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Coup Franc

10 April 3:17 pm

La finale de la Ligue des champions opposera Cruz Azul à Toluca (aller le 15 avril, retour le 23 avril). Une finale 100% mexicaine, la cinquième en six ans. Cette domination est évidente et connue de tous. Le portrait, derrière, est souvent plus flou. C’est pourquoi je tiens à jour chaque année un « coefficient Concacaf », à l’image du coefficient UEFA qui détermine le nombre de places par pays dans les différentes coupes d’Europe. On peut déjà calculer celui à l’issue de cette saison, vu que deux clubs du même pays sont en finale. Il figure dans le tableau ci-dessous.

Mes calculs ont été effectués avec les mêmes méthodes et avec un barème très proche de ce qui se fait en Europe. Une victoire vaut deux points, un match nul un point (la moitié pour feu le tour préliminaire), une participation à la phase de groupes rapporte un point. Il y a aussi des bonus : deux points en cas de sortie du groupe, un point pour une qualification lors des tours suivants et en cas de victoire en finale. Le total annuel des points d’un pays est divisé par le nombre de ses clubs en lice et le coefficient porte sur les cinq dernières saisons.

Le classement est clair : la domination du Mexique est sans partage. Logique : depuis que la compétition a été rebaptisée et réorganisée en 2008, les clubs étrangers sont rarement capables de bouter leurs adversaires mexicains hors de la Ligue des champions. En six éditions, avec donc 24 équipes à éliminer, ce n’est arrivé que trois fois. L’an dernier, les Guatémaltèques de Xelajù ont sorti Guadalajara lors de la phase de groupes, devenant les premiers à réaliser l’exploit. Il a été répété en quart de finale par Seattle, qui a éliminé Tigres UANL. Cette saison, les Costariciens d’Alajuelense ont émergé de leur groupe au détriment de l’America Mexico. Bonne nouvelle pour leurs adversaires : après avoir été intouchables pendant quatre ans, les clubs mexicains ne sont plus invincibles.

Les États-Unis sont deuxièmes. Ce n’est pas une surprise et pourtant, ce n’est que la deuxième fois en six ans que je fais ce tableau que ça se produit, la saison 10/11 étant la première. La faute, entre autres, au Canada. J’y reviendrai. Bien plus important pour les Américains : jamais n’ont-ils compté autant de points à ce coefficient fictif, ce qui traduit une constante (et nette) progression. Il faut dire que les résultats de cette année (trois clubs en quarts de finale, et le quatrième qui s’est battu jusqu’au bout pour la qualification) ont remplacé ceux calamiteux de la saison 08/09 (un quart de finaliste, un dernier de groupe et deux éliminés au tour préliminaire). Autre point intéressant : la régularité des Américains depuis quatre ans est très encourageante. Il est évident que désormais, ils pensent davantage à se rapprocher de la première place qu’à regarder derrière eux.

Le Canada, donc, est troisième. Le calcul, pour lui, est quelque peu faussé par le fait qu’il n’a qu’un seul représentant. En cas d’excellent parcours, il fait un important plein de points pour le pays. La place de demi-finaliste du Toronto FC lors de la saison 11/12 lui vaut d’ailleurs près de la moitié des points qu’il a accumulés sur cinq saisons. Il perd cette année les bénéfices semblables du quart de finale de Montréal il y a 5 ans, alors que les Québécois, qui représentaient à nouveau le Canada cette année, ont réalisé un bien moins bon parcours que lors de leur première participation. Si on devait calculer un coefficient pour la MLS, il tournerait autour de 44.

Si la situation derrière est parfois plus floue, surtout lorsqu’on regarde le reste de la Concacaf de loin (ou de haut, c’est selon…), elle est pourtant très intéressante à plusieurs égards. Elle permet notamment aux « grands » de connaître les nations dont il faut davantage se méfier afin d’éviter toute mauvaise surprise. Et aux supporters de savoir si le tirage au sort est bon ou semé d’embûches.

Sans surprise, le Costa Rica mène la danse derrière les puissances actuelles de la région. Ses clubs ont mis deux saisons à digérer le changement de formule de la compétition, mais depuis quatre ans, ont retrouvé un certain niveau et de la régularité. Ils ne rivalisent certes plus avec les Américains, mais devancent chaque saison les autres pays d’Amérique centrale. Les résultats de l’équipe nationale témoignent également d’un soccer en relativement bonne santé.

La surprise vient juste derrière. Alors qu’il a longtemps été à la même hauteur que le Costa Rica et que son équipe nationale brille, le Honduras est en net recul quand on parle de clubs. À un point tel que cette année, il vient d’être dépassé par le Guatemala dans mon classement fictif. Un championnat à la baisse n’est pas toujours le reflet d’une catastrophe imminente (il peut par exemple avoir été soudainement pillé de ses talents et être en transition) mais est quand même un signe qui oblige à la vigilance. À l’inverse, les représentants guatémaltèques sont des adversaires qu’il ne faut désormais plus prendre à la légère.

Suivent, assez loin, le Panama et le Salvador, capables d’un exploit de temps à autre mais dont les clubs ne peuvent rivaliser dans le durée. En chute libre, les représentants des Caraïbes avaient donné du fil à retordre à leurs adversaires lors de leur entrée dans la compétition (Cruz Azul n’avait éliminé Puerto Rico qu’aux tirs au but en demi-finales en 2009) mais ont de plus en plus souvent un rôle de faire-valoir. C’est toujours le cas du représentant du Nicaragua, alors que le Belize, bien que théoriquement accepté, n’envoie aucun club en Ligue des champions.

