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Vincent Nogueira est dépaysé… et il aime ça !

14 March 11:31 am

Vincent Nogueira est dépaysé… et il aime ça !

By Matthias Van Halst

Le français est parlé de plus en plus couramment dans le vestiaire de Philadelphie. Sébastien Le Toux et Antoine Hoppenot ont été rejoints par le milieu de terrain Vincent Nogueira qui, en pleine force de l’âge, a décidé de donner un nouveau cap à sa carrière.

Titulaire à Sochaux depuis 2011, il ne voulait pas tant quitter son ancien club que franchir l’Atlantique. « J’étais attiré par le football aux États-Unis, explique Nogueira. J’ai donc effectué les démarches nécessaires en demandant à mon agent de prospecter pour moi. La MLS était une possibilité et Philadelphie a fait part de son intérêt. » Celui-ci s’est matérialisé par un contrat officialisé en janvier dernier, un beau cadeau d’anniversaire pour le joueur qui fêtait ses 26 ans.

Arrivé à temps pour effectuer l’essentiel de la préparation à Philadelphie, il a quitté en pleine saison une équipe en lutte pour son maintien en D1 française, et qui aurait peut-être eu besoin de lui. « C’est ce qui m’a gêné le plus. Mais la direction était au courant : ça faisait un an que je voulais partir en MLS, ce qui aurait d’ailleurs pu arriver avant le début de la saison en France. Mais c’était en plein milieu du championnat ici, ce qui compliquait le transfert en raison des règlements liés aux salaires. J’ai même un peu prolongé mon séjour à Sochaux en raison de la situation du club, il n’y a donc eu aucun souci. »

Lui qui a toujours vécu dans un rayon de 100 km de Sochaux, où se trouve aussi toute sa famille, et a toujours joué dans cette région de l’est de la France, le voilà désormais dans un tout nouvel environnement. Et il ne demande pas mieux. « Ah oui, c’est dépaysant… et c’est bien le but ! Je n’ai pas fait un tel pas pour rien : c’est ça que je cherchais. Et pourtant, je n’ai pas encore vraiment vécu ici, car depuis mon arrivée, je séjourne à l’hôtel et on a eu deux stages. Je n’ai donc pas eu le temps d’avoir des surprises. »

S’il n’a pas encore été surpris, c’est aussi parce qu’il s’est préparé à sa nouvelle situation. « On ne parle pas beaucoup de la MLS en France, alors je me suis renseigné auprès de joueurs qui y évoluent, d’entraîneurs qui ont vécu aux États-Unis, j’ai communiqué avec beaucoup de monde du milieu du football et j’ai regardé des matchs. »

À la télévision c’est une chose, sur le terrain, c’en est une autre. Après la première journée de championnat et un gros mois de préparation, Nogueira a déjà pu se faire une idée du jeu en MLS. « Sur le terrain, ce qui m’a marqué, c’est le niveau similaire entre toutes les équipes. Que ce soit notre premier match de championnat ou durant la préparation, ça a toujours été le même genre de match contre des adversaires qui se ressemblent. Le style est direct, avec une pression constante sur le porteur du ballon. On veut toujours jouer vers l’avant, c’est très porté vers le but. En Europe, il y a davantage de phases de préparation. » Hors du terrain, il voit plus de similitudes entre les deux continents. « On est chez les pros, tant ici qu’en Europe, alors tout est très professionnel. Il est quand même vrai qu’ici, le marketing et la communication sont très développés. »

Pour ses débuts officiels en championnat, il a eu droit à un beau baptême : un déplacement à Portland, révélation de la saison dernière sur le terrain et toujours parmi les meilleurs dans les tribunes. « Je savais qu’il y avait des stades comme Portland, et c’est bien dommage d’y avoir joué en début de championnat car maintenant je vais espérer voir pareil ailleurs. C’est dans le top 10 des ambiances que j’ai connues dans ma carrière. Si je devais comparer avec la France, je dirais que c’est comme Valenciennes ou Lens : les spectateurs ne sont pas aussi nombreux qu’au PSG ou à Marseille, mais ils font beaucoup de bruit. Si je pouvais, je jouerais tous les week-ends dans une telle ambiance. Les tifos étaient vraiment chouettes et beaux, les supporters très bruyants. C’est un des meilleurs publics de MLS et j’espère que dans tous les stades, ça va prendre une telle direction. J’ai hâte de jouer à Philadelphie et je souhaite que ce soit comme ça à chaque match. »

Pour couronner le tout, la rencontre s’est soldée par un partage 1-1, excellent résultat pour Philadelphie, surtout après une préparation qui a été cahin-caha. « Certaines de nos prestations n’étaient pas récompensées mais souvent, nous n’avions pas été à la hauteur de ce qu’on pouvait montrer. On commence à jouer ensemble, à se connaître. Il faut dire qu’en milieu de terrain, qui est le cœur du jeu, il y a beaucoup de nouveaux. Le match à Portland était vraiment un cran au-dessus de ceux que nous avons joués durant la préparation, c’était le plus abouti depuis le début de l’année. J'aimerais qu’il ne reste pas un cas isolé et qu’il y ait des suites positives. »

Nogueira commence aussi à connaître son rôle sur le terrain, lui dont la mission est de revigorer l’entrejeu de son équipe en compagnie de Maurice Edu, également arrivé cet hiver. « J’ai toujours évolué comme milieu de terrain axial, tantôt plus offensif, tantôt plus défensif. Relayeur est le mot qui convient le mieux s’il faut en choisir un. Il m’est aussi arrivé de dépanner sur le côté. Ici, l’entraîneur me fait jouer haut, avec un rôle plus offensif que celui que j’occupais dernièrement. Mais ça va, j’ai connu ça plus tôt dans ma carrière. Et il me donne la possibilité d’être assez libre, ça me plaît bien. »

Le joueur qui porte le numéro 5 apprécie sa nouvelle vie et son nouvel environnement. Il sait comment entamer du bon pied cette nouvelle étape de sa carrière, mais ne va pas se limiter à mesurer son succès en fonction d’objectifs chiffrés. « Je ne suis pas quelqu’un de quantitatif, même si je sais que les Américains sont très portés sur les statistiques. Si l’équipe gagne et que je peux y contribuer, c’est cool. Si à la fin de l’année, je me suis éclaté sur le terrain en livrant de bonnes prestations, je considérerai ma saison comme réussie. »