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Coup Franc

26 September 3:02 pm

Il s’éloigne de plus en plus le temps où les joueurs de MLS tâtaient leurs premiers ballons dans un club anonyme, passaient leur adolescence dans un club estampillé « élite » mais tout aussi inconnu en dehors de certains cercles, avant de jouer en NCAA et de signer pro à l’issue de leurs études universitaires (pas de chance pour celui qui hésitait entre les carrières de sportif et de plombier), vers l’âge de 22 ans. Ce qui est la norme dans d’autres sports aux États-Unis l’est de moins en moins en soccer.

On en a une belle illustration quand on regarde les parcours de la nouvelle génération. Les meilleurs d’entre eux ont été identifiés dans le classement des 24 meilleurs joueurs de moins de 24 ans et, n’en déplace à Merritt Paulson, c’est parmi eux que j’ai sélectionné quelques pépites au parcours extrêmement intéressant et de moins en moins atypique.

Diego Fagundez (5e du classement, New England) : Né en Uruguay, et potentiel international pour la Céleste dans un avenir plus ou moins rapproché, il avait cinq ans lorsque ses parents se sont installés aux États-Unis, plus précisément dans le Massachusetts. Il a donc tâté ses premiers ballons dans des clubs du coin, avant d’être recruté par New England à l’âge de 14 ans. Il ne lui a pas fallu longtemps pour briller en USSDA : à 15 ans et 8 mois, le club lui offre un contrat professionnel. Il continue de jouer essentiellement avec les jeunes et en équipe réserve avant de disputer ses premières minutes en MLS à 16 ans et demi. Titulaire trois fois cette saison-là, huit la suivante, il devient indiscutable en 2013, année de ses 18 ans.

Luis Gil (8, Salt Lake) : Né dans le sud de la Californie, il a longtemps joué à Pateadores, un club qui a formé de bons jeunes dans ce coin de pays, et dont la réputation attire les sélectionneurs américains des équipes de jeunes. Gil leur est tombé dans l’œil et, à 15 ans, a pris la direction de la Floride et de l’IMG Soccer Academy, camp permanent de certaines équipes d’âge des États-Unis. Là, des clubs européens se sont intéressés à lui, notamment Arsenal, mais Gil préférait se rapprocher de sa Californie. À un point tel que quand Kansas City le recrute en 2010 grâce à un système de loterie, il arrive à convaincre le club de s’entendre avec Salt Lake pour se rapprocher de l’océan Pacifique. Néanmoins, Gil est prêté une saison à Saint-Louis (D2) avant de débuter en MLS à un peu plus de 17 ans en 2011. Depuis lors, il joue bon an mal an entre 25 et 30 rencontres par saison.

Bill Hamid (10, DC United) : Né à Annandale, à une vingtaine de kilomètres de Washington, il défendait, adolescent, les buts de Bethesda, club situé à peu près à la même distance de la capitale des États-Unis. C’était donc parfaitement dans le rayon d’observation des recruteurs de DC United, qui ont été le chercher pour leurs équipes de jeunes alors que le gardien venait de fêter ses 16 ans. Il convainc rapidement et confirme au point de devenir, peu avant ses 19 ans, le premier jeune du club à y signer un contrat pro, durant l’automne 2009. Pour son premier match comme titulaire, en mai 2010, il devient le plus jeune gardien à remporter un match de MLS. En 2011, il gagne sa place dans le onze de base, pour ne plus jamais la quitter, et obtient en janvier 2012 sa première (et seule jusqu’à présent) cape en équipe nationale américaine.

Kekuta Manneh (12, Vancouver) : Talent précoce, il a 15 ans à la fin de la saison 2009-2010 lors de laquelle il a marqué 17 buts en 12 rencontres pour l’équipe première de Steve Biko, lui permettant de devenir vice-championne de Gambie. Malgré des offres de clubs plus renommés de son pays, il décide de tenter sa chance à l’étranger : il se base au Texas, et porte plus précisément les couleurs du Texas Rush, club évoluant en USSDA et qui a des liens avec la Gambie, avant de jouer au Lonestar FC, toujours en USSDA et toujours au Texas, la saison suivante. Chaque fois, il marque en moyenne plus d’un but par match. Ce retour en équipes de jeunes ne dure que deux saisons. Après avoir fini l’année 2012 à Austin, en PDL, il signe un contrat Génération adidas avec la MLS début 2013 et est recruté par Vancouver. Il joue dès le premier match de la saison, alors qu’il a 18 ans et 2 mois, et marque son premier but en MLS moins de deux mois plus tard. Pas encore titulaire indiscutable, il reste promis à un bel avenir.

Shane O’Neill (19, Colorado) : Il est né en Irlande mais a un an à peine quand ses parents s’installent à Boulder, dans le Colorado. S’il possède la double nationalité, sportivement, il se considère comme Américain. Il se fait remarquer dans l’équipe de son école secondaire, et à 16 ans, il est recruté pour défendre les couleurs des équipes de jeunes du club de MLS basé à Denver. Il semble désigné à suivre le parcours typique puisqu’il accepte une offre pour jouer au soccer à l’université de Virginie. Mais Colorado lui propose peu après de signer un contrat pro avec l’équipe première. O’Neill accepte : deux mois plus tard, à l’aube de ses 19 ans, il joue ses quatre seules minutes de la saison 2012. Mais dès la saison suivante, il gagne ses galons de titulaire.

Russell Teibert (24, Vancouver) : Quand, en 2008, le Toronto FC a mis sur pied ses équipes de jeunes, il a sillonné tout l’Ontario à la recherche de joueurs talentueux. Il a ainsi recruté Teibert, qui jouait à Niagara Falls, à 140 km de la capitale de la province. Mais quelques mois plus tard, le jeune de 15 ans traversait le Canada pour s’engager à Vancouver, qui mettait aussi de gros efforts dans son école de jeunes sans pourtant avoir, à l’époque, d’équipe en MLS. Il n’était alors pas question d’USSDA, mais d’une courte saison en PDL et de voyages à l’étranger. En 2010, à 17 ans, Teibert arrive en équipe première, qui joue alors en D2, et obtient un contrat pro à l’occasion du passage du club en MLS la saison suivante. Même s’il est titulaire dès le premier match, alors qu’il a 18 ans et 3 mois, il passe l’essentiel des deux premières saisons avec l’équipe réserve, avant de jouer beaucoup plus régulièrement à partir de 2013.

Les joueurs cités ci-dessus ont tous passé leur adolescence aux États-Unis ou au Canada, mais il ne faut pas oublier que les recruteurs de MLS ont de plus en plus l’œil pour dénicher de jeunes talents à l’étranger. À ce sujet également, le classement des joueurs de moins de 24 ans ne laisse planer aucun doute.