  2009/10 2010/11 2011/12 2012/13 2013/14 TOTAL
Mexique 21,375 17,250 18,250 14,750 15,250 86,875
États-Unis 6,375 9,375 9,750 11,750 9,250 46,500
Canada 0,500 8,500 17,000 5,000 5,000 36,000
Costa Rica 2,166 7,750 7,750 8,500 7,333 33,499
Guatemala 5,000 3,750 3,500 7,000 5,000 24,250
Honduras 6,666 6,166 2,666 4,500 3,500 23,498
Panama 6,000 1,333 3,000 1,000 6,500 17,833
Salvador 2,000 2,500 6,000 2,333 5,000 17,833
Caraïbes 5,000 3,833 0,500 3,000 1,333 13,666
Nicaragua 0,000 0,000 0,000 1,000 2,000 3,000
Belize 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000

08 April 11:21 am

Seule équipe à avoir remporté ses trois premières rencontres cette saison, Columbus est tombé le week-end dernier contre Toronto. L’émission de cette semaine (à écouter ici) analyse cette équipe sous toutes ses coutures, en compagnie de Christian Schaekels (Vision du Jeu). Parmi nos sujets de discussion :

  • Sa vedette, Federico Higuain, et la liberté dont il dispose sur le terrain
  • La complémentarité entre Oduro, Arrieta et Higuain
  • Son jeu offensif : Columbus a-t-il la recette qui fonctionne en MLS ?
  • Les nombreuses pertes de balle fatales défensivement : les points de rupture
  • L’évolution de l’équipe en deux ans, sur le terrain et dans les têtes, au fil de trois entraîneurs
  • Pourquoi c’est une des rares équipes plus à l’aise à l’extérieur qu’à domicile
  • Le plaisir retrouvé de jouer… et de la regarder
  • Les tâches accomplies et à accomplir par Gregg Berhalter pour que l’équipe soit au sommet

Écrivez-moi à Matthias.VanHalst@MLSsoccer.com si vous voulez recevoir le dossier très complet (20 pages !) sur Columbus qui nous a servi à préparer cette émission et à faire une analyse en profondeur (une des meilleures depuis le début de Coup Franc - je ne suis pas adepte de l’autocongratulation, mais cette émission vaut vraiment l’écoute).

On revient également sur le duel Montréal - New York, la prestation d’Armando, le niveau général du match et, par extension, de la MLS. Sans oublier nos habituels conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

07 April 11:46 am

Il a plu des buts ce week-end en MLS, particulièrement lors des rencontres qui opposaient des clubs voisins. La plus grosse surprise est certainement venue de Houston, atomisé 1-4 sur son terrain par Dallas. Watson s’est mis en valeur grâce à son doublé mais aussi en évitant les célébrations excessives contre son ancien club. Les battus admettaient qu’ils n’avaient qu’eux-mêmes à blâmer. Cette victoire permet à Dallas de conforter son avance en tête du classement.

Seule équipe qui avait tout gagné jusque-là, Columbus a concédé sa première défaite de la saison, 0-2 contre Toronto. Là aussi, l’autocritique était de mise : une mauvaise attitude lors des entraînements et des joueurs qui sont montés sur le terrain en croyant qu’il suffisait de paraître pour s’imposer. Une impression due à leurs trois victoires et confortée par l’absence de nombreux titulaires torontois, dont Defoe et Caldwell. Si Bradley a mené la charge, tous les membres de l’équipe ont montré qu’ils étaient à la hauteur.

Vancouver a également inauguré sa colonne des défaites : Laba a pris un carton rouge stupide à un quart d’heure de la fin alors que son équipe menait et, en à peine 5 minutes, José Mari a offert la victoire à Colorado (1-2). Du coup, il ne reste plus que deux équipes invaincues cette saison : Dallas et Salt Lake, qui a tenu Kansas City en échec 0-0. En l’absence de Rimando, blessé au genou, Attinella a sorti un tout grand match entre les perches, ce qui lui a évidemment valu les félicitations de ses coéquipiers, mais également les éloges de ses adversaires.

Le feu d’artifice du week-end a eu lieu lors de Portland - Seattle : 4-4 ! Après avoir ouvert la marque, les visiteurs ont été menés 4-2 mais sont revenus au score grâce à Dempsey, auteur d’un triplé et qui trouve (enfin) ses meilleures sensations, notamment avec Martins. Une remontée évidemment déplorée par l’équipe locale, qui a commis trop d’erreurs défensives et perdu deux points en inscrivant pourtant plus de buts en un seul match que depuis le début de la saison. Spectacle également en Californie, mais match à sens unique avec la défaite de Chivas USA 0-3 contre le LA Galaxy, qui promet que le meilleur est encore à venir.

Même si les deux clubs partagent le même stade, c’était officiellement un déplacement pour Keane et ses coéquipiers. Ce qui fait que selon le calendrier, DC United est la seule équipe à avoir gagné sur son terrain ce week-end. C’était la première victoire de l’année pour les hommes de Ben Olsen qui ont battu New England 2-0 et ont obtenu leur premier succès en 16 rencontres. Ce week-end riche en buts a également été marqué par deux partages 2-2 : l’un entre Montréal et New York, l’autre entre Chicago et Philadelphie.

LES RÉSULTATS
Montréal - New York
Houston - Dallas
Portland - Seattle
Chicago - Philadelphie
Columbus - Toronto
DC United - New England
Vancouver - Colorado
Kansas City - Salt Lake
Chivas USA - LA Galaxy

 
2-2
1-4
4-4
2-2
0-2
2-0
1-2
0-0
0-3

Classement général
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04 April 12:07 pm

Avec Portland - Seattle, Houston - Dallas et Chivas USA - LA Galaxy ce week-end, mais aussi États-Unis - Mexique ce mercredi soir (qui s’est soldé par un partage 2-2), les mots rivalités et derby reviennent souvent dans les discussions soccer cette semaine. C’est pourquoi Coup Franc vous propose un tour du monde des confrontations les plus importantes entre pays voisins. Après avoir traversé les Amériques, cette deuxième et dernière étape vous emmène par-delà les océans.

