rayon d’observation des recruteurs de DC United, qui ont été le chercher pour leurs équipes de jeunes alors que le gardien venait de fêter ses 16 ans. Il convainc rapidement et confirme au point de devenir, peu avant ses 19 ans, le premier jeune du club à y signer un contrat pro, durant l’automne 2009. Pour son premier match comme titulaire, en mai 2010, il devient le plus jeune gardien à remporter un match de MLS. En 2011, il gagne sa place dans le onze de base, pour ne plus jamais la quitter, et obtient en janvier 2012 sa première (et seule jusqu’à présent) cape en équipe nationale américaine.

Kekuta Manneh (12, Vancouver) : Talent précoce, il a 15 ans à la fin de la saison 2009-2010 lors de laquelle il a marqué 17 buts en 12 rencontres pour l’équipe première de Steve Biko, lui permettant de devenir vice-championne de Gambie. Malgré des offres de clubs plus renommés de son pays, il décide de tenter sa chance à l’étranger : il se base au Texas, et porte plus précisément les couleurs du Texas Rush, club évoluant en USSDA et qui a des liens avec la Gambie, avant de jouer au Lonestar FC, toujours en USSDA et toujours au Texas, la saison suivante. Chaque fois, il marque en moyenne plus d’un but par match. Ce retour en équipes de jeunes ne dure que deux saisons. Après avoir fini l’année 2012 à Austin, en PDL, il signe un contrat Génération adidas avec la MLS début 2013 et est recruté par Vancouver. Il joue dès le premier match de la saison, alors qu’il a 18 ans et 2 mois, et marque son premier but en MLS moins de deux mois plus tard. Pas encore titulaire indiscutable, il reste promis à un bel avenir.

Shane O’Neill (19, Colorado) : Il est né en Irlande mais a un an à peine quand ses parents s’installent à Boulder, dans le Colorado. S’il possède la double nationalité, sportivement, il se considère comme Américain. Il se fait remarquer dans l’équipe de son école secondaire, et à 16 ans, il est recruté pour défendre les couleurs des équipes de jeunes du club de MLS basé à Denver. Il semble désigné à suivre le parcours typique puisqu’il accepte une offre pour jouer au soccer à l’université de Virginie. Mais Colorado lui propose peu après de signer un contrat pro avec l’équipe première. O’Neill accepte : deux mois plus tard, à l’aube de ses 19 ans, il joue ses quatre seules minutes de la saison 2012. Mais dès la saison suivante, il gagne ses galons de titulaire.

Russell Teibert (24, Vancouver) : Quand, en 2008, le Toronto FC a mis sur pied ses équipes de jeunes, il a sillonné tout l’Ontario à la recherche de joueurs talentueux. Il a ainsi recruté Teibert, qui jouait à Niagara Falls, à 140 km de la capitale de la province. Mais quelques mois plus tard, le jeune de 15 ans traversait le Canada pour s’engager à Vancouver, qui mettait aussi de gros efforts dans son école de jeunes sans pourtant avoir, à l’époque, d’équipe en MLS. Il n’était alors pas question d’USSDA, mais d’une courte saison en PDL et de voyages à l’étranger. En 2010, à 17 ans, Teibert arrive en équipe première, qui joue alors en D2, et obtient un contrat pro à l’occasion du passage du club en MLS la saison suivante. Même s’il est titulaire dès le premier match, alors qu’il a 18 ans et 3 mois, il passe l’essentiel des deux premières saisons avec l’équipe réserve, avant de jouer beaucoup plus régulièrement à partir de 2013.

Les joueurs cités ci-dessus ont tous passé leur adolescence aux États-Unis ou au Canada, mais il ne faut pas oublier que les recruteurs de MLS ont de plus en plus l’œil pour dénicher de jeunes talents à l’étranger. À ce sujet également, le classement des joueurs de moins de 24 ans ne laisse planer aucun doute.

Être sélectionné en équipe nationale mexicaine pour la première fois alors qu’on joue en MLS est sans doute un exploit plutôt rare, réussi par Erick Torres (2), arrivé à Chivas USA grâce aux liens entre le club californien et sa maison-mère à Guadalajara. En allant chercher Fabian Castillo (3) au Deprtivo Cali après sa première saison en D1 colombienne, Dallas a flairé le bon coup en embrigadant un jeune de 18 ans qui a été immédiatement opérationnel. Toujours à Dallas, il a fallu une demi-saison d’adaptation à Mauro Diaz (6), qui avait un profil différent puisqu’il ne parvenait pas à percer après plusieurs saisons dans le noyau de l’équipe première de River Plate. Quant à Olmes Garcia (21), il avait joué une quarantaine de rencontres en deux saisons avec Quindio, en D1 colombienne, quand Salt Lake l’a embauché début 2013.