Être sélectionné en équipe nationale mexicaine pour la première fois alors qu’on joue en MLS est sans doute un exploit plutôt rare, réussi par Erick Torres (2), arrivé à Chivas USA grâce aux liens entre le club californien et sa maison-mère à Guadalajara. En allant chercher Fabian Castillo (3) au Deprtivo Cali après sa première saison en D1 colombienne, Dallas a flairé le bon coup en embrigadant un jeune de 18 ans qui a été immédiatement opérationnel. Toujours à Dallas, il a fallu une demi-saison d’adaptation à Mauro Diaz (6), qui avait un profil différent puisqu’il ne parvenait pas à percer après plusieurs saisons dans le noyau de l’équipe première de River Plate. Quant à Olmes Garcia (21), il avait joué une quarantaine de rencontres en deux saisons avec Quindio, en D1 colombienne, quand Salt Lake l’a embauché début 2013.

Toronto a également déniché quelques pépites… mais ne les a pas gardées. Considéré comme un jeune prometteur du LDU Quito, Joao Plata (7) a été prêté aux Ontariens, qui l’ont ensuite acheté avant de… le prêter à leur tour à son ancien club. Cette danse s’est terminée début 2013 avec le passage de l’attaquant à Salt Lake, où il exprime désormais pleinement son talent. Peu après, voulant profiter du nouveau statut de jeune joueur désigné, Toronto a offert un contrat à Matias Laba (15) qui, à 21 ans, comptait une soixantaine de rencontres en D1 argentine au compteur. Mais les gros transferts de l’hiver dernier ont obligé les Torontois à se départir d’un joueur désigné, et Laba a pris la direction de Vancouver. Il y côtoie Gershon Koffie (22), un Ghanéen qui a quitté son pays à 19 ans afin de trouver un club en Europe, sans succès. Mais, repéré par un dirigeant de Vancouver, c’est là qu’il a tenté sa chance, commençant en D2 en 2010 avant d’accompagner le club en MLS la saison suivante.

La multiplication des jeunes talents en MLS est due à la combinaison de plusieurs facteurs, et le parcours des joueurs évoqués dans ce texte nous permet de les observer. Les clubs ayant leurs propres équipes de jeunes, le fait que celles-ci aient avec l’USSDA une compétition suffisamment relevée, les équipes nationales d'âge, les contrats Génération adidas, la multiplication des talents et du recrutement à proximité ainsi qu'une meilleure détection à l’étranger de jeunes ayant les qualités pour briller en MLS : tous ces éléments mis ensemble expliquent la hausse fulgurante du nombre de joueurs de moins de 24 ans qui font, déjà, partie des incontournables et incitent à l’optimisme pour la génération à venir.

24 September 10:17 am

Cette semaine marque la sortie officielle de FIFA 15, la référence des jeux vidéo de foot depuis de nombreuses années. Pour marquer le coup, je vous emmène en voyage dans mon enfance et mon adolescence pour retracer l’histoire de ces jeux (vidéos à l’appui), et de certains d’entre eux qui m’ont particulièrement marqué. Pour abréger la liste, je me suis limité à ceux où l’on joue les matches sur le terrain, manette en mains, et ai enlevé ceux où l’on prend le rôle de l’entraîneur et des dirigeants, qui m’ont également procuré bien du plaisir.

International Soccer
Un de mes tout premiers jeux (le premier était le mythique Revenge of the Mutant Camels, si vous voulez tout savoir), sur cartouche, qui se limitait à sa plus simple expression, que ce soit graphiquement - couleurs basiques, ballon en forme de + -, ou dans la direction que l’on pouvait donner au ballon - toujours la même que celle du joueur, horizontale, verticale ou diagonale - et les règlements, les fautes étant par exemple impossibles. On pouvait jouer à deux, ou seul face à un des neuf niveaux de difficulté de l’ordinateur, et il y avait même un mode pour les télévisions en noir et blanc.

World Cup Carnival
Le jeu officiel de la Coupe du monde 1986, et d’ailleurs le premier jeu officiel d’une Coupe du monde… la plus belle d’entre toutes certainement, avec le Canada qualifié et la Belgique en demi-finale. Le jeu était un peu plus évolué que le précédent, et il y avait moyen de jouer avec les vrais pays à la Coupe du monde. Vous imaginez, pour le gamin de 9 ans que j’étais ! Malgré tout, il est loin d’être celui qui m’a le plus marqué, et quand j’en lis les critiques aujourd’hui, je comprends un peu pourquoi.

Microprose Soccer
Son outil marketing était révolutionnaire : les centres banane (à la Franky Vercauteren, même si ses concepteurs Anglais n’ont sûrement pas pensé à lui en créant le jeu). Alors que jusque-là, on devait se contenter d’envoyer le ballon tout droit, Microprose Soccer permettait de donner de l’effet (parfois digne d’une bourrasque de vent) au ballon. Parlant de vent, ce jeu a aussi introduit la météo, avec des matches joués sous la pluie. En plus, il y avait un mode soccer intérieur à l’Américaine, avec les bandes. On pouvait aussi disputer un tournoi international, contre des pays de plus en plus forts et, si je me souviens bien, Oman était le plus faible.

Emlyn Hughes International Soccer
Alors là ! Un de ceux, si pas celui sur lequel j’ai passé le plus d’heures (six mois de grève des profs, ça a aussi aidé). Génialissime ! La jouabilité me convenait parfaitement, mais en plus on pouvait tout éditer (et sauvegarder) : noms des équipes, noms des joueurs, et même leurs qualités (en remplissant de zéro à trois ronds) ! Les clubs anglais et écossais ont rapidement cédé le pas à ceux du championnat de Belgique. Quel plaisir de disputer un duel Ekeren - Standard, avec des joueurs que je suivais chaque semaine à la télévision, plutôt qu’avec des noms aux consonances inconnues. En plus, on pouvait aussi personnaliser les compétitions - championnats, coupes, tournois - ce que je n’ai pas manqué de faire, et de disputer de nombreuses saisons avec promotions des meilleurs et relégation des moins bons. En bonus, on pouvait aussi voir l’état de forme des joueurs à la fin du match : les meilleurs étaient généralement les plus fatigués, et il y avait des premières stats comme le classement des buteurs. Bon, j’arrête, sinon je n’aurai plus de place pour parler des autres.

International soccer challenge
Celui-là, en fait, je ne l’ai jamais eu, c’est un ami qui le possédait. Il offrait une option totalement impensable pour l’époque, et que l’on n’a pas revue avant longtemps : une vue « 3D » et le contrôle d’un seul joueur, dont on avait le point de vue en permanence. Aussi intéressant que déconcertant, et introuvable en vidéo !

Manchester United (Europe)
Eh oui, j’ai un faible pour les Red Devils en Angleterre, et vous en connaissez désormais le coupable : ce jeu. Alliant arcade et gestion de l’équipe, il plongeait dans l’univers d’Alex Ferguson (oui, déjà !). Le premier opus, centré sur le championnat anglais, faisait la part belle au management (et à la vitesse de Danny Wallace). Le second, à la gloire de l’équipe qui allait remporter la Coupe des Coupes après le bannissement de cinq ans des clubs anglais de la scène européenne, donnait davantage de place au match, et était très agréable à jouer pour son époque. Autant que la finale gagnée contre Barcelone, c’est lui qui m’a fait aimer les Pallister, Irwin, Ince, Robson, Sharpe et autre Hughes.