De l’autre côté de l’Atlantique, deux duels ont fait couler le plus d’encre. L’un d’entre eux est le plus ancien d’entre tous : Angleterre - Écosse. La première de leurs 112 confrontations a eu lieu le 30 novembre 1872 à Glasgow et s’est soldée par un nul 0-0. Il faut dire que jusqu’en 1989, les deux équipes s’affrontaient au moins une fois par an et que c’était toujours un bon prétexte à exacerber la rivalité historique entre ces deux parties de la Grande-Bretagne. Le bilan est relativement équilibré (46 victoires anglaises, 41 écossaises, 25 partages). Quelques duels marquants : la victoire 9-3 de l’Angleterre en 1961, la victoire 2-3 des Écossais à Wembley en 1967 sur le terrain des champions du monde en titre qui n’avaient plus perdu depuis 19 rencontres ou encore la victoire 2-0 des Anglais lors de leur Euro en 1996. Pour en savoir plus sur ce derby, regardez la vidéo ci-dessus (en anglais).

La Belgique et les Pays-Bas se sont affrontés encore davantage : 123 fois, à partir de 1905. En 1910, le Néerlandais Arnold Hörburger se blesse sérieusement en première mi-temps et court comme un lapin en deuxième : les Belges soupçonnent son jumeau Anton de l’avoir remplacé à la pause (les changements n’étaient pas permis à l’époque). La défaite néerlandaise 7-6 en 1951 inspire à Jan de Cler « Hup Holland Hup », dont le refrain est devenu aujourd’hui la chanson traditionnelle des Oranje. En fait, De Cler travaillait pour la radio néerlandaise, qui diffusait les rencontres de l’équipe nationale, et à l’issue de chaque mi-temps, il les racontait de manière lyrique. Ensuite, avec des chœurs, il entonnait la chanson (vous pouvez même écouter ça ici dans ce document d’époque).

Depuis le milieu des années 1970, le Derby des plats pays est marqué par de chaudes luttes lors de matchs officiels. Ainsi, en 1973, un but belge à la dernière minute est annulé pour un hors-jeu tout sauf évident, ce qui permet aux Bataves de se qualifier pour la Coupe du monde 1974 (dont ils termineront deuxièmes). Les supporters de Portland se souviennent peut-être du Néerlandais Robbie Rensenbrink, qui jouait à Anderlecht lorsqu’il a marqué trois buts lors d’une victoire 5-0 des siens en 1975. Les Diables rouges se vengeront par la suite, en écartant leurs voisins de la Coupe du monde 1982, mais surtout de l’édition 1986 suite à un test-match (équivalent des barrages d’aujourd’hui) et seront demi-finalistes du Mundial mexicain. Les deux pays se sont affrontés deux fois en phase finale de Coupe du monde : un partage 0-0 en France en 1998, et une victoire belge 1-0 à Orlando en 1994.

Néanmoins, les deux pays européens qui ont le plus souvent joué l’un contre l’autre sont l’Autriche et la Hongrie : 136 face-à-face officiels sont recensés. Les deux pays étaient deux puissances du soccer avant la Seconde guerre mondiale et se sont régulièrement rencontrés jusque dans les années 1960, mais leurs duels ont diminué autant que leur lustre par la suite, ce qui donne moins de piment à cette rivalité aujourd’hui. Notons aussi que la Suède a joué 103 fois contre la Norvège et 101 contre le Danemark. Des chiffres qui dépassent de loin les 72 France - Belgique, les 57 Suisse - Italie, les 50 Allemagne - Suisse et les 35 Espagne - Portugal.

Les deux puissances actuelles du soccer asiatique, la Corée du Sud et le Japon, ont un important contentieux historique. Et pour cause : la première a été annexée par le second entre le début du XXe siècle et la fin de la Seconde guerre mondiale, avec peu d’égards pour ses habitants et leur culture ainsi qu’une forte répression. C’est donc dans un contexte d’extrême tension qu’a lieu leur première rencontre sur un terrain de soccer en 1954. Le président coréen ne voulant pas voir de Japonais sur son territoire, il demande à ses joueurs de disputer les deux duels prévus sur le terrain ennemi… et prévient qu’il les jettera à l’eau s’ils ne reviennent pas en vainqueurs. Ils échappent à la noyade avec une victoire et un partage. Il faut attendre 1960 pour voir les deux pays s’affronter à Séoul. C’est aussi une des rares périodes où le Japon rivalise avec son adversaire avant l’émergence de la J-League, créée en 1993. Le bilan actuel de ce match baptisé Haniljeon est de 34 victoires coréennes, 12 japonaises et 20 nuls. Les tensions se sont amenuisées, comme en témoigne l’organisation commune de la Coupe du monde 2002… marquée par une rivalité telle que même les pontes de la Fifa reconnaissaient le manque de collaboration entre les comités organisateurs des deux pays ! La rancœur est tenace et il a fallu attendre le début du siècle pour que la culture japonaise ait à nouveau droit de cité en Corée du Sud.

En Océanie, il y a une rivalité entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais vu qu’aucun des deux n’a jamais été dominant avec un ballon rond au pied, elle se dessine surtout autour du sport majeur disputé avec un ballon ovale, le rugby, où les deux nations font partie du top mondial. Quelques chiffres tout de même : les deux pays se sont affrontés à 63 reprises depuis 1922, avec à la clef 38 victoires australiennes, 13 néo-zélandaises et 11 nuls.

