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05 June 11:13 am

Le tirage de la Ligue des champions 2015/16 a eu lieu cette semaine, et il est encore souvent difficile de déterminer la difficulté des groupes (dont la composition est ici) en fonction du pays dont font partie les clubs. On sait que les Mexicains et les Américains/Canadiens sont très forts, que le Costa Rica a des représentants costauds, mais après ? De qui se méfier ? Et quel est l’écart de niveau entre tout ce beau monde ? C’est une des raisons pour lesquelles je tiens à jour un « coefficient Concacaf » annuel, à l’image du coefficient UEFA qui détermine le nombre de places par pays dans les différentes coupes d’Europe. Voilà donc celui à l’issue de la dernière Ligue des champions, qui a vu l’America Mexico battre Montréal en finale.

Mes calculs ont été effectués avec les mêmes méthodes et avec un barème très proche de ce qui se fait en Europe. Une victoire vaut deux points, un match nul un point (la moitié pour feu le tour préliminaire), une participation à la phase de groupes rapporte un point. Il y a aussi des bonus : deux points en cas de sortie du groupe, un point pour une qualification lors des tours suivants et en cas de victoire en finale. Le total annuel des points d’un pays est divisé par le nombre de ses clubs en lice et le coefficient porte sur les cinq dernières saisons.

Ceux qui suivent ce classement (qui n’a rien d’officiel) depuis plusieurs années savent qu’il y a un biais : en raison de certaines particularités de la compétition, le calcul est quelque peu faussé pour le Canada par le fait qu’il n’a qu’un seul représentant, et que si celui-ci fait un beau parcours, il rapporte un énorme plein de points au pays. C’est arrivé cette année avec Montréal et cela a une conséquence importante sur le classement… puisque le Canada reprend la deuxième place aux États-Unis ! La reprend, car il les devance quand même pour la troisième fois en quatre ans, ce qui laisse sous-entendre que dans l’ensemble, le représentant du Canada fait mieux que la moyenne des clubs Américains.

Les États-Unis sont-ils en progrès ? Voilà une autre question qui mérite d’être posée. C’est la troisième année que le coefficient ne comprend que des saisons avec la Ligue des champions nouvelle mouture, et la troisième année de suite que le total de points des Américains est à la hausse… parce qu’ils avaient été plutôt mauvais lors des premières éditions de la compétition. En revanche, depuis les qualifications conjointes de Seattle et du LA Galaxy pour les demi-finales en 2013, la tendance est à un net recul. D’ailleurs, cette saison est leur pire en Ligue des champions depuis 2009/10. Un examen de conscience serait-il nécessaire ? Étaient-ils finalement plus à l’aise dans des groupes de quatre avec deux qualifiés que dans des groupes de trois dont seul le premier passe en quart de finale ?

En tête, on retrouve, évidemment, toujours le Mexique, dont un représentant a gagné la compétition pour la dixième année consécutive ! Néanmoins, son hégémonie est tout doucement en train de s’amenuiser. Alors qu’auparavant, les clubs mexicains s’éliminaient presque toujours uniquement entre eux, cette année, pour la première fois depuis très longtemps, ce n’est pas arrivé une seule fois. Le vainqueur est évidemment allé au bout sans chuter, mais avant cela, Pachuca avait été écarté par Montréal en quarts de finale, alors que Leon et Cruz Azul ne sont même pas sortis de leur groupe, devancés respectivement par Herediano et Alajuelense, deux clubs du Costa Rica.

Les Ticos sont d’ailleurs, derrière le Canada, ceux à avoir connu la meilleure saison 2014/15 sur la scène continentale. Trois représentants en quarts de finale, deux en demi-finale : personne n’a fait mieux. Il n’a pas manqué grand-chose à Alajuelense pour venir à bout de Montréal, alors que l’America Mexico a été sans pitié pour les deux autres. N’empêche, saison après saison, les Costariciens sont réguliers et leur bilan d’ensemble se rapproche de celui des Américains, alors que jusqu’à l’an dernier, il y avait un important écart. De quoi revendiquer plus que les deux places que le pays a obtenues pour l’édition 2015/16 ?

Désormais, on ne peut plus parler de trio de tête, mais bien de carré d’as. La Ligue des champions est dominée par les représentants de quatre pays, avec toujours une hégémonie mexicaine. Derrière, le trou est de plus en plus béant. Malgré la qualification d’Olimpia (futur adversaire de Vancouver et Seattle) pour les quarts de finale, le Honduras est encore devancé par le Guatemala, dont les représentants constituent toujours des trouble-fête en phase de groupe.

