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Coup Franc

18 April 10:45 am

Si New York a remporté son premier match de la saison mercredi, cinq équipes n’avaient pas encore connu le succès à l’issue de la sixième semaine de compétition : les équipiers de Thierry Henry étaient accompagnés par Montréal, Portland, Chicago et San José, pour qui il faut relativiser puisque les Californiens ont joué 4 rencontres et non 6. Il n’empêche, cette incapacité collective à vaincre est un fait unique dans l’histoire de notre compétition. Doivent-ils s’alarmer ? En MLS, un mauvais départ est-il à coup sûr annonciateur d’une saison ratée ? Si rien ne garantit évidemment que cette année sera comme les précédentes, j’ai voulu connaître la tendance sur base des résultats depuis 2007 en comparant la situation des équipes après six rencontres et en fin de saison régulière.

Première constatation : 81% des qualifiés pour la phase finale de la compétition avaient engrangé 7 points ou plus des 18 premiers qu’ils pouvaient prendre. Des 34 équipes qui n’avaient pas atteint la barre des 7 unités, dix ont quand même fini du « bon côté de la ligne rouge ». Et des 33 équipes qui avaient 10 points ou plus, seules six ont vu leur saison prendre fin prématurément. Difficile d’évaluer le fait de ne pas gagner, puisqu’au cours des sept dernières saisons, quatre équipes seulement ont connu ce triste sort après six journées. Deux d’entre elles n’ont pas su s’extirper du bas de tableau, mais les deux autres ont spectaculairement redressé la situation. De là à dire que nos cinq mal lotis de cette année ont une chance sur deux de terminer en première moitié de classement, il y a un pas que je ne franchirai certainement pas. Surtout pour ceux qui comptent moins de 4 points sur 18, puisqu’au cours des sept saisons examinées, un tel départ était systématiquement synonyme de classement final parmi les trois derniers.

Néanmoins, plusieurs exemples leur apporteront un peu de baume au cœur. Le plus flagrant est celui de Columbus en 2009. Détentrice du Supporters Shield, l’équipe alors entraînée par Robert Warzycha a commencé la défense de son trophée avec deux défaites et quatre partages. Mais par la suite, elle est devenue quasiment invincible et a fini la saison… à la première place ! Il faut dire qu’en 2009, le classement était particulièrement serré (encore plus que l’an dernier, c’est tout dire). Et 49 points ont suffi à Columbus pour terminer en tête à l'issue des 30 journées que comptait la saison régulière à l'époque, soit 1,67 en moyenne par match, ratio le plus faible de l’histoire de la compétition. Parallèlement à ça, l’équipe a également brillé en Ligue des champions. Ce scénario doit sans doute faire rêver à New York cette année…

Houston est l’autre équipe qui, dans un passé récent, s’est qualifiée pour la phase finale de la saison malgré une disette en début de championnat. C’était en 2008 avec, également, quatre partages et deux défaites pour commencer, une surprise aussi grande que celle de l’année suivante à Columbus, puisque les Texans avaient remporté la Coupe MLS quelques mois plus tôt. Autre point commun : un très beau parcours en Ligue des champions pour accompagner leur remontée en deuxième partie d’année. Emmenée par le duo Brian Ching - Brad Davis, l’armada orange était devenue quasiment invincible et a terminé la saison régulière en deuxième position, avec 51 points en 30 rencontres.

La saison 2008 a d’ailleurs été riche en remontées spectaculaires, puisque Salt Lake et Chivas USA avaient également pataugé en début de championnat, avec un 5/18, pour boucler l’exercice en première moitié de classement. Deuxièmes à l’issue de la saison régulière précédente, les Californiens avaient à l’époque un rôle plus en vue qu’actuellement. Leurs valeurs sûres Brad Guzan, Jonathan Bornstein et Sacha Kljestan leur ont permis de redresser la situation. Quant à l’équipe des Rocheuses, elle cherchait encore la stabilité et avait engagé 17 (!) nouveaux joueurs pendant l’hiver. Mais Jason Kreis a jeté les bases d’une formation qui a connu de nombreux succès par la suite, avec Nick Rimando, Jamison Olave, Kyle Beckerman, Javier Morales et Fabian Espindola.

Dans ce passé récent de sept saisons, une seule équipe a disputé la phase finale de la compétition alors qu’elle comptait trois défaites de plus que son nombre de victoires après six rencontres : Kansas City, en 2011, qui avait ouvert la compétition avec un succès, un partage et quatre revers, soit 4 points sur 18… en six déplacements. En effet, le nouveau stade des Ciel et Marine était en construction et l’équipe n’a pas joué chez elle avant le mois de juin. L’avantage du terrain a aidé à retourner la situation, tout comme l’émergence des jeunes Graham Zusi, CJ Sapong et Teal Bunbury ainsi que la solidité du gardien Jimmy Nielsen. Le calendrier exceptionnel fait toutefois que cette situation reste particulière.

Et puis, il y a la saison 2013. L’an dernier, en effet, quatre des dix équipes qui ont franchi l’écueil de la saison régulière ne comptaient que cinq unités après six rencontres : New York, Seattle, New England et Colorado. C’était une surprise pour les deux premiers nommés, ténors de la compétition avec plusieurs vedettes dans leurs rangs. Les débuts de Mike Petke au poste d’entraîneur ont été marqués par de nombreux accrocs, mais une fois les problèmes réglés, Thierry Henry, Jamison Olave et Tim Cahill ont mené leur équipe au Supporters Shield. Seattle a très mal commencé et tout aussi mal fini (3/21), mais a assuré l’essentiel grâce à un excellent milieu de saison que seules les équipes à l’énorme potentiel peuvent réussir. Peu de monde aurait parié sur les remontées de New England et Colorado en revanche, mais toutes deux ont un point commun : la révélation de jeunes joueurs qui ont apporté une bouffée d’oxygène à leur équipe. Sur les bords de l’Atlantique, Fagundez, Agudelo, Rowe, Nguyen et Farrell ont en outre pu compter sur la solidité de Gonçalves derrière. Dans les Rocheuses, Oscar Pareja a permis l’éclosion de Brown, Powers, O’Neill ou encore Klute.

