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04 September 2:58 pm

Un nouveau centre d’entraînement, une nouvelle équipe qui évoluera en USL Pro, trois nouveaux vice-présidents pour le volet affaires du club et des changements au faîte de l’organigramme sportif : l’Impact de Montréal a enchaîné les annonces ce jeudi.

« Après trois ans en MLS, le moment est opportun pour faire le point », a expliqué Joey Saputo, président du club, qui a stigmatisé les résultats cette saison et les affluences en baisse, tout en expliquant qu’il ne s’agissait pas de l’élément déclencheur des mesures annoncées.

Tout au long de la conférence de presse, ses déclarations ont montré l’importance à ses yeux de former des jeunes qui intégreront un jour l’équipe première. Et de faire des diverses équipes du club un ensemble qui se tient. « L’objectif est de jouer un style compétitif et constant des U8 à l’équipe première. Notre philosophie de jeu doit être plus cohérente à tous les niveaux, notre identité doit être mieux définie : ce sera notre priorité pour 2015. »

« Je ne veux pas m’avancer », a cependant répondu prudemment Saputo lorsqu’on lui a demandé de préciser l’identité en question. « Les gens du secteur technique, tant de l’équipe première que des équipes de jeunes, travaillent ensemble sur qui on veut être. Cela ouvrira la porte sur le style de joueurs qu’on va amener », a-t-il ajouté par ailleurs.

Pour ce faire, plusieurs hommes forts en place ont été confirmés dans leur rôle. Notamment l’entraîneur Frank Klopas, qui conserve les responsabilités accrues et précisées à la fin du mois de juillet dernier. « La stabilité de l’entraîneur : c’est pour ça que je ne voulais pas changer, mais donner la chance à Frank de bâtir son équipe », a aussi déclaré le président en répondant à une question sur l’image du club auprès des supporters reflétée par ses entraîneurs successifs. Klopas sera secondé par Matt Jordan, qui conserve son poste de directeur technique, alors que Philippe Eullaffroy est confirmé à la tête de l’école de jeunes du club.

Pour contribuer à l’harmonie entre les équipes de toutes les catégories d'âge, mais également leur offrir des infrastructures de haut niveau afin « d’améliorer l’environnement d’entraînement quotidien », le club a annoncé qu’il aurait un nouveau centre d’entraînement opérationnel en 2015. Il sera situé dans le même arrondissement que les bureaux du club, à un peu plus de trois kilomètres de là, ce qui ne nuira certainement pas au sentiment d’identification. On y retrouvera quatre terrains – deux naturels et deux synthétiques – que se partageront les diverses équipes du club. Les clubs locaux auront aussi accès à l’un des synthétiques.

Les coûts des travaux, pour les terrains et le bâtiment, s’élèveront à dix millions de dollars canadiens. Si l’arrondissement en donne l’autorisation, un des terrains synthétiques sera aussi bâti de façon à accueillir un dôme l’hiver pour permettre de s’y entraîner durant la saison froide.

Les jeunes côtoieront donc de plus près les joueurs de l’équipe première avec pour objectif d’un jour les y rejoindre. « Nous devons leur offrir un meilleur encadrement pour que la transition soit plus facile avec la MLS », a expliqué Saputo, annonçant une des autres mesures phare de la journée : la création du FC Montréal, qui commencera à jouer en USL Pro en 2015. « Ce n’est pas une décision d’affaires, pas pour vendre des billets, mais pour le développement des joueurs », a insisté le numéro un du club.

« L’équipe sera composée en majorité de jeunes Québécois venant de nos équipes U23 et U18. La MLS n’aura plus de division réserves dès la saison prochaine. En vertu de l’accord MLS - USL, nous avions le choix entre nous affilier à un club existant ou avoir notre propre équipe. Nous avons opté pour le second : c’est mieux pour développer nos joueurs, ça permet à nos entraîneurs de mieux les suivre. » Dans un premier temps, le FC Montréal jouera au stade Saputo (sur le terrain principal ou le terrain annexe), mais à plus long terme, l’objectif est qu’il joue au centre Claude Robillard.

Pour diriger toutes les opérations soccer, la construction du nouveau centre, la création de la nouvelle équipe et la gestion administrative du département sportif, Richard Legendre, vice-président exécutif du club, voit son titre précisé de la charge des opérations soccer. Ses missions : assurer que tous les membres du département technique travaillent ensemble, être le représentant du club auprès des diverses fédérations (québécoise, canadienne et américaine) et assumer la responsabilité des finances et de l’administration de tout le département sportif. On a déjà un exemple concret de ses nouvelles tâches, puisque c’est lui qui pilote les réunions qui servent à définir l’identité sportive du club.

Un autre objectif du club est de nouer des liens avec des clubs étrangers pour échanger des stratégies. Ce sera le nouveau rôle de Nick De Santis, qui devient directeur du développement des affaires internationales. « Il a comme responsabilité de travailler avec les contacts que le club a déjà à l’étranger, d’en nouer de nouveaux et de forger des ententes avec des clubs ciblés à travers le monde. » Il assumera aussi un rôle de représentant du club auprès de joueurs et d’agents à l’étranger. De Santis a expliqué qu’il aurait désormais le temps nécessaire pour prendre tous les renseignements voulus sur les joueurs que le club convoite à l’étranger : leur façon de jouer, évidemment, mais aussi leur comportement ou leur potentiel – pour savoir, par exemple, si le club peut songer à garder un joueur toute sa carrière ou à le revendre avec une plus-value quelques années plus tard.

