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Coup Franc

03 July 3:51 pm

La Coupe du monde féminine de soccer prend fin ce dimanche, avec la finale Japon - États-Unis. On peut d’ores et déjà dresser un bilan, pays par pays. Voici mes notes, déterminées en fonction des ambitions légitimes de chacun au début du tournoi, avec un tri selon le « statut » de chacun des participants dans le volet féminin du soccer.

LES TÊTES DE SÉRIE

États-Unis : Bien. Et ce sera même très bien s’ils remportent la finale. Certes, ce fut souvent loin d’être académique, et il a fallu attendre la victoire en demi-finale contre l’Allemagne pour une première prestation réellement convaincante. La débauche d’efforts des Américaines reste toutefois impressionnante, empêche ses adversaires de s’approcher de son but et les asphyxie en deuxième mi-temps.

Japon : Bien. Comme pour les Américaines, la note passera à très bien en cas de victoire finale. Les tenantes du titre se sont contentées du minimum syndical à chaque match, mais ont quand même tout gagné… toujours par un but d’écart. Elles aiment cependant s’installer haut dans le camp adverse et trouvent toujours le moyen de s’en sortir. Difficile de savoir si elles en gardent sous le pied pour le grand soir, c’est ce que nous saurons dimanche.

Allemagne : Satisfaisant. Surtout en raison du résultat final, une place dans le carré d’as qui avait échappé au numéro un du classement Fifa lors des deux dernières grandes échéances mondiales (élimination en quarts à la Coupe du monde 2011, ce qui l’a privé des JO 2012). La qualification contre la France a été obtenue à l’arraché, dans un match lors duquel les Allemandes n’ont pas convaincu, et ce ne fut pas mieux contre les États-Unis. Ce n’est pas tout de planter 10 buts aux petites équipes…

France : Satisfaisant. Peut-être l’équipe la plus complète présentant le jeu le plus diversifié du tournoi. Avec un gros problème : le manque de réalisme. Elle peut déplorer le tirage au sort orienté (qui lui a valu un choc dès les quarts) et l’arbitrage douteux, mais elle n’a pas manqué de galvauder elle-même une tonne d’occasions. La qualification pour les Jeux de Rio apporte du baume au cœur, tout comme l’intérêt médiatique au pays et la qualité du jeu offert.

Canada : Moyen. Il y a 12 ans, le Canada battait l’Angleterre 4-0 sans la moindre discussion. Lors de sa Coupe du monde, il est éliminé par ce même pays. On ne peut pas reprocher aux joueuses et à leur entraîneur de ne pas avoir fait de leur mieux, mais il y a de moins en moins de salut pour le soccer féminin au Canada en dehors de l’équipe nationale, et c’est cette dernière qui le paye au prix fort. Pour une discussion plus détaillée sur le soccer féminin au Canada, écoutez Coup Franc.

Brésil : Insuffisant. Une élimination sans gloire contre l’Australie a mis fin à un parcours terne. Avant cela, il y eut certes trois victoires, mais à l’arraché et avec seulement quatre buts marqués dans ce qui semblait être le groupe le plus faible de la compétition.

LES OUTSIDERS

Angleterre : Très bien. Après deux quarts de finale au cours des deux éditions précédentes, l’Angleterre confirme ses progrès en atteignant le carré d’as pour la première fois de son histoire. Certes, elle a eu un tableau favorable en phase à élimination directe (elle a perdu contre la France dans son groupe) mais elle a aussi causé toutes les peines du monde au Japon, tenant du titre, en demi-finale. Défense un peu friable, cependant.

Australie : Très bien. Toujours derrière les traditionnels grands, elle a pour la première fois de son histoire remporté un match à élimination directe à la Coupe du monde, en écartant en outre un des favoris, le Brésil. L’équipe n’était pas la plus talentueuse, mais connaissait ses forces : garder le ballon sans s’approcher trop près du but adverse, et attaquer par à-coups pour isoler une de ses flèches devant la gardienne.

Chine : Moyen. Et encore, c’est parce que l’équipe a franchi le premier tour et perdu par le plus petit écart contre les États-Unis… Car pour le reste, ce ne fut guère convaincant, avec une défaite contre le Canada, un partage contre la Nouvelle-Zélande, une victoire sur le fil face aux Pays-Bas et une défense manquant de discipline par moments.

Norvège : Faible. Constat d’échec pour l’équipe d’Even Pellerud, malgré les superbes coups francs de ses joueuses et le partage contre l’Allemagne. Le jeu norvégien ne s’est pas tellement modernisé, comptant encore beaucoup sur les longs ballons, les phases arrêtées et le jeu aérien. L’Angleterre était un bon test à cet égard, et il a été raté.

Suède : Insuffisant. L’équipe revendiquait une place de tête de série avant le tournoi… mais elle n’y a pas gagné le moindre match. Bravo certes pour le partage contre les Américaines, mais c’est le seul fait d’armes d’une formation tenue en échec par l’Australie et le Nigeria avant de s’écrouler contre une Allemagne qui a pourtant souffert contre des oppositions sérieuses.

LES REVENANTS AUX AMBITIONS LIMITÉES

Colombie : Très bien. Une victoire retentissante contre la France, quelques gestes techniques spectaculaires de certaines joueuses, des gardiennes qui réussissent des miracles et une très belle résistance contre les États-Unis en huitième de finale avant d’être réduite à dix : la Colombie a marqué certains esprits durant cette Coupe du monde.

Corée du Sud : Bien. De retour après huit ans d’absence, les Coréennes ont remporté leur première victoire dans la compétition et franchi un tour pour la première fois de leur histoire. La France était cependant bien trop forte en huitième de finale.

Nouvelle-Zélande : Moyen. Tenir en échec le Canada et la Chine, ce n’est pas rien. L’équipe a montré sa capacité à empêcher certains adversaires de tourner en rond, mais n’a pu prendre le jeu à son compte. Battue par les Pays-Bas, elle n’a pas franchi le premier tour.