Étonnamment, en Afrique, on ne retrouve pas d’affrontement entre pays de soccer voisins qui ont eu lieu 50 fois au plus. C’est en partie dû au fait que la décolonisation n’a eu lieu que lors de la deuxième moitié du XXe siècle, mais pas seulement. C’est cependant là et dans ce contexte qu’on retrouve une histoire de solidarité entre nations qui partagent une frontière. En 1958, luttant pour son indépendance, l’Algérie (alors française) monte une équipe composée d’excellents joueurs, dont certains sont sous contrat dans de grands clubs français. L’équipe n’est (évidemment) pas reconnue par la Fifa et les autres pays hésitent à l’affronter de peur d’un incident diplomatique avec la France. La Tunisie, prônant la solidarité panarabe, lui offre d’être son port d’attache et est son premier adversaire en match amical. L’équipe du FLN (Front de libération nationale) devient un symbole et, durant quatre ans, effectue des tournées en Europe de l’Est et en Asie. Durant tout ce temps, les joueurs sont suspendus par leur club, mais ils peuvent y retourner en 1962 et y sont bien accueillis. Depuis l’indépendance, Algérie et Tunisie ont joué l’une contre l’autre une quarantaine de fois.

Le duel le plus fréquent entre nations africaines ayant un beau palmarès oppose deux anciennes colonies anglaises, le Nigeria et le Ghana, qui se sont affrontés à une cinquantaine de reprises. L’anecdote la plus folklorique remonte à 1958, quand la femme d’un dirigeant ghanéen est montée sur le terrain pour gifler l’arbitre, provoquant une interruption du match pendant 20 minutes. Sur la scène continentale, le Ghana domine son rival mais doit attendre 2006 pour se qualifier pour la Coupe du monde, à laquelle le Nigeria a participé dès 1994 et plus souvent. Rarement l’un des deux peut savourer longtemps une victoire sur son rival, qui prend généralement sa revanche assez rapidement.

Parmi les anciennes colonies françaises en Afrique de l’Ouest, le Sénégal avait la réputation d’être le préféré de l’occupant en matière de culture et de sport. Après l’indépendance, il est donc devenu un rival naturel de ses voisins dans ces domaines. La Guinée est celui qu’il a affronté le plus souvent (40 fois) : le régime d’extrême gauche de celle-ci pousse son équipe à la victoire pour montrer la suprématie de son idéologie face au « suppôt de l’impérialisme ». L’esprit sportif domine toutefois, car il y a un grand respect pour le sport et les sportifs. La Côte d’Ivoire est l’autre rival historique du Sénégal, avec un contexte colonial identique mais politique différent. Là également, tout s’est toujours passé dans la fraternité. Mais quand l’équipe ivoirienne a commencé à rivaliser avec son adversaire, notamment en reportant la Coupe d’Afrique des nations 1992 à Dakar, tout un peuple a fêté cette sortie de l’ombre.

02 April 12:39 pm

Avec Portland - Seattle, Houston - Dallas et Chivas USA - LA Galaxy ce week-end, mais aussi États-Unis - Mexique ce mercredi soir, les mots rivalités et derby reviendront souvent dans les discussions soccer cette semaine. C’est pourquoi Coup Franc vous propose un tour du monde des confrontations les plus importantes entre pays voisins. Première de nos deux étapes : les Amériques.

Commençons avec le duel de ce soir, opposant les États-Unis au Mexique. Les deux nations se sont affrontées 62 fois au cours de l’histoire (chiffre tiré du site de la Fifa, comme tous ceux de cet article), avec un net avantage pour le pays au sud de la frontière. Si les Américains ont remporté la première confrontation entre les deux pays en 1934, ils ont dû attendre 1980 puis 1991 pour s’imposer une deuxième puis une troisième fois. Depuis, c’est beaucoup plus équilibré… et plus chaud. En raison des résultats serrés, mais aussi de divers incidents : des fautes grossières de Ramon Ramirez sur Alexi Lalas (1997, photo) et de Rafael Marquez sur Cobi Jones (2002), puis Landon Donovan accusé par les Mexicains d’avoir uriné sur un de leurs terrains lors d’un entraînement précédent un duel entre les deux pays en 2003.

Les États-Unis ont le beau rôle en ce moment, et ont surnommé ce match « Dos a cero » (Deux - zéro) en raison de la victoire des leurs sur ce score lors des quatre confrontations entre les deux pays à Columbus (2001, 2005, 2009 et 2013, chaque fois lors des éliminatoires de la Coupe du monde) ainsi que lors de leur unique affrontement en phase finale de Coupe du monde, en huitièmes de finale de l’édition 2002. Si vous comprenez l’espagnol, lisez cet article qui revient sur les moments marquants de cette rivalité.

L’autre incontournable dans la Concacaf est le duel entre le Honduras et le Salvador, qui se sont affrontés 61 fois. L’une d’entre elles est (tristement) célèbre sous le nom de « Guerre du football ». En 1969, la tension diplomatique est à son comble entre les deux pays, pour des questions territoriales et politiques (de nombreux Salvadoriens vivent de l’autre côté de la frontière, pour la plupart des paysans qu’aucune des deux nations ne semble souhaiter accueillir). C’est dans ce contexte qu’ils s’affrontent lors de duels décisifs des éliminatoires de la Coupe du monde 1970. Si le Salvador se qualifie, on retiendra surtout les échauffourées entre supporters, parallèlement auxquelles les deux armées s’engagent dans une guerre sanglante, dont le ballon rond n’est pas la cause première.