Parmi cette liste d’équipes qui, depuis 2007, ont raté leur début de saison mais quand même terminé en haut de tableau, deux choses reviennent régulièrement : soit elles faisaient déjà partie des valeurs sûres de la compétition, soit l’émergence de jeunes leur a offert un vent de fraîcheur pour remonter au classement. Ajoutez le cas Salt Lake qui a posé les jalons de son équipe pour plusieurs années tout en sauvant un mauvais départ, et vous avez fait le tour des « conditions gagnantes » pour reléguer des débuts ratés en championnat au rayon des mauvais souvenirs anecdotiques.

16 April 5:03 pm

On attendait une annonce importante ce mercredi, et il n’y avait guère de suspense puisqu’elle était intitulée « Atlanta 2017 ». Le commissaire de la Major League Soccer, Don Garber, a ainsi annoncé que la 22e équipe de MLS jouerait dans la capitale de la Géorgie à partir de 2017. Elle se produira dans le même stade que le club de NFL de la ville, une enceinte qui doit être bientôt construite en plein centre d’Atlanta, et en aura le même propriétaire, Arthur Blank.

La dénomination et le logo du club seront dévoilés ultérieurement, de même que son personnel technique et administratif. À voir les couleurs des écharpes au moment de l’annonce, il y a fort à parier que l’équipe sera surnommée les Sang et or. Un appel aux supporters aura lieu plus tard, car ils pourront soumettre leurs suggestions pour son nom officiel.

Si la nouvelle était dans l’air depuis quelque temps et que le nom d’Atlanta circule depuis plusieurs mois, les promoteurs du nouveau club s’affairent depuis 2008. Il y a en effet près de six ans que la Major League Soccer, Arthur Blank, les dirigeants des Falcons et d’AMB Group, société mère du nouveau club de MLS et des Falcons, collaborent pour amener du soccer de haut niveau à Atlanta. Le groupe s’est notamment rendu dans six marchés de MLS pour discuter des activités d’exploitation des clubs et visiter des stades, et a mené des discussions avec six autres équipes de MLS.

« Nous sommes ravis d’accueillir Atlanta en Major League Soccer, notre 22e équipe, a déclaré le commissaire Garber. Atlanta est un des marchés les plus grands et les plus diversifiés d’Amérique du Nord et possède une riche tradition sportive et culturelle. Arthur Blank est extrêmement passionné de soccer et de notre visée de faire partie des meilleures compétitions au monde. Nous nous réjouissons à l’idée de travailler à l’atteinte de cet objectif important avec lui et avec l’ensemble de l’organisation des Falcons. »

« Nous sommes très enthousiastes à l’idée d’amener une équipe de Major League Soccer à Atlanta, a déclaré Blank. Nous allons mettre sur pied une organisation de premier plan sur le terrain et en dehors. Elle sera source de fierté pour toute la communauté et nous sommes persuadés que notre stade au centre-ville deviendra une destination pour les supporters du sud-est des États-Unis pour de nombreuses années. »

L’annonce de la nouvelle a également réjoui les joueurs - actuels et anciens - originaires de Géorgie. « Lorsque j’ai grandi, nous n’avions pas vraiment de championnat professionnel de soccer à regarder, et certainement rien de comparable à la MLS. Avoir ce lien direct dans notre ville va donc être quelque chose de bénéfique non seulement pour les supporters qui iront aux matchs mais aussi, et surtout, pour les enfants », soulignait ainsi Ricardo Clark, milieu de terrain de Houston qui a grandi à Jonesboroen. Parmi les autres noms connus du championnat venus de la région, le gardien de Chicago Sean Johnson et l’attaquant de Montréal Jack McInerney.

Au cours des dernières années, des foules de plus de 50 000 supporters ont régulièrement assisté à des rencontres internationales de soccer à Atlanta. Parmi les plus récentes, celle du 5 mars dernier entre le Mexique et le Nigeria a réuni près de 70 000 supporters, alors qu’ils étaient plus de 16 000 pour la victoire de l’équipe nationale américaine féminine face à la Russie le 13 février. Ce jour-là avait une saveur particulière pour l’internationale Kelley O’Hara, originaire de Fayetteville en Géorgie. « La foule à Atlanta a été extraordinaire la dernière fois que nous y avons joué. Elle était enthousiaste, impliquée dans le match et les gens étaient heureux d’être là. Ils sont passionnés de soccer. »

En mars 2017, la nouvelle équipe de MLS à Atlanta devrait organiser le premier évènement sportif dans le stade ultramoderne muni d’un toit rétractable où tant le club de soccer que celui de football américain éliront domicile. Pour les rencontres de MLS, le stade aura une configuration plus intime, avec une capacité de 29 322 places assises. Située au centre-ville, l’enceinte sera facile d’accès en transports en commun.

Les supporters qui souhaitent s’abonner ne doivent pas traîner… ou avoir de bons amis. En effet, dans un premier temps, seuls les cinq mille premiers à verser un dépôt de cinquante dollars américains pourront acheter un abonnement. En fait, ils pourront en acheter huit. Pour davantage d’informations afin de réserver un abonnement pour 2017, rendez-vous sur le site www.MLSAtlanta2017.com.