Nigeria : Faible. Habitué de la Coupe du monde (il n’en a manqué aucune), il y a, comme toujours, montré ses limites. C’était toutefois une mission difficile dans le « groupe de la mort » avec l’Australie, les États-Unis et la Suède. À revoir aux Jeux olympiques pour une meilleure estimation ?

Mexique : Faible. Difficile de savoir quelles étaient ses ambitions réelles, mais son bilan est moins bon qu’il y a 4 ans et sa défense a pris l’eau par moments.

LES PETITS NOUVEAUX

Cameroun : Très bien. Deux victoires en phase de groupe pour une seule défaite, contre le Japon, avant de perdre par le plus petit écart au deuxième tour contre la Chine. Équipe au jeu rafraîchissant emmenée par la déroutante Enganamouit.

Pays-Bas : Très bien. Une première victoire et quatre points en phase de groupe, dont un partage contre le pays hôte, et une qualification pour les huitièmes de finale lors desquels les Néerlandaises ont inquiété le tenant du titre jusque dans les dernières minutes. Mertens et Melis nous ont régalés. Bonnes idées, mais encore trop d’imprécision.

Suisse : Satisfaisant. Franchir un tour pour sa première participation en faisant bonne impression contre le Japon et en étant éliminé par le plus petit écart par le pays hôte, ce n’est pas mal du tout. La défaite contre le Cameroun et l’irrégularité dans le jeu font davantage tache.

Costa Rica : Satisfaisant. Une défaite par le plus petit écart contre le Brésil et deux partages face à des adversaires théoriquement plus forts, sans oublier les exploits de la gardienne et le discours rafraîchissant de la sélectionneuse : les attentes n’étaient pas élevées envers les Ticas, mais elles y ont répondu.

Thaïlande : Faible. Très difficile à juger, car dans un groupe avec une équipe très faible (la Côte d’Ivoire, qu’elle a battue) et deux beaucoup plus fortes (la Norvège et l’Allemagne).

Espagne : Insuffisant. Dernière d’un groupe à sa portée, où elle a pris son seul point contre le Costa Rica après avoir raté lamentablement un nombre incalculable d’occasions. Encore trop de différence de qualité entre les meilleures et les moins bonnes joueuses de l’équipe.

Côte d’Ivoire : Très insuffisant. Encore très loin du niveau de la Coupe du monde, et même de celui des autres équipes africaines.

Équateur : Très insuffisant. Une des rares équipes qui n’avait pas le niveau pour participer à la compétition. Mais vaut mieux cela que de laisser à la maison des formations agréablement surprenantes…

01 July 10:10 am

Le mois de juin touche à sa fin, le moment est donc venu d’annoncer les trois finalistes du Franco du mois. Vous commencez à connaître le système, qui est très simple : chaque mois, nous vous proposons trois finalistes, et vous votez. On se rend compte au fil des mois que parmi les nombreux joueurs francophones évoluant en MLS, il y a des valeurs sûres, mais aussi de nombreux autres joueurs qui arrivent à se mettre en valeur.

Ainsi, parmi les candidats au titre ce mois-ci, le Montréalais Laurent Ciman est un habitué du podium, sur lequel il est monté presque chaque mois ; il était même sur la première marche le mois dernier, mais a dû la partager avec Damien Perquis. Les deux autres finalistes obtiennent cet honneur pour la première fois de l’année, même si leur statut aux yeux du grand public est différent. Vincent Nogueira, arrivé à Philadelphie l’an dernier, fait déjà partie des valeurs sûres de son club. Le jeune Camerounais Anatole Abang s’est en revanche révélé au cours des dernières semaines à New York.

Vous pouvez voter dans le sondage ci-contre, sur Twitter ou sur Facebook. Seules les prestations en championnat au cours du mois de juin sont à prendre en compte au moment de voter. Vos choix s’ajouteront à ceux des animateurs de l’émission Coup Franc (Frédéric Lord, Olivier Tremblay et moi-même), durant laquelle nous vous annoncerons le nom du vainqueur.

Anatole Abang
Alors qu’il avait passé à peine plus d’une demi-heure sur les terrains depuis le début du championnat, Abang a saisi sa chance à pleine mains en juin. Monté au jeu en fin de match à Houston, il a marqué son premier but en MLS, sans pouvoir éviter la défaite de son équipe. Il a joué une mi-temps la semaine suivante à Vancouver, trouvant à nouveau le fond des filets. Cela lui a permis d’être titulaire lors des deux rencontres suivantes, contre Salt Lake et New York City, deux victoires de ses couleurs, et l’attaquant a été impliqué dans le deuxième but des siens vainqueurs 1-3 du derby.

Laurent Ciman
Le calendrier de Montréal a été très lourd en juin, avec 6 matches de championnat au programme, et le défenseur belge est un des trois joueurs de son équipe à ne pas en avoir manqué la moindre minute. Malgré quelques difficultés en déplacement, Montréal a pris 10 points sur 18, bilan plus qu’honorable. Si les statistiques retiennent la passe décisive de Ciman lors de la défaite à New York City, les supporters gardent davantage en tête son match plus que brillant contre Orlando, qui lui a valu plusieurs ovations plutôt inhabituelles au stade Saputo.

Vincent Nogueira
Après un début de saison calamiteux, Philadelphie a recollé au gros du peloton, un retour qui coïncide entre autres avec le fait que Nogueira était à nouveau disponible après une absence d’un mois et demi. Discret et efficace, il s’est mis en valeur en juin grâce à son but contre Columbus, deuxième d’une victoire 3-0 de Philadelphie, la plus convaincante du club cette saison. Il a également mis d’autres gardiens adverses à contribution et aide beaucoup son équipe tant offensivement que défensivement par son travail incessant dans l’entrejeu.

30 June 11:39 am

Deux questions - évidemment distinctes - alimentent notre émission de la semaine (également disponible ici), qui tire le bilan sportif et marketing de la semaine des rivalités, et aborde le présent et le futur du soccer féminin par le biais de la Coupe du monde et d’une implication éventuelle de la MLS.

SEMAINE DES RIVALITÉS

  • Quel a été le match le plus passionnant ?
  • Le concept a-t-il été efficace ? Comment l’améliorer ?
  • Comment favoriser les rivalités sans trop rendre ça artificiel ?
  • Et s’il y avait des rivalités basées sur autre chose que la proximité ?