Le podium des duels internationaux les plus fréquents de l’histoire est composé de Belgique - Pays-Bas, Autiche - Hongrie (rivalités dont nous parlerons plus tard cette semaine), et sa première marche est occupée par le derby sud-américain entre l’Argentine et l’Uruguay, qui se sont affrontés à 180 reprises, voire plus. Le premier duel officiellement recensé par la Fifa date de 1902, mais il y en eut d’autres, avant et après, non reconnus, notamment le match du 16 mai 1901 considéré comme la première rencontre internationale en dehors du Royaume Uni. De nombreux Britanniques s’étaient établis autour du rio de la Plata (fleuve qui sépare les deux pays), rejoints par la suite par d’autres Européens, notamment des Italiens : Montevideo et Buenos Aires voulaient montrer à l’autre qu’ils avaient la meilleure façon de faire, y compris avec un ballon. Deux styles différents se sont développés : les Uruguayens disent qu’ils ont du caractère et trouvent leurs voisins sournois et peu virils ; les Argentins vantent leur jeu de passes et traitent les joueurs adverses de bouchers.

Toujours est-il que dans un premier temps, lorsque ça compte, l’Uruguay domine : la Celeste est championne olympique en 1928 (sacre le plus important de l’époque), obtientl’organisation de la Coupe du monde deux ans plus tard et s’y impose en finale contre l’Argentine. Jusqu’à l’émergence du Brésil, les deux voisins dominent la scène footballistique en Amérique du Sud, remportant entre autres 17 des 20 premières éditions de la Copa America. Même si l’Uruguay s’adjuge un second titre mondial en 1950, l’Argentine prend le dessus à partir de la Seconde guerre mondiale. L’Albiceleste reste régulière, atteignant des sommets en remportant la Coupe du monde chez elle en 1978 puis au Mexique en 1986, battant au passage l’Uruguay en huitième de finale lors d’un match où sont exacerbées les caricatures que les deux nations font l’une de l’autre. Si l’Uruguay alterne les hauts et les bas selon les générations, cela n’empêche pas les nombreux duels entre les deux voisins d’être toujours âprement disputés, plus encore ces derniers temps avec deux équipes parmi les meilleures au monde.

Mais de nos jours, quand on parle de rivalité en Amérique du Sud, on pense immédiatement à Brésil - Argentine. Les deux pays se sont affrontés à 95 reprises à partir de 1914. Un bilan on ne peut plus équilibré avec 36 victoires argentines, 35 brésiliennes et 24 nuls ! Politiquement, il n’y a plus de tension entre les deux pays depuis le XIXe siècle mais culturellement, ils sont partis dans des directions diamétralement opposées et la manifestation de ce choc est exacerbée autour d’un ballon rond. Si quand ils se comparent à l’Uruguay, les Argentins se considèrent comme des esthètes, les Brésiliens revendiquent le joga bonito et disent que pour leur voisin, seule la victoire importe, peu importe la manière.

Même si avant la Seconde guerre mondiale, seule l’Argentine était considérée comme une puissance internationale, c’était toujours serré sur le terrain. Et souvent très tendu. À la fin des années 1930, les deux équipes ont tour à tour quitté le terrain avant le coup de sifflet final : en 1937, les Brésiliens n’ont pas terminé un match teinté de racisme à Buenos Aires ; deux ans plus tard, les Argentins sont partis pour protester contre l’arbitrage à Rio. En 1946, le Brésilien Pinto casse la jambe de l’Argentin Salomon : bagarre générale et envahissement de terrain. Si on arrive à terminer le match, les deux pays s’évitent pendant 10 ans.

Ce fut plus civilisé par la suite, jusqu’à leur rencontre lors de la Coupe du monde 1978. Un 0-0 qui ne reste pas dans les mémoires pour son esthétisme. C’est au deuxième tour où l’Argentine bat le Pérou 6-0 lors de son dernier match pour devancer à la différence de buts le Brésil, qui soupçonne ouvertement un match truqué. La rivalité en phase finale de Coupe du monde se poursuit quatre ans plus tard, au même stade de la compétition : pas de scandale cette fois, et une victoire brésilienne facile lors d’un match marqué par l’exclusion directe de Diego Maradona. En 1990, les rivaux sud-américains se retrouvent en huitième de finale du Mondiale italien. C’est le retour de la polémique : assoiffé, le défenseur brésilien Branco reçoit une bouteille d’eau des Argentins. Un geste sportif qui, selon les battus, était en fait un piège puisque des tranquillisants auraient été mélangés au liquide…

Tous les duels entre les deux pays sont à nouveau prétextes à polémique. D’autant plus quand il y a des incidents sur le terrain, comme les cinq exclusions lors de la Copa America 1991 ou le but de la main accordé au Brésil lors de la même compétition quatre ans plus tard. Mais même en dehors, il est difficile de les départager et de les mettre d’accord. Quand on regarde le palmarès de la Coupe du monde, le Brésil domine nettement. Si on se fie aux compétitions continentales, l’Argentine a le dessus. Et puis, il y a le sempiternel débat sur le meilleur joueur de l’histoire : Pelé ou Maradona, qui divise encore bien plus que la préférence pour le tango ou la samba.

01 April 1:12 pm

La situation de Montréal étant toujours aussi préoccupante, nous nous y attardons pour une deuxième émission consécutive (écoutez ici celle de cette semaine, avec un nouveau générique). L’équipe a pris son premier point de l’année samedi à Philadelphie, mais les sujets de discussion sont encore nombreux. Notamment :

  • Justin Mapp, la principale satisfaction depuis le début de l’année
  • Patrice Bernier sur le banc, raisons possibles et conséquences
  • La place de Warner sur le terrain
  • Le duo Camara-Ferrari en défense centrale
  • Le sort des jeunes
  • Y a-t-il de la joie dans cette équipe ?
  • On répond aussi aux nombreuses questions que vous nous avez envoyées

Parmi les autres sujets de conversation :

  • Les difficultés rencontrées par New York
  • Le bon début de saison de Columbus
  • La victoire de Salt Lake contre Toronto
  • Le succès de Vancouver face à Houston
  • La double exclusion lors de Dallas - Portland
  • Nos conseils pour le jeu MLS Fantasy

Premier avril oblige, chaque animateur se prononce aussi sur la « meilleure blague » (ou la pire) en MLS depuis le début de la saison.