« C’est en Géorgie que vivent certains supporters parmi les plus passionnés au pays, a déclaré le gouverneur Nathan Deal. Aucun autre sport que le soccer n’a eu une telle croissance de popularité au cours des deux dernières décennies. Je m’attends à ce que les jours de match de notre nouvelle équipe à Atlanta soient colorés et festifs et à ce que les gens de tout l’État effectuent le voyage jusque dans la capitale de l’État pour supporter l’équipe. »

« Une franchise de Major League Soccer dans la ville d’Atlanta est un autre bon exemple de l’attraction continue de notre ville et de notre région pour des équipes professionnelles, des attractions culturelles, des évènements sportifs et de nouvelles entreprises de classe mondiale qui créent des emplois, attirent davantage de visiteurs dans notre ville et font d’Atlanta le centre des activités commerciales du sud-est des États-Unis, s’est réjoui le maire d’Atlanta, Kasim Reed. Il ne pourrait pas y avoir d’ajout plus approprié et bienvenu qu’une équipe de MLS jouant dans nos installations ultramodernes, alors que nous poursuivons notre route afin de devenir l’une des principales villes du monde. »

L’ajout d’Atlanta en 2017 portera le nombre de clubs en MLS à 22 et s’inscrit dans la stratégie d’en compter 24 d’ici 2020. Ils sont actuellement 19 et seront 21 dès l’an prochain, avec les arrivées de New York City et Orlando. Il y a fort à parier que le 23e sera Miami, avec David Beckham à sa tête : l’officialisation de la nouvelle est attendue pour plus tard cette année, et il pourrait, lui aussi, commencer à jouer en 2017.

15 April 12:52 pm

L’émission de cette semaine (à écouter ici) a des airs de voyage à l’hôpital : passage à l’étage des grands malades avec cinq équipes qui n’ont toujours pas gagné, mais aussi réjouissances avec le retour en forme de Clint Dempsey et détour par la maternité avec l’arrivée d’Atlanta en MLS prévue pour 2017.

Cinq équipes n’ont pas encore gagné depuis le début du championnat. Lesquelles ont le plus de raisons de s’inquiéter, de craindre de rater leur saison, que ce soit en restant coincé en fond de classement ou en n’atteignant pas leurs objectifs ? On tente de poser des diagnostics : les casse-tête de Montréal avec le jeu des vases communicants, les individualités de Chicago qui peinent à sublimer l’équipe (on revient sur la confrontation de ce week-end entre les deux), les bobos de New York, les problèmes récurrents de Portland depuis le début de l’année et San José qui a du mal à imposer son rythme.

Grande annonce attendue ce mercredi, avec un intitulé qui en dit long : « Atlanta 2017 ». La ville de Géorgie devrait donc avoir son équipe en MLS dans trois ans. On parle des implications de cette arrivée, du propriétaire qui possède aussi une équipe de NFL (comme à Seattle et New England), du soccer à Atlanta dans le passé récent, du nouveau stade avec un terrain artificiel ou encore de la stratégie de croissance de la MLS.

Joueur le mieux payé de la compétition, Clint Dempsey occupe actuellement la tête du classement des buteurs et a été excellent ces deux dernières semaines. Un contraste avec son retour difficile la saison dernière. Une bonne nouvelle pour la MLS et l’équipe nationale américaine, dont nous tentons d’expliquer les tenants et les aboutissants.

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14 April 11:20 am

Un club qui concède sa première défaite mais reste en tête, son bourreau qui se rapproche mais n’est pas encore ravi de son jeu, un battu heureux de la manière, une dernière équipe invaincue mais qui a du mal à gagner, et cinq équipes qui courent toujours derrière leur premier succès : pas grand-monde ne semble pleinement satisfait du déroulement des évènements ce week-end.

Toujours en tête du classement, Dallas a perdu son premier match de la saison, 2-3 contre Seattle. Menant 2-1 à la pause, les Texans ont ensuite été acculés à leur but par des visiteurs emmenés par un Clint Dempsey qui trouve enfin sa forme optimale depuis son retour en MLS. Auteur de deux buts et à l’origine du troisième, il était d’autant plus inspiré qu’il jouait dans la région où il a grandi. Les vainqueurs admettaient toutefois qu’il y a encore place à amélioration et estiment que la deuxième mi-temps n’est que le début des progrès de leur équipe, qui s’est toutefois rapprochée à trois points du leader.

Il ne reste donc plus qu’une seule formation invaincue cette saison : Salt Lake, qui a partagé l’enjeu à Philadelphie. Un verre qui n’est toutefois qu’à moitié plein car pour la deuxième fois en quelques semaines, les hommes de Jeff Cassar ont laissé filer deux unités dans les tout derniers instants. Ils ne perdent pas mais n’ont gagné que le tiers de leurs rencontres. Ce qui fait que certains clubs qui ont moins joué comptent autant de points.

Parmi eux, Columbus, qui a confirmé son bon comportement à l’extérieur en partageant l’enjeu à San José. Pour en savoir plus sur les jaune et noir, écoutez notre émission Coup Franc du 8 avril. Dernier membre du quatuor à dix points, Colorado, qui semble avoir trouvé cette année la recette de la réussite en déplacement, s’est imposé à Toronto, fier de son match malgré le résultat et l’accumulation de blessures.

En milieu de peloton, le LA Galaxy est à tenir à l’œil car il a joué deux rencontres de moins que la plupart de ses adversaires. Il a dû batailler ferme pour venir à bout de Vancouver - qui à défaut du résultat se réjouissait de la manière - et a émergé grâce à certains de ses fers de lance : le gardien Penedo, le buteur Keane mais aussi Ishizaki, un nouveau qui n’a pas mis beaucoup de temps à se faire apprécier.

Après deux victoires pour commencer la saison, Houston vient d’enchaîner trois défaites et sa défense est retombée dans ses travers à New England. Auteur d’un des deux buts, Kevin Alston trouvait le fond des filets pour la première fois de sa carrière en MLS, un an après avoir été traité pour une leucémie. Si une seule équipe est invaincue, elles sont encore cinq à ne pas avoir gagné : San José, mais aussi Montréal et Chicago, qui ont partagé l’enjeu au Québec, Portland, tenu en échec chez lui par Chivas USA, et New York, battu à DC United et où l’inquiétude est de plus en plus perceptible.