SOCCER FÉMININ

  • Que retenir de l’élimination du Canada en quart de finale ?
  • A-t-on au Canada les structures suffisantes pour favoriser l’épanouissement des joueuses ?
  • Quelle est la responsabilité de l’Association canadienne de soccer ?
  • La MLS doit-elle s’engager dans le soccer féminin ?
  • En complément, lisez également cet article qui pose certaines bases du débat

MAIS AUSSI

  • Quel apport pour Lampard et, peut-être, Pirlo à New York City ?
  • Montréal est-il un petit marché pour la MLS ?
  • Qui sont les finalistes du Franco du mois de juin ?

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

29 June 12:09 pm

Portland, San José et Dallas se sont tout trois imposés chez eux, respectivement face à Seattle, au LA Galaxy et à Houston, pendant que New York City s’inclinait sur son terrain face à son voisin des Red Bulls. Pendant ce temps, en haut de classement, DC United et Vancouver se détachent.

La « Semaine des rivalités » a connu son apothéose dimanche soir avec un choc Portland - Seattle toujours aussi prometteur, et qui a répondu aux attentes. Auteur de l’ouverture du score sur un tir à distance, Nagbe a été à la hauteur de son talent et au centre de la victoire 4-1 de ses couleurs. Malgré l’égalisation de Neagle, les visiteurs ont rarement été dans le coup et se sont effondrés sous les coups de boutoir en deuxième mi-temps. L’absence de ses joueurs désignés n’explique pas ses erreurs défensives.

Toujours sur les bords du Pacifique, le retour en forme du LA Galaxy a connu un coup d’arrêt à San José, autre équipe qui tourne bien depuis quelques semaines. Les Californiens du nord ont été solides devant et derrière, à l’image de Goodson, arrière central auteur d’un but. Cela leur a permis de battre leurs voisins du sud qui n’ont plus gagné en déplacement depuis août dernier. Vendredi proposait un autre choc entre deux équipes du même État : Dallas, emmené par un Castillo inarrêtable, a disposé de Houston, qui a raté sa première mi-temps.

Après la victoire de Toronto contre Montréal mercredi, cette semaine des rivalités pouvait avoir pour thème : « Je renvoie mon voisin dans le bac à sable », en faveur des équipes locales. Manque de bol pour New York City, il joue au Yankee Stadium, stade de base-ball, et son voisin à tête de taureau n’a pas dû aller bien loin pour s’amuser dans le sable, comme en témoigne cette célébration de Miazga. Après une bonne entame de match qui lui avait permis de mener à la pause, l’équipe locale s’est effondrée en début de deuxième mi-temps face à un adversaire qui a pris beaucoup de plaisir à jouer et à gagner.

Pendant que les voisins rivaux s’entre-déchiraient, le leader, DC United, réussissait un nul blanc sur le terrain de Toronto, et se réjouissait tant du point pris que du fait d’avoir neutralisé Giovinco qui avait haché sa défense menu lors de la dernière confrontation entre les deux équipes. Les Ontariens avaient le sentiment d’avoir mieux joué, mais se satisfont quand même de ce point.

La bonne opération du week-end est pour le deuxième du classement, Vancouver, toujours aussi à l’aise à l’extérieur, et vainqueur à New England. Comptant plusieurs rencontre de retard, Kansas City reste en embuscade et a battu Colorado, grâce entre autre à Nemeth qui a inscrit son septième but de la saison… sur son septième tir cadré. Sous le déluge, Philadelphie et Montréal ont partagé l’enjeu 2-2. Score identique à Salt Lake - Columbus, match dont tout le monde retiendra cette superbe combinaison sur coup franc.

LES RÉSULTATS
Dallas - Houston
Kansas City - Colorado
Toronto - DC United
Philadelphie - Montréal
New England - Vancouver
Salt Lake - Columbus
San José - LA Galaxy
New York City - New York RB
Portland - Seattle

 
2-0
2-0
0-0
2-2
1-2
2-2
3-1
1-3
4-1

Classement général
Cliquez sur un résultat pour voir le résumé vidéo

 

26 June 10:56 am

La Coupe du monde féminine de soccer a longtemps été l’affaire de quelques pays. États-Unis et Allemagne en tête, suivis par les nations scandinaves, le Brésil, la Chine ou encore le Canada. Mais depuis peu, la France a rattrapé tout ce beau monde. Et pourtant, les demi-finalistes de la dernière Coupe du monde et des derniers Jeux olympiques ne comptent que 80 000 footballeuses. Soit à peine plus que dans… le seul Québec. Au Canada, elles sont 340 000, 250 000 en Allemagne, et environ 1,5 million aux États-Unis. Alors, qu’a fait la France pour avancer plus vite que les autres ?

« Ça a commencé à l’époque de Marinette Pichon, qui a joué plusieurs saisons aux États-Unis et a mené la France à un autre niveau, explique Laetitia Béraud, envoyée spéciale à la Coupe du monde du site footofeminin.fr. Les dirigeants ont vu qu’il y avait moyen de faire quelque chose, et ont constaté l’écart avec les autres pays. »

UN CHAMPIONNAT AVEC DE PLUS GROS MOYENS

Si le championnat de France féminin existe depuis plusieurs décennies, ce sont les clubs de D1 masculine qui ont amorcé le changement. « L’argent vient du masculin. Montpellier est le premier à avoir misé sur le foot féminin, au début des années 2000. Le club a commencé à payer les joueuses à plein temps. Il a dominé le championnat et comme leur équipe masculine aussi était bonne à l’époque, cela a suscité un intérêt pour le foot féminin car les gens se demandaient quel était leur secret. Ensuite, Lyon les a copiés et est passé devant. Et maintenant, avec les Qataris, le PSG consacre un budget de plusieurs millions à son équipe féminine. » Cette année, les budgets annuels de Lyon et du PSG tournent autour des 6,5 millions d’euros (plus de 9 millions de dollars canadiens).