Kick Off
Changement de perspective : alors que jusque-là, presque tous les jeux (Microprose Soccer s’y était déjà essayé) se jouaient de gauche à droite, comme on voyait un match à la télévision, celui-ci allait de haut en bas, avec une caméra au-dessus des joueurs dont la chevelure devenait aussi imposante que le maillot. La critique a immédiatement adoré, il m’a fallu attendre Kick Off 2 pour être converti. C’était comme si on jouait sur un écran avec une meilleure résolution, avec plus de détails dans les passes et l’endroit où on envoyait le ballon. Il y avait aussi d’autres évolutions graphiques intéressantes, comme les types de terrain (humide, beau gazon anglais, etc.), des choix tactiques variés (1-2-7 !) et même la personnalité des arbitres ne sifflant pas tous de la même manière. Par contre, pas moyen de changer les noms des clubs et des joueurs imposés.

Sensible Soccer
Il n’a cependant pas fallu longtemps pour que Kick Off soit détrôné à mes yeux, par un autre jeu allant de haut en bas mais avec un meilleur angle de vue : Sensible Soccer. Plus agréable à jouer, il était plus simple d’y poser son jeu et de faire circuler le ballon, on avait une meilleure vue d’ensemble et, en fin de match, quelques stats sympas et la possibilité de revoir les faits saillants. Et puis, la base de données était impressionnante et, surtout, les noms des équipes et des joueurs étaient totalement éditables (même leur couleur de peau et leur couleur de cheveux, mais par contre pas leurs qualités) tout comme les maillots et les compétitions. Vous devinez aisément que cet aspect aussi m’a longuement occupé, j’avais même créé l’équipe des amis avec lesquels je jouais au foot en vrai ! On entendait en plus certains airs que les supporters chantaient dans les stades pour créer de l’ambiance. Tout pour me plaire quoi (sauf les cartons rouges à répétition que je me prenais avec Emil Lörincz) ! Encore plus quand quelques mois plus tard est sortie une nouvelle version avec un peu de gestion, des joueurs qui avaient une valeur de transfert et un mode s’étalant sur plusieurs saisons.

Goal!
Troisième membre de mon top 3 avec Sensible et Emlyn Hughes, il a été créé par le concepteur de Kick Off, Dino Dini, mais porte un autre nom car celui-ci s’était brouillé avec l’éditeur du premier jeu. Sa jouabilité et son graphisme mélangeaient un peu les qualités de Kick Off et de Sensible Soccer avec, en plus, la possibilité de jouer à nouveau à l’horizontale (en fait, on pouvait choisir différents points de vue), ce que j’ai toujours préféré. Goal! possédait plus d’options que Kick Off, les noms (des joueurs, clubs et entraîneurs) et les maillots étaient éditables, les qualités des joueurs étaient nombreuses et visibles mais inchangeables. Il fallait donc d’abord trouver les meilleurs et les moins bons avant de les modifier pour coller à la réalité et ajouter son championnat national (oui, je l’ai fait, évidemment : quel boulot !). Goal! était, en fait, à de nombreux points de vue l’évolution logique de ses prédécesseurs. Il a aussi marqué la fin d’une époque : celle où il était possible de tout faire - tackler, passer, accélérer, tirer, donner de l’effet, etc. - avec un seul bouton, privilégiant l’instinct du jeu aux doigts en folie qui doivent appuyer partout sans se tromper de combinaison.

FIFA
Créée il y a une grosse vingtaine d’années, cette série ne se démarquait pas vraiment à ses débuts, avec sa vue diagonale perturbante, sa manière inhabituelle de contrôler les joueurs et sa jouabilité parfois compliquée. Mais la disparition des ordinateurs de jeu, tels l’Amiga, au profit des PC, l’avènement d’une nouvelle génération de consoles, la complexification des manettes de jeu et la faculté d’adaptation de ses créateurs (qui avaient en outre les moyens de ressortir une nouvelle version chaque année) aussi bien aux demandes des joueurs qu’à ces nouvelles réalités lui ont permis de s’imposer avec le temps, et de devenir une référence indétrônable. La percée s’est faite lors de l’édition du jeu précédant la Coupe du monde 1998 : graphisme, jouabilité, modes de jeu mais aussi trame sonore ont séduit tant les acharnés du joystick que les joueurs du dimanche. En 20 ans, le jeu a bien évolué, comme vous pouvez le constater avec la vidéo ci-dessous.

23 September 10:15 am

Après une semaine de pause (encore désolés pour cette absence), Coup Franc vous revient avec les sujets qui ont fait débat depuis la dernière émission, sur le terrain, dans les vestiaires et dans les bureaux (des débats animés que vous pouvez aussi écouter ici).

La MLS se dote d’un nouvel écusson et d’une nouvelle identité visuelle pour renouveler son image de marque : un changement auquel il va falloir s’habituer, mais qui a un riche potentiel et montre l’importance de l’innovation aux yeux de la MLS, ainsi que son envie d’impliquer les supporters (qui ont déjà fait parler leur créativité).

Auteur de trois buts contre Seattle, Bradley Wright-Phillips a trouvé le fond des filets à 24 reprises et s’approche du record de 27 buts en saison régulière. Va-t-il le battre ?

Tim Leiweke n’a pas mâché ses mots au sujet du Toronto FC lors d’une conférence sur la gestion : il a jeté le blâme sur Jermaine Defoe et l’a mis en opposition à David Beckham, dit qu’il a fait une erreur en conservant Ryan Nelsen et son staff, avoué que Greg Vanney était le plan B depuis le début de la saison et affirmé que seulement deux personnes dans le vestiaire se sentaient concernées. Qu’en penser ? À mettre en perspective avec le gros plan sur Toronto que nous avions fait plus tôt cette saison.

Altercation Di Vaio - Felipe à Montréal : beaucoup de bruit pour rien, mais Frédéric Lord a tenu à apporter certaines précisions pour amener une autre perspective sur l'incident.

Le classement des meilleurs joueurs de moins de 24 ans sera dévoilé cette semaine : ce sera le sujet de notre prochaine émission, mais on se mouille quand même avec nos pronostics sur le nom du vainqueur issu d’une présélection impressionnante (voir bas de la page mise en lien). Qui voyez-vous comme numéro 1 ?

Pour finir, comme de coutume, nos conseils pour le jeu MLS Fantasy. Vous pouvez toujours joindre la ligue Coup Franc, les points que vous avez déjà marqués seront évidemment comptabilisés.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

22 September 10:11 am

« En rang deux par deux, et tenez-vous la main ! » Cette rengaine tant entendue à l’école semble l’adage du moment quand on regarde le classement en MLS, où les couples se forment. Mais il y a de la discorde dans les rangs puisque tout le monde veut faire en pas en avant pour devancer son voisin.