Toronto a également déniché quelques pépites… mais ne les a pas gardées. Considéré comme un jeune prometteur du LDU Quito, Joao Plata (7) a été prêté aux Ontariens, qui l’ont ensuite acheté avant de… le prêter à leur tour à son ancien club. Cette danse s’est terminée début 2013 avec le passage de l’attaquant à Salt Lake, où il exprime désormais pleinement son talent. Peu après, voulant profiter du nouveau statut de jeune joueur désigné, Toronto a offert un contrat à Matias Laba (15) qui, à 21 ans, comptait une soixantaine de rencontres en D1 argentine au compteur. Mais les gros transferts de l’hiver dernier ont obligé les Torontois à se départir d’un joueur désigné, et Laba a pris la direction de Vancouver. Il y côtoie Gershon Koffie (22), un Ghanéen qui a quitté son pays à 19 ans afin de trouver un club en Europe, sans succès. Mais, repéré par un dirigeant de Vancouver, c’est là qu’il a tenté sa chance, commençant en D2 en 2010 avant d’accompagner le club en MLS la saison suivante.

La multiplication des jeunes talents en MLS est due à la combinaison de plusieurs facteurs, et le parcours des joueurs évoqués dans ce texte nous permet de les observer. Les clubs ayant leurs propres équipes de jeunes, le fait que celles-ci aient avec l’USSDA une compétition suffisamment relevée, les équipes nationales d'âge, les contrats Génération adidas, la multiplication des talents et du recrutement à proximité ainsi qu'une meilleure détection à l’étranger de jeunes ayant les qualités pour briller en MLS : tous ces éléments mis ensemble expliquent la hausse fulgurante du nombre de joueurs de moins de 24 ans qui font, déjà, partie des incontournables et incitent à l’optimisme pour la génération à venir.

09 September 11:56 de la mañana

Montréal a présenté d’ambitieux plans sportifs et extra-sportifs. Dans l’émission de cette semaine (que vous pouvez aussi écouter ici), l’équipe de Coup Franc prend le temps de les décortiquer en se penchant sur les thèmes suivants :

  • L’annonce qui a le plus d’intérêt
  • Utilités pratiques d’un centre d’entraînement au jour le jour
  • L’Impact, de plus en plus présent dans le quotidien de son quartier
  • L’apport potentiel et la réputation des nouveaux vice-présidents
  • L’image de marque, sur le terrain et en dehors
  • L’équipe réserve en USL Pro : utilité et gestion
  • Le danger de cannibalisation de la division USL Pro
  • Le rôle et les compétences de Richard Legendre pour diriger les opérations soccer
  • La mise en place d’une identité de jeu
  • Le développement des relations internationales
  • Ce que peut apporter un partenariat avec un club étranger

Tout cela saupoudré en fin d’émission de nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

04 September 2:58 de la tarde

Un nouveau centre d’entraînement, une nouvelle équipe qui évoluera en USL Pro, trois nouveaux vice-présidents pour le volet affaires du club et des changements au faîte de l’organigramme sportif : l’Impact de Montréal a enchaîné les annonces ce jeudi.

« Après trois ans en MLS, le moment est opportun pour faire le point », a expliqué Joey Saputo, président du club, qui a stigmatisé les résultats cette saison et les affluences en baisse, tout en expliquant qu’il ne s’agissait pas de l’élément déclencheur des mesures annoncées.

Tout au long de la conférence de presse, ses déclarations ont montré l’importance à ses yeux de former des jeunes qui intégreront un jour l’équipe première. Et de faire des diverses équipes du club un ensemble qui se tient. « L’objectif est de jouer un style compétitif et constant des U8 à l’équipe première. Notre philosophie de jeu doit être plus cohérente à tous les niveaux, notre identité doit être mieux définie : ce sera notre priorité pour 2015. »

« Je ne veux pas m’avancer », a cependant répondu prudemment Saputo lorsqu’on lui a demandé de préciser l’identité en question. « Les gens du secteur technique, tant de l’équipe première que des équipes de jeunes, travaillent ensemble sur qui on veut être. Cela ouvrira la porte sur le style de joueurs qu’on va amener », a-t-il ajouté par ailleurs.