Actuellement en France, il y a donc deux mouvements parallèles. D’un côté, des clubs qu’on pourrait appeler « historiques » du foot féminin, comme Juvisy, qui ont des ambitions mais moins de moyens. De l’autre, le PSG, Lyon ou Montpellier, des clubs dont l’équipe masculine est parmi l’élite. « Le président de ces clubs s’est dit qu’il allait mettre une petite part du budget pour les filles. Dans le budget du club, ça ne représente rien, mais pour les filles, c’est énorme ! »

Et pour cause ! Si à Paris, avec ses riches investisseurs, la part destinée au féminin représente une goutte d’eau (à peine 1,5% du budget du club), même à Lyon, avec moins de 6% consacrés aux filles, on ne se ruine pas. Certains se demandent si les clubs de MLS ne devraient pas prendre exemple, pour solidifier un championnat féminin dans notre coin du monde. Il y a évidemment une réflexion à faire par rapport au budget, bien moindre que celui des clubs européens, pour qui « ça ne coûte presque rien, et apporte une bonne conscience ». Autre comparaison intéressante : le championnat de France se joue d’août à mai. La NWSL, qui représente actuellement le meilleur niveau aux États-Unis, commence à la mi-avril et se termine en août.

Revers de la médaille des nouveaux investissements en France : on y assiste à un championnat à deux vitesses, largement dominé par les équipes les plus riches. Si la situation existe depuis dix ans et n’a pas empêché le niveau de monter, à terme, il faut que cela change. « C’est une limite pour que le foot féminin français franchisse un pallier, estime Claire Gaillard, qui suit l’équipe de France pour L’Équipe, le quotidien sportif de référence en France. Il y a un besoin d’expérience répétée du haut niveau. L’exemple qui l’illustre le mieux, c’est le point faible de l’équipe de France : pas étonnant que ce soit la gardienne. Le vivier est moins grand ; en championnat, elle ne peut pas progresser car son équipe gagne sur des scores fleuves et elle ne voit presque jamais le ballon. Seule la Ligue des champions lui permet de s’améliorer. »

L’EXPÉRIENCE ET LE BAROMÈTRE DE LA LIGUE DES CHAMPIONS

En effet ! Le championnat n’a pas tout fait à lui seul. Depuis 2001, les meilleurs clubs européens s’affrontent en Ligue des champions. Quand on demande aux joueuses la raison des progrès français, elles citent toutes la compétition internationale. « En France, c’est devenu de plus en plus professionnel. Désormais, tout le monde s’entraîne dans de bonnes conditions. Jouer la Ligue des champions nous a aidées à gagner en expérience », déclare par exemple la gardienne titulaire des Bleues, Sarah Bouhaddi.

« Au début, il y avait de gros écarts, reprend Laetitia Béraud. Et puis, en 2010, on s’est rendu compte qu’il y avait plus de suspense durant les rencontres et, l’année suivante, Lyon a gagné la Ligue des champions ! Cela ne bénéficie pas qu’aux clubs français. C’est un vrai test pour tous les championnats européens et pour les grands clubs, comme Chelsea ou Barcelone. C’est ce qui permet réellement de savoir où on en est dans le foot féminin. » Une compétition internationale de clubs, encore un avantage concurrentiel pour les Européennes par rapport aux Américaines et aux Canadiennes.

Seul défaut, relatif, de cette Ligue des champions : l’élite féminine européenne se résumant souvent aux mêmes clubs, l’écart se creuse avec leurs poursuivants dans leurs championnats respectifs. Il y aurait peut-être une solution. « Ce qui est dommage, c’est qu’il n’y ait rien en-dessous, comme l’Europa League chez les messieurs. Cela constituerait une motivation supplémentaire pour les clubs qui sont un cran juste en-dessous, d’autant qu’en championnat, ils se retrouvent systématiquement derrière les grands. »

LES VOLONTÉS DE LA FÉDÉRATION

Un championnat avec plus de moyens, une compétition internationale pour gagner en expérience : si les progrès passent par les clubs, il ne faut pas négliger le rôle de la Fédération. « 2011 a été un révélateur, explique Claire Gaillard. Lors de la Coupe du monde en Allemagne, le président de la Fédération Noël Le Graët assistait pour la première fois à du foot féminin. Et il jalousait l’Allemagne. Il a lancé un plan de féminisation du football féminin. Avant 2011, l’équipe de France, c’était du pur amateurisme. Il y avait très peu de licenciées, elle n’était pas suivie et ne bénéficiait pas d’une préparation aussi professionnelle qu’aujourd’hui. Le beau parcours de 2011, c’était surtout grâce à Lyon et à Juvisy. Dans les autres clubs, les joueuses étaient généralement à mi-temps et combinaient le football avec un autre travail ou des études. »

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De l’équipe de France A aux petites filles qui frappent dans leurs premiers ballons, la Fédération française de football a couvert toutes les sphères du soccer féminin. De 45 000 joueuses il y a 4 ans, l’objectif est d’atteindre les 100 000 fin 2016. Des structures sont mises en places. Et les moyens mis à la disposition de l’équipe de France féminine sont de plus en plus comparables à ceux de leur homologue masculine. Voilà qui en dit long sur la marge de progression des Françaises, puisque ce plan ne portera complètement ses fruits que dans quelques années.