Longtemps seul en première place et tout auréolé de sa victoire en Coupe des États-Unis, Seattle avait laissé ses meilleurs éléments à la maison et a, surtout, oublié d’avancer au moment où la cloche a sonné à New York. La sanction a été sans appel, dispensée par le brillant élève Wright-Phillips, plus que jamais en course pour battre le record de 27 buts en saison régulière (il est à 24).

Du coup, un peu comme en F1, ils sont désormais deux en première ligne : la victoire du LA Galaxy lui permet en effet de revenir à égalité de points en tête (mais avec un match de plus au compteur), une fois de plus grâce à la contribution de Gordon, que Bruce Arena se félicite sûrement d’avoir attiré dans sa classe alors qu’il se morfondait de l’autre côté du couloir, à San José. Plutôt que de panser les plaies de la défaite, Dallas y voit un bon cas d’étude de ses solutions de rechange.

Semaine après semaine, l’écart se creuse lentement mais sûrement entre le duo de tête et ses deux plus proches poursuivants, qui eux-mêmes prennent leurs distances sur le binôme derrière eux (Dallas, qui  a donc perdu, et Kansas City, qui ne jouait pas). Salt Lake a rempli sa mission, en assommant son voisin Colorado 5-1, avec cinq buteurs différents, à commencer par Plata qui a reçu l’essentiel des éloges. De son côté, DC United a arraché un point à Chicago grâce à un autre ancien Torontois : Luis Silva, qui a osé prendre ses responsabilités. Mike Magee a vu tout ça de loin mais ne s’est pas gêné de qualifier la pelouse de son club de « terrain de merde ».

Plus loin dans le rang - vous savez, là où le prof pose plus difficilement les yeux - fini d’être bien alignés deux par deux : ils sont cinq pour… trois places dans l’Est. D’ailleurs, Philadelphie se plaint que l’arbitre n’a rien vu quand Nogueira s’est fait faucher dans le rectangle dans les dernières minutes d’un match sans but contre Houston. En meilleure position pour le moment, New England a vu sa série de victoires prendre fin à Columbus, qui a remporté ce match à six points grâce à un bel effort collectif. Et Toronto, pas mal bousculé depuis quelques semaines, s’est enfin imposé, prenant le dessus sur un de ses congénères les plus faibles, Chivas USA. « Chaque point est tellement important », martelaient Bradley et ses coéquipiers.

Il y a davantage d’ordre dans la section ouest, où ils ne sont que deux à se battre pour être au-dessus de la ligne rouge : Portland et Vancouver, qui se sont affrontés ce week-end. Les Américains se sont largement imposés, 3-0, grâce à leur expérience et leur maturité, affirment-ils, et ont dépassé leur adversaire du jour, désabusé et dont la maigre consolation était de dire que l’équipe en moins bonne position avait moins de pression… Il y a aussi une lutte à distance entre les équipes canadiennes pour une place en Ligue des champions l’an prochain. Elle ne sera pas pour Montréal, qui a néanmoins quitté la dernière place en championnat grâce à sa victoire contre l'antépénultième, San José, coïncidant toutefois avec l’officialisation mathématique de sa non-participation à la phase finale de la Coupe MLS.

LES RÉSULTATS
Salt Lake - Colorado
Portland - Vancouver
Philadelphie - Houston
Columbus - New England
Montréal - San José
New York - Seattle
Chicago - DC United
LA Galaxy - Dallas
Toronto - Chivas USA

 
5-1
3-0
0-0
1-0
2-0
4-1
3-3
2-1
3-0

Classement général
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18 September 11:56 am

L’année prochaine, la MLS va entrer dans sa vingtième saison. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis ses débuts, on entend même souvent parler, par analogie avec l’informatique, de MLS 2.0 voire 3.0.

Il est à la fois bien lointain, mais quand même relativement proche, le temps où des clubs aux noms et aux logos « cartoonesques » évoluaient dans des stades pas adaptés au soccer pour disputer un match avec certains règlements insolites devant un public qui ne comprenait pas vraiment tout ce qu’il voyait. L’évolution a été rapide : le commissaire Don Garber a mis le pied sur l’accélérateur à son arrivée, et l’initiative « Place au jeu » en 2007 a fait passer la MLS à la vitesse supérieure.

Ce n’était encore rien comparé aux 18 derniers mois : annonces de plusieurs nouveaux clubs, de nouveaux stades dédiés au soccer, nouvel accord à long terme pour les droits TV représentant des sommes record pour la MLS. Ça, c’est en dehors du terrain. Dessus, on voit de plus en plus de joueurs de qualité : des étrangers méconnus avant qui apportent une plus-value au championnat, des vedettes mondiales renommées, des internationaux américains qui reviennent au pays, et des valeurs sûres de la compétition qui reçoivent des offres suffisamment intéressantes pour résister aux sirènes européennes.

Du changement d’image de Kansas City - bel exemple de l’évolution et de sa réussite - aux foules record à Seattle en passant par le nombre de joueurs de MLS en huitième de finale de la dernière Coupe du monde avec l’équipe nationale ou le nombre croissant de contrats prolongés avec un statut de joueur désigné : si les progrès étaient prévisibles, peu de monde aurait parié il y a trois ou quatre ans à peine qu’ils seraient aussi fulgurants.

Si vous êtes curieux et vous posez souvent la question « Quel est le prochain ? », vous avez certainement été enthousiastes quand sont arrivés, en rafale, les noms du prochain grand joueur à signer en MLS, de la prochaine vedette à décider d’y rester au lieu de s’enrichir ailleurs, du prochain stade dédié au soccer qui serait construit, du prochain club à être annoncé, du prochain accord qui vous permettra de suivre de plus près la compétition sur vos médias favoris tout en offrant aux clubs des moyens financiers supplémentaires afin d’être plus compétitifs sur la scène internationale, de la prochaine fois où l’on parlera de la MLS à l’étranger en termes élogieux, ce qui est de plus en plus fréquent.

La MLS change, la MLS évolue, et c’est tant mieux. La perception que s’en fait le public est bien différente de celle d’il y a 20 ans, et même de celle d’il y a 8 ans. Les dirigeants de la ligue souhaitent une évolution de l’image de marque de la Major League Soccer. Sa première représentation, que l’on retrouve partout, est son logo qui, lui, avait à peine changé en 20 ans, avec les fameux ballon et chaussure à crampons, souvent cibles des critiques, et trahissant facilement son âge. Il fallait adapter cela à une nouvelle réalité : exit le logo, place à un écusson plus moderne qui doit mieux traverser les époques, place à une nouvelle identité visuelle de la marque MLS.

« Nous avons franchi aujourd’hui une nouvelle étape vers notre futur – une apogée des nombreux changements monumentaux qui nous ont permis d’atteindre une croissance rapide, a ainsi déclaré Howard Handler, directeur commercial de la MLS. Au cours des 18 derniers mois, nous avons annoncé de nouvelles équipes, de nouveaux stades dédiés au soccer, un partenariat de huit ans portant sur les droits médiatiques valant des millions de dollars, et nos propriétaires ont effectué d’importants investissements pour engager des sportifs de classe mondiale. Réunis, ces éléments nous ont fait réaliser que notre image de marque actuelle ne représentait plus réellement la ligue que nous sommes et ce que nous voulons devenir. »

Inspiré de ce qui fait la tradition du soccer à travers le monde, le nouvel écusson de la MLS est sobre et épuré, divisé en deux parties égales par un sillon : l’une avec l’inscription « MLS » et trois étoiles, l’autre laissant place à un espace blanc ouvert… certainement signe de l’avenir qui offre d’infinies perspectives. Sa conception graphique a pour objectif de dire « soccer » sans l’utilisation prosaïque du ballon et de la chaussure à crampons que l’on retrouvait précédemment.