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31 March 11:50 am

Les statistiques retiendront qu’en 2014, une seule équipe de MLS a remporté ses trois premières rencontres de championnat : Columbus. Une réussite pour une équipe remodelée qui, en outre, a gagné deux fois à l’extérieur. Le dernier déplacement en date n’était pas des plus simples : à Seattle, qui a ouvert la marque, mais a été réduit à dix aux alentours de l’heure de jeu, moment de l’égalisation. Les visiteurs en voulaient plus et juste avant les arrêts de jeu, Gregg Berhalter a fait monter Meram et lui a demandé de marquer. Il l’a fait ! Sur ce but, les joueurs locaux étaient distraits… par l’arbitre, plaident-ils.

Le calendrier étant ce qu’il est, c’est toutefois Dallas qui occupe actuellement la tête du classement, avec 10 points en 4 duels. Contre Portland, on a beaucoup parlé des qualités de Diaz (encore), de la double exclusion contestée (Harrington et Watson pensent tous deux que personne n’aurait dû voir rouge) mais c’est une phase arrêtée qui a fait la différence en faveur des Texans, rien de surprenant quand on connaît les deux équipes. « Je ne suis pas inquiet, nous jouons bien », rétorque Caleb Porter quand on évoque le mauvais départ de son équipe (2/12).

Après deux victoires pour commencer leur saison, Houston et Toronto ont mordu la poussière. L’armada orange a encaissé ses deux premiers buts de la compétition en offrant à Vancouver les possibilités d’être opportuniste. L’équipe locale en a profité, gardant son calme, notamment lorsqu’il a fallu retirer un penalty léger, et s’imposant 2-1. Toronto s’est fait manger tout cru 3-0 à Salt Lake (seul club à ne pas avoir encaissé ce week-end), emmené par un Saborio des grands soirs auteur d’un doublé, mais plus que la défaite, c’est la sortie d’un Defoe souffrant qui inquiète. Du coup, les vainqueurs de ces deux rencontres dépassent leur adversaire du jour et complètent la liste des équipes encore invaincues en compagnie des deux leaders.

Colorado a également concédé sa première défaite de la saison, 2-3 contre Kansas City, à l’issue d’un match spectaculaire lors duquel tous les buts sont tombés en deuxième mi-temps, celui de Dwyer offrant la victoire aux visiteurs dans les arrêts de jeu. Autre première, double celle-là : New England a gagné, et marqué, ce qui fait que toutes les équipes ont trouvé le fond des filets cette saison. Jay Heaps pense que c’est en donnant plus d’espace à Nguyen que son équipe a pu s’imposer à San José.

Ils n’ont toujours pas gagné, mais ils ne sont plus bloqués à zéro. DC United a pris sa première unité de la saison contre Chicago (2-2) et ses supporters se sont réjouis de voir l’attaque de leur équipe dangereuse pour la première fois en plusieurs mois. Le bonheur, à Montréal, résidait dans le retour de Marco Di Vaio qui a très joliment ponctué un contre pour permettre à son club de ne pas rester coincé avec un zéro pointé. Philadelphie peut se mordre les doigts d’avoir concédé ce 1-1. Même score à New York - Chivas USA, et ce sont les Californiens qui ont des regrets même s’ils auraient signé pour un tel verdict avant le match. Luyindula a égalisé à la sixième minute des arrêts de jeu, sauvant la mise pour une équipe amorphe que Mike Petke promet de métamorphoser pour son prochain match, samedi à Montréal.

LES RÉSULTATS
Philadelphie - Montréal
DC United - Chicago
Colorado - Kansas City
Vancouver - Houston
Dallas - Portland
Salt Lake - Toronto
Seattle - Columbus
San José - New England
New York - Chivas USA

 
1-1
2-2
2-3
2-1
2-1
3-0
1-2
1-2
1-1

Classement général
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27 March 10:34 am

Sans jamais y avoir mis les pieds, beaucoup d’enfants se font une image idyllique des États-Unis et rêvent de s’y installer un jour. Lorsqu’il était en culottes courtes, Jean-Baptiste Pierazzi était l’un d’entre eux. Son vœu a été exaucé : l’ancien capitaine d’Ajaccio a quitté sa Corse natale cet hiver et défend aujourd’hui les couleurs de San José.

« Ce qui m’attirait aux États-Unis, c’était toute l’histoire du pays, le plus grand au monde, où beaucoup de choses avaient été inventées. Sur ma petite île, c’était la lune, inaccessible », raconte le médian défensif de 29 ans. Ça, c’était lors de son enfance. Il a grandi et, quand il l’a pu, a franchi l’Atlantique. En touriste, dans un premier temps. « Je suis souvent venu aux États-Unis en vacances, mais je ne pouvais pas en profiter tellement à cause de la langue. Alors, j’ai pris des cours d’anglais. Même si ça m’a servi lors de mon passage en MLS, je ne les avais pas pris spécifiquement pour ça », précise-t-il, démentant une légende urbaine à ce sujet.