PROGRÈS TACTIQUES, PROGRÈS PHYSIQUES

Malgré tout, en 2011, une chose avait déjà sauté aux yeux de tous les observateurs : alors que dans le soccer féminin, le kick and rush et le jeu physique constituaient la norme de réussite des grandes nations depuis 20 ans, la France a régalé les observateurs grâce à son jeu collectif tout en combinaisons. « La raison est simple : la France a toujours aimé le beau jeu. On a insisté sur la qualité technique… comme on le faisait chez les garçons. C’est une philosophie française de “vouloir jouer”. En plus, il y a peu de fautes chez les filles, et ça amplifie l’efficacité du phénomène. »

« L’ancien sélectionneur Bruno Bini a décrété que l’avantage de mieux maîtriser les aspects tactiques pouvait faire une différence, renchérit Laetita Béraud. Mais en championnat de France, il n’y a quand même que quatre équipes qui les maîtrisent, les autres jouent toujours du kick and rush. Avant, la France jouait aussi du kick and rush… car tout le monde faisait ça. »

Ces progrès tactiques ne sont pas venus seuls. Les circonstances sont aujourd’hui plus favorables pour travailler. « La médiatisation du foot féminin permet d’avoir plus d’informations. Avant, on avait du mal à connaître notre adversaire, c’était donc difficile de développer une tactique en fonction de lui. En plus, le physique suffisait alors à faire la différence. »

Mais c’est un cocktail complet qui a permis aux Françaises de tutoyer les meilleures. « Le savoir-faire des garçons a été appliqué aux filles. Bergeroo a amené la tactique, les filles avaient déjà une très bonne technique ; physiquement, elles sont encore en-dessous, mais ça se rattrape. Comme elles sont professionnelles désormais, elles ont le temps pour faire de la musculation, et après trois ans, ça paye. »

« Physiquement, on a progressé, confirme l'attaquante Eugénie Le Sommer, une des vedettes de l'équipe de France, interrogée sur l’écart qui se comble avec les Allemandes. On a nos qualités techniques, et notre style de jeu peut les embêter. »

Il y a également une mentalité particulière. Venu du soccer masculin, le sélectionneur actuel Philippe Bergeroo a découvert un univers auquel il ne s’attendait pas. « Les filles connaissent le foot, et le suivent, explique l’ancien gardien de but qui a participé à la Coupe du monde 1986. Si on parle des matches de championnat anglais du week-end et que je me trompe sur un truc, je me fais immédiatement reprendre ! Lors de nos séances vidéo, elles ne veulent pas que je leur montre ce qui a bien été dans le match, elles veulent le négatif ! Il y a une volonté permanente de s’améliorer. » À l’issue de la première de ces séances, il a été tout surpris de voir la plupart des joueuses venir vers lui avec leur clef USB et demander les images, afin qu’elles puissent les revoir à l’envi par la suite !

DES SALAIRES QUI FACILITENT LE CHOIX DE CARRIÈRE

Une mentalité de pro, donc, et désormais dans un environnement professionnel, nous explique la journaliste de L’Équipe. « Si le contrat des joueuses en club n’est pas appelé pro, à mes yeux, elles le sont puisque le foot est le métier auquel elles se consacrent à plein temps : entraînement, préparation physique, matches, etc. Ça a permis de progresser, et le recrutement de joueuses internationales a amené de l’expérience, d’où de meilleurs parcours en Ligue des champions. Cela se répercute sur l’équipe nationale, qui en profite. »

Chiffres à l’appui, cela reste impressionnant, surtout quand on part du principe qu’en NWSL, le salaire annuel maximal est de 37 000 dollars américains (44 000 dollars canadiens). À Lyon, le salaire mensuel moyen est de 10 000 euros par mois, à Paris de 7000 (respectivement 14 000 et 10 000 dollars canadiens). L’internationale Lotta Schelin, joueuse la mieux payée du championnat, perçoit mensuellement 17 000 euros. En comparaison, seuls six joueurs de l’Impact de Montréal ont eu un plus gros chiffre sur leur fiche de paye en 2014 ! Si le Paris Saint-Germain avait remporté la Ligue des champions, chaque joueuse aurait reçu une prime de 5000 euros.

Même certains clubs plus modestes offrent des salaires mensuels entre 3000 et 5000 euros à la plupart de leurs titulaires : pas assez pour mener la grande vie de certains sportifs professionnels ni pour constituer un viatique pour son après-carrière, mais suffisamment pour être aussi bien payé que dans de nombreuses autres professions. Sans oublier que les joueuses ont des temps libres leur permettant d’avoir une autre source de rémunération à temps partiel.

« Juvisy est semi-pro : le temps de travail des joueuses y est aménagé pour qu’elles ne doivent pas s’entraîner en soirée. Des clubs comme Guingamp ou Montpellier ont une organisation qui facilite la pratique du football. Beaucoup de joueuses allemandes qui viennent en France nous disent que les salaires y sont comparables : ceux de Wolfsburg, le club allemand au plus gros budget, sont environ les mêmes qu’au PSG. »

Avec de tels moyens, il y a évidemment moins d’hésitations au moment du choix de carrière. « Marie-Laure Delie (27 ans) explique que plusieurs de ses anciennes coéquipières très talentueuses ont arrêté, car à l’époque, on ne leur proposait pas plus de 400 euros par mois. C’était trop contraignant. L’idée, désormais, est que les filles ne passent pas à travers. Il y a moins de problèmes d’impératifs de vie. Elles sont prêtes à partir de chez elles. Elles attendent la fin de leur carrière pour avoir des enfants. Pour un joueur, avoir un enfant à 20 ans n’a pas de répercussions aussi directes… »

LA FORMATION DES JEUNES PROGRESSE À GRANDS PAS

Chez les jeunes aussi, la situation a beaucoup évolué ces dernières années. Peu nombreuses, les joueuses n’ont longtemps pas eu la vue facile. « De plus en plus de clubs ont une structure féminine, mais le chemin est encore long. À de rares exceptions près, les joueuses qui sont ici à la Coupe du monde ont toutes commencé à jouer avec les garçons, car il n’y avait pas de structure pour les accueillir quand elles étaient jeunes. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. »

«  En France, s’il n’y a pas d’équipe féminine, on joue en mixte jusqu’à 13 ans, mais après ce n’est plus possible, précise Laetitia Béraud. Le jour où il n’y aura plus de filles qui joueront avec des garçons, ça pourrait être considéré comme une victoire puisque ça voudrait dire que suffisamment de filles jouent. Mais il y a 15 ans, à la fin du mixte, les 15-18 ans devaient attendre l’universitaire pour retrouver quelque chose. Étonnamment, c’était un problème juste pour le football, pas pour d’autres sports comme le handball ou le volley. »

Comme aux États-Unis, les universités ont donc été un vivier de joueuses. Une situation désormais révolue. « Il y a 10 ans, l’universitaire, où on arrive vers 18-19 ans, constituait une réserve de recrutement pour les clubs de D1. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Si tu es bonne à 15 ans, tu intègres les équipes de jeunes d’un bon club. »