Ses couleurs rendent hommage aux nations représentées en MLS, le Canada et les États-Unis. Ou plutôt, ses couleurs de base. Car cet écusson et cette identité visuelle présentent une originalité peu commune : le fait de pouvoir être déclinés aux couleurs de chacun des clubs. Chaque club dispose donc d’une version de l’écusson de la ligue qui ne remplace pas celui du club, mais reflète son identité, ses couleurs et son marché local.

L’objectif est clair : la création d’un écusson flexible. Cela se remarquera certainement aussi dans d’autres utilisations futures, notamment dans les environnements mobiles et numériques tout comme dans les retransmissions télévisées, les publicités, sur les manches des maillots et sur les ballons. Mais les trois axes prioritaires de l’engagement de la MLS sont explicites : clubs, pays et communauté.

Cette nouvelle identité visuelle va commencer à apparaître graduellement : aucun changement n’aura lieu pour ce qui concerne la saison 2014, mais tout ce qui touche 2015 portera la nouvelle image. Ainsi, on la verra entre autres cette année lors du dévoilement des maillots d’Orlando et de New York City, mais aussi au cas où, par exemple, adidas devait présenter un nouveau ballon pour la saison prochaine. Et elle devrait être omniprésente à partir du SuperDraft 2015. Les 19 clubs actuels proposeront les maillots avec le nouvel écusson à partir de la Semaine des maillots qui aura lieu en prélude à la saison prochaine.

En fait, la première utilisation pratique du nouvel écusson est incessante, puisqu’il est incorporé dans le jeu FIFA 15, que certains possesseurs chanceux de Xbox One ont déjà pu télécharger aujourd’hui, et qui sera vendu partout à travers le monde à partir de la semaine prochaine. Quant au site Internet de la MLS et aux autres supports mobiles et numériques, ils doivent évidemment être mis à jour avec la nouvelle identité visuelle, et un gros travail va être accompli afin que tout soit prêt pour le lancement de la vingtième saison de la compétition.

Pour avoir encore plus de détails sur l’écusson, la signification de chacune de ses composantes, le télécharger et voir ses déclinaisons aux couleurs de tous les clubs, rendez-vous ICI.

17 September 12:15 pm

Si la période des transferts internationaux a officiellement pris fin le mois dernier, ce n’est qu’en ce début de semaine que tombait la date de fixation de la liste des joueurs, c’est-à-dire le moment à partir duquel les clubs ne peuvent plus toucher à leur effectif. Entre les deux, les clubs ont quelques possibilités intéressantes et ne se sont pas privés de s’en servir cette saison, attirant au passage quelques joueurs qui devraient hausser le niveau de la MLS.

Mais commençons avec les façons les plus prévisibles d’apporter des changements durant cette période : le transfert interne et l’échange standard. C’est-à-dire, tout simplement, recruter un nouveau joueur dans un autre club de MLS. Chivas USA est allé chercher Jhon Kennedy Hurtado à Chicago, et a envoyé Mauro Rosales à Vancouver en échange de Nigel Reo-Coker. À ce moment-là de la saison, deux objectifs semblent se dégager de ces transactions : apporter une nouvelle dynamique dans une équipe qui ne tourne pas aussi bien que prévu, et se donner de l’air financièrement en allégeant la masse salariale ou en obtenant une allocation monétaire.

Autre manière prévisible (voire souhaitable) d’ajouter de nouveaux joueurs dans son effectif : faire signer des jeunes du club. En effet, les règlements de la MLS obligent les clubs à fournir une liste de maximum 30 joueurs, qui sont les seuls autorisés à jouer en championnat. Si en fin de saison, moment idéal pour cela, un club veut récompenser un de ses jeunes prometteurs en lui offrant quelques escapades avec l’équipe première, il n’a pas d’autre choix que de l’ajouter à la liste en question. C’est ce qu’a entre autres fait Montréal avec Louis Béland-Goyette : deux jours après, il était déjà sur le terrain à New England. Les clubs canadiens semblent avoir envie de récompenser leurs pépites, puisque Toronto et Vancouver ont également promu des joueurs qu’ils ont formés.

Et puis, il y a ceux qui ont sillonné le marché international à la quête de joueurs sans contrat, et donc libres de signer en dehors des périodes de transfert. Plusieurs raisons expliquent les différentes arrivées, mais les joueurs cités ci-dessous ont tous un CV intéressant.

Le moins connu d’entre tous est certainement l’arrière droit Pablo Pintos, dernier renfort en date de San José. Depuis le départ de Steven Beitashour à Vancouver, les Californiens du nord étaient à la recherche d’une valeur sûre pour le poste. Ils ont d’abord jeté leur dévolu sur Andy Gorlitz, mais sa saison a pris fin en mai suite à une blessure au genou. Brandon Barklage, Ty Harden et Shaun Francis se sont relayés au back droit, mais le club voulait y trouver un titulaire fixe au plus vite. Il a donc recruté l’Uruguayen, revenu au Defensor Sporting, son club d’origine, après des passages en Argentine, en Espagne et en Turquie.

Le joueur de talent qui cherche encore la bonne voie pour sa carrière. C’est clairement ainsi que l’on peut identifier Samuel Inkoom. Ce nom vous dit sans aucun doute quelque chose, puisque l’arrière droit a souvent brillé sous le maillot ghanéen. Mais vous êtes certainement bien moins nombreux à connaître son parcours en club. Et pour cause : il est assez chaotique. Le potentiel est là, reste à trouver la stabilité. C’est le pari commun qu’on fait le joueur et DC United en signant le contrat qui les lie.

Le remplacement d’urgence. La MLS attire de plus en plus le regard des grands championnats. Génial ! Mais vu que son calendrier est différent, ses périodes de transfert aussi. Et quand le mercato estival est fini ici, les clubs européens peuvent encore attirer des joueurs pour leur début de saison. C’est comme cela que Columbus a vu son international costaricien Giancarlo Gonzalez, auteur d’une brillante Coupe du monde, prendre la direction de Palerme. Réaction immédiate dans l’Ohio : lui trouver un remplaçant d’un niveau au moins comparable. Le choix s’est porté sur Emanuel Pogatetz, international autrichien de 31 ans qui compte plus de 60 sélections, a joué en Premier League et en Bundesliga, mais que Nuremberg ne souhaitait pas conserver à l’issue de la saison dernière.