Très irréguliers, les clubs du Panama et du Salvador sont capables d’un coup d’éclat de temps à autre, mais ça ne les a pas empêchés de tous terminer derniers de leur groupe lors de la dernière édition de la compétition. Mais c’est dans les Caraïbes qu’il y a le plus de raisons de s’inquiéter, car les formations des îles ont de plus en plus souvent un rôle de faire-valoir et sont en nette régression. Le Nicaragua reste dernier de classe, même si avec deux partages et deux défaites, Esteli a réussi le meilleur parcours d’un club du pays.

  2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014 2014-2015 TOTAL
Mexique 17,250   18,250   14,750   15,250   11,000   76,500  
Canada 8,500   17,000   5,000   5,000   17,000   52,500  
États-Unis 9,375   9,750   11,750   9,250   7,750   47,875  
Costa Rica 7,750   7,750   8,500   7,333   12,333   43,666  
Guatemala 3,750   3,500   7,000   5,000   5,000   24,250  
Honduras 6,166   2,666   4,500   3,500   7,000   23,832  
Salvador 2,500   6,000   2,333   5,000   1,500   17,333  
Panama 1,333   3,000   1,000   6,500   2,500   14,333  
Caraïbes 3,833   0,500   3,000   1,333   2,333   10,999  
Nicaragua 0,000   0,000   1,000   2,000   3,000   6,000  
Belize 0,000   0,000   0,000   0,000   0,000   0,000  

17 April 12:20 pm

L’équipe de Montréal est arrivée au Mexique ce jeudi, afin de mieux préparer sa finale de Ligue des champions. Pour l’aider à briller sur la scène continentale, plusieurs de ses rencontres de championnat ont également été reportées. Est-ce vraiment si difficile que cela d’être performant sur les deux tableaux en même temps ?

Pour le savoir, regardons les chiffres et le passé. Le tout à partir des quarts de finale, toujours synonymes pour les clubs de MLS de début de nouvelle saison, mais aussi souvent d’état d’esprit différent au moment d’en découdre dans la compétition phare pour les clubs de la Concacaf. Entre 2011 et 2014, dix équipes de MLS ont dû jongler avec la combinaison championnat - Ligue des champions.

Leur calendrier a régulièrement été accommodé (notamment pour leur éviter de jouer entre le match aller et le match retour quand ceux-ci avaient lieu deux semaines consécutives). Elles ont disputé un total de 26 rencontres de MLS lors du week-end juste avant ou juste après un match de Ligue des champions. Le bilan est médiocre : 25 points sur une possibilité de 78 (de quoi terminer environ 16e sur 20 à la fin de la saison régulière). Ajoutons que quelques fois, le calendrier de la MLS était adapté pour mettre aux prises deux formations toujours présentes sur la scène continentale, donnant aux deux adversaires un handicap similaire. Ce fut encore le cas cette année avec DC United - Montréal.

De ces dix équipes, une est allée en finale (Salt Lake en 2011) et trois autres en demi-finale (Seattle et le LA Galaxy en 2013, Toronto en 2012). Cela a donc fait quinze tours de Ligue des champions à gérer. Mais de ces quinze possibilités entre 2011 et 2014, il n’est arrivé que quatre fois de voir une équipe exempte de championnat tant avant son match aller qu’avant son match retour. Toronto en a profité en quart de finale en 2012 et a éliminé le LA Galaxy, alors que ça n’a pas permis à Seattle d’écarter Santos Laguna au même stade de la compétition la même année. En 2011, Salt Lake a pu préparer sa demi-finale victorieuse contre Saprissa de la sorte, tout comme la finale face à Monterrey, perdue en jouant le match retour à domicile.

Autre question lancinante : après les émotions fortes continentales, est-il facile de se concentrer à nouveau sur le championnat ou la suite de la saison est-elle en péril ? Oublions les quarts de finalistes, qui n’ont pas eu à jouer sur les deux tableaux longtemps. La mémoire collective canadienne retient surtout le parcours catastrophique de Toronto en 2012, qui a lamentablement terminé dernier en MLS après avoir été en demi-finale de la Ligue des champions en début d’année. C’est toutefois davantage l’exception que la règle.

En effet, il y a deux ans, après avoir fait partie du carré d’as de la Concacaf, le LA Galaxy et Seattle ont respectivement terminé 5e et 6e (sur 19) du championnat à l’issue de la saison régulière. Et en 2011, Salt Lake, qui était jusqu’ici le seul finaliste de MLS de la Ligue des champions depuis qu’elle a été rebaptisée, a terminé 3e (sur 18). Il faut dire que l’équipe avait commencé le championnat en force : alors qu’elle jouait sur les deux tableaux en même temps, elle a pris 12 points sur 15. Elle a subi sa première défaite à Portland, quelques jours après sa finale continentale. Et la suite de son calendrier s’annonçait chargé, puisqu’à ce moment-là, elle comptait quatre rencontres de retard sur la plupart de ses concurrents.