Pour ce faire, plusieurs hommes forts en place ont été confirmés dans leur rôle. Notamment l’entraîneur Frank Klopas, qui conserve les responsabilités accrues et précisées à la fin du mois de juillet dernier. « La stabilité de l’entraîneur : c’est pour ça que je ne voulais pas changer, mais donner la chance à Frank de bâtir son équipe », a aussi déclaré le président en répondant à une question sur l’image du club auprès des supporters reflétée par ses entraîneurs successifs. Klopas sera secondé par Matt Jordan, qui conserve son poste de directeur technique, alors que Philippe Eullaffroy est confirmé à la tête de l’école de jeunes du club.

Pour contribuer à l’harmonie entre les équipes de toutes les catégories d'âge, mais également leur offrir des infrastructures de haut niveau afin « d’améliorer l’environnement d’entraînement quotidien », le club a annoncé qu’il aurait un nouveau centre d’entraînement opérationnel en 2015. Il sera situé dans le même arrondissement que les bureaux du club, à un peu plus de trois kilomètres de là, ce qui ne nuira certainement pas au sentiment d’identification. On y retrouvera quatre terrains – deux naturels et deux synthétiques – que se partageront les diverses équipes du club. Les clubs locaux auront aussi accès à l’un des synthétiques.

Les coûts des travaux, pour les terrains et le bâtiment, s’élèveront à dix millions de dollars canadiens. Si l’arrondissement en donne l’autorisation, un des terrains synthétiques sera aussi bâti de façon à accueillir un dôme l’hiver pour permettre de s’y entraîner durant la saison froide.

Les jeunes côtoieront donc de plus près les joueurs de l’équipe première avec pour objectif d’un jour les y rejoindre. « Nous devons leur offrir un meilleur encadrement pour que la transition soit plus facile avec la MLS », a expliqué Saputo, annonçant une des autres mesures phare de la journée : la création du FC Montréal, qui commencera à jouer en USL Pro en 2015. « Ce n’est pas une décision d’affaires, pas pour vendre des billets, mais pour le développement des joueurs », a insisté le numéro un du club.

« L’équipe sera composée en majorité de jeunes Québécois venant de nos équipes U23 et U18. La MLS n’aura plus de division réserves dès la saison prochaine. En vertu de l’accord MLS - USL, nous avions le choix entre nous affilier à un club existant ou avoir notre propre équipe. Nous avons opté pour le second : c’est mieux pour développer nos joueurs, ça permet à nos entraîneurs de mieux les suivre. » Dans un premier temps, le FC Montréal jouera au stade Saputo (sur le terrain principal ou le terrain annexe), mais à plus long terme, l’objectif est qu’il joue au centre Claude Robillard.

Pour diriger toutes les opérations soccer, la construction du nouveau centre, la création de la nouvelle équipe et la gestion administrative du département sportif, Richard Legendre, vice-président exécutif du club, voit son titre précisé de la charge des opérations soccer. Ses missions : assurer que tous les membres du département technique travaillent ensemble, être le représentant du club auprès des diverses fédérations (québécoise, canadienne et américaine) et assumer la responsabilité des finances et de l’administration de tout le département sportif. On a déjà un exemple concret de ses nouvelles tâches, puisque c’est lui qui pilote les réunions qui servent à définir l’identité sportive du club.

Un autre objectif du club est de nouer des liens avec des clubs étrangers pour échanger des stratégies. Ce sera le nouveau rôle de Nick De Santis, qui devient directeur du développement des affaires internationales. « Il a comme responsabilité de travailler avec les contacts que le club a déjà à l’étranger, d’en nouer de nouveaux et de forger des ententes avec des clubs ciblés à travers le monde. » Il assumera aussi un rôle de représentant du club auprès de joueurs et d’agents à l’étranger. De Santis a expliqué qu’il aurait désormais le temps nécessaire pour prendre tous les renseignements voulus sur les joueurs que le club convoite à l’étranger : leur façon de jouer, évidemment, mais aussi leur comportement ou leur potentiel – pour savoir, par exemple, si le club peut songer à garder un joueur toute sa carrière ou à le revendre avec une plus-value quelques années plus tard.