LES RÉSULTATS
Montréal - Chicago
Philadelphie - Salt Lake
DC United - New York
New England - Houston
Toronto - Colorado
Dallas - Seattle
Portland - Chivas USA
Los Angeles - Vancouver
San José - Columbus

 
1-1
2-2
1-0
2-0
0-1
2-3
1-1
1-0
1-1

Classement général
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10 April 3:17 pm

La finale de la Ligue des champions opposera Cruz Azul à Toluca (aller le 15 avril, retour le 23 avril). Une finale 100% mexicaine, la cinquième en six ans. Cette domination est évidente et connue de tous. Le portrait, derrière, est souvent plus flou. C’est pourquoi je tiens à jour chaque année un « coefficient Concacaf », à l’image du coefficient UEFA qui détermine le nombre de places par pays dans les différentes coupes d’Europe. On peut déjà calculer celui à l’issue de cette saison, vu que deux clubs du même pays sont en finale. Il figure dans le tableau ci-dessous.

Mes calculs ont été effectués avec les mêmes méthodes et avec un barème très proche de ce qui se fait en Europe. Une victoire vaut deux points, un match nul un point (la moitié pour feu le tour préliminaire), une participation à la phase de groupes rapporte un point. Il y a aussi des bonus : deux points en cas de sortie du groupe, un point pour une qualification lors des tours suivants et en cas de victoire en finale. Le total annuel des points d’un pays est divisé par le nombre de ses clubs en lice et le coefficient porte sur les cinq dernières saisons.

Le classement est clair : la domination du Mexique est sans partage. Logique : depuis que la compétition a été rebaptisée et réorganisée en 2008, les clubs étrangers sont rarement capables de bouter leurs adversaires mexicains hors de la Ligue des champions. En six éditions, avec donc 24 équipes à éliminer, ce n’est arrivé que trois fois. L’an dernier, les Guatémaltèques de Xelajù ont sorti Guadalajara lors de la phase de groupes, devenant les premiers à réaliser l’exploit. Il a été répété en quart de finale par Seattle, qui a éliminé Tigres UANL. Cette saison, les Costariciens d’Alajuelense ont émergé de leur groupe au détriment de l’America Mexico. Bonne nouvelle pour leurs adversaires : après avoir été intouchables pendant quatre ans, les clubs mexicains ne sont plus invincibles.

Les États-Unis sont deuxièmes. Ce n’est pas une surprise et pourtant, ce n’est que la deuxième fois en six ans que je fais ce tableau que ça se produit, la saison 10/11 étant la première. La faute, entre autres, au Canada. J’y reviendrai. Bien plus important pour les Américains : jamais n’ont-ils compté autant de points à ce coefficient fictif, ce qui traduit une constante (et nette) progression. Il faut dire que les résultats de cette année (trois clubs en quarts de finale, et le quatrième qui s’est battu jusqu’au bout pour la qualification) ont remplacé ceux calamiteux de la saison 08/09 (un quart de finaliste, un dernier de groupe et deux éliminés au tour préliminaire). Autre point intéressant : la régularité des Américains depuis quatre ans est très encourageante. Il est évident que désormais, ils pensent davantage à se rapprocher de la première place qu’à regarder derrière eux.

Le Canada, donc, est troisième. Le calcul, pour lui, est quelque peu faussé par le fait qu’il n’a qu’un seul représentant. En cas d’excellent parcours, il fait un important plein de points pour le pays. La place de demi-finaliste du Toronto FC lors de la saison 11/12 lui vaut d’ailleurs près de la moitié des points qu’il a accumulés sur cinq saisons. Il perd cette année les bénéfices semblables du quart de finale de Montréal il y a 5 ans, alors que les Québécois, qui représentaient à nouveau le Canada cette année, ont réalisé un bien moins bon parcours que lors de leur première participation. Si on devait calculer un coefficient pour la MLS, il tournerait autour de 44.

Si la situation derrière est parfois plus floue, surtout lorsqu’on regarde le reste de la Concacaf de loin (ou de haut, c’est selon…), elle est pourtant très intéressante à plusieurs égards. Elle permet notamment aux « grands » de connaître les nations dont il faut davantage se méfier afin d’éviter toute mauvaise surprise. Et aux supporters de savoir si le tirage au sort est bon ou semé d’embûches.

Sans surprise, le Costa Rica mène la danse derrière les puissances actuelles de la région. Ses clubs ont mis deux saisons à digérer le changement de formule de la compétition, mais depuis quatre ans, ont retrouvé un certain niveau et de la régularité. Ils ne rivalisent certes plus avec les Américains, mais devancent chaque saison les autres pays d’Amérique centrale. Les résultats de l’équipe nationale témoignent également d’un soccer en relativement bonne santé.

La surprise vient juste derrière. Alors qu’il a longtemps été à la même hauteur que le Costa Rica et que son équipe nationale brille, le Honduras est en net recul quand on parle de clubs. À un point tel que cette année, il vient d’être dépassé par le Guatemala dans mon classement fictif. Un championnat à la baisse n’est pas toujours le reflet d’une catastrophe imminente (il peut par exemple avoir été soudainement pillé de ses talents et être en transition) mais est quand même un signe qui oblige à la vigilance. À l’inverse, les représentants guatémaltèques sont des adversaires qu’il ne faut désormais plus prendre à la légère.

Suivent, assez loin, le Panama et le Salvador, capables d’un exploit de temps à autre mais dont les clubs ne peuvent rivaliser dans le durée. En chute libre, les représentants des Caraïbes avaient donné du fil à retordre à leurs adversaires lors de leur entrée dans la compétition (Cruz Azul n’avait éliminé Puerto Rico qu’aux tirs au but en demi-finales en 2009) mais ont de plus en plus souvent un rôle de faire-valoir. C’est toujours le cas du représentant du Nicaragua, alors que le Belize, bien que théoriquement accepté, n’envoie aucun club en Ligue des champions.