Entre temps, la Fédération a mis sur pied des pôles espoirs, permettant aux meilleures joueuses de combiner sport de haut niveau et études. « Ils ont permis d’avoir une structure complète pour les équipes nationales de jeunes, explique Claire Gaillard. Avant, derrière l’équipe nationale A, il n’y avait pas souvent grand-chose. En plus, ces équipes sont maintenant supervisées par d’anciennes internationales, comme Sandrine Soubeyrand. »

Si désormais, la France est bien représentée sur la scène internationale dans les catégories d’âge, ses joueuses viennent de moins en moins de ces pôles espoirs. « Étant donné que les clubs sont de plus en plus structurés, ils sont de moins en moins nécessaires. Les clubs s’associent à des établissements scolaires où vont toutes leurs joueuses, pour former des sports-études. »

Ce qui n’empêche pas la Fédération de veiller sur ces joueuses comme sur la prunelle de ses yeux. « Ça n’a pas trop bougé entre le groupe des -17 ans en 2012 et celui des -20 qui était ici l’an dernier. La Fédération les chouchoute : elle ne peut pas se permettre de perdre des talents, le choix n’est pas assez large, le vivier n’est pas assez grand. »

CONCLUSION

Efforts financiers et meilleure organisation des clubs, compétitions plus relevées sur la scène nationale et internationale, énorme volonté de la Fédération, salaires qui permettent de vivre décemment en se consacrant pleinement au soccer et formation qui facilite un développement optimal : le visage du soccer pratiqué par les filles a considérablement changé en quelques années en France.

Les résultats se voient sur le terrain. Qu’on ne s’y trompe pas : le mouvement n’en est qu’à ses prémices, d’autant que la France organisera la Coupe du monde en 2019. Tout le monde y est conscient qu’il y a encore une énorme marge de progression. Et s’il n’y a pas si longtemps que cela, les États-Unis faisaient figue de modèle, désormais, ce n’est plus de notre côté du monde que l’on cherche les exemples pour aller de l’avant. Il n’y a qu’à constater l’enthousiasme d’Eugénie Le Sommer lorsqu’elle déclare : « En Allemagne, le foot féminin est tellement développé ! Elles ont tout pour elles : que ce soit en nombre de licenciés, dans les clubs, c’est ce qui se fait de mieux en Europe. Mais on se rapproche ». La révolution du soccer féminin est en marche, et gare à ceux qui rateront le train !


Lectures complémentaires : J’ai rêvé d’être footballeuse, le parcours des championnes françaises d’aujourd’hui – Paroles de pionnières, ces Françaises qui ont promu le soccer féminin aux États-Unis il y a 40 ans.

25 June 11:57 am

Avec sept rencontres au programme ce mercredi, il y avait presque une journée complète de championnat en milieu de semaine. Profitant de la défaite de Seattle et du repos de Vancouver, DC United en a profité pour creuser l’écart en tête.

À Philadelphie, Seattle jouait sans quatre de ses meilleurs éléments, n’alignait pas ses attaquants les plus dangereux et a permis à trois joueurs de fêter leur première titularisation en MLS : sur le terrain, l’équipe n’avait rien d’un leader en puissance, et s’est inclinée sur un but de Sapong, qui marquait dans un quatrième match de suite.

DC United a également fait tourner son effectif à Chicago, dans un match qui ne restera pas non plus longtemps dans les mémoires. Mais il s’en est mieux sorti, grâce à une puissante frappe de Doyle qui a fait trembler les filets pour la seule fois de la soirée. Chicago encaisse sa quatrième défaite d’affilée, et si on y assure toujours croire à une belle remontée, les réactions illustrent également un moral dans les chaussettes.

Grâce à sa victoire, DC United compte désormais cinq points d’avance sur ses deux plus proches poursuivants, suivis de près par un LA Galaxy en train de retrouver sa toute puissance. Portland, qui restait pourtant sur quatre victoires consécutives, a vu la moindre de ses erreurs punie par des Californiens qui se sont imposés sur un score de forfait. Auteur d’un de ces cinq buts, Rogers était particulièrement ému à l’issue d’une soirée où se sont mêlées sa vie sportive et sa vie privée.

Portland occupe la cinquième place du classement mais compte déjà neuf points de retard sur DC United. Il faut dire que le déséquilibre dans le nombre de rencontres jouées par chacun n’offre pas la plus facile des lectures. Ainsi, si tout le monde gagnait ses duels de retard, ce serait Toronto qui occuperait la tête du classement. Emmené par ses trois vedettes en pleine forme, il a rapidement remonté un but contre Montréal avait de submerger son adversaire qui n’a jamais été capable de braver la tempête.

Après sa victoire contre Colorado, Orlando dresse un bilan positif de sa première moitié de saison en MLS et entrevoit la seconde avec optimisme. En difficultés depuis quelques semaines, New York doit à ses jeunes les trois points précieux remportés contre Salt Lake. Kamara et Finlay ont justifié leurs statuts de meilleur buteur et meilleur passeur du championnat pour permettre à Columbus de battre New England.

LES RÉSULTATS
Philadelphie - Seattle
Columbus - New England
Orlando - Colorado
New York RB - Salt Lake
Toronto - Montréal
Chicago - DC United
LA Galaxy - Portland

 
1-0
2-1
2-0
1-0
3-1
0-1
5-0

Classement général
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23 June 9:06 am

Trois sujets sont au programme de notre première émission de l’été (également disponible ici) : la Semaine des rivalités de la MLS, la victoire de Montréal contre Orlando et l’histoire du soccer féminin au Québec.

SEMAINE DES RIVALITÉS

  • Un concept enthousiasmant ?
  • Quelle est la « reine » des rivalités en MLS ?
  • Qu’attendre du derby new-yorkais ?

MONTRÉAL - ORLANDO

  • Montréal a-t-il remporté sa victoire la plus convaincante de l’année ?
  • Laurent Ciman est-il déjà entré dans la légende de l’Impact de Montréal ?
  • Faut-il qu’il aille au Match des étoiles ?
  • Le collectif a-t-il été à la hauteur des individualités qui se sont démarquées ?
  • Une stratégie qui oblige Piatti à gommer ses travers ou fait reposer tous les espoirs sur lui ?