Si l’aspect sportif a été au centre de l’attention médiatique, Saputo avait commencé sa conférence de presse en parlant affaires. « Nous voulons que le club soit rentable, a-t-il expliqué. Notre volet affaires demeure un grand défi et nous allons prendre des mesures pour redresser la situation. » D’où l’annonce de l’embauche de trois nouveaux vice-présidents aux tâches définies et au CV bien garni : Marc Bourassa, qui a œuvré dans le marketing et la publicité pour d’importants journaux canadiens, sera en charge des ventes et des partenariats, Hugues Léger, passé entre autres par le brasseur InBev, sera en charge du marketing, et André Côté, un ancien du Cirque du Soleil, s’occupera du développement stratégique. « Nous avons décidé d’ajouter de l’expérience dans l’administration. Ils auront des mandats de croissance, de transparence et de rapprochement. »

Sport, organisation, affaires, infrastructures. Les annonces du jour ont touché des sujets très divers, avec toujours un point commun : le développement, tant du club que des talents locaux, de façon à ce que l’Impact de Montréal soit « plus compétitif, plus efficace et plus créatif », pour conclure avec les mots de Joey Saputo.

01 August 3:49 de la tarde

Le terme « joueur formé au club » est de plus en plus en vogue en MLS, et la présence remarquée du plus emblématique d’entre eux, DeAndre Yedlin, à la dernière Coupe du monde l’a encore davantage mis en lumière. En championnat, les supporters aiment encourager les vedettes locales qui embrassaient déjà leur écusson préféré avant même d’être professionnels. Parmi les plus connus : Shane O’Neill, Karl Ouimette, Harrison Shipp, Russel Teibert ou encore Gyasi Zardes.

Une bonne partie d’entre eux se retrouvera dans la même équipe ce lundi à Portland à l’occasion du Match des joueurs formés aux clubs, pour affronter l’équipe -23 ans des Portland Timbers. Le coup d’envoi de la rencontre sera donné à 22h00. Ce sera une première et l’occasion de mettre en valeur un concept naturel aux quatre coins du monde sauf au nord du Rio Grande, où il en est encore à ses balbutiements.

Il faut dire que pendant longtemps, nos clubs n’ont pas eu d’équipes de jeunes. Il y a eu quelques débuts timides avec la présence de l’une ou l’autre équipe espoirs en PDL, et parfois de formations d’autres catégories d’âge dans d’autres compétitions mais de façon isolée et désordonnée avec, en outre, des saisons assez brèves. La première mise en place généralisée est venue de la MLS et de sa division réserves, avec une première tentative de 2005 à 2008 puis une relance depuis 2011. Dès lors, tous les clubs devaient avoir une équipe réserve jouant une dizaine de rencontres par saison. Les premiers fruits récoltés ces dernières années viennent généralement de là.

Mais au fait, techniquement, c’est quoi un joueur formé au club ? Voilà ce que dit le règlement de la MLS : il s’agit d’un joueur qui s’est entraîné pendant au moins un an au sein du système de formation des jeunes du club et s’est entraîné au moins 80 jours au sein d’une équipe de jeunes du club durant l’année en question. C’est vrai, pour le moment, le critère n’est pas contraignant. Le même statut existe dans les compétitions européennes (Ligue des champions, Europa League) et désigne un joueur qui, entre l’âge de 15 ans et l’âge de 21 ans, a été inscrit auprès de son club actuel pendant une période, continue ou non, de trois saisons complètes ou de 36 mois.

Je n’ai aucune information privilégiée quand à l’évolution du statut réglementaire en MLS, mais c’est qui ne fait aucun doute, c’est que l’émergence de l’USSDA va bientôt complètement changer la donne. Il s’agit tout simplement du championnat mis en place en 2007 par la fédération américaine pour les équipes de jeunes du pays. Deux clubs canadiens, l’Impact de Montréal et les Vancouver Whitecaps, s’y sont joints, au contraire du Toronto FC, seul club de MLS ne jouant pas en USSDA.. Grâce à cela, il y a enfin eu une structure harmonisée réunissant les meilleurs clubs dans une compétition de haut niveau organisée pour atteindre des objectifs de formation.