Si l’aspect sportif a été au centre de l’attention médiatique, Saputo avait commencé sa conférence de presse en parlant affaires. « Nous voulons que le club soit rentable, a-t-il expliqué. Notre volet affaires demeure un grand défi et nous allons prendre des mesures pour redresser la situation. » D’où l’annonce de l’embauche de trois nouveaux vice-présidents aux tâches définies et au CV bien garni : Marc Bourassa, qui a œuvré dans le marketing et la publicité pour d’importants journaux canadiens, sera en charge des ventes et des partenariats, Hugues Léger, passé entre autres par le brasseur InBev, sera en charge du marketing, et André Côté, un ancien du Cirque du Soleil, s’occupera du développement stratégique. « Nous avons décidé d’ajouter de l’expérience dans l’administration. Ils auront des mandats de croissance, de transparence et de rapprochement. »

Sport, organisation, affaires, infrastructures. Les annonces du jour ont touché des sujets très divers, avec toujours un point commun : le développement, tant du club que des talents locaux, de façon à ce que l’Impact de Montréal soit « plus compétitif, plus efficace et plus créatif », pour conclure avec les mots de Joey Saputo.

02 September 10:17 pm

Deux sujets principaux sont au cœur de notre émission de la semaine (que vous pouvez aussi écouter ici), sans aucun lien entre l’un et l’autre, ce qui nous permet de quitter un peu le terrain pour vous emmener dans les coulisses d’un club instable et auprès des amateurs des sports collectifs et individuels les plus populaires des États-Unis.

Ryan Nelsen et son staff technique ont été limogés au Toronto FC, Greg Vanney reprenant les rênes de l’équipe. Surprise pour les uns, décision attendue par les autres, ce choix semble davantage la conséquence d’un jeu de coulisses qu’une décision sportive. On tente d’en exposer les tenants et aboutissants, sur le terrain mais surtout en dehors, et de se mettre à la place des supporters, ce qui nous amène aussi à discuter du syndrome des jeunes entraîneurs et du non-transfert de Defoe.

Comment le public du soccer se compare-t-il à celui des autres sports en Amérique du Nord ? De nombreuses études exhaustives sont effectuées sur les profils sociaux-économiques des amateurs de sport. Le magazine The Atlantic nous fournit des données que nous avons analysées pour vous, en fonction de l’âge, du genre, de l’origine ethnique et des revenus des adeptes des compétitions les plus populaires aux États-Unis. Quel sport, individuel ou collectif, a le public le plus vieux, touche le plus de femmes, est celui des riches par excellence ou touche très peu de communautés ethniques ? Quels sont ceux qui réunissent des amateurs venus de tous les horizons ? Vous saurez tout, et connaîtrez la place du soccer dans ce contexte. Faites-nous savoir ce que ça vous dit sur le potentiel de croissance de la MLS !

On anticipe brièvement les nouvelles qui seront annoncées ce jeudi par Montréal lors d’une conférence de presse, en les agrémentant de réflexions sur certaines des 20 pensées de « Fred Lord le jovialiste ». Comme de coutume, nous vous donnons aussi nos conseils pour le jeu MLS Fantasy (voici d’ailleurs la liste des absents en raison d’une sélection en équipe nationale).

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

01 September 11:54 am

Le top six clairement établi la semaine dernière s’est scindé en deux trios alors qu’en milieu de tableau, le classement s’est resserré et la nervosité augmente, notamment à Toronto où l’entraîneur Ryan Nelsen et son staff technique sont passés à la trappe.

Aucun des équipes en lutte pour le Supporters Shield n’avait, a priori, de mission insurmontable ce week-end. Une semaine après sa victoire à Portland, le leader Seattle n’est pas tombé dans le piège tendu par Colorado et se félicitait d’avoir remporté deux victoires consécutives contre des adversaires aux styles très différents. En « déplacement » à Chivas USA, le LA Galaxy n’a eu aucune peine à s’imposer grâce à son impressionnant rouleau compresseur offensif composé du trio Keane - Donovan - Zardes, inscrivant des buts plus beaux les uns que les autres.

Face à une tâche théoriquement un peu plus compliquée, DC United a terminé de belle manière un mois d’août surchargé en s’imposant devant ses supporters contre New York, qui a une fois de plus payé très cher ses erreurs individuelles.

Il y a quelques semaines à peine, recevoir Houston aurait été synonyme de victoire facile pour Kansas City, qui a pourtant trébuché une fois de plus en encaissant trois buts. Miné par les absences, Dallas a vu sa série de 10 rencontres sans défaite prendre fin à Chicago qui vient de remporter quatre points sur six grâce aux buts d’Earnshaw. Tenu en échec à San José, Salt Lake lâche un peu prise avec le trio de tête mais pense avant tout à gagner son prochain match contre Dallas de façon à distancer un rival direct.

Dans le ventre mou du classement, pour le moins chargé cette saison, la règle était simple : la plupart des équipes qui avaient un avantage ont perdu des points, alors que celles qui avaient du retard se sont imposées. Les positions se resserrent, ce qui fait monter la tension. L’exemple le plus flagrant est la défaite 0-3 de Toronto contre New England, où Jermaine Jones a réussi ses débuts. Quelques heures plus tard, le TFC annonçait le limogeage de Ryan Nelsen et de quasiment tout son staff technique. Il est remplacé par Greg Vanney, ancien international américain qui en sera à sa première expérience de T1 et souhaite voir plus d’agressivité et moins d’erreurs de la part de ses joueurs. Pour encore lui compliquer un peu la tâche, il pourrait bientôt voir Jermaine Defoe partir sous d’autres cieux.

Columbus avait les cartes en mains pour réaliser une bonne opération mais s’est incliné dans un match-piège sur le terrain de la lanterne rouge Montréal : sportifs, les vaincus soulignaient qu’ils étaient passés à côté de leur sujet mais ne manquaient pas non plus de donner du mérite à leurs adversaires.

Dans l’Ouest, il semble de plus en plus clair qu’il reste une place à distribuer « au-dessus de la ligne rouge » entre Vancouver et Portland qui, hasard du calendrier, s’affrontaient samedi en Colombie-Britannique. Après avoir chassé des ombres pendant 90 minutes, dixit son entraîneur, l’équipe locale s’est inclinée 0-3 contre un adversaire qui a disputé son meilleur match de la saison au meilleur moment possible.