28 October 3:46 pm

En dressant son propre bilan ce lundi, Montréal a insisté sur son besoin d’encore évaluer la saison. L’équipe de Coup Franc, renforcée par Christian Schaekels de Vision du Jeu, y est allée de ses propres évaluations pour l’émission de la semaine (que vous pouvez aussi écouter ici), afin de comprendre pourquoi et comment l’Impact a terminé dernier du classement, se penchant entre autres sur les sujets suivants :

  • Le bilan fait par le club, sur le fond et sur la forme
  • « Travailler dur », un vrai plus ou un simple devoir professionnel ?
  • Une équipe qui a joué contre-nature et non en fonction des qualités de ses joueurs
  • Aucun but marqué sur phase arrêtée : à quel point est-ce consternant ?
  • Débuts de deuxième mi-temps catastrophiques : que se passe-t-il dans le vestiaire ?
  • La pertinence et les conséquences de l’éviction de Perkins
  • Un manque de leaders ou des leaders mal choisis et mal soutenus ?
  • Des discours remplis de paradoxes et de contradictions
  • Plusieurs impressions que nous vérifions avec des faits et des chiffres
  • Des joueurs qui se sentent perdus sur le terrain
  • Les approximations dans la gestion de l’effectif, et les pépins physiques des joueurs
  • Le jeu du « Qui reste, qui part ? »
  • Les (éternels) problèmes d’évaluation ne sont pas réglés

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

24 October 10:19 am

La saison régulière qui s’achève ce week-end aura été pour le moins clémente pour les entraîneurs. En effet, il n’y a eu qu’un seul limogeage en cours d’année, celui de Ryan Nelsen, remplacé par Greg Vanney fin août. L’objectif des Torontois en réalisant cette manœuvre était clair : voir leur équipe donner le coup de rein nécessaire pour une qualification en phase finale. Sans succès.

L’ancien international néo-zélandais était le 19e entraîneur sacrifié en cours d’année depuis 2007 – donc en 8 saisons. Cela confirme la réputation de magnanimité en MLS. Ou alors… le bon sens des clubs ? Car certaines études internationales ont montré que le fameux choc psychologique fonctionnait rarement. J’ai voulu voir de quoi il en retournait sous nos latitudes.

Le tableau ci-dessous regorge de données intéressantes. L’une d’entre elles est le seuil en-dessous duquel un entraîneur est en danger. Il apparaît clairement qu’en-dessous de 40% des points (donc 1,2 point par match), son siège devient instable. Seuls deux entraîneurs ayant un meilleur bilan ont perdu leur place au cours des 8 dernières saisons : Ryan Nelsen cette année, et John Carver, en 2009, à… Toronto.

Onze de leurs dix-neuf successeurs n’ont pas réussi à engranger 40% des points à partir de leur prise de pouvoir. Ce qui peut laisser croire que s’ils avaient commencé la saison… ils ne l’auraient pas forcément terminée. L’objectif d’un changement d’entraîneur est, généralement, d’obtenir de meilleurs résultats dans un premier temps. C’est le cas environ deux fois sur trois, puisque 12 des 19 entraîneurs arrivés en cours d’année ont fait mieux que leur prédécesseur, ce qui n’était parfois pas bien difficile.

Était-ce suffisant ? Parce que faire mieux que ne pas répondre aux attentes, ce n’est pas assez : il faut que la marche de l’équipe accélère suffisamment pour lui permettre de terminer la saison régulière en ayant atteint son objectif qui, en MLS, est souvent une place en phase finale. Pour y arriver, il y a évidemment un retard à rattraper, et donc le rythme de l’équipe doit considérablement accélérer.

Soyons justes : trois entraîneurs ont été limogés en fin de saison alors que leur équipe n’avait plus aucune chance de terminer en ordre utile au classement (Osorio à New York en 2009, Preki à Toronto en 2010 et Warzycha à Columbus il y a un an). Ils étaient donc 16 à pouvoir emmener leur équipe en phase finale : seuls deux d’entre eux y sont parvenus ! Il s’agit d’Osorio à Chicago en 2007 et de Watson à San José l’an dernier. Ce dernier est d’ailleurs, et de très loin, l’entraîneur à présenter le meilleur bilan lors de la saison au cours de laquelle il est arrivé, devant Brian Bliss… la même année. Ils sont les deux seuls à avoir pris au moins 50% des points mis en jeu !