  2009/10 2010/11 2011/12 2012/13 2013/14 TOTAL
Mexique 21,375 17,250 18,250 14,750 15,250 86,875
États-Unis 6,375 9,375 9,750 11,750 9,250 46,500
Canada 0,500 8,500 17,000 5,000 5,000 36,000
Costa Rica 2,166 7,750 7,750 8,500 7,333 33,499
Guatemala 5,000 3,750 3,500 7,000 5,000 24,250
Honduras 6,666 6,166 2,666 4,500 3,500 23,498
Panama 6,000 1,333 3,000 1,000 6,500 17,833
Salvador 2,000 2,500 6,000 2,333 5,000 17,833
Caraïbes 5,000 3,833 0,500 3,000 1,333 13,666
Nicaragua 0,000 0,000 0,000 1,000 2,000 3,000
Belize 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000

08 April 11:21 am

Seule équipe à avoir remporté ses trois premières rencontres cette saison, Columbus est tombé le week-end dernier contre Toronto. L’émission de cette semaine (à écouter ici) analyse cette équipe sous toutes ses coutures, en compagnie de Christian Schaekels (Vision du Jeu). Parmi nos sujets de discussion :

  • Sa vedette, Federico Higuain, et la liberté dont il dispose sur le terrain
  • La complémentarité entre Oduro, Arrieta et Higuain
  • Son jeu offensif : Columbus a-t-il la recette qui fonctionne en MLS ?
  • Les nombreuses pertes de balle fatales défensivement : les points de rupture
  • L’évolution de l’équipe en deux ans, sur le terrain et dans les têtes, au fil de trois entraîneurs
  • Pourquoi c’est une des rares équipes plus à l’aise à l’extérieur qu’à domicile
  • Le plaisir retrouvé de jouer… et de la regarder
  • Les tâches accomplies et à accomplir par Gregg Berhalter pour que l’équipe soit au sommet

Écrivez-moi à Matthias.VanHalst@MLSsoccer.com si vous voulez recevoir le dossier très complet (20 pages !) sur Columbus qui nous a servi à préparer cette émission et à faire une analyse en profondeur (une des meilleures depuis le début de Coup Franc - je ne suis pas adepte de l’autocongratulation, mais cette émission vaut vraiment l’écoute).

On revient également sur le duel Montréal - New York, la prestation d’Armando, le niveau général du match et, par extension, de la MLS. Sans oublier nos habituels conseils pour le jeu MLS Fantasy.

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07 April 11:46 am

Il a plu des buts ce week-end en MLS, particulièrement lors des rencontres qui opposaient des clubs voisins. La plus grosse surprise est certainement venue de Houston, atomisé 1-4 sur son terrain par Dallas. Watson s’est mis en valeur grâce à son doublé mais aussi en évitant les célébrations excessives contre son ancien club. Les battus admettaient qu’ils n’avaient qu’eux-mêmes à blâmer. Cette victoire permet à Dallas de conforter son avance en tête du classement.

Seule équipe qui avait tout gagné jusque-là, Columbus a concédé sa première défaite de la saison, 0-2 contre Toronto. Là aussi, l’autocritique était de mise : une mauvaise attitude lors des entraînements et des joueurs qui sont montés sur le terrain en croyant qu’il suffisait de paraître pour s’imposer. Une impression due à leurs trois victoires et confortée par l’absence de nombreux titulaires torontois, dont Defoe et Caldwell. Si Bradley a mené la charge, tous les membres de l’équipe ont montré qu’ils étaient à la hauteur.

Vancouver a également inauguré sa colonne des défaites : Laba a pris un carton rouge stupide à un quart d’heure de la fin alors que son équipe menait et, en à peine 5 minutes, José Mari a offert la victoire à Colorado (1-2). Du coup, il ne reste plus que deux équipes invaincues cette saison : Dallas et Salt Lake, qui a tenu Kansas City en échec 0-0. En l’absence de Rimando, blessé au genou, Attinella a sorti un tout grand match entre les perches, ce qui lui a évidemment valu les félicitations de ses coéquipiers, mais également les éloges de ses adversaires.

Le feu d’artifice du week-end a eu lieu lors de Portland - Seattle : 4-4 ! Après avoir ouvert la marque, les visiteurs ont été menés 4-2 mais sont revenus au score grâce à Dempsey, auteur d’un triplé et qui trouve (enfin) ses meilleures sensations, notamment avec Martins. Une remontée évidemment déplorée par l’équipe locale, qui a commis trop d’erreurs défensives et perdu deux points en inscrivant pourtant plus de buts en un seul match que depuis le début de la saison. Spectacle également en Californie, mais match à sens unique avec la défaite de Chivas USA 0-3 contre le LA Galaxy, qui promet que le meilleur est encore à venir.

Même si les deux clubs partagent le même stade, c’était officiellement un déplacement pour Keane et ses coéquipiers. Ce qui fait que selon le calendrier, DC United est la seule équipe à avoir gagné sur son terrain ce week-end. C’était la première victoire de l’année pour les hommes de Ben Olsen qui ont battu New England 2-0 et ont obtenu leur premier succès en 16 rencontres. Ce week-end riche en buts a également été marqué par deux partages 2-2 : l’un entre Montréal et New York, l’autre entre Chicago et Philadelphie.

LES RÉSULTATS
Montréal - New York
Houston - Dallas
Portland - Seattle
Chicago - Philadelphie
Columbus - Toronto
DC United - New England
Vancouver - Colorado
Kansas City - Salt Lake
Chivas USA - LA Galaxy

 
2-2
1-4
4-4
2-2
0-2
2-0
1-2
0-0
0-3

Classement général
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04 April 12:07 pm

Avec Portland - Seattle, Houston - Dallas et Chivas USA - LA Galaxy ce week-end, mais aussi États-Unis - Mexique ce mercredi soir (qui s’est soldé par un partage 2-2), les mots rivalités et derby reviennent souvent dans les discussions soccer cette semaine. C’est pourquoi Coup Franc vous propose un tour du monde des confrontations les plus importantes entre pays voisins. Après avoir traversé les Amériques, cette deuxième et dernière étape vous emmène par-delà les océans.