LES RÉSULTATS
Kansas City - Houston
Seattle - Colorado
Toronto - New England
Montréal - Columbus
Chicago - Dallas
San José - Salt Lake
Vancouver - Portland
DC United - New York
Chivas USA - LA Galaxy

 
1-3
1-0
0-3
2-0
1-0
1-1
0-3
2-0
0-3

Classement général
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29 August 3:37 pm

De nombreux gardiens de but se sont illustrés lors de la dernière Coupe du monde. Parmi eux, Raïs M’Bohli, qui a défendu avec brio les filets de l’Algérie. Quelques semaines plus tard, il a signé à Philadelphie où il a effectué ses débuts officiels dimanche dernier, ouvrant un nouveau chapitre d’une carrière qui l’a mené un peu partout sur la planète.

Après avoir évolué en Europe de l’Ouest, en Europe de l’Est et en Asie, l’international algérien découvre l’Amérique du Nord. Avons-nous là un voyageur dans l’âme ? « Ce sont plutôt des circonstances de carrière, explique le portier formé au RC Paris et à Marseille. J’aurais pu m’installer quelque part, ça m’aurait procuré plus de stabilité, mais ce sont les aléas du football. Maintenant, j’espère m’établir à Philadelphie pour un long moment. »

France, Écosse, Grèce, Japon, Russie, Bulgarie : son parcours est parsemé de destinations exotiques. La dernière en date, le CSKA Sofia, dans la capitale d’un pays où il a signé son premier contrat en 2009 et qui semble le laisser circonspect. « Que dire au sujet de la Bulgarie… ? Elle m’a aidé à me faire connaître, si je peux dire ça comme ça. J’y ai vécu de bonnes et de mauvaises expériences, et j’en avais fait le tour. C’était juste un passage dans ma carrière et je souhaitais vivre autre chose rapidement. »

Et quelle meilleure scène pour se mettre en valeur et vivre de nouvelles émotions fortes que la plus grande compétition sportive de la planète ? Au Brésil, l’Algérie a atteint les huitièmes de finale, où l’Allemagne, future championne du monde, a eu toutes les peines à l’éliminer. Lors de chaque match des Fennecs, notamment en raison de ses arrêts, de ses sorties ou de son entente avec ses défenseurs, M’Bolhi a mené la vie dure aux attaquants adverses. Il a défendu avec honneur les couleurs d’un des trois pays pour lesquels il pouvait être international, puisqu’il est né en France d’un père congolais et d’une mère algérienne. Ça, c’est la théorie. Car en pratique, à ses yeux, il n’y avait pas la moindre hésitation possible. « Je n’ai grandi qu’avec ma mère, et pour moi, en fait, il n’y avait pas de choix à faire : c’était comme ça, la question ne se posait même pas. »

Si bien du monde croit que ces brillantes prestations à la Coupe du monde ont attiré l’attention de son nouveau club, le principal intéressé précise que les discussions datent en fait d’il y a bien plus longtemps que cela. Et on comprend dans ses propos que dès les premiers pourparlers, il était confiant de rejoindre la Pennsylvanie tôt ou tard.  « Je suivais l’équipe depuis 7 mois car nous étions en contact depuis ce moment-là. Je me suis intéressé au championnat, j’ai découvert des ambiances dignes de l’Europe ainsi que des joueurs de qualité. Dans le futur, il faudra compter avec la MLS, elle grandit rapidement. Ce sont les gens qui s’occupent de moi qui ont tout réglé. Quand ils m’ont dit que Philadelphie pouvait être intéressé, de mon côté, j’ai immédiatement été intéressé également. Ensuite, ils se sont occupé de tout avec Nick (Sackiewicz), le président. »

Le 30 juillet dernier, tout était réglé. Mais en raison de problèmes de visa, notamment de lenteurs en France, et d’un petit accident de circulation sans gravité, il a fallu attendre dimanche dernier pour le voir à l’œuvre pour la première fois en match officiel, lors du succès de Philadelphie contre San José. S’il a dû se retourner deux fois sur de belles réalisations des visiteurs, il a beaucoup apprécié son baptême du feu sous ses nouvelles couleurs. « Ça s’est très bien passé, surtout avec la victoire, se réjouit le néo-unioniste. Le stade était plein, il y avait une super ambiance, c’était une bonne première expérience. »

Contrairement à d’autres joueurs étrangers qui découvrent les États-Unis en signant en MLS, M’Bolhi y était déjà venu plusieurs fois avant de s’y installer pour jouer. Une des raisons qui, selon lui, va faciliter son adaptation. Mais ce n’est pas la seule. « C’est un pays qui m’a toujours attiré. Je n’arrivais donc pas dans l’inconnu. Avec les joueurs, tout se passe très bien, je parle anglais donc il n’y a pas de problème de communication. On apprend à se connaître et on s’entend bien. De toute façon, le football est un langage universel, et il n’est pas toujours nécessaire de maîtriser une langue étrangère pour le parler. On parle tous le même langage : celui du terrain. Mais il faut quand même aussi s’adapter et apprendre la langue du pays, et c’est ce que j’ai fait dans le passé. J’ai donc par exemple appris le Bulgare. C’est bien de découvrir de nouveaux endroits et d’apprendre une nouvelle langue, ça enrichit ! »

Certes, mais chaque ligne de défense a ses préférences, chaque gardien a son propre style. Et il faut marier les deux. « Mais il n’y a pas besoin d’adaptation, le football est un langage universel, insiste-t-il. Il faut y ajouter un travail quotidien : avec les entraînements, nous allons apprendre à mieux nous connaître. Les défenseurs sauront que quand Raïs joue, que quand Zac (McMath) joue ou que quand Andre (Blake) joue, il faut plus ça, ça ou ça, car chacun ne joue pas de la même façon. Mais tout le monde doit s’adapter : pas seulement les défenseurs au gardien, pas seulement le gardien aux défenseurs. C’est un travail d’équipe. »

Parmi les tâches qui incomberont au nouveau dernier rempart de l’Union, il y aura certainement celle d’empêcher les adversaires de marquer de la tête, puisque son équipe est particulièrement friable défensivement dans cet aspect du jeu. « Ce sont des faits de jeu qui arrivent, que ce soit sur coup de pied arrêté ou dans le cours du jeu. C’est un point à améliorer », se contente de préciser celui qui s’était pourtant fait remarquer par ses bonnes sorties aériennes durant la Coupe du monde.