SOCCER FÉMININ AU QUÉBEC

  • Les premiers clubs à le développer et à s’illustrer sur la scène nationale
  • Les nombreux obstacles auxquels les joueuses ont été confrontées depuis 30 ans
  • Les grands noms de l’histoire du soccer féminin québécois, sur le terrain et en dehors
  • Aventures et mésaventures des clubs québécois de W-League depuis 15 ans
  • Et aujourd’hui, où en est-on ?

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).

22 June 12:04 pm

Seattle battu, DC United en a profité pour reprendre la tête du classement. Vancouver se joint à eux pour composer un trio de tête dont les premiers poursuivants ont perdu, permettant à Portland et au LA Galaxy d’effectuer une belle remontée.

Il ne fait pas toujours bon occuper la tête du classement cette saison en MLS. Cette semaine, Seattle a illustré cet adage en concédant une défaite chez lui face à San José. Un résultat qui a de quoi surprendre quand on regarde le classement, moins si on se fie aux circonstances puisque après un match de coupe plus qu’éreintant contre Portland et avec une pléthore d’absents, Seattle avait de quoi traîner les pieds. En outre, les Californiens du Nord sont leur bête noire à CenturyLink Field, où les autres équipes se cassent généralement les dents.

En battant New England, DC United en a profité pour reprendre la tête du classement, mais ce ne fut pas de tout repos. À la frontière du doute après avoir concédé deux défaites consécutives pour la première fois de la saison, l’équipe de la capitale américaine a encaissé le premier but de l’après-midi mais a une nouvelle fois prouvé sa capacité à résorber un retard, pour prendre trois points très importants dans une rencontre qu’elle se sentait obligée de gagner.

En s’imposant à New York, Vancouver réalise une bonne opération puisqu’il intègre un trio de tête qui a fait le trou derrière lui. La victoire n’est pas été simple dans un match pour le moins houleux, lors duquel les hommes de Jesse Marsch ont joué avec leur bonheur, avec l’exclusion rapide de Kljestan mais surtout le double échec de Wright-Phillips depuis le point de penalty. Ousted a été le héros du match puisqu’à deux reprises, il a été sur la trajectoire du tir du meilleur buteur de la saison 2014.

Après quelques semaines de belle facture, Kansas City a chuté à Salt Lake. Même si la défaite n’a été scellée que dans les arrêts de jeu, Peter Vermes n’était pas sûr que son équipe aurait mérité le moindre point. Désormais, l’équipe en forme du haut de classement se nomme Portland : en s’imposant contre Houston, elle a remporté sa quatrième victoire consécutive et pointe désormais à la quatrième place du classement général. En atomisant Philadelphie, le LA Galaxy a également réalisé une bonne opération mais ne veut pas se laisser aveugler par le gros score.

Autre équipe qui respire la forme depuis quelques semaines, Montréal est venu à bout d’Orlando en alliant les reconversions rapides, sa grande force du passé, à une productivité toute neuve sur phases arrêtées. New York City a également continué de s’éloigner du fond du classement en s’imposant à Toronto suite à un match physique empêchant les Ontariens de hausser le rythme du jeu. Enfin, Colorado et Dallas ont partagé l’enjeu. Fait cocasse : seule une équipe a perdu moins souvent que les pensionnaires des Rocheuses… qui occupent pourtant l’avant dernière-place.

LES RÉSULTATS
Colorado - Dallas
Seattle - San José
New York RB - Vancouver
Toronto - New York City
Montréal - Orlando
LA Galaxy - Philadelphie
Portland - Houston
DC United - New England
Salt Lake - Kansas City

 
1-1
0-2
1-2
0-2
2-0
5-1
2-0
2-1
2-1

Classement général
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19 June 11:39 am

Le match Montréal - Orlando de ce samedi sera l’occasion de voir à l’œuvre deux des défenseurs de MLS les plus réputés : Laurent Ciman, membre de l’effectif belge qui a atteint les quarts de finale de la dernière Coupe du monde, et Aurélien Collin, qui a multiplié les honneurs individuels depuis son arrivée dans notre championnat. Ce sont aussi deux des joueurs les plus charismatiques de la compétition, et ils sont francophones de surcroît.

Une comparaison s’imposait. Pour l’effectuer, nous avons trouvé quelqu’un qui connaît très bien les deux joueurs : Benjamin Nicaise. Ancien coéquipier de Collin en France, il est aujourd’hui consultant vedette en Belgique, pays où il a passé une bonne partie de sa carrière, notamment au Standard, l’ancien club de Ciman.

  • Entre Laurent Ciman et Aurélien Collin, lequel fait le plus se dire avant le match à un attaquant « Ah non, pas lui… » ?

Aurélien Collin. Il a ce côté un peu « foufou », on sent qu’à certains moments, les fils peuvent se toucher.

  • Si vous étiez entraîneur, lequel amèneriez-vous dans votre équipe ?

Laurent Ciman. C’est un joueur plus complet. En plus, il des facultés qui collent à ma philosophie, comme être un leader et avoir les pieds sur terre.

  • Lequel respecte le plus les consignes de l’entraîneur, au point d’être capable de suivre aux toilettes un adversaire qu’il ne doit pas lâcher ?

Aurélien Collin. Il est doté d’une volonté incroyable. Je ne sais pas comment il a évolué, mais à l’époque où on jouait ensemble, si un entraîneur lui avait demandé une telle chose, il l’aurait fait.

  • Lequel est le plus doué techniquement ?

Laurent Ciman. Il a aussi plus de finesse. Il connaît mieux le jeu pour bien improviser quand il est nécessaire de ne pas appliquer à la lettre les consignes de l’entraîneur.

  • Lequel terrorise les plus les défenses adverses ?

Aurélien Collin. Il a davantage le tempérament de monter pour marquer des buts. Ciman, lui, est plus du genre à exploiter un ballon qui traîne pour le pousser au fond.