De l’autre côté de l’Atlantique, deux duels ont fait couler le plus d’encre. L’un d’entre eux est le plus ancien d’entre tous : Angleterre - Écosse. La première de leurs 112 confrontations a eu lieu le 30 novembre 1872 à Glasgow et s’est soldée par un nul 0-0. Il faut dire que jusqu’en 1989, les deux équipes s’affrontaient au moins une fois par an et que c’était toujours un bon prétexte à exacerber la rivalité historique entre ces deux parties de la Grande-Bretagne. Le bilan est relativement équilibré (46 victoires anglaises, 41 écossaises, 25 partages). Quelques duels marquants : la victoire 9-3 de l’Angleterre en 1961, la victoire 2-3 des Écossais à Wembley en 1967 sur le terrain des champions du monde en titre qui n’avaient plus perdu depuis 19 rencontres ou encore la victoire 2-0 des Anglais lors de leur Euro en 1996. Pour en savoir plus sur ce derby, regardez la vidéo ci-dessus (en anglais).

La Belgique et les Pays-Bas se sont affrontés encore davantage : 123 fois, à partir de 1905. En 1910, le Néerlandais Arnold Hörburger se blesse sérieusement en première mi-temps et court comme un lapin en deuxième : les Belges soupçonnent son jumeau Anton de l’avoir remplacé à la pause (les changements n’étaient pas permis à l’époque). La défaite néerlandaise 7-6 en 1951 inspire à Jan de Cler « Hup Holland Hup », dont le refrain est devenu aujourd’hui la chanson traditionnelle des Oranje. En fait, De Cler travaillait pour la radio néerlandaise, qui diffusait les rencontres de l’équipe nationale, et à l’issue de chaque mi-temps, il les racontait de manière lyrique. Ensuite, avec des chœurs, il entonnait la chanson (vous pouvez même écouter ça ici dans ce document d’époque).

Depuis le milieu des années 1970, le Derby des plats pays est marqué par de chaudes luttes lors de matchs officiels. Ainsi, en 1973, un but belge à la dernière minute est annulé pour un hors-jeu tout sauf évident, ce qui permet aux Bataves de se qualifier pour la Coupe du monde 1974 (dont ils termineront deuxièmes). Les supporters de Portland se souviennent peut-être du Néerlandais Robbie Rensenbrink, qui jouait à Anderlecht lorsqu’il a marqué trois buts lors d’une victoire 5-0 des siens en 1975. Les Diables rouges se vengeront par la suite, en écartant leurs voisins de la Coupe du monde 1982, mais surtout de l’édition 1986 suite à un test-match (équivalent des barrages d’aujourd’hui) et seront demi-finalistes du Mundial mexicain. Les deux pays se sont affrontés deux fois en phase finale de Coupe du monde : un partage 0-0 en France en 1998, et une victoire belge 1-0 à Orlando en 1994.

Néanmoins, les deux pays européens qui ont le plus souvent joué l’un contre l’autre sont l’Autriche et la Hongrie : 136 face-à-face officiels sont recensés. Les deux pays étaient deux puissances du soccer avant la Seconde guerre mondiale et se sont régulièrement rencontrés jusque dans les années 1960, mais leurs duels ont diminué autant que leur lustre par la suite, ce qui donne moins de piment à cette rivalité aujourd’hui. Notons aussi que la Suède a joué 103 fois contre la Norvège et 101 contre le Danemark. Des chiffres qui dépassent de loin les 72 France - Belgique, les 57 Suisse - Italie, les 50 Allemagne - Suisse et les 35 Espagne - Portugal.

Les deux puissances actuelles du soccer asiatique, la Corée du Sud et le Japon, ont un important contentieux historique. Et pour cause : la première a été annexée par le second entre le début du XXe siècle et la fin de la Seconde guerre mondiale, avec peu d’égards pour ses habitants et leur culture ainsi qu’une forte répression. C’est donc dans un contexte d’extrême tension qu’a lieu leur première rencontre sur un terrain de soccer en 1954. Le président coréen ne voulant pas voir de Japonais sur son territoire, il demande à ses joueurs de disputer les deux duels prévus sur le terrain ennemi… et prévient qu’il les jettera à l’eau s’ils ne reviennent pas en vainqueurs. Ils échappent à la noyade avec une victoire et un partage. Il faut attendre 1960 pour voir les deux pays s’affronter à Séoul. C’est aussi une des rares périodes où le Japon rivalise avec son adversaire avant l’émergence de la J-League, créée en 1993. Le bilan actuel de ce match baptisé Haniljeon est de 34 victoires coréennes, 12 japonaises et 20 nuls. Les tensions se sont amenuisées, comme en témoigne l’organisation commune de la Coupe du monde 2002… marquée par une rivalité telle que même les pontes de la Fifa reconnaissaient le manque de collaboration entre les comités organisateurs des deux pays ! La rancœur est tenace et il a fallu attendre le début du siècle pour que la culture japonaise ait à nouveau droit de cité en Corée du Sud.

En Océanie, il y a une rivalité entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais vu qu’aucun des deux n’a jamais été dominant avec un ballon rond au pied, elle se dessine surtout autour du sport majeur disputé avec un ballon ovale, le rugby, où les deux nations font partie du top mondial. Quelques chiffres tout de même : les deux pays se sont affrontés à 63 reprises depuis 1922, avec à la clef 38 victoires australiennes, 13 néo-zélandaises et 11 nuls.