Pour être honnête, ils sont en fait 5 (sur 19) à avoir fait évoluer leur équipe à un rythme qui, appliqué sur une saison complète, leur aurait vraisemblablement permis de finir du bon côté de la ligne rouge. Mais généralement, l’objectif du limogeage était bien d’aller plus vite pour rattraper le retard accumulé…

À court terme, donc, changer d’entraîneur en cours de saison est pour le moins inefficace. Et ça reste une nomination à risques, puisqu’ils n’étaient que 8 sur 18 (Vanney n’entre évidemment pas en compte) à toujours entraîner l’équipe lors de la première journée de la saison suivante. Il convient de relativiser, car certains ont eu le poste par intérim… ce qui ne veut pas forcément dire grand-chose, comme en témoigne la situation de John Hackworth à Philadelphie.

À moyen terme et à long terme, il y a d’autres constatations intéressantes. La première est que seuls 3 des 18 entraîneurs engagés en cours de saison ont mené leur équipe en phase finale l’année suivante : Bruce Arena, Jason Kreis et Frank Klopas (qui était cependant déjà directeur technique de Chicago avant de prendre la fonction d’entraîneur). Pour certains néanmoins, si le succès n’a pas été immédiat, le club ne s’est pas mordu les doigts de sa décision. Le meilleur exemple est Peter Vermes à Kansas City, mais on peut aussi noter les liens de confiance qui se sont renforcés entre Dallas et Schellas Hyndman ainsi qu’entre DC United et Ben Olsen. Il faut évidemment y ajouter les cas d’Arena au LA Galaxy et de Kreis à Salt Lake.

Les supporters de Toronto peuvent donc amèrement regretter le remplacement en cours de saison de Ryan Nelsen par Greg Vanney : les chances de succès étaient très limitées. Par contre, qu’ils se consolent : cela n’exclut pas qu’à l’avenir, Vanney parvienne à mettre l’équipe sur les bons rails pour une longue période. Quant à ceux qui doutent de la pertinence de commencer la saison avec un entraîneur mais préfèrent courir le risque en se disant qu’ils pourra toujours être remplacé en cours d’année, les chiffres présentés ici ont de quoi les refroidir, et ils doivent admettre qu’un mauvais choix mettrait toute la saison en péril.

CHANGEMENTS D’ENTRAÎNEUR EN COURS DE SAISON DEPUIS 2007
Saison Club 1er entraîneur Points Remplaçant Points
2007 Salt Lake John Ellinger 2/12 Jason Kreis 25/78
2007 Chicago Dave Sarachan 14/36 Juan Carlos Osorio 26/54
2008 Dallas Steve Morrow 9/24 Schellas Hyndman* 27/66
2008 LA Galaxy Ruud Gullit 22/57 Bruce Arena 11/33
2008 Colorado Fernando Clavijo 24/60 Gary Smith 14/30
2009 Toronto John Carver 8/18 Chris Cummins 31/72
2009 Kansas City Curt Onalfo 21/54 Peter Vermes 12/36
2009 New York Juan Carlos Osorio 10/66 Richie Williams 11/24
2010 DC United Curt Onalfo 12/54 Ben Olsen 10/36
2010 Toronto Preki 28/72 Nick Dasovic 7/18
2011 Chicago Carlos de los Cobos 9/33 Frank Klopas 34/69
2011 Vancouver Teitur Thordarson 9/36 Tom Soehn 19/66
2012 Toronto Aron Winter 3/30 Paul Mariner 20/72
2012 Philadelphie Piotr Nowak 8/33 John Hackworth 28/69
2012 Portland John Spencer 19/51 Gavin Wilkinson 15/51
2013 Chivas USA Chelis 11/36 José Luis Real 15/66
2013 San José Frank Yallop 14/45 Mark Watson 37/57
2013 Columbus Robert Warzycha 29/78 Brian Bliss 12/24
2014 Toronto Ryan Nelsen 33/72 Greg Vanney 8/27

* Inclut l’intérim de Marco Ferruzzi
Gras = équipe en phase finale

29 July 2:19 pm

En tête du championnat dont il a été un autoritaire leader pendant de nombreuses semaines, Seattle est au centre des préoccupations de notre émission de cette semaine (que vous pouvez aussi écouter ici) avec une analyse approfondie en compagnie d’Olivier Tremblay et Christian Schaekels. Parmi nos principaux sujets de discussion :