Footballeur professionnel et passionné de son sport, il a tôt fait de s’intéresser à la MLS. D’abord de loin, mais la passion l’a vite gagné. « Comme j’appréciais énormément le pays, j’ai rapidement su qu’il y avait un championnat, mais je ne le regardais que d’assez loin au début. Je m’y suis beaucoup plus intéressé avec l’arrivée de Beckham, puis celle d’Henry. Je connaissais les équipes, les joueurs, etc. Et depuis trois ans, je le suivais même beaucoup plus que le championnat de France ! Chaque fois que je voyais des reportages, ça me plaisait : j’aime cette ambiance où les supporters d’équipes adverses peuvent être côte à côte. Et puis, la MLS grandit tellement vite, ça la rend d’autant plus attirante ! »

Tellement attirante que Pierazzi s’est dit que son métier pouvait lui permettre de concrétiser le désir qu’il nourrissait depuis son enfance. C’est ainsi qu’il a pu prendre la direction de San José. « Jérôme Meary, qui travaille pour la MLS, a appris qu’y jouer était mon rêve et ça nous a permis d’entrer en contact. Quand il a su que San José cherchait un milieu défensif, il m’a proposé. Dès lors, tout a été très vite. » Cependant, c’était en plein milieu du championnat de France et son club, Ajaccio, tentait de s’extirper de la dernière place. « Laisser l’équipe derrière moi a été le truc le plus dur, d’autant que j’en étais le capitaine. J’ai livré tellement de batailles avec elle… C’est quand même malheureux que les calendriers ne concordent pas. Cependant, c’était une chance unique de partir jouer en MLS. »

Le défi de la MLS était d’autant plus grand pour le joueur corse qu’il avait passé toute sa vie sur l’île de Beauté et toute sa carrière dans le même club. Soudainement, il s’apprêtait à changer complètement d’univers. « Ça m’a fait peur au début. J’étais toujours resté au même endroit, dans ma petite ville, sur ma petite île. Et là, je pars loin de tout le monde. Dans l’avion, j’étais néanmoins bien plus excité qu’apeuré. Je me disais “Vivement que j’arrive, que je découvre tout ça.” Maintenant, je suis heureux, malgré quelques coups durs. Les gens du club sont super, personne ne me laisse de côté, et c’est un support important. »

À San José, Pierazzi est arrivé dans un environnement qui lui convient. Cela vaut pour le club, mais aussi pour la vie en Californie. « Ça me plaît. Comme dans toutes les grandes villes, il y a toujours quelque chose à faire. Et puis, j’aime me promener alors je profite de la Californie, de ses parcs, de ses lacs. On peut y sortir tranquillement. À Ajaccio, j’étais relativement connu, c’était difficile d’avoir du temps libre. Ce qui me manque, c’est ma famille, mes amis, un endroit où je connaissais tout et tout le monde. »

Les Corses vous le diront : ils restent très attachés à leur île, dont ils sont particulièrement fiers. Alors, même s’il est sur le bord des plages du Pacifique, le Méditerranéen n’hésite pas à parler de son coin de pays. « La Corse est loin, c’est difficile de la faire découvrir. Mais quand je montre des photos, mes coéquipiers sont émerveillés et disent qu’ils aimeraient y aller en vacances. Ça me rend fier ! D’ailleurs, ils ne m’appellent pas le Frenchy mais le Corsy ! »

Et puis, évidemment, il y a la réalité du terrain et les nouvelles responsabilités que lui a confiées son entraîneur, Mark Watson. « À San José, j’ai tendance à avoir un rôle plus offensif que depuis le début de ma carrière. Il faut dire qu’à Ajaccio, j’étais plus défensif car… l’équipe devait défendre, elle était toujours considérée comme une des plus petites de la division dans laquelle elle jouait. Ici, le coach me dit que j’ai des capacités offensives, de donner des passes décisives et même de marquer. Je suis plus libre sur le terrain. »

Le 15 mars dernier, ce fut la plongée dans le grand bain, avec le premier match de San José en championnat cette saison. « Je m’attendais à ce que le niveau soit bon, mais pas à ce que ce soit aussi difficile. Ça joue bien au ballon, il y a beaucoup de rythme, le jeu est direct : on préfère l’attaque / défense alors qu’en France, on prend plus le temps de faire tourner le ballon. Des gens critiquent la MLS mais ils ne se rendent pas compte que, si elle n’atteint pas le niveau des meilleures, elle vaut beaucoup d’équipes de Ligue 1. »

En quelques semaines, Pierazzi a multiplié les découvertes puisqu’il a aussi effectué ses premiers pas en Ligue des champions, avec un quart de finale perdu aux tirs au but face aux Mexicains de Toluca. « Pouvoir jouer en Ligue des champions, ça a aussi contribué à me faire venir. J’avais peu de chances que ça m’arrive en Europe. La différence entre les deux ? C’est un autre continent… Et c’est vrai que ça n’a pas la même saveur qu’en Europe où jouent de tellement grands clubs. N’empêche, ce qui nous est arrivé est dommage, nous avons été malchanceux lors des deux matchs même si tout le monde s’est bien battu. Mais l’équipe a fait preuve d’une super mentalité en ne lâchant rien ! »

Ah, cette fameuse mentalité de San José. Qui vaut à l’équipe le surnom de Goonies et, parfois, une image de sales gamins coutumiers de mauvais coups. Est-ce justifié ? « Cette réputation est fausse. Ce qui est vrai, par contre, c’est qu’ici les joueurs se battent jusqu’à la dernière seconde. Nos buts en fin de match en sont la preuve. Nos adversaires n’aiment pas jouer ici, car nous sommes des battants hargneux. Ça correspond bien à la mentalité des joueurs corses, alors mon adaptation est d’autant plus facile. »