Étonnamment, en Afrique, on ne retrouve pas d’affrontement entre pays de soccer voisins qui ont eu lieu 50 fois au plus. C’est en partie dû au fait que la décolonisation n’a eu lieu que lors de la deuxième moitié du XXe siècle, mais pas seulement. C’est cependant là et dans ce contexte qu’on retrouve une histoire de solidarité entre nations qui partagent une frontière. En 1958, luttant pour son indépendance, l’Algérie (alors française) monte une équipe composée d’excellents joueurs, dont certains sont sous contrat dans de grands clubs français. L’équipe n’est (évidemment) pas reconnue par la Fifa et les autres pays hésitent à l’affronter de peur d’un incident diplomatique avec la France. La Tunisie, prônant la solidarité panarabe, lui offre d’être son port d’attache et est son premier adversaire en match amical. L’équipe du FLN (Front de libération nationale) devient un symbole et, durant quatre ans, effectue des tournées en Europe de l’Est et en Asie. Durant tout ce temps, les joueurs sont suspendus par leur club, mais ils peuvent y retourner en 1962 et y sont bien accueillis. Depuis l’indépendance, Algérie et Tunisie ont joué l’une contre l’autre une quarantaine de fois.

Le duel le plus fréquent entre nations africaines ayant un beau palmarès oppose deux anciennes colonies anglaises, le Nigeria et le Ghana, qui se sont affrontés à une cinquantaine de reprises. L’anecdote la plus folklorique remonte à 1958, quand la femme d’un dirigeant ghanéen est montée sur le terrain pour gifler l’arbitre, provoquant une interruption du match pendant 20 minutes. Sur la scène continentale, le Ghana domine son rival mais doit attendre 2006 pour se qualifier pour la Coupe du monde, à laquelle le Nigeria a participé dès 1994 et plus souvent. Rarement l’un des deux peut savourer longtemps une victoire sur son rival, qui prend généralement sa revanche assez rapidement.

Parmi les anciennes colonies françaises en Afrique de l’Ouest, le Sénégal avait la réputation d’être le préféré de l’occupant en matière de culture et de sport. Après l’indépendance, il est donc devenu un rival naturel de ses voisins dans ces domaines. La Guinée est celui qu’il a affronté le plus souvent (40 fois) : le régime d’extrême gauche de celle-ci pousse son équipe à la victoire pour montrer la suprématie de son idéologie face au « suppôt de l’impérialisme ». L’esprit sportif domine toutefois, car il y a un grand respect pour le sport et les sportifs. La Côte d’Ivoire est l’autre rival historique du Sénégal, avec un contexte colonial identique mais politique différent. Là également, tout s’est toujours passé dans la fraternité. Mais quand l’équipe ivoirienne a commencé à rivaliser avec son adversaire, notamment en reportant la Coupe d’Afrique des nations 1992 à Dakar, tout un peuple a fêté cette sortie de l’ombre.

02 April 12:39 pm

Avec Portland - Seattle, Houston - Dallas et Chivas USA - LA Galaxy ce week-end, mais aussi États-Unis - Mexique ce mercredi soir, les mots rivalités et derby reviendront souvent dans les discussions soccer cette semaine. C’est pourquoi Coup Franc vous propose un tour du monde des confrontations les plus importantes entre pays voisins. Première de nos deux étapes : les Amériques.

Commençons avec le duel de ce soir, opposant les États-Unis au Mexique. Les deux nations se sont affrontées 62 fois au cours de l’histoire (chiffre tiré du site de la Fifa, comme tous ceux de cet article), avec un net avantage pour le pays au sud de la frontière. Si les Américains ont remporté la première confrontation entre les deux pays en 1934, ils ont dû attendre 1980 puis 1991 pour s’imposer une deuxième puis une troisième fois. Depuis, c’est beaucoup plus équilibré… et plus chaud. En raison des résultats serrés, mais aussi de divers incidents : des fautes grossières de Ramon Ramirez sur Alexi Lalas (1997, photo) et de Rafael Marquez sur Cobi Jones (2002), puis Landon Donovan accusé par les Mexicains d’avoir uriné sur un de leurs terrains lors d’un entraînement précédent un duel entre les deux pays en 2003.

Les États-Unis ont le beau rôle en ce moment, et ont surnommé ce match « Dos a cero » (Deux - zéro) en raison de la victoire des leurs sur ce score lors des quatre confrontations entre les deux pays à Columbus (2001, 2005, 2009 et 2013, chaque fois lors des éliminatoires de la Coupe du monde) ainsi que lors de leur unique affrontement en phase finale de Coupe du monde, en huitièmes de finale de l’édition 2002. Si vous comprenez l’espagnol, lisez cet article qui revient sur les moments marquants de cette rivalité.

L’autre incontournable dans la Concacaf est le duel entre le Honduras et le Salvador, qui se sont affrontés 61 fois. L’une d’entre elles est (tristement) célèbre sous le nom de « Guerre du football ». En 1969, la tension diplomatique est à son comble entre les deux pays, pour des questions territoriales et politiques (de nombreux Salvadoriens vivent de l’autre côté de la frontière, pour la plupart des paysans qu’aucune des deux nations ne semble souhaiter accueillir). C’est dans ce contexte qu’ils s’affrontent lors de duels décisifs des éliminatoires de la Coupe du monde 1970. Si le Salvador se qualifie, on retiendra surtout les échauffourées entre supporters, parallèlement auxquelles les deux armées s’engagent dans une guerre sanglante, dont le ballon rond n’est pas la cause première.

Le podium des duels internationaux les plus fréquents de l’histoire est composé de Belgique - Pays-Bas, Autiche - Hongrie (rivalités dont nous parlerons plus tard cette semaine), et sa première marche est occupée par le derby sud-américain entre l’Argentine et l’Uruguay, qui se sont affrontés à 180 reprises, voire plus. Le premier duel officiellement recensé par la Fifa date de 1902, mais il y en eut d’autres, avant et après, non reconnus, notamment le match du 16 mai 1901 considéré comme la première rencontre internationale en dehors du Royaume Uni. De nombreux Britanniques s’étaient établis autour du rio de la Plata (fleuve qui sépare les deux pays), rejoints par la suite par d’autres Européens, notamment des Italiens : Montevideo et Buenos Aires voulaient montrer à l’autre qu’ils avaient la meilleure façon de faire, y compris avec un ballon. Deux styles différents se sont développés : les Uruguayens disent qu’ils ont du caractère et trouvent leurs voisins sournois et peu virils ; les Argentins vantent leur jeu de passes et traitent les joueurs adverses de bouchers.