Toutes ces raisons… et d’autres encore. Voilà comment on peut parler du transfert de Florent Sinama-Pongolle à Chicago. Un joueur intéressé à venir en MLS et séduit par le discours de son entraîneur, mis à l’essai par un club qui n’était pas forcément pressé de l’embaucher en pensait peut-être attendre au début de la saison prochaine. Un joueur qui revient d’une grave blessure qui l’a mis sur une voie de garage dans son ancien club, Rostov, en Russie, mais n’a pas un lourd passé l’ayant laissé hors des terrains. Un attaquant qui présente un CV intéressant, avec entre autres des passages à Liverpool et l’Atletico Madrid, ainsi qu’une sélection en équipe nationale. Et puis, une opération, celle de Mike Magee, qui accélère le mouvement et permet la signature du Français avant la date de fixation de la liste des joueurs 2014.

On espère évidemment, tant pour les joueurs que pour leurs clubs et pour la MLS, que tous seront de grandes réussites. L’avenir, plus ou moins proche, nous apprendra qui parviendra à avoir un impact immédiat, qui profitera de cette signature en fin de saison pour s’adapter à un nouvel environnement avant d’éclater la saison prochaine et qui tombera rapidement dans l’anonymat à la recherche d’une nouvelle étape à sa carrière.

15 September 10:33 am

Le match nul était à l’honneur lors de la dernière journée de championnat, ce qui a permis aux rares vainqueurs du week-end de se démarquer encore plus par rapport à leurs concurrents directs.

À commencer par le leader, Seattle, vainqueur 3-2 de Salt Lake à l’issue d’un match spectaculaire, riche en beaux buts, et dont le but décisif est tombé dans les derniers instants, gracieuseté de Rose, remplaçant de luxe qui rapporte une fois de plus des points importants. « Des détails ont fait la différence », se lamentaient les battus, convaincus d’avoir fait jeu égal avec leur adversaire.

En plus de prendre ses distances sur un concurrent direct, Seattle a vu son actuel dauphin, le LA Galaxy, perdre deux points précieux à San José. Coupable désigné : Robbie Keane, qui a raté un penalty à 0-1 en faveur des siens. C’était le cinquième penalty raté par l’équipe cette saison, et ils constituent un important manque à gagner. Après une défaite à New York en milieu de semaine, DC United était au repos ce week-end, et a donc lui aussi vu grandir l’écart avec la première place.

En méforme depuis plusieurs semaines, Kansas City a profité de sa visite à Chivas USA pour retrouver le bon chemin : une victoire nette lors de laquelle Dwyer a inscrit son 19e but de l’année, record chez les Ciel et Marine en une saison régulière. Autre bien classé à s’imposer, Dallas a loué le retour de Blas Perez, qui a tracé la voie vers la victoire contre Vancouver, qui aurait bien aimé que le héros du jour reste en équipe nationale quelques jours de plus. Une défaite qui aurait pu être plus lourde de conséquence si Portland n’avait pas été tenu en échec à Colorado, après avoir ouvert la marque mais aussi après avoir remonté un retard d’un but. Samedi, Portland accueille Vancouver…

Ah, cette cinquième place dans l’Ouest qui ressemble à une lutte à deux. Tout le contraire du portrait dans l’Est, où les nombreux partages du jour sont autant d’occasions gâchées pour les uns et de soupirs de soulagement pour les autres. Mais commençons par le seul protagoniste à avoir gagné : New England a battu Montréal et s’est imposé pour la troisième fois de suite après avoir été mené au score. C’est aussi un des grands bénéficiaires du week-end.

Chicago pensait se relancer dans la course en battant Toronto : ce fut vrai jusque dans les tout derniers instants, mais l’équipe « a encore trouvé le moyen de faire match nul quand elle devait gagner », dixit Frank Yallop, qui ne cherchait aucune excuse. Et encore, ce 15e partage de la saison aurait pu être transformé en défaite si le but de Gilberto dans les arrêts de jeu n’avait pas été annulé pour une raison que « seul l’arbitre a vue », se désolait Greg Vanney.

Autre formation à courir pour remonter au-dessus de la ligne rouge, Houston a laissé filer une avance de deux buts en dix minutes contre Columbus, fier de sa réaction après avoir été dos au mur. New York a également perdu deux points, dans les arrêts de jeu suite à une décision arbitrale controversée : une faute dans le rectangle que Sekagya jure ne pas avoir commise, mais sanctionnée d’un penalty. Une unité d’autant plus précieuse pour Philadelphie que plusieurs titulaires étaient au repos en prévision de la finale de la Coupe des États-Unis.

LES RÉSULTATS
Seattle - Salt Lake
Chivas USA - Kansas City
Philadelphie - New York
New England - Montréal
Chicago - Toronto
Dallas - Vancouver
Houston - Columbus
Colorado - Portland
San José - LA Galaxy

 
3-2
0-4
2-2
2-1
1-1
2-1
2-2
2-2
1-1

Classement général
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11 September 3:20 pm

La rentrée des classes a coïncidé avec celle des équipes nationales un peu partout à travers le monde. Les États-Unis ont remporté un match amical en Tchéquie, le Canada a battu la Jamaïque, la Coupe d’Amérique centrale a lieu en ce moment, les éliminatoires de l’Euro 2016 ont commencé, ceux de la Coupe d’Afrique des nations se poursuivent. Dans le même temps, le président de la Concacaf, Jeffrey Webb, a exprimé le respect croissant dont bénéficie la confédération au sein de l’arène mondiale du soccer, notamment grâce à la bonne Coupe du monde de ses représentants.

L’un des vœux les plus chers de la Concacaf est d’avoir davantage de représentants à la Coupe du monde. Pour le moment, elle bénéficie de trois places « et demie » sur trente-deux. La « demie » étant un match de barrage contre une équipe d’une autre confédération logée à la même enseigne. Lors du Mondial brésilien, la répartition était la suivante : treize places pour l’Europe, cinq et demie pour l’Amérique du Sud (dont une exceptionnelle car le tournoi se jouait au Brésil), cinq pour l’Afrique, quatre et demie pour l’Asie et une demie pour l’Océanie.

Je me suis donc demandé si cette répartition, situant la Concacaf en avant-dernière position, était juste. Pour cela, j’ai chiffré la situation de diverses manières possibles, histoire d’avoir une multiplicité de points de vue et de comparaison. Pour commencer, la réflexion la plus basique : et si on prenait les 32 meilleurs pays au classement Fifa pour aller à la Coupe du monde ? Si on se fie à celui publié juste après le dernier Mondial, on retrouverait 20 pays européens en Russie, pour 7 nations d’Amérique du Sud, 3 de la Concacaf, 2 d’Afrique et aucun d’Asie ni d’Océanie. On conviendra que le raisonnement est trop simpliste, dénué de sens et pas en adéquation avec l’universalité du soccer.