Oui mais voilà, demander à Raïs M’Bohli de vanter ses forces est un exercice pour le moins périlleux. « Je n’aime pas parler de mes qualités. J’essaye de faire mon travail, et ce n’est pas à moi de les dire… À la limite, je suis plus à l’aise de parler de mes défauts. Je suis un garçon rarement satisfait de moi-même, un perfectionniste qui porte plus attention à ses erreurs qu’à ce qu’il fait bien. J’ai encore beaucoup de choses à travailler, mais les gardiens ont généralement une longue carrière alors j’ai le temps devant moi. »

Et quand on tente de le rendre quelque peu plus loquace en parlant des bonnes choses qu’on a vues de lui pendant la Coupe du monde, il baisse la voix et répond : « Euh, bon, merci, mais c’est vous qui le dites, pas moi. » (Et encore, j'ai été sage pendant l'entrevue, je n'en ai pas dit autant que pendant l'émission Coup Franc après Algérie - Allemagne, où je le voyais d'ailleurs déjà très bien en MLS. Ça commence à 9'40.)

Une de ces choses frappantes pendant le Mondial, c’était sa communication fréquente avec ses défenseurs (ce qui est de bon augure pour son passage en MLS, car les gardiens américains sont réputés pour parler beaucoup avec leurs coéquipiers) sans toutefois leur hurler dessus à tout bout de champ. « Sur le terrain, un gardien doit montrer une image positive pour que le prochain fait de jeu se déroule bien. Ça ne sert à rien d’engueuler ses défenseurs au risque des les paralyser pour l’action suivante. Pour moi, un gardien doit faire preuve de sérénité et la transmettre à ses défenseurs. »

Cette sérénité semble bien nécessaire à Philadelphie cette saison, alors que l’équipe alterne les hauts et les bas, est dirigée par un entraîneur intérimaire dans une ambiance qui, de l’extérieur, flaire la transition à plein nez. De l’intérieur, en revanche, l’optimisme semble de rigueur. « Mon premier ressenti en arrivant dans l’équipe a été qu’on y retrouvait de nombreux jeunes avec des qualités et que tout le monde s’entendait très bien. C’est dommage qu’il manque des résultats, mais avec une aussi bonne ambiance dans le groupe, ils ne peuvent qu’arriver à un moment ou l’autre. »

Si en championnat, ils sont encore en dents de scie, l’équipe s’est récemment qualifiée pour la finale de la Coupe des États-Unis. « La gagner est un de nos objectifs de fin de saison, tout comme accrocher les play-offs. J’espère qu’on va y arriver », conclut le gardien, qui ne cache pas son bonheur de jouer à Philadelphie. « Je suis très heureux d’être ici et de découvrir un championnat pareil. Tout le monde, y compris les supporters, m’a accueilli à bras ouvert, et je les remercie. »

Nul doute que ce merci, Raïs M’Bolhi souhaiterait le matérialiser en contribuant activement à la conquête du premier trophée officiel du club et à une première qualification pour la Ligue des champions. Ce qui lui permettrait aussi de se produire encore dans de nouveaux pays.

27 August 1:33 pm

Après chaque Coupe du monde, la Fifa publie un rapport technique : récapitulatif du tournoi, analyses techniques, tendances tactiques, arbitrage, santé des joueurs et statistiques sont au rendez-vous de ce volumineux dossier de 284 pages, rédigé en anglais, français, allemand et espagnol. Quoi ? C’est trop long ? Bon, d’accord, je vais tenter de faire ressortir ici quelques points intéressants.

Le groupe d’étude technique de la Fifa, auteur du document, souligne à de nombreuses reprises la qualité du jeu offensif pratiqué durant la Coupe du monde. Organisation et flexibilité étaient les clefs de la réussite, tout comme le fait de n’aligner qu’un seul médian à vocation purement défensive et de ne pas jouer qu’avec un seul attaquant. On a vu beaucoup de jeu au sol, peu de longs ballons et de régulières montées des arrières latéraux permettant aux ailiers d’apporter le surnombre dans l’axe. De nombreux buts sont venus de centres, mais l’efficacité en reconversion rapide et les joueurs capables de repartir vite balle au pied en couvrant beaucoup de terrain ont également porté fruit. En proportion, les attaquants ont marqué davantage de buts qu’il y a quatre ans.

Autre différence notable avec le Mondial sud-africain : la possession de balle n’était plus essentielle, on pouvait plus facilement garder le ballon plus longtemps que l’adversaire mais quand même perdre le match. L’important était de progresser efficacement dans le camp adverse, en posant son jeu ou en se reconvertissant rapidement dès la récupération du ballon. À partir de la phase à élimination directe, les phases arrêtées sont aussi devenues cruciales.

Malgré le grand nombre de buts marqués, les gardiens ont été exceptionnels, aussi bien grâce à leurs arrêts que grâce à leur participation au jeu. C’est le résultat d’une formation plus moderne et spécifique dont bénéficient les portiers depuis plusieurs années, et qu'il faudrait généraliser à tous les niveaux.