Le championnat y commence en septembre et se termine en été, avec une trêve hivernale. On a donc une vraie saison complète. Il ne se limite pas aux clubs de MLS, puisque 80 clubs y alignent des équipes. Les catégories d’âge vont des -13 ans aux -18 ans (regroupées par groupes d’âge de deux ans). Parallèlement à cela, certains clubs commencent à avoir des équipes encore plus jeunes, même si c’est généralement encore embryonnaire. À l’Impact de Montréal, par exemple, il est possible de s’inscrire dès l’âge de 8 ans.

Il ne reste donc qu’un chaînon manquant, celui qu’on appelle la post-formation, entre la fin du passage en USSDA et les débuts professionnels. De nombreuses organisations indépendantes existent (division réserves de la MLS, USL Pro, PDL, NCAA, etc.) mais n’offrent pas encore la solidité nécessaire. Arriver à faire la même chose qu’avec l’USSDA - dont les clubs pourraient aussi avoir des équipes espoirs, leurs joueurs ne veulent pas forcément arrêter à 18 ans - en unifiant les forces pour créer un championnat de qualité harmonisé, avec suffisamment de clubs pour qu’il soit compétitif, qui permette aux clubs de MLS d’avoir une équipe réserve qui joue régulièrement, dans sa ville (comme toutes les autres équipes du club) lors d’une saison de 9 ou 10 mois et face à des adversaires de haut niveau : voilà ce qui est, à mes yeux, la prochaine étape, indispensable, pour offrir aux clubs de MLS une structure de formation complète qui sera un terreau fertile pour nos talents de demain.

Mais revenons au présent, avec le match de ce lundi pour lequel tous les clubs de MLS se sont fait demander de proposer des joueurs admissibles, en tenant compte de leur disponibilité et d’autres critères. La sélection finale de 20 joueurs a été établie conjointement avec le Directeur des programmes de la MLS destinés aux joueurs, Alfonso Mondelo, qui dirigera l’équipe des joueurs formés par leur club de MLS. Histoire de mieux les connaître, voici le portrait de ceux-ci, y compris celui des joueurs qui ont dû décliner leur sélection.

Équipe 2014 des joueurs formés par leur club de MLS
Gardiens de but :
Jon Kempin (Kansas City), Matt Lampson (Columbus)
Défenseurs : Connor Lade (New York), Ashtone Morgan (Toronto), Shane O’Neill (Colorado), Karl Ouimette* (Montréal), Erik Palmer-Brown (Kansas City), Carlos Salcedo (Salt Lake), DeAndre Yedlin* (Seattle)
Milieux de terrain : Steven Evans (Portland), Danny Garcia (Dallas), Wandrille Lefèvre* (Montréal), Zach Pfeffer (Philadelphie), Chris Ritter (Chicago), Harry Shipp (Chicago), Russell Teibert (Vancouver), Wil Trapp (Columbus)
Attaquants : Caleb Calvert (Chivas USA), Bradford Jamieson (LA Galaxy), Sean Okoli (Seattle), Dillon Serna (Colorado), Tommy Thompson (San José), Gyasi Zardes (LA Galaxy)

Caleb Calvert (22 octobre 1996) : A marqué sept buts en douze rencontres de l’équipe des -18 ans lors de la saison actuelle (2013/14) en USSDA ; plus jeune joueur de l’histoire de Chivas USA à y signer un contrat professionnel.

Steven Evans (19 septembre 1991) : A brillé sous les couleurs des -23 ans des Timbers entre 2009 et 2012, aidant l’équipe à devenir championne de PDL en 2010.

Danny Garcia (14 octobre 1993) : Onzième joueur formé au club à signer en équipe première du FC Dallas, Garcia a été titulaire lors des quatre rencontres auxquelles il a pris part cette saison. Faisait partie de l’équipe nationale américaine des -20 ans à la Coupe du monde.

Bradford Jamieson IV (18 octobre 1996) : Sixième joueur formé au club à intégrer l’équipe première du LA Galaxy, Jamieson IV s’est mis en valeur avec le LA Galaxy II pour lequel il a inscrit cinq buts en treize apparitions. 

Jon Kempin (8 avril 1993) : Actuellement en prêt à l’OKC Energy FC, filiale du Sporting Kansas City évoluant en USL PRO, il y a été nommé au sein de l’Équipe de la semaine lors de la 12e semaine de compétition ; international américain chez les -20 ans.