  • Les modèles de jeu offensif et défensif de l’équipe
  • Une volonté claire et travaillée : avoir beaucoup de présence en zone de conclusion
  • Une formation qui a des réponses quand le plan A ne marche pas
  • L’entente du duo Martins - Dempsey, le plus que leur apportent Cooper, Barrett et Neagle
  • Des joueurs qui voyagent sur tout le terrain pour encore mieux apporter le danger
  • Une bonne mise en place derrière, mais certains défauts criants
  • L’apport tant défensif qu’offensif de Yedlin et le préjudice de son départ éventuel
  • Grosses faiblesses lors des reconversions en perte de balle : une inquiétude sérieuse
  • Le plan efficace du LA Galaxy pour faire mal à la défense de Seattle
  • Les déséquilibres à corriger… et ceux qui font partie des choix de Sigi Schmid
  • La pire équipe dans le premier quart d’heure, la meilleure en fin de match
  • Quels changements pour la suite de la saison… s’il en faut ?

Pour mieux suivre l’émission et en savoir plus, consultez les notes de préparation (jeu offensif et jeu défensif) fournies par Vision du Jeu, qui vous permettront aussi de comparer Seattle à Kansas City mais également à toutes les autres équipes de la compétition (naviguez dans les onglets au-dessus des tableaux).

Comme de coutume, l'émission se termine par nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

22 July 3:52 pm

Ça y est, tous les clubs ont joué 17 rencontres, soit la moitié de leur programme en saison régulière. C’est donc le moment de faire un bilan à la mi-parcours, par rapport tant à l’évolution de chacune des équipes qu’aux pronostics de début de saison. Et aussi de les comparer dans des circonstances (plus) similaires, parce qu’un classement n’est pas franchement simple à lire quand le nombre de duels disputés par chacun est très aléatoire. Reste qu’il faut quand même prendre ces tableaux avec des pincettes, notamment en raison du déséquilibre entre les matchs joués à domicile et à l’extérieur, mais ils n’en demeurent pas moins des indicateurs très intéressants.

CLASSEMENT 2014 APRÈS 17 MATCHS
    J Pts
1. Seattle 17 35
2. DC United 17 28
. Salt Lake 17 28
4. LA Galaxy 17 27
5. Kansas City 17 26
. Colorado 17 26
. Toronto 17 26
8. Vancouver 17 25
9. New England 17 23
10. Dallas 17 22
11. Portland 17 20
. New York 17 20
. Chivas USA 17 20
. Columbus 17 20
15. Chicago 17 19
16. Philadelphie 17 18
17. Houston 17 17
. San José 17 17
19. Montréal 17 14

J’avais aussi envie de voir à quel point les équipes en étaient par rapport au même stade il y a douze mois. J’ai donc comparé le classement ci-dessus avec celui de leurs 17 premiers duels l’an dernier pour voir leurs progressions / régressions respectives. On voit que les progressions majeures sont réalisées par le leader actuel, Seattle, et les trois cancres de l’an dernier. Outre la dégringolade montréalaise, deux équipes peuvent s’inquiéter : San José et Chicago, dont on déplorait le mauvais départ en 2013 et qui font encore moins bien cette année.

COMPARAISON 2014 / 2013 APRÈS 17 MATCHS
    J 2014 2013 Diff.
1. DC United 17 28 9 +19
2. Toronto 17 26 13 +13
3. Seattle 17 35 24 +11
4. Chivas USA 17 20 13 +7
5. Colorado 17 26 20 +6
6. LA Galaxy 17 27 24 +3
7. Kansas City 17 26 26 =
. Columbus 17 20 20 =
9. Vancouver 17 25 26 -1
. New England 17 23 24 -1
. San José 17 17 18 -1
12. Salt Lake 17 28 30 -2
. Chicago 17 19 21 -2
14. New York 17 20 25 -5
15. Houston 17 17 23 -6
16. Dallas 17 22 30 -8
. Philadelphie 17 18 26 -8
18. Portland 17 20 30 -10
19. Montréal 17 14 31 -17

J’entends déjà certains rétorquer : « Oui mais, c’est bien beau de comparer avec le début de saison dernière, mais pour voir si les équipes ont poursuivi sur un élan, ce serait mieux de comparer avec la fin, non ? » D’accord ! Revoilà donc l’exercice précédent, mais avec les 17 derniers duels de la saison régulière 2013. Cela confirme le regain de forme des ex-cancres et de Seattle, mais aussi un réveil de Dallas, coutumier des bons débuts de saison. San José a de plus en plus de raisons de s’inquiéter, alors que l’on constate aussi des effondrements du côté de New York et de Houston. Alarmant aussi : Philadelphie et Montréal, qui avaient raté leur deuxième moitié d’année 2013, font encore moins bien lors de la première moitié de la saison actuelle.