La condition physique était un aspect essentiel, comme en témoigne le nombre de buts inscrits en fin de rencontre. C’est à ce moment que les équipes prenaient le plus de risques, mais certaines le faisaient déjà plus tôt dans la partie : celles qui possédaient des joueurs capables d’occuper temporairement un autre poste parvenaient à déséquilibrer leur système de jeu avec plus de bénéfices que de périls. Les équipes ayant ouvert la marque n’avaient pas fait le plus difficile : beaucoup d’entre elles ont perdu, de nombreuses autres souffert jusqu’au coup de sifflet final. Autre point qui avait marqué les esprits durant le tournoi : les remplaçants ont inscrit 32 buts, battant le record de 23 établi en 2006.

Selon le groupe d’étude technique de la Fifa, cette Coupe du monde a montré que la technique devait être enseignée aux jeunes très tôt, puis sans tarder la vitesse, la puissance, la force et la lucidité, de même que la coordination. Avec un message clair : le talent ne suffit plus, il doit être orienté vers le travail d’équipe et la cohésion.

Chaque équipe a également une fiche individuelle, avec des statistiques, mais également quelques mots sur ses joueurs clefs et ses principales forces. Quatre individualités se sont démarquées au sein de l’équipe nationale américaine : le gardien Tim Howard et ses arrêts décisifs lors de chaque match, Jermaine Jones (qui vient de signer à New England) décrit comme agressif mais réfléchi et bien positionné, Michael Bradley (Toronto) qui donnait le rythme du jeu dont il a une bonne lecture, ainsi que Clint Dempsey (Seattle) au gros volume de jeu et à la grande détermination. Collectivement, la discipline de la défense, l’utilisation des côtés dans le jeu offensif, ainsi que l’endurance et la volonté des joueurs sont entre autres soulignées.

On notera aussi que l’Algérie avait un gardien de but décisif (Rais M’Bolhi, qui a depuis lors signé à Philadelphie), que l’activité en attaque et la contrôle de balle sous pression de Tim Cahill (New York) ont été vantés tout comme son jeu de tête (ce qui n’est pas un scoop), que le rapport souligne la discipline de la défense costaricienne dont l’élément central était Giancarlo Gonzalez (alors à Columbus avant de signer à Palerme il y a quelques jours à peine) et que Jerry Bengtson (l’attaquant de New England prêté à Belgrano) constituait un danger permanent pour la défense adverse.

Les arbitres, qui avaient participé avant la compétition à un séminaire avec les sélectionneurs et des officiels des 32 pays qualifiés, ont de plus reçu une formation pour arriver à mieux lire le jeu de chacune des équipes en lice. Les joueurs, eux, ont pris part à une session illustrant divers aspects des Lois du Jeu et présentant les instructions données aux arbitres. Massimo Busacca, ancien arbitre international et auteur de cette partie du rapport, insiste sur l’esprit sportif qui a prévalu durant le tournoi et les bonnes notes remises aux arbitres par leurs évaluateurs. Autres points positifs, et plus visibles : le spray pour faire respecter la distance réglementaire sur les coups francs et la technologie sur la ligne de but. Un chapitre du rapport est même consacré à cette dernière, expliquant sa genèse et son utilisation, illustrations à l’appui.

Le bref bilan médical dressé par Jiri Dvorak, médecin en chef de la Fifa, montre un nombre de blessures par match en constante baisse depuis 2002, sans toutefois en analyser la nature. Il explique également les procédures de contrôle anti-dopage, tous négatifs alors que tous les joueurs ont été contrôlés, et que des tests d’urine, de sang et des profilages biologiques ont été effectués.

Je ne m’étendrai pas sur les nombreuses statistiques en tous genres concernant le tournoi que l’on retrouve dans le rapport. Mais sachez que l’âge moyen des joueurs était de 27 ans et 4 mois, que le Ghana avait l’effectif le plus jeune, que l’Argentine était l’équipe la plus vieille, que la Suisse est celle qui a aligné le plus de joueurs de moins de 23 ans (8) et qu’Angleterre - Italie a été le match où il y a eu le plus de temps de jeu effectif alors qu’il était pourtant joué à Manaus, ville où les conditions climatiques étaient les plus hostiles durant la compétition. En plus de ces nombreux chiffres répartis un peu partout, vous y retrouverez le passage en revue de chaque match, avec un résumé et une fiche technique, la liste des prix individuels remis au cours du tournoi, les classements des buteurs et des passeurs ou encore de nombreuses statistiques historiques.

Si je vous ai mis l’eau à la bouche et que vous souhaitez en savoir plus, la brique est ici.

26 August 12:39 pm

Le transfert de Jermaine Jones à New England a rouvert un débat sur les règlements en MLS et leur transparence. L’équipe de Coup Franc ne manque pas d’y mettre son grain de sel dans l’émission de cette semaine (que vous pouvez aussi écouter ici).

Les critiques n’ont pas manqué au moment de l’annonce - dont on évoque aussi l’aspect sportif - et elles sont bien résumées dans ce texte, dont nous reprenons certains points pour les expliquer, voire les réfuter. Cela nous amène à approfondir les sujets suivants :

  • L’évolution fulgurante de la MLS qui provoque de nouvelles situations
  • En quoi le cas de Jones diffère de celui de Bradley
  • La ligue doit-elle rendre d’urgence ces mécanismes plus transparents ?
  • On réexplique certains règlements (disponibles en français ici)
  • Le passage d’un fonctionnement de « Ligue fermée nord-américaine » à la réalité mondialisée du soccer
  • Les joueurs et les supporters trouvent-ils la situation problématique ?
  • Les traitements de faveur que recevraient certains clubs
  • L’influence des salaires perçus par les internationaux américains qui reviennent en MLS

Si vous voulez voir le tifo de Portland contre Seattle dont on parle en fin d’émission, il est ici. Et le programme se termine comme de coutume par nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

25 August 12:11 pm

Il reste entre 9 et 11 rencontres à jouer à chaque équipe d’ici la fin de la saison régulière, et six formations ont creusé l’écart en tête du classement. Il devient difficile de concevoir que le vainqueur du Supporters Shield ne s’y trouve pas. Et il est tout aussi difficile de prévoir qui va émerger d’ici deux mois et demi.