Connor Lade (16 novembre 1989) : A participé à cinq rencontres pour les Red Bulls cette saison après avoir été régulièrement sur le terrain durant la saison 2013 lors de laquelle l’équipe a remporté le Supporters Shield.

Matt Lampson (6 septembre 1989) : Lauréat du prix humanitaire annuel du Crew en 2013 ; titulaire 13 fois dans le but du Crew, dont cinq rencontres lors desquelles il n’a pas encaissé.

Wandrille Lefèvre* (17 décembre 1989) : A effectué ses débuts en MLS le 27 avril 2013 contre le Chicago Fire, match remporté 2-0 lors duquel il a donné une passe décisive ; s’est fait une place sur le terrain en 2014, avec notamment cinq rencontres consécutives au cours desquelles il a joué les 90 minutes, entre le 10 mai et le 11 juin

Ashtone Morgan (9 février 1991) : Arrière gauche qui a joué régulièrement depuis ses débuts en MLS en 2011 ; élu Joueur canadien de l’année 2011 dans la catégorie -20 ans.

Sean Okoli (3 février 1993) : A participé à deux rencontres pour les Sounders cette saison ; a marqué lors de la victoire 5-0 contre PSA Elite en Coupe des États-Unis.

Shane O’Neill (2 septembre 1993) : A joué lors de 41 des 43 dernières rencontres des Rapids pour lesquelles il était qualifié, y étant chaque fois titulaire à deux exceptions près, avant de se blesser au genou au début du mois ; a marqué son premier but en MLS contre Montréal le 24 mai 2014.

Karl W. Ouimette* (18 juin 1992) : A participé à neuf rencontres pour l’Impact, dont huit comme titulaire ; sur le terrain quand Montréal a remporté cette année son deuxième Championnat canadien Amway consécutif.

Erik Palmer-Brown (24 avril 1997) : Plus jeune défenseur de l’histoire à être titularisé en MLS ; a participé à trois rencontres cette saison, dont deux comme titulaire.

Zach Pfeffer (6 janvier 1995) : Premier joueur formé au club à signer en équipe première de l’Union, il a été le quatrième plus jeune joueur de l’histoire à signer un contrat en MLS. Il y a effectué ses débuts contre le Columbus Crew le 17 septembre 2011. Il a représenté les États-Unis dès les équipes d’âge des -14 et -15 ans.

Chris Ritter (29 octobre 1990) : Titulaire à six reprises pour le Fire lors de sa première saison pro ; élu Défenseur de l’année de la conférence Big Ten et membre de la sélection « All-Big Ten » quand il jouait pour l’université Northwestern.

Carlos Salcedo (29 septembre 1993) : Formé à l’académie du Real Salt Lake en Arizona, il a disputé 13 rencontres pour le RSL la saison dernière dont 12 comme titulaire.

Dillon Serna (25 mars 1994) : A marqué le premier but de sa carrière pro le 26 avril 2014 à Seattle ; a donné deux passes décisives en treize apparitions cette saison, dont huit comme titulaire, après avoir effectué ses débuts à ce niveau lors du dernier match de la saison régulière 2013.

Harry Shipp (7 novembre 1991) : Joueur de la semaine de la MLS après son triplé lors de la victoire 5-4 de Chicago contre New York lors de la 10e semaine de compétition ; en tête des candidats au titre de Recrue de l’année, il a marqué six buts et donné cinq passes décisives en 19 rencontres cette saison.

Russell Teibert (22 décembre 1992) : A percé lors de la saison 2013, lors de laquelle il a été le meilleur pourvoyeur de son équipe avec neuf passes décisives et a inscrit deux buts en 24 rencontres dont 19 comme titulaire.

Tommy Thompson (15 août 1995) : Premier joueur formé au club dans l’histoire de San José ; a délivré quatre passes décisives en cinq apparitions avec la réserve des Earthquakes.

Wil Trapp (15 janvier 1993) : A beaucoup fait parler de lui au Crew au cours des deux dernières saisons, en étant titulaire lors des 29 rencontres auxquelles il a participé ; international américain chez les -20 ans, il a joué lors des trois rencontres du premier tour de la Coupe du monde U20 de la FIFA en 2013 et a été nommé Jeune sportif de l’année 2013 par U.S. Soccer.

