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Saison 2014 : les forces en présence (1/3)

05 March 7:22 pm

Saison 2014 : les forces en présence (1/3)

By Matthias Van Halst

Après un début de semaine consacré aux individualités, place maintenant à la présentation des équipes pour cette présentation de la saison qui commence samedi. Cela se passe dans l’ordre inverse du classement à l’issue de la dernière saison régulière. Pour les pronostics (sans complaisance), ce sera dans le podcast ce jeudi.

DC UNITED

Il n’est évidemment pas surprenant de constater que l’équipe qui avait battu des records de médiocrité la saison dernière a complètement remodelé son effectif, tant devant que derrière. Exit les Pajoy, De Rosario, Riley, Woolard, Jakovic. Bienvenue à Fernandez, Johnson, Espindola, Franklin et de nombreux autres. En manque d’options offensives en 2013, l’équipe perdait les pédales et la défense, pas plus friable qu’en 2012, s’effondrait. Le recrutement a été effectué pour à nouveau offrir à Ben Olsen une abondance de choix devant et la possibilité de brasser les cartes régulièrement.

DC United a été chercher des joueurs expérimentés de MLS et souvent avides de revanche, au même titre que ceux qui sont restés. Ainsi, le jeune DeLeon n’a pas répondu aux attentes l’an dernier et veut prouver que c’était en raison des déboires collectifs. Mais celui sur qui seront projetés tous les regards, c’est Eddie Johnson, arrivé de Seattle. Derrière, la ligne défensive est toute neuve. La pente à remonter reste toutefois importante et la mayonnaise doit avoir le temps de prendre. Les joueurs pourraient se décourager rapidement en cas d’échecs répétés mais constituer une toute bonne surprise s’ils retrouvent tous la confiance.

CHIVAS USA

Même ceux qui suivent Chivas USA de près ont des points d’interrogation plein les yeux quand on leur parle tant du produit sur le terrain qu’en dehors. Le club vient d’être racheté par la MLS, qui lui trouvera un repreneur cette année… peut-être demain, peut-être après la saison. Si une des rares satisfactions de la saison dernière, Villafaña, a pris la direction de Portland, le club n’a pas lésiné sur le recrutement et a été chercher au moins deux valeurs sûres : Rosales et Jean-Baptiste. Le premier nommé a sûrement apprécié de quitter la pluie et le gazon artificiel de Seattle, qui ont peut-être participé à ses pépins physiques la saison dernière.

Les autres renforts sont méconnus mais tellement nombreux qu’il y aura à coup sûr des bons coups et des échecs. On surveillera également le gardien Kennedy, paradoxe de stabilité dans ce club, et le jeune Torres, qui a maltraité les défenses adverses après son arrivée l’été dernier. Le nouvel entraîneur Wilmer Cabrera a une tâche difficile et devra apprendre à ses hommes à être moins passifs quand l’adversaire a le ballon. Malgré tout, l’équipe semble plus solide que l’an dernier et elle n’a perdu aucune de ses quatre rencontres de préparation contre des adversaires de MLS.

TORONTO

Les Ontariens n’en peuvent plus de la cave du classement, et ils ont allongé les millions pour en sortir… eux qui faisaient déjà partie des clubs les plus dépensiers de la compétition, sans succès. Sauf que là, ils ont frappé fort : Defoe, qui a empilé les buts en Premier League avec Tottenham pendant plusieurs saisons, Bradley, que certains considèrent comme le meilleur joueur américain et doit apporter de la stabilité dans l’entrejeu (qu’il risque toutefois de porter seul sur ses épaules) et Julio Cesar, gardien titulaire en équipe nationale du Brésil, sans oublier un autre joueur désigné, l’attaquant Gilberto. La défense laisse néanmoins beaucoup de signes d’inquiétudes, même si le club a embauché Orr (droite) et Morrow (gauche). Le tournoi d’Orlando a montré que la pente restait ardue à remonter.

Autre problème : Ryan Nelsen manque de solutions de rechange. Qui remplacerait Caldwell dans l’axe de la défense en cas d’indisponibilité, ou Bradley qui ira probablement à la Coupe du monde et n’a déjà pas de partenaire fiable à côté de lui dans l’entrejeu ? Neslen devra aussi supporter la pression de gérer cette abondance de biens, et ceux qui veulent des résultats immédiats devront se montrer patients car il y a un projet de jeu tout nouveau à mettre en place. Question parallèle : le BMO Field va-t-il se remplir comme dans ses premières saisons ?

COLUMBUS

Une ère nouvelle commence dans l’Ohio, avec une nouvelle direction et un nouvel entraîneur. Cependant, il n’y a pas eu de révolution des genres dans les transferts effectués malgré la retraite du charismatique Gaven et le départ de Gruenebaum. Après avoir raté son recrutement dans l’axe défensif l’an dernier, Columbus a cette fois été chercher des valeurs plus sûres : Parkhurst (réputé pour son placement et sa relance) et Gonzalez, respectivement international américain et costaricien. On les dit faibles dans le jeu aérien, ce qui risque d’être problématique sur les phases arrêtées et obligera les arrières latéraux Williams et Francis (autre renfort, lui aussi international pour le Costa Rica) à ne pas laisser centrer.