Toujours premier à ce jour, Seattle a vu son avance en tête fondre comme neige au soleil en quelques semaines mais a repris des couleurs, comme en témoigne sa plantureuse victoire à Portland qui coïncide - et ce n’est certainement pas un hasard - avec les sensations retrouvées du duo Dempsey - Martins. Quant à la réaction dans le camp des vaincus, elle traduit le découragement

Ce week-end ne manquait pas de sommets puisque, en plus de ce duel de voisins toujours très chaud, on avait droit à deux confrontations directes entre équipes de tête. Et leur résultat a provoqué le resserrement du classement… Habituellement solide, la défense de Kansas City a volé en morceaux chez elle, retombant dans certains de ses (rares) travers de la saison dernière, face à DC United qui, malgré son bon classement, était toujours à la recherche d’un succès convaincant face à un ténor. Voilà qui est fait.

Seule formation invaincue lors de ses six dernières sorties, Dallas a confirmé son statut d’équipe en forme du moment en faisant la différence contre Salt Lake en deuxième mi-temps, à dix contre onze : les mots caractère et émotions revenaient souvent dans les déclarations des Texans à l’issue de la rencontre. La désolation était de mise chez les vaincus, d’autant plus frustrés qu’ils savaient comment leur adversaire marquait mais se sont quand même fait berner.

Sixième du peloton de tête, le LA Galaxy compte un ou deux duel(s) de retard sur tous ses devanciers et a bouclé sa semaine de deux rencontres par une victoire contre Vancouver, synonyme de 6/6. Tout lui réussit en ce moment, comme le prouvent les ratés de Keane… qui ont mené à deux buts ! Malgré la défaite, Rosales se montrait positif après son premier match sous ses nouvelles couleurs. Cependant, chaque point est précieux dans une Conférence Ouest où quatre équipes sont loin devant les autres. Il ne semble y rester qu’une place pour la phase finale, Portland et Vancouver étant les prétendants les plus sérieux. Colorado n’est pas loin mais n’avance plus, et ça ne va guère mieux à San José et Chivas USA, tous deux battus ce week-end.

Dans l’Est, c’est bien plus serré, puisque derrière DC United et Kansas City, la bataille fait rage entre sept équipes pour trois places (si vous pensez que Montréal est encore dans la course, allez consulter votre psy). Chez eux, Philadelphie et New England ont réussi une bonne opération en battant les Californiens mal en point. Malade, Wenger a inscrit deux buts contre San José et semble prendre ses marques au poste de milieu gauche. Dans la banlieue lointaine de Boston, on savourait autant la victoire contre les rojiblancos que la signature de l’international américain Jermaine Jones.

Le joueur était aussi convoité par Chicago, qui l’a quasiment perdu sur un pile ou face, mais Frank Yallop se montrait bon perdant malgré tout. Maintenant qu’il n’a plus besoin d’énergie pour tenter d’attirer ce renfort, il va peut-être la mettre à la recherche d’arguments en faveur du retour de la victoire à deux points : ses joueurs ont partagé l’enjeu pour la quatorzième fois en 24 rencontres (!) cette saison, et ce même si Earnshaw a fêté son retour en MLS par un but sur le terrain de son ancien club, Toronto, davantage inquiété par la perte de deux défenseurs importants que par celle de deux points.

Les duos offensifs renommés ont été en grande forme cette semaine : Dempsey / Martins avec Seattle, Keane / Donovan avec le LA Galaxy, mais aussi Henry / Wright-Phillips avec New York. Le Français a inscrit deux buts contre Montréal, tout comme le meilleur buteur actuel du championnat, qui devient du coup le premier joueur de son club à inscrire 20 buts en saison régulière. Columbus revient aussi dans le coup : des conflits dans le vestiaire ont été réglés et depuis lors, l’équipe plante but sur but. Houston est la dernière victime en date.

LES RÉSULTATS
Dallas - Salt Lake
New York - Montréal
Toronto - Chicago
Columbus - Houston
New England - Chivas USA
Kansas City - DC United
LA Galaxy - Vancouver
Portland - Seattle
Philadelphie - San José

 
2-1
4-2
2-2
3-0
1-0
0-3
2-0
2-4
4-2

Classement général
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22 August 4:52 pm

Another weekend of matches is here with top teams from both conferences battling for three points.  This weekend, FC Dallas hosts Real Salt Lake in a match that’ll surely keep you on the edge of your seat.  Undefeated in its last nine matches, FC Dallas trails Western Conference leader, RSL, by only three-points.  Over in the Eastern Conference, leader of the pack, Sporting Kansas City takes on second place, D.C. United who attempt to keep their momentum alive after a 4-2 win last week.  With so many awesome matchups this weekend, it’s going to be hard to focus on anything but soccer.  Before tuning in, make sure you check out how your clubs are making a difference in their respective communities.  

Cradles to Crayons: Shopping Spree

Will’s FURever Friends

 

Ching’s Champions

 

D.C. United to participate in DCPS Beautification Day

 

Relive A&W Root Beer Float Night

 

Revs’ Charitable Drive Series continues Saturday with a school supply drive

 

FC Dallas announces Soccer 101 for Women 2014, presented by AdvoCare

 

Finaly, Wahl visit Nationwide Children’s Hospital

 

Bill Manning – ALS #IceBucketChallenge

 

Whitecaps FC join the ALS Ice Bucket Challenge

 

Red Bulls accept Ice Bucket Challenge; help to #StrikeOutALS

 

Quakes announce celebrity scoopers for A&W Root Beer Float Night pres. by 7UP

 

Safe playground launch: The Union and the city of Chester work to keep their young people safe

 

George, Tchani Volunteer at Faith Mission

20 August 1:16 pm

Arrivé à New York quelques semaines avant le début de la saison, Ambroise Oyongo a effectué ses débuts en équipe première le 27 juin dernier, cinq jours après avoir fêté ses 23 ans. Depuis lors, l’arrière gauche n’a raté que quatre minutes en raison d’un remplacement en fin de match. Même le retour du titulaire du poste, Roy Miller, ne l’a pas délogé du terrain : Mike Petke préfère réorganiser son onze afin de faire jouer son jeune talent camerounais.