DeAndre Yedlin* (9 juillet 1993) : Régulièrement titulaire pour Seattle, il est le premier joueur formé par un club de MLS à défendre les couleurs des États-Unis à la Coupe du monde ; récemment, il a aidé les États-Unis à se qualifier pour les huitièmes de finale.

Gyasi Zardes (2 septembre 1991) : Joueur offensif polyvalent, Zardes a inscrit sept buts et donné une passe décisive en seize apparitions lors de sa deuxième saison au LA Galaxy.

*Lefèvre et Ouimette ont décliné leur sélection car Montréal joue mardi en Ligue des champions ; Yedlin sera peut-être dans le stade pour encourager ses camarades mais pas sur le terrain car il a été retenu pour le match des « grands » contre le Bayern Munich mercredi.

10 September 11:54 de la mañana

Certaines émissions se concentrent sur un seul sujet, celle de cette semaine (à écouter ici) est au contraire très éclectique. Au programme :

  • Les déboires du Toronto FC. Les récents changements dans l’organigramme sont-ils encourageants ? Veulent-ils recruter des Italiens pour marcher sur les plates-bandes de Montréal ? Ryan Nelsen est-il l’entraîneur qui convient à la situation ?
  • La stabilité des entraîneurs en MLS, sujet inspiré par le congédiement de Robert Warzycha qui était en poste depuis 2009 à Columbus. Comparez ici la longévité des entraîneurs actuellement en poste à celle de leurs homologues des grands championnats européens. Une stabilité aux nombreuses vertus, mais doit-on craindre une stagnation du niveau des entraîneurs ?
  • Les blessures à Montréal. Quelle absence sera plus préjudiciable : celle de Bernardello ou celle de Lopez ? On a déjà vu l’apport du médian défensif argentin et il est plus facile de se rendre compte des problèmes causés par son absence. En revanche, sans le défenseur central espagnol, les autres arrières risquent de s’essouffler d’ici la fin de saison.
  • Le prêt de Dwyer à Orlando par Kansas City pour la finale de l’USL Pro. Est-ce logique ou est-ce de la concurrence déloyale pour les clubs dont l’équipe A joue dans cette compétition ? Quel intérêt d’avoir un « club école » loin de chez soi quand on a déjà ses équipes de jeunes ? Comment fausser le moins possible la compétition où évoluent les équipes réserves des clubs de MLS tout en la rendant intéressante ?
  • Les revendications d’Eddie Johnson. A-t-il raison de négocier sur la place publique ? Est-ce un problème pour l’équipe ? Mérite-t-il l’argent qu’il demande ? Comment le payer dans les limites du budget salarial ? À quel point certains règlements ne pénalisent-ils pas ceux qui travaillent bien ?
  • Les éliminatoires de la Coupe du monde. Le Mexique risque-t-il de ne pas se qualifier ? Le niveau de la Concacaf s’est-il amélioré ?

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04 September 11:58 de la mañana

Seattle rejoindra-t-il le LA Galaxy à la deuxième place du classement général ce soir ? Pour y parvenir, il devra se défaire chez lui de l’autre équipe de Los Angeles, Chivas USA : une tâche a priori facile mais il se méfie de rojiblancos « mieux organisés derrière » et, surtout, armés d’Erick Torres devant.

L’autre match au programme de la soirée sera le premier de Brian Bliss à la tête de Columbus : il ne « réinventera pas la roue » selon ses joueurs mais s’il a l’ambition de diriger l’équipe en 2014, il voudra commencer par une victoire contre Houston. Si les Texans gagnent, ils effectueront une opération juteuse au classement mais se mettront aussi dans de meilleures dispositions avant de passer presque toute la fin de la saison régulière à affronter des concurrents directs.

Ces rencontres du mercredi passeront-elles bientôt à la trappe ? Selon NBCSN, la ligue pourrait décider de réduire la saison régulière à 28 rencontres. Quand il y aura 24 clubs, en 2020, cette nouvelle formule générera... 34 matchs par équipe. Je ne crois donc guère à une réduction drastique prématurée et, à lire les réactions, elle serait très mal accueillie.

Pendant ce temps, à Philadelphie, l’Union a inauguré sa propre école secondaire. Baptisée YSC Academy, elle accueille 32 élèves – tous membres des équipes de jeunes du club – qui s’entraîneront le matin et étudieront l’après-midi avec l’espoir de passer pros un jour. On s’approche des conditions de travail des jeunes dans les centres de formation européens !