COMPARAISON 2014 / FIN 2013 (17 MATCHS)
    J 2014 Fin 2013 Diff.
1. DC United 17 28 7 +21
2. Toronto 17 26 16 +10
3. Dallas 17 22 14 +8
4. Seattle 17 35 28 +7
. Chivas USA 17 20 13 +7
5. Vancouver 17 25 22 +3
7. Salt Lake 17 28 26 +2
8. Columbus 17 20 21 -1
9. LA Galaxy 17 27 29 -2
. Philadelphie 17 18 20 -2
11. New England 17 23 27 -4
. Montréal 17 14 18 -4
13. Colorado 17 26 31 -5
14. Kansas City 17 26 32 -6
. Portland 17 20 27 -7
16. Chicago 17 19 28 -9
17. Houston 17 17 28 -11
18. New York 17 20 34 -14
19. San José 17 17 33 -16

Difficile évidemment de réaliser un tableau qui compare le classement actuel et les pronostics de début de saison de la plupart des spécialistes. Mais quand on fait le tour, on se rend compte qu’à ce stade-ci de la saison, les surprises sont nombreuses. À commencer par DC United, que personne ne voyait à pareille fête, et annoncé bien moins fort que ce qu’il montre jusqu’à présent, tout comme Chivas USA, Colorado et Vancouver voire, dans une moindre mesure, Seattle et Columbus. À l’inverse, les observateurs prévoyaient de bien meilleurs résultats pour Portland, Houston, New York, San José et Philadelphie. Kansas City ne caracole pas non plus en tête comme certains le croyaient. Par contre, ceux qui s’attendaient à une très mauvaise saison de Montréal avaient vu juste.

Le bilan de cette première moitié de saison est facile à tirer pour certains clubs, surtout ceux cités souvent plus haut dans ce texte. Mais je vais essayer de faire un tour complet, avec un bulletin basé à la fois sur les progrès chiffrés et les pronostics de début de saison des spécialistes. Les meilleures notes reviennent à DC United, Seattle et Chivas USA, juste devant Toronto car tout le monde en attendait une forte remontée. La satisfaction peut aussi être de mise à Vancouver, Colorado, Salt Lake voire Dallas. Sans être génial, ni dans la manière ni dans les chiffres, Columbus fait mieux que ce qui prédisaient bien des spécialistes qui le voyaient en fond de classement. Le LA Galaxy est peut-être l’équipe la plus conforme aux attentes et à son rythme de l’an passé. Quant à Kansas City, il avait tellement bien terminé 2013 et on en attendait tellement, qu’il n’a pas (encore) pu atteindre une barre très haut placée.

Tous les autres, sans exception, déçoivent et/ou inquiètent et n’ont donc pas la note de passage en milieu d’année. La situation est moins critique à Chicago (à qui bien du monde prévoyait une saison difficile) et New England (qui a eu de bons moments). Philadelphie et San José voulaient se relancer après une saison 2013 en dents de scie mais montrent encore leur plus triste visage de l’an dernier. Montréal ferme la marche avec moins de points que lors de sa déplorable fin de saison 2013 mais personne n’en attendait beaucoup mieux en dehors du Québec. New York est très loin de l’équipe qui a remporté le dernier Supporters Shield, Houston n’a plus rien d’un habitué du haut du tableau et Portland n’a pas du tout l’allure du favori que plusieurs voyaient en lui. Évidemment, les attentes étaient plus élevées pour ces clubs, mais ce sont les trois déceptions majeures de cette première moitié de saison.

Et vous, quelles sont vos satisfactions et vos déceptions à la mi-parcours ?

13 May 1:48 pm

Avec les arrivées des vedettes Michael Bradley, Jermain Defoe et Julio Cesar mais aussi du joueur désigné Gilberto, le Toronto FC affiche de grande ambitions cette saison. Si les progrès sont notables, les résultats restent mi-figue mi-raisin. Nous avons donc décidé d’analyser cette équipe de plus près dans notre émission de la semaine (à écouter ici), en compagnie de Christian Schaekels. Voici quelques-uns des sujets que nous avons développés :

  • Toronto a-t-il les moyens de ses ambitions et a-t-il le profil d’une équipe du top ?
  • La recette offensive appliquée depuis le début de saison et son efficacité en MLS
  • La Defoe-dépendance devant et le modèle de jeu à développer autour de lui
  • Le rôle et l’apport de Michael Bradley ainsi que le manque de créativité au milieu
  • La mise en place défensive en nette amélioration
  • Pas de grande vedette chez les défenseurs, mais un recrutement efficace
  • Travail d’entraînement, opportunisme et dispositions psychologiques de l’équipe
  • Les difficultés du Toronto FC à domicile
  • Les tâches à accomplir par Ryan Nelsen (ce qui permet de parler un peu de la situation à Montréal)
  • Les perspectives d’avenir pour la suite de la saison