« Quand je ne jouais pas, j’ai gardé un bon état d’esprit et travaillé pour attendre ma chance et la saisir, explique Oyongo. Je suis fier d’avoir pu jouer un match, j’en remercie le Seigneur. Avoir réussi à garder ma place m’encourage à aller chercher plus loin, à travailler encore. »

Travailler : quand on parle de son métier avec ce jeune lion indomptable, il est difficile de compter le nombre de fois qu’il répète ce verbe, sous toutes ses déclinaisons possibles. On ressent aussi un grand sens de l’abnégation. On en a un bel exemple ces dernières semaines : si son poste de prédilection est celui d’arrière gauche, il ne rechigne pas à jouer dans l’entrejeu à la demande de son entraîneur. « S’il souhaite me faire jouer avant-centre, je vais le faire. D’ailleurs, lors d’un match de l’équipe réserve, on s’est retrouvé sans gardien et j’ai pris place dans le but. Il faut savoir se rabaisser, sinon ce sont les autres qui vont vous rabaisser. Ça va vous permettre de progresser. Je donne toujours le meilleur de moi-même. Toujours. »

Cette envie d’être sur le terrain s’explique facilement par son état d’esprit. « Quand vous êtes jeune, il faut tout donner, être ouvert à tout ce qu’on vous dit, peu importe ce que c’est. Le football est un jeu, alors l’essentiel, c’est de jouer et de prendre du plaisir. »

Tout en donnant satisfaction à l’entraîneur, bien entendu. Pour cela, Oyongo peut compter sur ses qualités… même quand il est dans un mauvais jour. « Mes forces sont ma vitesse, ma qualité de centre et ma technique. J’aime aller face au jeu, dribbler et centrer. Quand je suis bien - ce qui est souvent le cas -, j’exploite ma technique, mais quand je suis moins bien, je parviens malgré tout à montrer mes qualités pour quand même arriver à aider l’équipe. »

Le défenseur est également conscient de ses points faibles, qu’il cherche à bonifier… tout autant que ses forces. « Je dois améliorer ma vision du jeu et je la travaille. Surtout quand je suis plus avancé dans le jeu, ce qui arrive souvent ces derniers temps, je dois travailler mon jeu en un temps et mon contrôle de balle. Je me sens plus à l’aise de jouer derrière, avec le jeu devant moi. Mais même dans les domaines où ça va bien, il faut toujours travailler, chercher tous les jours à être meilleur. Sinon, des grands joueurs comme Thierry Henry ou Lionel Messi n’auraient plus besoin de s’entraîner ! On apprend tous les jours, dans tous les domaines. »

Déjà au Cameroun, il affichait cette même mentalité, et cela a porté fruit. Ambroise Oyongo a vu le jour à 200 kilomètres de la capitale Yaoundé, plus précisément à Ndikiniméki, lieu d’affectation de son père, gardien de prison. C’est à Moussango, club de ses débuts évoluant en D3 camerounaise et situé à Yaoundé, que sa carrière s’est accélérée alors qu’il était sélectionné en équipe nationale juniors. « Elle jouait un tournoi de qualification à Garoua, dans le stade de Coton Sport, club dont les dirigeants ont vu en moi un jeune prometteur pour le futur. Le président m’a engagé pour commencer en équipe juniors, mais l’entraîneur n’était pas là et il m’a ensuite fait passer des tests pendant une semaine. À la fin, après un match amical, on m’a proposé un contrat de trois ans. » Après en avoir parlé à sa famille, notamment à son grand frère qui s’occupait de tout pour lui à l’époque, il s’engageait pour le club situé à l’autre bout du Cameroun, à plus de 1000 kilomètres de chez lui.

Et là, se produit un scénario avec lequel ceux qui ne suivent sa carrière que depuis son arrivée en MLS sont déjà quelque peu familiers. « Je me suis vite retrouvé en équipe première où l’arrière gauche était… le capitaine. Je me suis donné à fond et j’ai finalement joué toute la saison comme arrière droit, sauf quand il n’était pas là. Cela a continué lors de ma deuxième saison. Le capitaine est parti et lors de la troisième, je me suis retrouvé titulaire au poste d’arrière gauche. » Là, ce n’était plus en D3 mais avec un club de l’élite camerounaise, régulièrement champion ces dernières années.

Oyongo a consolidé sa place en équipe nationale juniors, a disputé la Coupe du monde de cette catégorie d’âge en 2011 et a été appelé en équipe nationale A. Avec Coton Sport, il disputait la Ligue des champions africaine. En 2013, les Camerounais ont atteint les demi-finales, jouées en octobre dernier. Ils s'y sont inclinés aux tirs au but contre le puissant club égyptien d’Al Ahly, futur vainqueur de la compétition. « Mais c’est là que j’ai été repéré. Ils ont fait appel à mon agent », explique Oyongo quand on lui demande comment on passe directement du championnat du Cameroun à la MLS.