Certains plaident pour la récompense au mérite, que l’on peut élaborer de manière élaborée avec des coefficients. C’est ainsi, notamment, que l’UEFA détermine le nombre de places par nation dans les diverses coupes d’Europe. J’ai donc fait les calculs nécessaires en attribuant deux points pour une victoire, un pour un nul, un bonus de deux points aux pays sortant de leur groupe, d’un point à ceux qui se qualifiaient pour le tour suivant lors de la phase à élimination directe et de deux points au champion du monde. Après, comme pour le coefficient UEFA, il faut diviser le total par le nombre de participants de la confédération en question. En chiffres, cela donne ceci :

 

1998

2002

2006

2010

2014

Total

AmSud

7,600

6,600

7,250

8,400

9,167

39,017

Europe

7,333

5,867

8,214

6,154

6,154

33,722

Concacaf

2,667

6,000

2,000

5,000

6,250

21,917

Afrique

2,800

3,400

2,200

2,667

2,800

13,867

Asie

1,000

4,500

1,500

3,750

0,750

11,500

Océanie

0,000

0,000

5,000

3,000

0,000

8,000

Un tel système ne peut pas être appliqué pour déterminer le nombre de places dans l’absolu, car il défavorise les confédérations qui ont beaucoup de participants et peut être très volatil pour celles en ayant très peu (voir l’Océanie). Son utilité, en revanche, est de comparer la Concacaf avec ses concurrents directs, si on peut les appeler ainsi, et le résultat est tout à son avantage.

À l’issue de chaque Coupe du monde, la Fifa classe également les participants, du premier au trente-deuxième. En utilisant ce classement (avec 32 points pour le champion du monde, 31 pour son dauphin, etc. jusqu’à 1 pour le dernier classé - total encore une fois divisé par le nombre de pays de la zone) pour établir un coefficient, cela peut corriger certains déséquilibres, mais au bout du compte, la vue d’ensemble est la même. On voit aussi que depuis trois éditions du Mondial, l’Asie est en net recul et la Concacaf fait mieux que jeu égal avec l’Afrique. Cette dernière est cependant plus régulière.

 

2006

2010

2014

Total

AmSud

22,750

26,400

24,833

73,983

Europe

21,286

16,846

18,077

56,209

Concacaf

8,500

14,333

17,000

39,833

Afrique

11,200

11,333

11,400

33,933

Océanie

17,000

11,000

0,000

28,000

Asie

8,500

13,750

4,500

26,750

Ces coefficients restent complexes et peu réalistes dans l’ensemble (imaginez-vous sérieusement davantage d’équipes d’Amérique du Sud que d’Europe à la Coupe du monde ?) Mais il est facile d’imaginer des systèmes plus simples. Par exemple, en tenant compte de l’édition précédente : les 24 premiers garantissent une place à leur confédération, et les huit autres sont attribuées en bonus aux confédérations des quarts de finalistes. Problème : si une confédération n’a aucun pays dans le top 24, les portes de la Coupe du monde se referment sur elle sans possibilité de réouverture.

Néanmoins, c’est à nouveau un intéressant critère d’évaluation et de comparaison. En plus, il donne moins de poids à l’élite absolue des confédérations, contrairement aux coefficients. En suivant ce système, l’Europe aurait 16 représentants en Russie, l’Amérique du Sud 9, la Concacaf 4, l’Afrique 3, mais l’Asie et l’Océanie n’auraient personne. Pour comparer objectivement, il ne faut pas regarder qu’une seule édition. Selon cette clef, au Brésil, la Concacaf aurait été la deuxième confédération la moins bien représentée cet été, avec seulement 2 nations, contre 3 à l’Asie, 4 à l’Afrique, 9 à l’Amérique du Sud et 13 à l’Europe, pour une seul à l’Océanie. En 2010, notre confédération n’aurait eu qu’un seul représentant, à l’instar de l’Océanie et de l’Asie, pour 4 à l’Afrique, 6 à l’Amérique du Sud et 19 à l’Europe.

Pour éviter ce problème de porte fermée et rester équitable dans l’esprit de la Coupe du monde, on pourrait par exemple distribuer 22 places fixes (9 pour l’Europe, 1 pour l’Océanie, 3 pour les autres), une à la confédération du pays organisateur, une à celle du champion du monde et les huit autres aux quarts de finaliste de l’édition précédente. En appliquant cette logique, dans quatre ans en Russie, la compétition mettrait aux prises quinze pays européens, six sud-américains, quatre de la Concacaf, trois d’Afrique et d’Asie, un d’Océanie. Ces deux dernières n’ont donc aucun bonus, et elles n’en auraient pas eu lors des deux éditions précédentes, tout comme la Concacaf, alors que l’Afrique aurait chaque fois eu un quatrième représentant. L’Amérique du Sud tournait entre 5 et 8 qualifiés, l’Europe entre 13 et 16.

Mais là encore, on retombe dans le problème de l’élitisme : ce qui rend une Coupe du monde intéressante, ce n’est pas le fait d’avoir huit équipes extraordinaires, mais bien 32 équipes compétitives. Sans insulter personne, avoir cette année la Suède d’Ibrahimovic au lieu d’un Cameroun qui n’en a pas touché une, ou il y a 4 ans l’Égypte au sommet de son art au lieu de la Corée du Nord qui a fait de la figuration, ça aurait davantage pimenté le tournoi.

Alors, j’ai regardé de quelles confédérations venaient les équipes qui « n’ont pas joué avec » au cours des trois dernières éditions, c’est-à-dire celles qui n’ont jamais été dans le coup pour passer au tour suivant ni même pour malmener les principaux adversaires de leur groupe. L’Afrique en a toujours une ou deux, tout comme la Concacaf : cela confirme que les participants des deux confédérations ont un niveau similaire, et supérieur à l’Asie dont, cette année, les quatre représentants étaient hors du coup (pour un il y a quatre ans et deux il y a huit ans). En 2006 et en 2010, un pays européen a chaque fois également eu un rôle de faire-valoir. Les nations d’Amérique du Sud, elles, ont toutes toujours été compétitives.

Oui mais voilà, ne se baser que là-dessus pour changer la répartition des participants ne tient pas compte des éliminatoires de la compétition : un pays qui ne brille pas en phase finale peut s’être qualifié facilement, et inversement. Donc, on peut regarder aussi le comportement du « dernier qualifié » de chaque confédération. Le déterminer est facile pour les gagnants des « demi-places », mais ça peut être plus subjectif quand il y a des barrages ou de nombreux groupes, mais j’ai essayé de faire les estimations les plus justes possibles (et je me suis servi du classement Fifa quand je n’arrivais pas à départager). C’est un critère très important pour tenir compte de la force globale d’une confédération, et cela élimine le déséquilibre important causé par les locomotives derrière lesquelles il n’y a pas vraiment de pays compétitif.

Là encore, l’Asie fait figure de parent pauvre : la 17e place de la Corée du Sud en 2006 a l’air d’un bon résultat comparé à la dernière de son voisin du nord quatre ans plus tard et à la 30e de l’Australie cet été. Ce n’est guère mieux du côté de la Concacaf, avec Trinité-et-Tobago 27e il y a huit ans et le Honduras 30e en Afrique du Sud, les problèmes du Mexique - 10e au Brésil mais en panne durant les éliminatoires - constituant l’exception. Le Ghana avait peiné à se qualifier il y a quatre ans avant d’échouer aux portes des demi-finales, battu par l’Uruguay, lui aussi arrivé en phase finale par la peau des dents. Les Européens qui sortent de leur zone par le chas de l’aiguille peuvent aussi être compétitifs, il n’y a qu’à voir la France cette année.