Comme de coutume, l’émission se conclut par nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

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24 April 10:41 am

Les mots stades et affluences sont à la mode cette semaine. Que ce soit en raison de l'annonce de New York City de jouer au Yankee Stadium, des débuts de Montréal au stade Saputo ou des délais de construction de la nouvelle enceinte à Orlando. Pour l'occasion, je vous ai préparé ce graphique avec la moyenne de spectateurs de chaque club de MLS à domicile (y compris les rencontres de phase finale) depuis les débuts de la compétition, en 1996.

Les affluences visibles au chargement de la page sont celles des clubs qui n'ont eu ni pic ni creux important et sont en MLS depuis suffisamment longtemps, afin de commencer avec quelque chose de lisible et de se faire une bonne idée de ce qu'est être dans la moyenne (cliquez sur Seattle, vous verrez directement la différence). Cliquez sur le nom d'un club à droite pour faire apparaître ou disparaître ses chiffres. Rendez-vous ici pour les mettre en perspective avec ceux des grands championnats européens.

 

22 April 12:37 pm

La situation à Montréal va de mal en pis, et la claque reçue à Kansas City (4-0) n’arrange rien. À quelques jours du premier match au stade Saputo, on peut difficilement éviter le sujet dans notre émission de la semaine (à écouter ici). Plus que la débâcle de samedi dernier, dont nous parlons à peine, on tente de traiter en profondeur les points suivants :

  • Doit-on attendre une réaction / une décision radicale au cours des prochains jours ?
  • La tension grandissante entre Frank Klopas et les médias
  • La gestion de l’effectif par l’entraîneur et ses choix
  • La répartition des responsabilités entre le staff technique et la direction sportive du club
  • L’état d’esprit des joueurs, qui semblent avoir le moral à zéro
  • Le découragement des supporters, qui hésitent à aller au stade
  • Lisez aussi la chronique de Patrick Leduc, dont nous parlons à plusieurs reprises

Parmi les autres sujets du jour :

  • New York City fera son entrée en MLS au Yankee Stadium
  • Un bon départ est-il une garantie de bonne saison ? Quelques contre-exemples
  • Nos conseils MLS Fantasy

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18 April 10:45 am

Si New York a remporté son premier match de la saison mercredi, cinq équipes n’avaient pas encore connu le succès à l’issue de la sixième semaine de compétition : les équipiers de Thierry Henry étaient accompagnés par Montréal, Portland, Chicago et San José, pour qui il faut relativiser puisque les Californiens ont joué 4 rencontres et non 6. Il n’empêche, cette incapacité collective à vaincre est un fait unique dans l’histoire de notre compétition. Doivent-ils s’alarmer ? En MLS, un mauvais départ est-il à coup sûr annonciateur d’une saison ratée ? Si rien ne garantit évidemment que cette année sera comme les précédentes, j’ai voulu connaître la tendance sur base des résultats depuis 2007 en comparant la situation des équipes après six rencontres et en fin de saison régulière.

Première constatation : 81% des qualifiés pour la phase finale de la compétition avaient engrangé 7 points ou plus des 18 premiers qu’ils pouvaient prendre. Des 34 équipes qui n’avaient pas atteint la barre des 7 unités, dix ont quand même fini du « bon côté de la ligne rouge ». Et des 33 équipes qui avaient 10 points ou plus, seules six ont vu leur saison prendre fin prématurément. Difficile d’évaluer le fait de ne pas gagner, puisqu’au cours des sept dernières saisons, quatre équipes seulement ont connu ce triste sort après six journées. Deux d’entre elles n’ont pas su s’extirper du bas de tableau, mais les deux autres ont spectaculairement redressé la situation. De là à dire que nos cinq mal lotis de cette année ont une chance sur deux de terminer en première moitié de classement, il y a un pas que je ne franchirai certainement pas. Surtout pour ceux qui comptent moins de 4 points sur 18, puisqu’au cours des sept saisons examinées, un tel départ était systématiquement synonyme de classement final parmi les trois derniers.