Titulaire lors des deux premières rencontres de championnat cette saison, le Corsy sait ce dont il a besoin pour considérer sa première année en MLS comme réussie. « Mon objectif est de me donner à fond mais surtout de jouer les play-offs avec San José. » Et si le rêve se poursuit, envisage-t-il de s’installer aux États-Unis au terme de sa carrière ? « Je ne sais pas, ce sera à méditer. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte. La Corse, c’est chez moi, mais si une occasion se présente aux États-Unis, pourquoi pas ? »

25 March 12:01 pm

L’émission de cette semaine (à écouter ici) est en grande partie consacrée à l’Impact de Montréal, dont nous disséquons le début de saison avec Olivier Tremblay, qui suit l’équipe au quotidien pour MLSsoccer.com. On parle également d’autres rencontres de la dernière journée, du toit du Stade olympique de Montréal, de la Coupe du Canada, de la Ligue des champions et du jeu MLS Fantasy.

Trois rencontres, zéro point pour Montréal. Trois rencontres, aussi, sans Marco Di Vaio qui, disait-on avant la saison, devaient permettre d’effectuer certaines évaluations importantes en son absence. On fait donc le tour de la question, en abordant les sujets qui reviennent le plus souvent après ces premières semaines de compétition :

  • Faut-il s’inquiéter ou ce 0/9 ne reflète-t-il pas la réalité du terrain ?
  • Comment l’entraîneur et les joueurs ont-ils réagi après le match contre Seattle ?
  • Quel est l’état d’esprit dans le vestiaire et aux entraînements ?
  • Le problème est-il plus offensif ou défensif ?
  • Ce que Klopas fait en cours de match change-t-il l’allure de la rencontre ?
  • En l’absence de Di Vaio, Wenger a-t-il saisi la chance de se prouver ?
  • Que penser de l’expérience Warner sur les côtés ?
  • Miller a-t-il réussi ses premiers pas chez les professionnels ?
  • Di Vaio aura-t-il, pour Klopas, le même effet que Magee à Chicago l’an dernier ?
  • Comment le jeu de Felipe et de Mapp va-t-il évoluer avec le retour de Di Vaio ?

En deuxième partie d’émission, on se penche sur les sujets suivants :

  • Toit du Stade olympique de Montréal : comment on en est arrivé là et perspectives d’avenir
  • La victoire de Toronto lors de son premier match à domicile de la saison, contre DC United
  • Le match New England - Vancouver et le retour en grâce de Gonçalves
  • Les frasques des gardiens de Portland à Colorado
  • Modifications au Championnat canadien Amway
  • Les quarts de finale de la Ligue des champions
  • La gestion des blessés au jeu MLS Fantasy

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

24 March 11:45 am

Après trois semaines de compétition, quatre équipes affichent un large sourire : Dallas, qui occupe la tête du classement avec sept points sur neuf, ainsi que les membres du trio Columbus-Houston-Toronto, qui n’ont joué que deux fois, avec autant de succès à la clef.

Pour ses débuts à domicile, Toronto a par moments éprouvé des difficultés à faire le jeu contre DC United, mais Defoe a confirmé toutes les bonnes dispositions montrées la semaine dernière, inscrivant le seul but des siens en guise de remerciement aux supporters. Columbus jouait également son premier match de l’année sur son terrain, et s’est imposé 2-1 contre Philadelphie grâce au premier doublé de la carrière d’Añor, qui a mis en pratique le message de son entraîneur : tirer dès qu’une occasion se présente.

Si après deux victoires sans encaisser, Houston était au repos, Dallas a confirmé le bon début de saison des deux équipes texanes en s’imposant 3-1 contre Chivas USA. Impliqué dans deux buts des siens, le joueur désigné Diaz était au centre des compliments de ses coéquipiers après le match. Bilan : deux victoires en marquant trois buts, et sept points sur neuf. Juste derrière, Seattle tient compagnie aux équipes comptant six unités (mais en trois rencontres dans son cas) grâce à sa victoire à Montréal, où il a pu dicter le scénario du match.

Le duel au sommet opposait, pour la deuxième fois en trois semaines, Salt Lake au LA Galaxy. L’équipe locale n’a pas pu profiter du fait que son adversaire avait joué en Ligue des champions en milieu de semaine et a été tenue en échec 1-1. En fin de rencontre, les deux équipes n’avançaient plus. Les visiteurs étaient heureux de ce point conquis dans des circonstances difficiles, se félicitant d’avoir neutralisé l’entrejeu adverse.

Kansas City a gagné pour la première fois de la saison, 1-0 contre San José, dans un affrontement entre deux adversaires qui ont souffert - pour des raisons différentes - au Mexique quelques jours plus tôt. Un succès étriqué dans les chiffres pour lequel Dwyer signerait chaque semaine, qu’il marque ou non. De son côté, New York court toujours après son premier succès de l’année mais Mike Petke se réjouissait du meilleur état d’esprit de ses joueurs, qui ont partagé l’enjeu 1-1 à Chicago.

Toujours invaincu, Vancouver a pris un point à New England, qui n’a toujours pas marqué en trois rencontres mais où le retour en grâce de Gonçalves fait pousser un sérieux ouf de soulagement. Autre équipe à ne pas encore avoir perdu, Colorado s’est imposé en fin de match 2-0 contre Portland, dont les deux gardiens se sont fait remarquer en provoquant un penalty grossier.

LES RÉSULTATS
New England - Vancouver
Salt Lake - LA Galaxy
Colorado - Portland
Columbus - Philadelphie
Toronto - DC United
Dallas - Chivas USA
Kansas City - San José
Montréal - Seattle
Chicago - New York

 
0-0
1-1
2-0
2-1
1-0
3-1
1-0
0-2
1-1

Classement général
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