Toujours est-il que dans un premier temps, lorsque ça compte, l’Uruguay domine : la Celeste est championne olympique en 1928 (sacre le plus important de l’époque), obtientl’organisation de la Coupe du monde deux ans plus tard et s’y impose en finale contre l’Argentine. Jusqu’à l’émergence du Brésil, les deux voisins dominent la scène footballistique en Amérique du Sud, remportant entre autres 17 des 20 premières éditions de la Copa America. Même si l’Uruguay s’adjuge un second titre mondial en 1950, l’Argentine prend le dessus à partir de la Seconde guerre mondiale. L’Albiceleste reste régulière, atteignant des sommets en remportant la Coupe du monde chez elle en 1978 puis au Mexique en 1986, battant au passage l’Uruguay en huitième de finale lors d’un match où sont exacerbées les caricatures que les deux nations font l’une de l’autre. Si l’Uruguay alterne les hauts et les bas selon les générations, cela n’empêche pas les nombreux duels entre les deux voisins d’être toujours âprement disputés, plus encore ces derniers temps avec deux équipes parmi les meilleures au monde.

Mais de nos jours, quand on parle de rivalité en Amérique du Sud, on pense immédiatement à Brésil - Argentine. Les deux pays se sont affrontés à 95 reprises à partir de 1914. Un bilan on ne peut plus équilibré avec 36 victoires argentines, 35 brésiliennes et 24 nuls ! Politiquement, il n’y a plus de tension entre les deux pays depuis le XIXe siècle mais culturellement, ils sont partis dans des directions diamétralement opposées et la manifestation de ce choc est exacerbée autour d’un ballon rond. Si quand ils se comparent à l’Uruguay, les Argentins se considèrent comme des esthètes, les Brésiliens revendiquent le joga bonito et disent que pour leur voisin, seule la victoire importe, peu importe la manière.

Même si avant la Seconde guerre mondiale, seule l’Argentine était considérée comme une puissance internationale, c’était toujours serré sur le terrain. Et souvent très tendu. À la fin des années 1930, les deux équipes ont tour à tour quitté le terrain avant le coup de sifflet final : en 1937, les Brésiliens n’ont pas terminé un match teinté de racisme à Buenos Aires ; deux ans plus tard, les Argentins sont partis pour protester contre l’arbitrage à Rio. En 1946, le Brésilien Pinto casse la jambe de l’Argentin Salomon : bagarre générale et envahissement de terrain. Si on arrive à terminer le match, les deux pays s’évitent pendant 10 ans.

Ce fut plus civilisé par la suite, jusqu’à leur rencontre lors de la Coupe du monde 1978. Un 0-0 qui ne reste pas dans les mémoires pour son esthétisme. C’est au deuxième tour où l’Argentine bat le Pérou 6-0 lors de son dernier match pour devancer à la différence de buts le Brésil, qui soupçonne ouvertement un match truqué. La rivalité en phase finale de Coupe du monde se poursuit quatre ans plus tard, au même stade de la compétition : pas de scandale cette fois, et une victoire brésilienne facile lors d’un match marqué par l’exclusion directe de Diego Maradona. En 1990, les rivaux sud-américains se retrouvent en huitième de finale du Mondiale italien. C’est le retour de la polémique : assoiffé, le défenseur brésilien Branco reçoit une bouteille d’eau des Argentins. Un geste sportif qui, selon les battus, était en fait un piège puisque des tranquillisants auraient été mélangés au liquide…

Tous les duels entre les deux pays sont à nouveau prétextes à polémique. D’autant plus quand il y a des incidents sur le terrain, comme les cinq exclusions lors de la Copa America 1991 ou le but de la main accordé au Brésil lors de la même compétition quatre ans plus tard. Mais même en dehors, il est difficile de les départager et de les mettre d’accord. Quand on regarde le palmarès de la Coupe du monde, le Brésil domine nettement. Si on se fie aux compétitions continentales, l’Argentine a le dessus. Et puis, il y a le sempiternel débat sur le meilleur joueur de l’histoire : Pelé ou Maradona, qui divise encore bien plus que la préférence pour le tango ou la samba.

01 April 1:12 pm

La situation de Montréal étant toujours aussi préoccupante, nous nous y attardons pour une deuxième émission consécutive (écoutez ici celle de cette semaine, avec un nouveau générique). L’équipe a pris son premier point de l’année samedi à Philadelphie, mais les sujets de discussion sont encore nombreux. Notamment :

  • Justin Mapp, la principale satisfaction depuis le début de l’année
  • Patrice Bernier sur le banc, raisons possibles et conséquences
  • La place de Warner sur le terrain
  • Le duo Camara-Ferrari en défense centrale
  • Le sort des jeunes
  • Y a-t-il de la joie dans cette équipe ?
  • On répond aussi aux nombreuses questions que vous nous avez envoyées

Parmi les autres sujets de conversation :

  • Les difficultés rencontrées par New York
  • Le bon début de saison de Columbus
  • La victoire de Salt Lake contre Toronto
  • Le succès de Vancouver face à Houston
  • La double exclusion lors de Dallas - Portland
  • Nos conseils pour le jeu MLS Fantasy

Premier avril oblige, chaque animateur se prononce aussi sur la « meilleure blague » (ou la pire) en MLS depuis le début de la saison.

L'émission Coup Franc est disponible sur Stitcher et iTunes. N'hésitez pas à réagir ci-dessous, par courriel, sur Facebook ou sur Twitter (@CoupFrancMLS).