Offensivement, l’équipe ne manque pas de talent, avec Higuain, un des joueurs les plus créatifs de MLS, Oduro, rapide et qui sait marquer dans de nombreuses configurations de jeu, et Arrieta, lui aussi… en équipe nationale du Costa Rica. L’attaque a eu de bonnes sensations durant la préparation mais manque parfois de régularité : qu’en sera-t-il durant la saison ? Ce n’est pas la seule interrogation. Le flanc gauche, calamiteux l’an dernier, saura-t-il amener le danger ? Trapp va-t-il avoir le niveau devant la défense ? Peut-on réussir en MLS avec des joueurs de petite taille dans tous les secteurs ? Et si tous les internationaux sont convoqués pour la Coupe du monde, qui prendra la relève ?

DALLAS

Une nouvelle ère commence dans ce coin du Texas. Ferreira, patron sur le terrain, est parti. Oscar Pareja, patron sur le banc, arrive. Il y a de nombreux bons joueurs, mais pas de collectif efficace. Les interrogations offensives peuvent se résumer en une question : qui va faire la différence ? Perez, qui effectuera bien moins de voyages que d’habitude pour jouer avec le Panama ? Castillo, ailier doué mais très irrégulier ? Texeira, qui marquait à Groningen face aux faibles défenses néerlandaises ? Escobar, qui ne jouait pas à Evian ? Et si Diaz, arrivé en milieu de saison dernière pour succéder à Ferreira, arrivait à faire jouer tout ce monde-là ensemble ?

Si la plupart des renforts sont offensifs, l’arrivée de Thomas pour jouer devant la défense comble un besoin criant depuis plusieurs saisons. Derrière lui, pas grand-chose n’a bougé et il y a des problèmes à résoudre sur les flancs et les centres. Qu’adviendra-t-il de Michel Garbini, pas toujours efficace dans le cours du jeu mais dont les coups de pied arrêtés sont incroyablement dangereux ? Des questions et encore des questions. Reconstruction sera sûrement un des maîtres mots de la saison. Pareja va observer : s’il arrive à emboîter toutes les pièces du puzzle, tant mieux. Sinon, il sera patient et attendra le bon moment pour effectuer les retouches nécessaires, comme il l’avait fait à Colorado.

PHILADELPHIE

Bâtir une équipe à son image : John Hackworth s’y attelle depuis qu’il a succédé à Piotr Nowak et à son héritage très lourd en cours de saison 2012. Il a pu enfin dépenser comme il le souhaitait après avoir été soumis à des contraintes en raison de lourds contrats signés sous le règne de son prédécesseur. Avec ces nouveaux joueurs, il va faire évoluer l’équipe en 4-3-3 car pour lui, avoir la main sur l’axe de l’entrejeu, c’est avoir la main sur le match. Il devra aussi veiller à améliorer son équipe en possession de balle et sa défense dans le jeu aérien.

Derrière, le départ de Parke a été compensé par l’arrivée de Berry, qui composera une charnière centrale talentueuse mais inexpérimentée en compagnie d’Okugo, avec un à leur droite un autre jeune, Williams, meilleur offensivement que défensivement. L’entrejeu a changé de visage et sera dirigé par Edu, dans un rôle de box to box épaulé par le médian défensif Nogueira, arrivé de France, et Carroll, lui aussi au profil défensif. Le lien avec les joueurs offensifs n’a pas été simple durant la préparation, malgré les efforts de Le Toux, Maidana (autre nouveau venu, ailier gauche et joueur désigné) ainsi que de McInerney, qui compte marquer 20 buts cette saison. L’ambition est claire : passer de l’autre côté de la ligne rouge, mais la préparation n’a pas été très encourageante… comme l’an dernier, où tout s’est amélioré dès le coup d’envoi de la saison.

VANCOUVER

Le départ de Camilo, meilleur buteur du dernier championnat, a fait couler beaucoup d’encre et certainement occulté les nombreux changements en Colombie-Britannique. Sur le banc, le Gallois Carl Robinson succès à l’Écossais Martin Rennie, souvent décrié par les supporters pour le manque d’audace dans le jeu. Lee Young-Pyo a pris sa retraite, et il faut ajouter le départ de deux autres titulaires, Davidson et Kobayashi. Le départ du Coréen est compensé par l’arrivée de l’international iranien Beitashour qui, à San José, faisait partie des meilleurs arrières droits de la compétition.

Au milieu et devant, Robinson aura le choix : le duo de pare-chocs Laba - Reo-Coker ne manque pas de talent mais doit apprendre à se connaître. Devant eux, il y a quatre places et pléthore de candidats : Teibert, Manneh, Mattocks, Miller ainsi que les nouveaux Fernandez, Mezquida et Morales. Ajoutez à cela une défense centrale DeMerit – O’Brien qui vieillit et il est probable que le jeu sera davantage orienté vers l’avant. Plus de spectacle ? C’est fort probable. Plus de résultats ? Ça reste à voir.