Une transition directe assez rare et qui, de prime abord, peut paraître abrupte mais qui ne modérait en rien l’enthousiasme du principal intéressé. Que du contraire ! « Dans l’avion, j’étais fier de moi. En plus, j’allais en MLS, un championnat qui est en train de grandir, et dans un grand club, New York. J’avais hâte d’arriver. J’aurais voulu que le vol ne dure qu’une heure et quart tellement j’étais excité. Et j’ai découvert une nouvelle vie. Je suis arrivé dans l’inconnu. Mais j’avais un compatriote camerounais dans l’équipe, Marius Obekop, avec qui je parlais déjà avant de venir et à qui j’ai pu demander comment ça se passait. »

Personne ne sera surpris des premiers verbes utilisés par Oyongo quand il nous parle de ses premiers mois en MLS. « J’ai beaucoup appris tactiquement et travaillé mentalement. J’étais le meilleur arrière gauche en quittant le Cameroun, et ici j’ai dû me rabaisser car en MLS, j’ai trouvé plus fort que moi. La MLS, c’est très professionnel, et il y a les exigences qui vont avec. On bénéficie de bon repos, d’une bonne nutrition, on est à l’abri de ce qui est mauvais. La très grande différence avec le Cameroun, c’est qu’il faut faire attention à ne pas faire de trucs inutiles. Au Cameroun, tu peux t’amuser avec n’importe qui, tu peux quasiment amener ton frère s’entraîner avec l’équipe, on t’excuse facilement si tu t’écartes des règles. Ici, il faut les respecter, sinon tu te fais prendre, ce qui n’est pas bon pour toi et pour ton avenir. »

Sur le terrain, ce n’est pas pareil non plus. « La MLS, c’est bon tactiquement et techniquement, les infrastructures sont parfaites pour s’améliorer et grandir. La plus grosse différence avec le Cameroun est la vitesse d’exécution. Et si tu n’es pas prêt tactiquement, tu te fais bouffer ! Il y a aussi beaucoup d’enjeu, il faut tout donner. Au Cameroun, on recherche avant tout les trois points, peu importe la manière dont on marque. Mais à la fin, c’est le même ballon et les mêmes terrains… enfin, ils sont de la même taille. »

S’il préfère la qualité des infrastructures américaines, Oyongo a évidemment, comme tout expatrié, laissé au pays des gens et des choses auxquelles il tient. « Ma famille, mes amis et la nourriture me manquent. Mais j’ai choisi d’aller ailleurs. Il ne faut pas penser à ces manquements. Après la saison, je pourrai aller au pays et savourer ces plats. »

Il y rencontrera certainement aussi des joueurs intéressés à jouer en MLS. Quels conseils va-t-il leur donner ? « Il faut travailler, se donner à fond. Ça ne va pas arriver comme ça quand tu te lèves un matin. Tu dois faire parler de toi, être le meilleur pour qu’on aille te chercher. » Le message est clair et traduit parfaitement sa mentalité. « La distance rend difficile d’aller superviser les joueurs en Afrique, tempère ensuite Oyongo. Être plus rapproché de l’Amérique, comme en Europe, aide. Mais si tu travailles, ton CV va arriver aux États-Unis car tu es le meilleur buteur ou le meilleur joueur, et là on viendra te chercher, peu importe où tu es. Ce sera alors à toi de saisir ta chance. »

Le joueur qui compte une sélection en équipe nationale camerounaise évoque la distance, mais il ne craint pas que celle-ci joue contre lui pour la suite de sa carrière avec les Lions indomptables, dont beaucoup de joueurs évoluent en Europe. « Quand je ne jouais pas, je me disais que je devais jouer. Mais une fois sur le terrain, tu as de la visibilité. Les gens suivent les matches en Afrique - pas en direct, à cause du décalage horaire -, et parlent de la MLS. Alors si tu joues, on te voit : un Camerounais qui joue dans son club et qui est bon, on viendra le chercher. »

En attendant sa prochaine convocation, Oyongo se concentre sur sa saison à New York. Le détenteur du Supporters Shield alterne les hauts et les bas : comment un nouveau venu ressent-il cela dans le groupe ? « Je n’étais pas là l’année dernière, mais l’ambiance est restée la même - toujours bonne - depuis mon arrivée, avant le début de la saison. C’est le football : la bataille est rude, les équipes évoluent et être premier ne donne pas la garantie de le rester. Nous avons la tête à la qualification pour les play-offs et là, pourquoi ne pas les gagner ? Quant à la Ligue des champions… Rien n’est à sous-estimer, sinon autant ne pas jouer ! Toutes les compétitions sont à prendre au sérieux, et il faut tout donner. »

Il va sans dire qu’après avoir atteint avec bonheur les demi-finales de l’édition africaine avec Coton Sport il y a quelques moins, Oyongo aimerait récidiver pour sa première saison de l’autre côté de l’Atlantique.

19 August 12:16 pm

De Marco Di Vaio (moins ?) proche de la retraite aux filles qui disputent actuellement la Coupe du monde des -20 ans, votre heure en notre compagnie cette semaine (émission que vous pouvez aussi écouter ici) vous fera passer d’un bout à l’autre de la pyramide des âges du soccer de haut niveau.

Montréal a donc retrouvé le chemin de la victoire, mais aussi célébré les débuts d’Ignacio Piatti : on évoque le premier match du nouveau joueur désigné devant son public et son entente avec Di Vaio qu’il voudrait convaincre… de retarder sa retraite. On débat aussi des objectifs de fin de saison du club, qui ne semblent pas clairs pour tout le monde, entre autres en raison de déclarations contradictoires de Frank Klopas. La discussion porte aussi sur la gestion de l’effectif, le « sacrifice » de matchs et le plaisir de jouer.

Une fois n’est pas coutume, on parle aussi de soccer féminin, dont la Coupe du monde des moins de 20 ans se joue au Canada. Le niveau de jeu continuellement à la hausse nous enthousiasme, le fait que les pays de la Concacaf perdent leur avance nous inquiète. On se demande ce que le Canada et les États-Unis devraient faire pour rester au sommet. L’organisation du tournoi fait également partie de nos sujets de discussion tout comme le Stade olympique de Montréal.

Comme de coutume, l’émission se termine par nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).