Quel bilan peut-on donc tirer si on part de la question de base : la Concacaf peut-elle revendiquer une place supplémentaire à la Coupe du monde ? Et si oui, au détriment de qui ? L’Europe et l’Océanie sont intouchables : l’une parce qu’elle n’a presque rien reçu lors du passage de la Coupe du monde de 24 à 32 équipes, l’autre parce qu’elle n’a presque rien.

En observant les différents modes de calcul ci-dessus (qui ne sont en rien des propositions de réattribuer les places, mais juste des réflexions pour comparer les confédérations), on se rend compte que la Concacaf est difficile à situer. Tirée principalement par les États-Unis et le Mexique, elle s’en tire bien quand on se base sur les performances de l’élite, faisant même mieux que jeu égal avec l’Afrique. Mais si on se base sur la compétitivité générale et le niveau de ses qualifiés les plus faibles, le portrait est beaucoup moins glorieux. L’Afrique est bien plus régulière, quel que soit le critère d’observation, ce qui témoigne d’une plus grande richesse globale de la confédération. En revanche, l’Asie fait au mieux jeu égal avec la Concacaf, mais ses meilleurs représentants ne rivalisent plus du tout avec l’élite de la moitié nord du continent américain.

L’autre enseignement de ces calculs, c’est que peu importe l’angle duquel on aborde la question, l’Amérique du Sud est de plus en plus forte. C’est là que se pose un problème pratique : il est difficilement envisageable de donner un nombre excessif de places à une confédération qui ne compte que dix membres.

Pour diverses raisons, la Concacaf a des airs de parent pauvre qui a du mal à se faire entendre, même si elle monte en puissance. Son voisin du sud, en raison de son petit nombre de pays, ne peut avoir des ambitions démesurées. Les deux veulent grandir, les deux en ont les moyens. Et si c’était en s’unissant pour former une confédération forte qu’elles y parvenaient ? Ne me parlez pas des distances, les 9000 km séparant Montréal de Santiago ne sont rien comparés au 14000 entre Sydney et Damas. Revendiquer neuf voire dix places (au lieu de huit) pour une puissante confédération des Amériques semble plus concevable que gratter les demi-places dans la peine chacun de son côté. Mais ça, c’est un autre débat.

09 September 10:56 am

Montréal a présenté d’ambitieux plans sportifs et extra-sportifs. Dans l’émission de cette semaine (que vous pouvez aussi écouter ici), l’équipe de Coup Franc prend le temps de les décortiquer en se penchant sur les thèmes suivants :

  • L’annonce qui a le plus d’intérêt
  • Utilités pratiques d’un centre d’entraînement au jour le jour
  • L’Impact, de plus en plus présent dans le quotidien de son quartier
  • L’apport potentiel et la réputation des nouveaux vice-présidents
  • L’image de marque, sur le terrain et en dehors
  • L’équipe réserve en USL Pro : utilité et gestion
  • Le danger de cannibalisation de la division USL Pro
  • Le rôle et les compétences de Richard Legendre pour diriger les opérations soccer
  • La mise en place d’une identité de jeu
  • Le développement des relations internationales
  • Ce que peut apporter un partenariat avec un club étranger

Tout cela saupoudré en fin d’émission de nos conseils pour le jeu MLS Fantasy.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

08 September 11:04 am

La journée s’est ouverte par le match qui représentait on ne peut mieux la tendance du moment : le LA Galaxy a enchaîné une cinquième victoire consécutive, s’imposant sur un cinglant 6-0 contre Colorado qui perdait pour la septième fois de suite. Un match chargé d’émotion en raison du décès, la veille, de l’enfant d’AJ DeLaGarza, âgé d’une semaine. Grâce à cette victoire, le LA Galaxy se retrouve à deux points du leader Seattle, au repos ce week-end.

En battant Dallas, Salt Lake s’est repositionné en candidat sérieux dès l’instant où, après quelques mois d’absence, Alvaro Saborio a marqué le but de la victoire peu après sa montée au jeu. Oscar Pareja trouvait néanmoins cette défaite « plus positive » que celle subie une semaine plus tôt à Chicago. Seule équipe de l’est dans le quatuor de tête, DC United ne se positionne pas comme un prétendant au Supporters Shield et se satisfait de son partage blanc à Vancouver qui le rapproche de son seul objectif avoué : une participation à la phase finale. Le raisonnement est différent en Colombie-Britannique, où on ne pense pas tant au point pris qu'aux 411 minutes qui séparent l’équipe de son dernier but.

Néanmoins, le bilan chiffré du week-end est au neutre dans le duel qui oppose Vancouver à Portland, puisque ce dernier a été tenu en échec chez lui par San José alors que, selon son entraîneur, l’équipe aurait pu marquer dix buts. Même si elle a tiré tous azimuts, elle a dû courir après le score à plusieurs reprises mais a réussi à sauver un point au grand dam de Chris Wondolowski.

Si ces résultats confirment une course à deux pour la cinquième place dans l’ouest derrière un quatuor qui peut quasiment déjà penser à novembre, la situation est tout autre dans la conférence est. Des équipes en bonne posture il y a peu s’effondrent complètement, d’autres qui semblaient mal embarquées se sentent pousser des ailes. Ainsi, Kansas City vient d’enchaîner quatre défaites consécutives pour la première fois depuis 2011, s’inclinant 2-1 à New York où Thierry Henry était une nouvelle fois dans un grand soir.

Les Ciel et Marine avaient, heureusement pour eux, un viatique leur permettant de voir venir. On ne peut pas en dire autant de Toronto, où il ne fut pas question de choc psychologique après le congédiement de Ryan Nelsen puisque l’équipe s’est inclinée contre Philadelphie deux fois en quelques jours et la frustration y est de plus en plus palpable. La courbe de forme de l’Union est complètement opposée, et on s’y satisfait d’associer la manière aux résultats.

Le sentiment est identique du côté de New England qui, en battant Chicago, a remporté une quatrième rencontre de suite et confirmé qu’il pouvait remporter un match lors duquel il encaissait le premier but. Face à Montréal, Houston a retourné en sa faveur une situation comprimse, se montrant fier d’avoir su « garder la tête haute » contre un adversaire auquel il se « savait supérieur ». Emmené par un Justin Meram qui fait du tir enroulé sa marque de fabrique, Columbus a réalisé une bonne opération en écartant Chivas USA.

LES RÉSULTATS
LA Galaxy - Colorado
Toronto - Philadelphie
New York - Kansas City
Houston - Montréal
Salt Lake - Dallas
Vancouver - DC United
Columbus - Chivas USA
Portland - San José
New England - Chicago

 
6-0
0-2
2-1
3-2
2-1
0-0
3-0
3-3
2-1

Classement général
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