  • Lequel peut aussi souvent terroriser… sa propre défense.

Aurélien Collin. Il peut effrayer certains de ses coéquipiers : il est capable de faire des « floches » et de passer à travers des interventions.

  • Lequel est le meilleur guide sur le terrain pour ses coéquipiers ?

Laurent Ciman. C’est un bon meneur d’hommes.

  • Auquel des deux conviendrait le mieux l’étiquette « sobre mais efficace » ?

Aurélien Collin. Si un entraîneur lui explique bien ce qu’il doit faire et lui demande de se limiter à récupérer puis à passer le ballon, il s’exécutera. Ciman aime bien participer offensivement au jeu, monter et montrer qu’il est là.

  • Lequel ferait le meilleur entraîneur dans son après-carrière ?

Laurent Ciman. Sans dénigrer la MLS, le fait qu’il ait été international belge, son parcours, son passage dans de grands clubs comme le Standard et Bruges et les entraîneurs qu’il a eus lui donnent le meilleur bagage.

  • Lequel chante le mieux ?

Aurélien Collin. À Amiens, on avait fait un bizutage où chacun devait chanter. Tous les joueurs avaient choisi une chanson française, comme du Cabrel ou du Goldman. Sauf lui, qui avait choisi 50 Cent ! Déjà à 18 ans, il avait cette culture américaine et en connaissait beaucoup mieux la musique que les autres. On l’avait d’ailleurs surnommé « Fifty » et il en était très fier !

18 June 12:27 pm

Le premier tour du Mondial féminin a pris fin ce mercredi, l’heure du premier bilan a donc sonné. Si les têtes de série ont toutes remporté leur groupe, aucune n’a eu la vie facile. Certaines d’entre elles peuvent mieux faire, mais ce n’est pas forcément la raison principale de leurs difficultés.

Ainsi, le Japon, champion du monde en titre, a gagné ses trois premières rencontres par le plus petit écart, et pas toujours sans peine. Le Brésil a également réalisé un 9/9 mais n’a guère convaincu pour venir à bout d’adversaires modestes dans un groupe théoriquement très facile. La France s’est fait surprendre par la Colombie, qui n’avait encore jamais gagné de match de Coupe du monde, et a terminé en tête de son groupe non sans une grosse frayeur. La Suède, qui aurait pu être tête de série, n’a pas gagné un seul match, dans un groupe difficile où les États-Unis ont battu le Nigeria de justesse en jouant pourtant 20 minutes à onze contre dix. Sur ses terres, le Canada a été accroché tant par la Nouvelle-Zélande que par les Pays-Bas. Même l’Allemagne, grandissime favorite, a perdu des plumes.

La Fifa a décidé que cette année, 24 équipes, au lieu de 16, participeraient au Mondial féminin. Une décision qui, en son temps, avait fait grincer de nombreuses dents, par crainte d’un manque de compétitivité du premier tour. Il y a quatre ans, par exemple, le partage du Mexique face à l’Angleterre était l’exception d’une règle voulant que les « petits » n’aient pas voix au chapitre.

Longtemps, le soccer féminin a été l’apanage d’une poignée de nations (Allemagne et États-Unis en tête, avec à leur suite, Brésil, Norvège et Suède, voire Chine ou Canada). L’émergence de la France et du Japon est récente. C’est surtout derrière qu’il y avait un énorme trou, avec peu de nations dans le « subtop » (Australie, Corée du Nord, Angleterre, et c’était à peu près tout), les autres faisant au mieux légère illusion, mais se cantonnant généralement à un rôle de faire-valoir.

S’il y a une leçon que l’on peut tirer de ces premières semaines de Coupe du monde, c’est que la situation évolue, et évolue même très vite et à grande échelle. Certes, la Côte d’Ivoire et l’Équateur ne semblaient pas à leur place dans ce gratin mondial, mais d’autres nations que l’on n’aurait pas vues en restant à 16 équipes ont fait mieux que tirer leur épingle du jeu.

L’Asie, qui n’avait que trois représentants auparavant, a vu quatre de ses cinq équipes (Japon, Australie, Chine et Corée du Sud) se qualifier pour le deuxième tour. Le modeste Costa Rica n’a perdu qu’un match, dans les dernières minutes contre le Brésil, et était encore qualifié à quelques minutes de la fin de sa dernière rencontre. Pour leur première participation au tournoi, le Cameroun, la Suisse et les Pays-Bas ont livré de belles performances leur valant une place au deuxième tour après avoir rendu la vie difficile à des adversaires placés bien plus haut dans la hiérarchie.

Les traditionnelles Abby Wambach, Christine Sinclair, Marta, Nadine Angerer, Camille Abily, Aya Miyama et Lotta Schelin doivent faire de la place à leurs côtés pour des individualités venues de nations moins cotées, comme la Colombienne Lady Andrade, la Costaricienne Shirley Cruz, l’Espagnole Veronica Boquete, la Camerounaise Gaëlle Enganamouit ou les Néerlandaises Mieke Martens et Manon Melis.

Alors, oui, peut-être que dans la suite du tournoi, la logique sera respectée. Peut-être que nous aurons des quarts de finale Chine - États-Unis, Allemagne - France, Brésil - Japon et Norvège - Canada, opposant huit des neuf pays à avoir atteint un jour les demi-finales du Mondial féminin. Mais même dans ce cas, il ne faudra pas occulter les progrès des autres nations. Les ténors traditionnels ne peuvent plus se reposer sur leurs lauriers qu’ils devaient souvent à la seule plus grande popularité du soccer féminin dans leur pays. Cette époque est révolue, et c’est tant mieux !

PROGRAMME DES HUITIÈMES DE FINALE (heure de Montréal)

Samedi 20 juin
16h00 : Allemagne - Suède
19h30 : Chine - Cameroun

Dimanche 21 juin
13h00 : Brésil - Australie
16h00 : France - Corée du Sud
19h30 : Canada - Suisse

Lundi 22 juin
17h00 : Norvège - Angleterre
20h00 : États-Unis - Colombie

Mardi 23 juin
22h00 : Japon - Pays-Bas