Néanmoins, plusieurs exemples leur apporteront un peu de baume au cœur. Le plus flagrant est celui de Columbus en 2009. Détentrice du Supporters Shield, l’équipe alors entraînée par Robert Warzycha a commencé la défense de son trophée avec deux défaites et quatre partages. Mais par la suite, elle est devenue quasiment invincible et a fini la saison… à la première place ! Il faut dire qu’en 2009, le classement était particulièrement serré (encore plus que l’an dernier, c’est tout dire). Et 49 points ont suffi à Columbus pour terminer en tête à l'issue des 30 journées que comptait la saison régulière à l'époque, soit 1,67 en moyenne par match, ratio le plus faible de l’histoire de la compétition. Parallèlement à ça, l’équipe a également brillé en Ligue des champions. Ce scénario doit sans doute faire rêver à New York cette année…

Houston est l’autre équipe qui, dans un passé récent, s’est qualifiée pour la phase finale de la saison malgré une disette en début de championnat. C’était en 2008 avec, également, quatre partages et deux défaites pour commencer, une surprise aussi grande que celle de l’année suivante à Columbus, puisque les Texans avaient remporté la Coupe MLS quelques mois plus tôt. Autre point commun : un très beau parcours en Ligue des champions pour accompagner leur remontée en deuxième partie d’année. Emmenée par le duo Brian Ching - Brad Davis, l’armada orange était devenue quasiment invincible et a terminé la saison régulière en deuxième position, avec 51 points en 30 rencontres.

La saison 2008 a d’ailleurs été riche en remontées spectaculaires, puisque Salt Lake et Chivas USA avaient également pataugé en début de championnat, avec un 5/18, pour boucler l’exercice en première moitié de classement. Deuxièmes à l’issue de la saison régulière précédente, les Californiens avaient à l’époque un rôle plus en vue qu’actuellement. Leurs valeurs sûres Brad Guzan, Jonathan Bornstein et Sacha Kljestan leur ont permis de redresser la situation. Quant à l’équipe des Rocheuses, elle cherchait encore la stabilité et avait engagé 17 (!) nouveaux joueurs pendant l’hiver. Mais Jason Kreis a jeté les bases d’une formation qui a connu de nombreux succès par la suite, avec Nick Rimando, Jamison Olave, Kyle Beckerman, Javier Morales et Fabian Espindola.

Dans ce passé récent de sept saisons, une seule équipe a disputé la phase finale de la compétition alors qu’elle comptait trois défaites de plus que son nombre de victoires après six rencontres : Kansas City, en 2011, qui avait ouvert la compétition avec un succès, un partage et quatre revers, soit 4 points sur 18… en six déplacements. En effet, le nouveau stade des Ciel et Marine était en construction et l’équipe n’a pas joué chez elle avant le mois de juin. L’avantage du terrain a aidé à retourner la situation, tout comme l’émergence des jeunes Graham Zusi, CJ Sapong et Teal Bunbury ainsi que la solidité du gardien Jimmy Nielsen. Le calendrier exceptionnel fait toutefois que cette situation reste particulière.

Et puis, il y a la saison 2013. L’an dernier, en effet, quatre des dix équipes qui ont franchi l’écueil de la saison régulière ne comptaient que cinq unités après six rencontres : New York, Seattle, New England et Colorado. C’était une surprise pour les deux premiers nommés, ténors de la compétition avec plusieurs vedettes dans leurs rangs. Les débuts de Mike Petke au poste d’entraîneur ont été marqués par de nombreux accrocs, mais une fois les problèmes réglés, Thierry Henry, Jamison Olave et Tim Cahill ont mené leur équipe au Supporters Shield. Seattle a très mal commencé et tout aussi mal fini (3/21), mais a assuré l’essentiel grâce à un excellent milieu de saison que seules les équipes à l’énorme potentiel peuvent réussir. Peu de monde aurait parié sur les remontées de New England et Colorado en revanche, mais toutes deux ont un point commun : la révélation de jeunes joueurs qui ont apporté une bouffée d’oxygène à leur équipe. Sur les bords de l’Atlantique, Fagundez, Agudelo, Rowe, Nguyen et Farrell ont en outre pu compter sur la solidité de Gonçalves derrière. Dans les Rocheuses, Oscar Pareja a permis l’éclosion de Brown, Powers, O’Neill ou encore Klute.

Parmi cette liste d’équipes qui, depuis 2007, ont raté leur début de saison mais quand même terminé en haut de tableau, deux choses reviennent régulièrement : soit elles faisaient déjà partie des valeurs sûres de la compétition, soit l’émergence de jeunes leur a offert un vent de fraîcheur pour remonter au classement. Ajoutez le cas Salt Lake qui a posé les jalons de son équipe pour plusieurs années tout en sauvant un mauvais départ, et vous avez fait le tour des « conditions gagnantes » pour reléguer des débuts ratés en championnat au rayon des mauvais souvenirs anecdotiques.